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« — Si vous ne montez pas chercher votre maître séance tenante, j'exigerai votre renvoi. Sans références, évidemment.

Le chien ponctua cette sommation d'un aboiement.

Quin ressentit une sorte de pétillement dans la poitrine. Il lui fallut un moment avant de comprendre qu'il s'agissait d'un rire.

— Vous exigerez mon renvoi ?

Elle bondit sur ses pieds.

— Cessez de me regarder ainsi ! Si vous n'aviez pas un cerveau de la taille d'un zizi de souris, vous vous rendriez compte que je parle sérieusement !

Sous le choc, il éclata de rire. Sa mère n'apprécierait sûrement pas le langage fleuri de Mlle Lytton.

— Il m'est impossible de perdre mon statut. Il m'appartient de naissance.

— Même un domestique vivant depuis toujours dans la famille ne devrait pas être autorisé à outrepasser les bornes de la bienséance.

Cette remarque lui parut familière, sans doute parce que c'était le genre de vérité qu'assenait sa mère. Le contraste avec « zizi de souris » était déroutant. C'était la première fois qu'il rencontrait une lady qui employait une telle expression.

Obéissant à son instinct, il fit un pas vers elle, juste assez pour percevoir son parfum. Il s'attendait qu'elle crie, mais elle n'en fit rien.

— Je ne suis pas un domestique, déclara-t-il.

Leurs regards se croisèrent. Le monde logique et raisonnable - celui où il évoluait habituellement - s'évanouit.

— Et vous êtes très belle, ajouta-t-il.

Elle battit des paupières. Et soudain, comme si elle était la femme du pasteur, et lui l'homme qui avait subitement perdu l'esprit, il se pencha vers elle et effleura ses lèvres des siennes. »

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_Tarquin.

_Mère, répondit Quin sans lâcher Olivia

_Que diable es-tu en train de faire ?

_ J'embrasse Olivia. Spontanément.

Les sourcils de la duchesse parurent se froncer même s'il était, bien sûr, impossible de l'imaginer s'autoriser une expression aussi extravagante.

_ Mademoiselle Lytton, je me vois obligée de vous poser la même question.

<<Je laisse Quin m'embrasser>>, faillit rétorquer Olivia. Elle jugea néanmoins plus prudent de se montrer moins directe.

_Je suppose que la fatigue de la soirée a provoqué un degré d'hilarité inhabituel, expliqua-t-elle, espérant déconcerter la douairière par une phrase aussi obscure.

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L'arbre se trouvait derrière les écuries. En réalité, il ne s'agis-sait pas simplement d'un arbre, mais d'une maison perchée dans un arbre.

Olivia leva les yeux, l'air stupéfait.

— Qu'est-ce diable que cela ?

— Une cabane. La cabane d'Alfie.

— Alfie avait une cabane ?

La question était superflue. Il y avait bien une cabane, ou plutôt une petite maison avec porte et fenêtre, perchée dans l'arbre.

— Alfie posait sans cesse des questions, expliqua Quin sans lui lâcher la main. Il voulait tout savoir : comment la lune tenait dans le ciel, pourquoi les pommes devenaient marron, ou qui avait inventé l'alphabet. Un jour, il m'a demandé pourquoi nous vivions au niveau du sol plutôt que dans les arbres.

Olivia se pencha vers lui pour l'embrasser.

— Il était votre petit moineau.

— Oui, répondit-il, mais sa voix n'était plus empreinte de tristesse. Je lui avais fait construire cette cabane parce que je trouvais que c'était une très bonne question qui méritait une expérimentation. Nous y sommes restés deux jours entiers.

— Qu'en a conclu Alfie ?

— Que les ducs de Sconce vivaient au niveau du sol parce que c'était très difficile pour les domestiques de gravir les marches du tronc avec un plateau chargé ; Cleese ne pouvait même pas monter. Alfie m'a fait remarquer que Cleese était malheureux lorsqu'il n'était pas au courant de tout, et que ce ne serait vraiment pas très gentil pour lui de nous installer définitivement dans un arbre.

Olivia s'esclaffa.

— Un raisonnement digne d'un futur duc. Attendez ! Est-ce que je ne viens pas d'entendre un autre rire que le mien ?

Quin l'attira contre son torse.

— Si vous montez dans cet arbre avec moi, Olivia, vous ne pourrez pas revenir en arrière. Je ne vous laisserai jamais épouser Rupert. Et ne vous y trompez pas : j'ai accepté qu'Évangeline vagabonde où bon lui semblait, mais ce que je ressens pour vous est différent. Si je vous surprends à lancer ne serait-ce qu'une oeillade à un homme, je risque fort de le tuer.

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« Il avait raison, ce n'était pas du badinage. C'était du désir. Pur, intense, et si violent qu'Olivia tremblait de tous ses membres. Se hissant sur la pointe des pieds, elle noua les bras autour de son cou. Il pressa une main au creux de ses reins pour la plaquer contre lui tandis que l'autre se refermait sur sa nuque, et il l'embrassa avec tant de fièvre qu'elle comprit sans qu'il eût à le lui dire qu'il ne la trouvait ni trop ronde ni sans grâce.

Des mèches échappées de son catogan retombaient sur son visage. Les paupières closes, il paraissait transformé. L'aristocrate fier et hautain au regard aiguisé comme celui d'un rapace avait laissé place à un homme emprisonné dans les serres du plaisir.

Il détacha ses lèvres des siennes. Un frisson la parcourut, et elle poussa un petit cri quand il déposa un baiser au creux de son cou. Il rouvrit les yeux.

— Ce n'est pas du badinage.

— Non, murmura-t-elle en tremblant.

— C'est un fichu incendie de forêt, décréta-t-il, avant de déposer un dernier baiser, bref, dur, sur sa bouche, et de l'éloigner de lui.

Olivia avala sa salive.

— Mais vous êtes fiancée, dit-il.

C'était une affirmation, même si ses yeux sombres semblaient attendre une réponse. Olivia eut l'impression que le monde s'était dissous autour d'eux. Qu'il n'y avait plus qu'eux dans le parc : cet homme grand et fort dont le regard cherchait le sien, et elle, Mlle Olivia Mayfield Lytton, fiancée depuis sa naissance à un marquis. Son cœur frappait contre ses côtes, mais...

Elle devait penser à Rupert. Et à Georgiana. »

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« Néanmoins, qu'il le voulût ou pas, Quin ressemblait au prince de La Princesse au petit pois sur un point fondamental : sa mère lui cherchait une épouse, et il se moquait royalement des critères qui en détermineraient le choix. Si elle pensait qu'un petit pois sous un matelas, voire cinq matelas, était une bonne manière de déterminer si une jeune femme satisfaisait aux conditions pour être duchesse, il ne la contredirait pas. À condition qu'elle ne l'ennuie pas avec ce sujet.

Dans sa manière d'être, il était aussi royal que le prince sans visage de l'histoire, aussi ducquéifié que Georgiana était duchéifiée. Il franchissait le seuil de tous les lieux comme s'il en était le propriétaire - ce qui était d'ailleurs souvent le cas. Il regardait les autres de haut, car il était plus grand que la plupart. Il était là pour observer le monde depuis son sommet, et l'arrogance était pour lui un droit de naissance.

Pour être honnête, Quin reconnaissait avoir certains défauts. Par exemple, il avait du mal à percevoir ce que ressentaient les autres. Doté d'une grande intelligence, il lui arrivait rarement d'être dérouté par un raisonnement ou une manière de penser. En ce qui concernait les sentiments, en revanche... Il détestait la façon dont les gens dissimulaient leurs émotions pour finalement les laisser jaillir dans un déluge de larmes et de cris. »

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— Dois-je éteindre les lampes ?

— Comment verrai-je ce que je fais ?

Bonne question.

— En effet, s'empressa-t-elle d'acquiescer.

Il se mit debout, posa son verre vide sur le côté de la table.

— Je sais tomber en avant. Je tombe en avant ; vous tombez en arrière. Rien de plus facile. Ils le disent tous.

Il affichait une assurance que, de toute évidence, il ne ressentait pas. Jouant le jeu, Olivia acquiesça :

— Parfait.

Puis, après une hésitation, elle se leva et contourna le sofa pour ôter son sous-vêtement. Elle revint devant le feu, se demandant si elle devait enlever ses chaussures.

Un rapide coup d'oeil à Rupert lui indiqua que celui-ci n'y avait pas songé. Son pantalon était autour de ses chevilles. Elle ingurgita une autre gorgée de brandy.

— Vous devriez finir votre verre, suggéra-t-il.

Elle le vida d'un trait, et considéra son fiancé. Il avait le vi-sage rouge et les yeux légèrement vitreux. Il avait dû profiter qu'elle lui tourne le dos pour se resservir.

— Et voilà, lança-t-il d'une voix étranglée, avant de finir son cognac à son tour.

Olivia prit une profonde inspiration et posa son verre. Puis elle s'allongea sur le sofa, remonta ses jupes et s'arma de cou-rage.

— Bien, fit Rupert. Pensez-vous que je devrais poser un genou là, à côté de votre hanche ?

Il leur fallut un moment avant de définir la place adéquate de leurs membres respectifs, mais ils se retrouvèrent plus ou moins en position.

— Voulez-vous un peu de cognac avant ? s'enquit Rupert. C'est douloureux pour une femme. Mon père me l'a dit.

— Non, merci.

Malheureusement, l'alcool qu'elle avait avalé lui était monté directement à la tête, et elle avait une furieuse envie de rire. Qu'est-ce que sa mère aurait pensé d'une telle attitude ?

— Au cas où vous auriez envie de pleurer, j'ai pris trois mouchoirs supplémentaires.

Rupert ne montrait aucun empressement à se mettre au travail.

— Merci, répéta Olivia, réprimant de plus en plus difficilement son hilarité. Je ne pleure jamais.

— Vraiment ? Je pleure tout le temps.

— Comme à cette réception, quand vous avez découvert ce petit moineau tombé du nid ?

En voyant les traits de Rupert se crisper à ce souvenir, elle ajouta en hâte :

— Ce n'était qu'un oiseau.

— Vif, scintillant... sauvage.

— Le moineau ?

Il semblait avoir totalement oublié ce qu'ils étaient supposés faire, bien qu'il fût toujours à genoux, son instrument dans la main. Son regard était redevenu clair, presque aigu.

— J'ai écrit un poème, l'informa-t-il.

Bien qu'elle n'eût aucune certitude à ce sujet, Olivia avait le sentiment que l'instrument de Rupert n'était pas en état de fonctionner tel quel.

— Quel genre de poème ? s'enquit-elle en reposant la tête sur le coussin.

La vie avec Rupert aurait son rythme propre. Nul besoin de se presser.

— « Vif, scintillant, récita-t-il, un oiseau tombe jusqu'à nous, la pénombre s'amoncelle dans les arbres. »

Olivia se redressa.

— C'est fini ?

Il hocha la tête, les yeux fixés sur elle.

— C'est très joli, Rupert.

Pour la première fois de sa vie, ou presque, elle pensait sincèrement ce qu'elle venait de dire à son fiancé.

— « La pénombre s'amoncelle », ça me plaît beaucoup.

— « Dans les arbres », ajouta-t-il solennellement. J'ai pleuré pour l'oiseau. Pourquoi ne pleurez-vous jamais ?

Elle n'avait plus jamais pleuré, pas même une fois, depuis sa première rencontre avec Rupert. Elle avait dix ans à l'époque, et lui, cinq. Ce matin-là, ses rêves à propos du prince de conte de fées qu'elle allait épouser s'étaient écroulés.

Malgré leur jeune âge, elle avait compris que quelque chose n'allait pas chez lui. Et l'avait dit à sa mère. Qui s'était moquée d'elle.

— Le marquis n'est sans doute pas aussi vif que toi, avait répliqué Mme Lytton, mais exiger cela de lui reviendrait à attendre d'un duc qu'il apprenne l'art floral. Tu es trop intelligente pour ton bien, ma fille.

— Mais... avait voulu protester Olivia, la poitrine serrée de désespoir.

— Tu es la jeune personne la plus chanceuse du monde, avait conclu sa mère d'un ton sans appel.

Même après toutes ces années et les difficultés rencontrées par Rupert pour maîtriser le langage, sans même parler de lire ou d'écrire, l'opinion de Mme Lytton n'avait pas changé d'un iota.

— Peut-être devriez-vous commencer, suggéra Olivia à son futur mari.

D'un geste de la main, elle désigna la zone globale de l'entreprise.

— Oui. Allons-y.

Tandis qu'elle le regardait, Rupert oscilla d'avant en arrière.

— Un petit peu trop de brandy, grommela-t-il, parvenant néanmoins à se placer où il fallait.

Son instrument ploya. Il le considéra en cillant.

— Ça ne fonctionne pas. Cette partie est censée être facile.

Olivia s'appuya sur les coudes. On aurait cru qu'il tenait une vieille branche de céleri : flexible et - bien que personne n'eût osé l'exprimer à voix haute -flasque.

— Réessayez.

— Je suppose que c'est le bon endroit.

— Oui, assura-t-elle d'un ton ferme.

Rupert retenta l'expérience en marmonnant. Olivia le laissa faire, et comprit soudain qu'il murmurait « dedans, dedans, dedans ». Elle se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire.

Puis déclara au bout d'un moment :

— J'ai entendu dire que ce genre de chose ne marchait jamais la première fois.

Rupert garda les yeux baissés. Il serrait sa virilité avec force, ce qui semblait horriblement inconfortable.

— C'est facile, répéta-t-il.

— Je crois qu'il faut que cela durcisse pour fonctionner, hasarda-t-elle.

Il la considéra en clignant des yeux.

— Savez-vous beaucoup de choses à ce sujet ?

Il n'y avait aucune trace de jugement dans sa question, juste de la curiosité.

— Il s'agit d'une simple conjecture, répondit-elle, luttant toujours contre le fou rire.

— Je pensais que le plus important était la taille.

— C'est ce que j'avais cru comprendre moi aussi, admit-elle avec prudence.

Rupert secoua son sexe.

— Il est gros. Je le sais.

— Merveilleux !

— Mais il ne marche pas. Encore une chose qui ne marche pas, soupira-t-il en le lâchant d'un air découragé.

Olivia recula en se tortillant et parvint à s'asseoir.

— Savez-vous comment faire pour ne pas mentir, Rupert ?

Il secoua la tête. Elle tapota le coussin à côté d'elle pour l'inviter à s'y installer.

— Nous allons simplement nous allonger sur le sofa tous les deux, et nous leur raconterons juste cela. Ce ne sera pas un mensonge, n'est-ce pas ?

— Non.

— Nous dirons que nous nous sommes allongés tous les deux sur le sofa. Rien de plus.

— Allongés tous les deux, répéta-t-il. Je préférerais... Je... Ne rien dire à père. Aux autres. S'il vous plaît.

Olivia lui prit la main - l'autre main.

— Je n'en parlerai à personne, Rupert. Jamais, promit-elle.

Ce qui lui valut un sourire empli de reconnaissance.

Beaucoup plus tard dans la soirée, Olivia, les sourcils froncés, confia à sa soeur :

— Nos parents nous ont demandé, à Rupert et à moi, de nous unir en dehors des liens du mariage, et nous nous sommes soumis tels des chiens de race dans un élevage.

— Cela ne sert à rien de présenter les choses sous un jour aussi sombre. Même si, après ce soir, l'avenir de Rupert en tant que mâle reproducteur paraît compromis, ajouta Georgiana avec un de ses rares sourires.

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_Olivia ! s'impatienta Georgiana. Ce n'est pas le moment de parler de toi ou de ton chien. Crois-tu que la duchesse douairière a déjà donné sa préférence à Althéa ? Même son prénom convient à une duchesse.

_Personnellement, il me fait surtout penser à une sorte de remède pour faciliter la digestion. Buvez Althea pour le bien-être de vos intestins ! Lady Cecily adorerait, j'en suis sûre. A ce sujet, crois-tu que la duchesse douairière apprécie les fréquentes allusions de lady Cecily à ses problèmes digestifs ?

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-Vert pâle, la couleur du céleri.

-Si mes hanches ressemblaient elles aussi à du céleri, j'aurais vraiment de quoi me réjouir, répliqua Olivia.

-Tu es pulpeuse, insista sa sœur. Une pêche juteuse et sucrée.

-Quel intérêt d'être une pêche quand la mode est au céleri ?

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Mais ses yeux... ses yeux étaient différents. Ils se rivèrent aux siens, et elle fut certaine d'y lire quelque chose. Du désir. Peut-être. Olivia secoua la tête et rattrapa sa sœur.

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"- Je t'aime plus que tout au monde, Olivia. Plus que ma propre vie. Si l'amour est dangereux, alors, je ne veux plus jamais me sentir en sécurité."

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