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Commentaire ajouté par Krysaline 2019-10-29T14:45:59+01:00
Or

Un mot « fort » me vient immédiatement et spontanément à l'esprit en refermant la dernière page de ce livre : SUBLIME !

J'exagère peut-être un chouïa mais si peu… Pour moi, un ouvrage indispensable et précieux à la mémoire mais un témoignage d'amour plus qu'un récit historique.

Regardant très peu le petit écran, J'ai malheureusement « raté » l'émission la « Grande Libraire » où Robert Badinter, invité pour la sortie de son livre, y évoquait le souvenir de sa grand-mère avec beaucoup d'émotion. Je me promets donc de le regarder en replay aussitôt que possible…

Mais, autant le dire tout de suite, je ne vais pas être vraiment « objective » car je nourris une immense admiration pour l'auteur qui est entré dans les premières places au panthéon de ma mémoire le 18 septembre 1981 lors de l'abrogation de la peine de mort en France dont il est l'un des artisans principaux.

A la lecture de cet ouvrage, on mesure pleinement la force de cet homme qui a connu les pires atrocités de la seconde guerre mondiale au travers de l'histoire de ses parents et grands-parents et qui a trouvé malgré tout la force immense et le pouvoir de résilience suffisant pour livrer avec conviction ce combat en faveur de l'abolition de la peine capitale. Pour cela, entre autre, je lui voue le plus profond respect.

Aujourd'hui, à l'aube de ses 91 ans, il nous livre le récit de son affection incommensurable pour « Idiss », sa grand-mère maternelle. Un portait absolument touchant de cette mère courage, qui affronta nombre de situations dramatiques qui entraineront sa famille vers d'autres patries, d'autres horizons fait de volonté et d'espoirs inébranlables.

Un destin, Des destinées, toutes hors-normes, qui englobent cette partie d'Histoire dont nous ne sommes pas vraiment ressortis tout à fait glorieux, même si nous mettons plus volontiers l'accent (mérité pour tous les compagnons de la "résistance" et de toutes les forces engagées) sur la « libération » et la bravoure de nos combattants revenus en vainqueurs grâce à l'Angleterre et aux États-Unis (et aussi la Russie accessoirement). Cette France dans laquelle ils avaient une confiance aveugle et absolue. Croyant dur comme fer à ses idéaux perçus comme le pays, gardien d'une Liberté inaltérable.

En effet, pour ces juifs ashkénazes, venus d'Europe Centrale essentiellement, fuyant les pogroms de la Russie Tsariste de 1903 & 1905 la France représentait un Eldorado absolu. Ces espoirs les jetant sur les chemins de l'exil pour tenter de se soustraire à la terreur des heures sombres et leur quotidien de misère ; échapper à la montée xénophobe et antisémite qui a connu son apogée en 40-45 avec le régime nazi et l'extermination programmée non seulement de tous les juifs, mais aussi des roms, des homosexuels, des fous, des faibles, des vieillards, des handicapés et de tous ceux réputés comme non Aryens… bref le plus grand génocide de tous les temps avec un pic de six millions pour les plus touchés par la « solution finale » imaginée par Hitler : les juifs.

Avant cette extrémité, ils passeront par toute la gamme des stigmatisations possibles, connaitront la spoliation de leurs biens, les persécutions de plus en plus prononcées, les restrictions drastiques sur le droit des juifs, les lois et les décrets qui en découlent (interdiction de participer à des réunions, d'entrer dans certains magasins, de s'alimenter … de vivre tout simplement … en prélude au port de l'étoile jaune et des futurs déportations).

Cette histoire là n'est qu'une longue déchirure où l'histoire au niveau personnel et individuel se confond finalement avec l'Histoire avec un grand « H » et du mécanisme implacable qui s'est inexorablement mis en place au niveau collectif dès le début de la guerre en Europe.

Cette histoire primordiale pour l'auteur, pour les membres de sa famille, plus globalement pour eux, pour tous est un exemple fondamental car il est écrit sans acrimonie et sans colère. Il est posé là comme un constat sans jugement sur l'Histoire. Les faits, les souvenirs d'enfant et la figure emblématique d'Idiss constitue l'essentiel de ce texte.

Dans toute ces horreurs quelques touches de bonheur éclatent néanmoins: le temps des chocolats chauds, des jeudi-ciné avec deux films et les actualités.

Robert B. redevient un enfant pour célébrer cet hommage tendre et délicat. Il y met toute la mesure et la retenue nécessaire. Il nous livre un hymne à sa famille où ses souvenirs d'enfant sont parfois un peu vagues, un peu biaisés, mais souligne les plus important : L'amour filial, maternel, paternel (il reste sur la réserve pour parler de Simon – mais il livre quand même quelques bribes de bonheur dont a bénéficié Charlotte aux temps « heureux »).

Les photos en annexe et en fin de livre, anime le récit, donne un visage, une représentation concrète des personnages (on réalise que ce n'est vraiment pas une fiction – Même si on le savait déjà) l'humanise et le rend plus émouvant encore s'il est possible.

Une déferlante d'émotions m'ont assaillies à la lecture de ce bouleversant hommage à sa grand-mère disparue.

Le choix Cornélien auquel devra se livrer Charlotte n'est pas sans me faire penser au « Choix de Sophie » de William Styron. Choix déchirant qui se fera obligatoirement au détriment de quelqu'un…

Une bien belle écriture pour un récit à la fois triste mais quand même empreint d'immenses espoirs. Robert B. met en lumière une partie de sa vie, de ses souvenirs, du personnage de sa grand-mère et de son épopée à travers l'Europe simplement avec une véritable tendresse pour l''histoire d'une femme, son histoire.

Beau tout simplement. Merci M. Badinter…

Merci également aux éditions Fayard et @Netgalley pour cette lecture.

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Commentaire ajouté par bloodymarie 2019-03-31T18:43:04+02:00
Diamant

Je suis parfaitement d'accord avec le commentaire de monikaR : A l'heure où l'on voit refleurir le trio explosif intolérance/rejet/ nationalisme, il serait bon de faire découvrir ce livre à un maximum de personnes. Robert Badinter manie la langue avec précision, fluidité, pédagogie, émotion pour nous raconter, par le biais de la vie de sa grand-mère, l'histoire de cette Europe tourmentée du début du XXème siècle. J'ai été emportée par ma lecture aussi facilement que par un roman , mais en y trouvant aussi un témoignage historique de grande valeur, argumenté et lucide. Si on ne veut pas que l'Histoire se répète , il serait bon d'être attentif à ne pas buter sur les mêmes écueils...

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Commentaire ajouté par monikaR 2019-03-02T13:24:47+01:00
Diamant

Que dire de plus de ce qui a été déjà dit.

Dans ces temps troubles que nous vivons actuellement, où les repères cèdent sous la soi-disant liberté désinhibée de dire n'importe quoi, il serait bon de lire et faire lire attentivement ce livre qui, au delà d'un hommage de Robert Badinter à sa grand-mère Idiss, est un témoignage sur les valeurs de la République, sur la laïcité, sur l'accueil. Et sur les conséquences de l'oubli ou de l'abandon des valeurs fondamentales : liberté, égalité et fraternité.

A lire absolument.

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Commentaire ajouté par teophania 2019-02-24T00:30:57+01:00
Diamant

Je l’avoue, je ne connaissais Robert Badinter qu’à travers le prisme de sa carrière politique et ses prises de position en faveur de l’abolition de la peine de mort.

C’était avant que je ne l’entende s’exprimer si dignement, si élégamment sur divers thèmes lors d’une émission télévisuelle il y a quelques mois. Quel orateur! Il a alors évoqué l’amour qu’il ressent toujours, à bientôt 90 ans, pour sa grand-mère maternelle. J’ai trouvé cela infiniment touchant. Je me suis reconnue dans cet amour-là, celui que j’ai éprouvé pour mes grands-mères aussi sûrement que celui dont elles m’ont couverte, chacune à leur façon, et qui reste là, bien ancré en moi, malgré leur disparition. Sous leurs regards bienveillants, leurs encouragements, je me suis construite et porte ainsi en moi une part d'elles, je l'espère.

Revenons au livre. Robert Badinter évoque le contexte familial heureux, équilibrant, dans lequel il a évolué et cela malgré la montée de l’antisémitisme durant son enfance grâce, en grande partie, à la présence rassurante et équilibrante d'Idiss.

Nous remontons le passé, suivons donc le périple d’Idiss, dans les années 1910, accompagnée de sa fille Chifra (qui sera renommée Charlotte par la suite, dans un souci de francisation), mère de l'auteur, depuis sa Bessarabie natale (devenue par la suite province roumaine) en passant par Vienne pour arriver finalement à Paris, capitale du pays des droits de l’homme et de la tolérance… Idiss ne parle que le Yiddich mais tient à s’intégrer, parle volontiers aux voisins, commerçants mais souffrira toujours de son illettrisme… Elle ne sera jamais française, alors elle se nourrit du bonheur et des réussites de ses enfants et petits-enfants qui pourront être naturalisés. Car Idiss est une grand-mère touchante, aux avis bien tranchés mais juste, emplie d’un amour fier et sans bornes pour les siens : son chez elle, c’est sa famille comme le dit si bien l'auteur.

Elle assiste, impuissante, comme beaucoup des siens, à la montée de l’antisémitisme à la fin des années 30 et au début des années 40, faisant tristement écho aux pogroms russes de sa jeunesse…

Nous apprenons que le père de Robert Badinter, Simon, émigré juif russe, reconnaissant envers cette France qui l’a accueilli, chassait les odieuses insultes antisémites par la force de l’humour, et grâce à l’intime conviction que l’idéal républicain était plus fort que tout cela et qu'il les protégerait du fléau raciste…

Je n’en dis pas plus car Monsieur Badinter décrit à merveille le destin hors normes de cette grand-mère courageuse qui a aussi été une femme amoureuse avant d’être mère, dotée d’un caractère fort nécessaire à la survie des siens. J’ai été touchée par le dilemme final qui tiraille Charlotte : abandonner la mère qu’elle aime de tout son cœur en proie à une maladie en phase terminale dans un Paris occupé, l’y laisser mourir, ou rester et mettre en danger de mort ses deux fils…

Bref, une bien belle histoire, qui nous remet les idées bien en place à l’heure où des profanations de cimetières juifs ont encore lieu et où la page de l’antisémitisme est hélas loin d'être tournée...

Des mots justes, tendres, un texte documenté, poignant, une histoire intemporelle (car elle se répète).

A lire absolument!

Plus d'articles ici : https://chutellelit.wordpress.com

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Commentaire ajouté par Granny-1 2018-12-25T09:22:19+01:00
Lu aussi

Bonjour les lecteurs ....

A travers l’histoire de sa grand-mère, l’ex garde des sceaux évoque la vie des juifs apatrides ayant quitté leurs pays sous la contrainte politique et ayant espéré trouvé une vie meilleure en exil.

Idiss est originaire de Bessarabie, région frontalière de la Roumanie.

Elle va fuir son pays avec son mari et ses trois enfants pour échapper au régime tsariste et ses répercussions antisémites.

Ils arrivent à Paris en ce début de XX’ siècle.

A forcer de courage et de travail, la famille va s’intégrer et prospérer.

Ce sont les années bonheur jusqu’au début des années 1940 et l’entrée en guerre de la France.

Le destin les rattrape... antisémitisme, fuite en zone libre, arrestations ... disparitions.

Robert Badinter raconte de façon touchante ce pan de son histoire familiale mais qui pourrait s’étendre à tellement d’autres.

À lire pour se souvenir .... pour ne jamais oublier.

Témoignage intéressant et nécessaire en cette période de recrudescence de l’antisémitisme.

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Commentaire ajouté par Bibliblogueuse 2018-12-14T10:38:59+01:00

Très beau récit ! Où l'on voit que la crise des migrants existe depuis longtemps. Où l'on voit que la France savait accueillir les gens qui fuyaient la mort. Où l'on voit la France en guerre. Où l'on voit e courage de la famille Badinter.

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