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Ronnie est assis en face de moi, de l'autre côté du feu. Les flammes dansent à la hauteur de son menton, et son visage semble onduler derrière les vagues de chaleur. Il se penche, les coudes sur les genoux, et marque une pause satisfaite avant de conclure son récit :

- Quelque chose avait changé dans le champ de blé. À présent, il n'y avait plus un épouvantail, mais deux. Le premier, celui que le colporteur avait remarqué lors de son précédent passage, était habillé avec d'anciennes loques du fermier. À la vue de l'autre, il sentit des frissons glacés lui courir le long de la colonne vertébrale. Il se hâta de descende la route pour gagner la prochaine maison en pensant : 《L'espace d'une seconde, j'aurais juré que c'était la vieille dame en personne !》

Pendant quelques instants, tout le monde se tait. Ronnie fixe le feu, le visage sans expression. Il s'efforce de paraître indifférent, mais il est évident qu'il attend nos compliments. C'est évident pour moi, en tout cas.

Je le laisse languir un peu avant de m'écrié :

- Bon ! Qui vient à la ferme de Thorwall, cette nuit, pour piquer du maïs ?

- Je n'aime pas le maïs, déclare Emily.

Ronnie demande, presque suppliant :

- Alors, vous avez aimé l'histoire ?

Il joue la comédie. Il sait très bien que ses histoires sont excellentes. Il ne nous a jamais déçus. J'ai envie de le traiter de baudet arrogant, mais je dois reconnaître son talent :

- C'en était une bonne, Ronnie. Une très bonne !

Le Criquet est assis par terre, une serviette de plage autour des épaules. Il place son pouce sous son menton, puis se frappe la cuisse avec la main. SUPER.

- Je ne parle pas ta langue, Criquet, dit Ronnie, mais je crois comprendre que ça ta plu.

Je ramasse un long bâton pour remuer les braises et donner un peu d'air aux bûches noircies. L'odeur de fumée imprègne mes vêtements, et la chaleur m'enserre le visage comme un masque. On n'a pas vraiment l'autorisation de faire du feu ici, mais on prévoit toujours des seaux d'eau, au cas où. Il n'y a pas de danger.

Notre ami Vivek Patel remonte le sentier. Bien qu'on ne l'ait pas vu depuis septembre dernier, au lieu de lancer un 《Bonjour !》, il se contente de hocher la tête.

Puis il lâche :

- Encore vous !

Il reste planté là, sans l'ombre d'un sourire.

- Chaque printemps, je prie dans l'espoir que le prochain été sera meilleur. Puis juin arrive, et vous voilà tous ici, encore une fois. Un vrai cauchemar...

- Oh, ferme-la ! s'esclaffe ma cousine Jane.

Elle lève les yeux vers le ciel piqueté d'étoiles et soupire :

- Qu'avons-nous donc fait, Seigneur, pour mériter ça ?

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