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Extrait ajouté par Helgrind 2012-09-07T16:40:27+02:00

Soudain, une forme noire est tombée lourdement à mes pieds en m'éraflant le visage. J'ai poussé un cri strident en bondissant en arrière, tout en comprenant qu'il s'agissait d'une balle de foin, lourde d'au moins soixante kilos.

Une silhouette s'est penchée vers moi, depuis le grenier.

- T'as voulu me tuer ! ai-je hurlé, sous le choc.

J'ai palpé ma joue et senti du sang me coller aux doigts. Que cherchait-il ? Peut être m'avait-il attiré ici pour ...

- Quelle idée ! a répondu Reyn. Je ne savais pas que tu étais là. Tu es blessée ? a-t-il ajouté.

- T'as voulu me tuer ! ai-je répété.

Etant donné les circonstances, cette hypothèse semblait tout à fait plausible.

- Bien sûr que non, a-t-il protesté, vexé. Je ne t'ai pas vu arriver. J'étais persuadé que tu traînerais pour venir. Je t'ai blessée, oui ou non ?

- Oui ! ai-je répliqué d'un ton coupant. Vu que tu m'as balancé ce truc dessus !

- Si c'était le cas, tu ne serais pas là, debout, à te plaindre, a-t-il fait observer.

[...] Les chevaux ont légèrement soufflé quand je suis passée devant leurs stalles d'un pas lourd pour aller rejoindre l'échelle qui se trouvait à l'autre bout. A contrecoeur, j'ai grimpé dans le grenier, éclairé par une petite lampe à piles suspendue à un clou. Reyn m'y attendait.

- J'en ai déjà jeté trois, tu peux t'occuper du reste, m'a-t-il dit.

Dans la lumière tamisée, il paraissait grand, puissant et encore furieux. Je n'avais aucune envie de l'approcher, mais l'idée de me conduire en mauviette m'était insupportable. J'ai donc avancé vers lui en ignorant sa présence. Depuis le début, tout allait de travers entre nous - ironie du sort, il fallait qu'il soit mon type d'homme idéal, ce qui m'irritait encore davantage.

Je me suis armée de courage tout en pensant à Wonder Women, me suis débarassée d'un de mes pulls et l'ai laissé sur une pile de balles. Je portais des dessous chauds, un autre pull et bien sûr une écharpe. Depuis que j'avais surpris des pensées anonymes pendant la séance de méditation, j'imaginais régulièrement Reyn en train de m'embrasser le cou - du moins quand je n'étais pas en rogne contre lui.

- Parfait, ai-je déclaré. Tu descends et tu commences à mettre le foin dans les râteliers.

Je lui donnais des ordres et trouvais ça plutôt marrant.

Il a inspirai, comme sur le point de me contredire, quand il a tout à coup décroché la lampe pour en diriger le faisceau sur moi. Les sourcils froncés, il a pris mon menton dans sa main et a tourné mon visage vers la lumière. A son contact, j'ai tressailli et voulu me reculer, mais il tenait fermement mon visage.

- C'est moi qui ai fait ça avec la balle ? a-t-il demandé.

- Mais non. Une balle folle, tapie près de l'entrée, m'a attaquée, ai-je répondu d'un ton railleur, tout en m'écartant de lui.

Je voulais me concentrer sur ma tâche du moment. Pas de doute, Reyn avait dû soulever les balles d'un doigt avant de les balancer en contrebas ; mais tout le monde n'était pas M. Muscle.

- Je .. m'excuse, a-t-il dit d'une voix bourrue. Vraiment, je ne savais pas que tu étais là. Je ne t'aurais pas volontairement fait mal .. du moins, je crois, a-t-il admis, hésitant.

Ses excuses me prenaient de court. J'ai haussé les épaules. Ma joue était effectivement écorchée, mais le sang ne coulait pas à flots, loin de là.

- Laisse tomber. Bon, on a besoin de trois autres balles, c'est ça ?

- Tu veux aller rincer ta blessure ? a-t-il proposé d'un ton à la fois inquiet et irrité.

- Oh ! tu t'en fiches bien, je sais. Tu ne peux pas me supporter. La plupart du temps, tu n'arrives même pas à me regarder en face. C'est bon, je veux vite terminer cette corvée et retourner me coucher.

Je me suis penchée pour attraper la mince ficelle enroulée autour de la balle, qui était plus lourde que moi, et j'ai essayé de faire rouler celle-ci vers le bord du grenier. Elle a bougé de deux centimètres environ - moins que ça, en réalité.

Reyn était toujours là. J'ai levé les yeux vers lui, furieuse qu'il reste immobile à me regarder lutter.

- Qu'est-ce qu'il y a ? ai-je demandé d'un ton hargneux.

Il a effleuré sa propre joue, comme pour signifier à quel point il était désolé.

Je lui ai lancé un coup d'oeil noir. Dans ce lieu, tout me rappelait trop le passé - l'odeur du foin et des bêtes, la tranquillité de l'écurie. Je détestais être ici.

- Oublie ça. Je suis certaine que cette griffure ajoute à mon charme naturellement espiègle. Maintenant, si tu pouvais dégager, espèce de gros lourdaud !

Je me suis de nouveau penché vers la balle, prête à pousser avec plus de force cette fois.

Ses yeux, à présent ambrés dans la pénombre, se sont plissés. Sans comprendre ce qui m'arrivait, il m'a fait un croche-pied. J'ai perdu l'équilibre et suis tombées sur les fesses, stupéfaite.

- C'est quoi, ton problème ? me suis-je exclamée.

- Je ne veux pas .. de toi ici, a-t-il rétorqué. Pourquoi es-tu venue à River's Edge ?

Il paraissait furieux, bouleversé et perdu tout à la fois.

Que lui répondre ? Il n'était pas le seul immortel à avoir besoin d'un nouveau départ. Il s'est baissé vers moi, comme s'il avait l'intention de m'aider à me relever. J'ai tressailli et l'ai aussitôt repoussé. Il a cependant saisi ma main et, tandis que j'essayais de reprendre mon souffle, il m'a bousculée sur le foin, son corps au-dessus du mien, et m'a embrassée.

Impossible de réagir ou de réfléchir. Je l'avais bêtement désiré dès notre première rencontre, l'avais tant de fois imaginé à ma merci - pourtant jamais, au grand jamais, je n'avais pensé que quoi que ce soit puisse se passer entre nous.

Et à présent, il m'embrassait, sans hostilité, mais avec chaleur et une détermination séduisante. Dans un grenier, en pleine nuit. C'est quoi, ce bordel ? ai-je songé, les seuls mots qui me venaient en tête.

Il s'est écarté de moi et ses yeux étincelants se sont posés sur mon visage ébahi. Ses cheveux blond foncé lui retombaient sur le front et ses hautes pommettes étaient rouges. A cet instant, mettant toutes mes craintes en veilleuse, j'ai compris qu'il était sans doute l'être le plus désirable qui soit sur terre. Je l'ai dévisagé. Il avait le souffle rauque, les lèvres écarlates. Doucement, comme pour me laisser le temps de protester, il a déposé sur ma joue éraflée un baiser qui m'a piquée. Je continuais de le regarder, paralysée par la situation, par la prise de conscience humiliante que, en dépit de tout, je le désirai plus que je n'avais désiré personne au fil de ma looooongue existence. Il a enroulé une mèche de mes cheveux entre ses doigts et, tout en me maintenant dans la même position, il s'est penché de nouveau vers moi.

- Embrasse-moi, a-t-il murmuré en fixant ma bouche. Embrasse-moi.

J'ai alors commencé à me ressaisir ; mon corps engourdi a repris le dessus. Il a plaqué ses lèvres contre les miennes et, peu à peu, tandis que mon cerveau s'accoutumait aux circonstances, je lui ai rendu son baiser.

Je n'avais embrassé personne depuis des moi - et je me souvenais à peine du type près duquel je m'étais réveillée dans cet entrepôt, à Londres. Quand avais-je donné un baiser à quelqu'un en étant sobre et pleinement consciente pour la dernière fois ? Des années plus tôt ? Des décennies ?

C'était .. tellement agréable. Je n'arrivais pas à croire qu'il s'agissait de Reyn. De lui et de tout ce qu'il représentait. Les battements de mon coeur se sont accélérés.

[...] - Tu es si belle, a-t-il murmuré tandis que sa bouche descendait sur ma gorge.

J'ai fixé ses yeux en amande, merveilleux.

- Tu ne m'apprécies pourtant pas.

- Si, trop, a-t-il répondu d'une voix rauque. Je te désire trop. J'ai essayé de te fuir.

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Extrait ajouté par Melou78 2011-12-22T17:47:50+01:00

Je me suis tortillee pour me degager. Vraiment, je vous le jure. Mais vous comprenez, il est tellement plus fort que moi... Et puis je suis une idiote de premiere. Alors, quand il a enfin pu me serrer contre lui et qu'il a plaque ses levres contre les miennes, toutes pensees coherente a disparu de mon esprit et j'en ai oublie de me debattre. Les pensees qui m'embrouillaient l'esprit (comme <<ennemi mortel>>, <<je le deteste>>, <<Nell va etre un obstacle>>...) se sont evaporees, pareilles a de la fumee emportee par la brise.

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Extrait ajouté par Jess-jess 2011-07-14T23:41:48+02:00

P 257

- De la même manière que tu prétens ne pas voir qu'elle se meurt de désirs pour toi ! Ca doit être vachement dur d'être un dieu auprès de toute les femmes ! ai-je poursuivi sans pourvoir m'empêcher de parler. T'es tellement génial qu'elle bave devant toi depuis des semaines, qu'elle s'arrange toujours pour être tout près de toi et qu'elle est peut-être même en train de te concocter un philtre d'amour !

Les yeux dorés de Reyn se sont écarcillés et il m'a dévisagée plus attentivement. Je m'attendais à une réponse plus mésurée, mais ça n'a pas été le cas - lui aussi était peut-être fâcher contre Nell et s'en prenait à moi.

- Oui, aussi dur que d'être le fantasme de tout les hommes ! a-t-il vivement répliqué. Des cheveus pareils à la neige, des yeux comme la nuit, des paroles dures, mais une douceur...

Il s'est brusquement arrêté l'air horrifié. C'était la première fois qu'il laissait entrevoir autant d'émotivité depuis mon arrivée à River's Edge

- Qu'elle blague ! me suis-je écriée

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Extrait ajouté par mel69 2011-06-18T15:35:26+02:00

- Tu a terminé ?

Odin, impassible, se tenait devant moi, un sac d'au oins cinquante kilos sur l'épaule. J'ai regardé autour de moi. Pas de Nell en vue.

- Euh...

Et merde. Ça allait être une de ces journées où il me faudra montrer que j'étais capable de mûrir. Je le voyais gros commeune maison. J'aurais dû déguerpir et trouver un bar sympa.

- J'ai du mal à... me décider, ai-je répondu.

Il m'a regardée des pieds à la tête. Je portais un pantalon de satin rayé Lacroix complètement effrangé à la hauteur des genoux. Un pull-over d'homme - Dieu sait où j'avais déniché ce truc - drapé autour de mes épaules, comme un linceul. Mon écharpe rayé vert et blanc était soigneusement eroulée autour de mon cou. Mes adorables bottes de motard complétaient l'ensemble - c'était ça, ou des Manolo à motif léopard, la seule autre paire de chaussures que j'avais emportée ns mon exode.

- Cela fait... au moins deux siècles que je n'ai pas travaillé ainsi, ai-je ajouté avec un petit rire, tout en me sentant intérieurement gauche et stupide. Par chance, les jupons ne sont plus de mise.

Reyn a posé par terre son gros sac ainsi qu'un autre, plus petit.

- Tu connais tes mensurations ?

- Euh, je chausse du 36. Et pour le reste... plutôt dans les petites tailles.

J'étais sèche comme un coup de trique, n'avais à proprement parler aucune rondeur. Et je ne prêtais plus attention à ça depuis des lustres.

- Ok, a répondu Reyn avec un long soupir résigné.

Il m'a de nouveau examinée de haut en bas, puis ses longs doigts ont fouillé la pile de jeans.

- Essaie celui-ci, m'a-t-il dit en m'indiquant un réduit séparé du reste du magazin par un rideau. Tu vas devoir retrousser le bas.

J'ai obtempéré. Le pantalon m'allait. Il avait deviné juste, d'un seul coup d'oeil - malgré sa réserve monocale , il savait à l'évidence jauger le corps d'une femme. Qui était-il ? D'où venait-il ? Et quelle était son histoire ? Jétais plus que fascinée.

- C'est parfait, ai-je dit en sortant de la cabine.

- Ajoutes-en deux autres ainsi que deux pantalons de velours dans la même taille, m'a-t-il ordonné.

Il était en trainde passer les chemises en revue et avait déjà mis de côté une petite pile des pulls en laine.

Bientôt je me suis retrouvée avec un caddie rempli de tout un tas de vêtements neufs. À ma grande surprise, Reyn m'a montré comment assortir tee-shirts, chemises de flanelle et sweats. Aucun n'était de marque ou branché, ou même joli, mais tout était à la bonne taille et serait beaucoup plus chaud et confortable pour River's Edge. Evidemment, jamais il ne me serait venu à l'esprit de m'habiller ainsi dans le vrai monde - ça tombait bien, vu que je l'évitait pour l'instant.

- As-tu été valet, par le passé ? ai-je demandé.

Reyn a lancé quelques paires de chausettes dans le caddie puis a ramassé son sac et l'a jeté sans peine sur son épaule.

- Non. Je supose que tu as des... sous-vêtements ?

- Euh... justement, je comptais en acheter quelques-uns, ai-je répondu.

Sa machoire s'est crispée.

- De ce côté, m'a-t-il indiqué. Prends des trucs simples qui s'entretiennent facilement. C'est pas ici que tu séduiras ou impressinonneras qui que ce soit. Je t'attends à la caisse.

- Oui, chef !

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Extrait ajouté par Ayame 2011-10-25T12:14:11+02:00

Le lendemain, en milieu de matinée (et j'entends par là 9 heures), je balayais le grand escalier, tout en fredonnant la chanson des petites souris de Cendrillon dans le dessin animé de Walt Disney. Oui, vous pouvez le dire: j'étais tombée bien bas, tant ma vie manquait désormais d'événements palpitants

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Extrait ajouté par Helgrind 2012-09-03T11:27:50+02:00

Une nuit, alors que j'étais endormie, j'ai senti quelqu'un m'attraper l'épaule et me secouer brutalement. Je me suis aussitôt réveillée en bondissant, sur le point de pousser un hurlement.

- Tais-toi, ne réveille pas les autres ! m'a lancé Reyn.

J'ai saisi sa main et essayé de la mordre.

- Arrête ! a-t-il dit d'un ton plus ennuyé que batailleur.

J'ai jeté un regard vers la porte : Je ne l'avais pas verrouillée. C'était peut être la deuxième ou la troisième fois que j'oublié de lancer le sortilège qu'Anne m'avait appris. Quelle idiote j'étais !

J'ai repoussé sa main et reculé, en me souvenant qu'on avait récemment essayé d'envoûter ma chambre, que quelqu'un m'en voulait, me détestait - puis j'ai pensé que, s'il avait eu l'intention de me faire du mal, il aurait profité de mon sommeil et ne m'aurait pas réveillée.

- Que veux-tu ? ai-je demandé en tâchant d'adopter un ton fâché.

- C'était à toi de changer le foin des chevaux, a-t-il répondu à voix basse.

- Et alors ?

- Tu ne l'as pas fait.

La porte de ma chambre était restée ouverte. Si besoin, aurais-je le temps de sortir avant qu'il me rattrape ? Pas sûr.

- J'ai dû oublier. Solis m'a donné des tas de corvées supplémentaires. Je m'en chargerai demain matin.

- Tu aurais dû t'en occuper après le dîner, a-t-il insisté.

- J'ai compris, mon général. Je le ferai demain, sans faute. Maintenant, sors d'ici.

J'étais vraiment furieuse, à présent, et la peur avait cédé la place à la colère.

- Non, tu vas t'en occuper tout de suite, a-t-il rétorqué. Il faut que je nourrisse les chevaux et nettoie les écuries à l'aube. Je ne vais pas me coltiner ton boulot en plus du mien. Allez, debout.

Il plaisantait ? Après toutes les épreuves que j'avais traversées, ce type venait me harceler au beau milieu de la nuit pour une broutille pareille ?

- Va te faire ... ai-je marmonné.

Il est resté là, les poings serrés, les yeux lançant des éclairs.

- Debout, a-t-il répété.

- C'est quoi ton problème ? ai-je aboyé. Fiche le camp d'ici ! Je le ferai demain matin.

- Tu dois déjà traire les vaches aux aurores, a-t-il répliqué. Tu vas te lever une heure plus tôt pour t'occuper du foin ?

Je l'ai dévisagé d'une air haineux.

- Qu'il aille au diable, ton foin ! T'as qu'à t'en occuper toi-même ! Maintenant, sors de ma chambre, connard !

Il ne m'avait pas adressé la parole depuis plus d'une semaine et il osait venir me réveiller à pas d'heure ? Il avait pété les plombs ?

A ma stupéfaction, il m'a attrapé par la cheville pour me tirer hors du lit. Naturellement, je lui ai envoyé un bon coup de pied dans la poitrine et il a reculé en titubant contre ma petite armoire.

- Pour l'amour du ciel, que se passe-t-il ici ?

Nos têtes ont instantanément pivoté. River était sur le seuil, en train de nouer la ceinture de sa robe de chambre de flanelle rouge.

Tout à coup, la scène m'a semblé ridicule.

- Elle n'a pas sorti le foin pour les chevaux, a répondu Reyn en tâchant de contrôler sa colère. Je n'ai pas envie de me payer son travail à sa place.

River l'a fixé d'un air ébahi. C'est alors qu'il a paru prendre conscience de l'absurdité de son comportement. Il avait littéralement voulu me sortir du lit. La chose la plus étrange que Reyn est jamais faite à River's Egde.Cela ne lui ressemblait pas du tout. Il a baissé les yeux, comme surpris de se retrouver là.

River s'est tournée vers moi.

- J'ai oublié que Solis m'avait donné cette corvée en plus, ai-je expliqué. J'ai proposé de m'en charger demain. Mais Reyn a eu une attaque cérébrale et il a trouvé judicieux de venir dans ma chambre pour me tirer du lit au milieu de la nuit. Va comprendre.

J'ai vu un muscle palpiter dans la joue de Reyn. Il a rougi. River l'a fixé de nouveau, le front plissé, comme s'il s'agissait d'une énigme qu'elle essayait de résoudre.

- Lui as-tu donné un coup de pied ?

- Il voulait me forcer à quitter mon lit ! ai-je protesté.

- Elle refusait de se lever ! s'est écrié Reyn, qui semblait proche de l'apoplexie.

- L'as-tu insulté ? m'a-t-elle demandé, d'une voix plus étonnée que fâchée.

- Eh bien, oui, il l'a mérité, ai-je répondu gauchement.

River nous a regardés tour à tour. Puis elle a hoché la tête, comme si elle venait de prendre une décision.

- Vous allez vous occuper de l'écurie tous les deux. Et sans attendre, a-t-elle ajouté d'un ton implacable.

- Moi aussi ? a demandé Reyn, incrédule.

- Oui, puisque cela te paraît tellement important, a-t-elle dit avec un grand sérieux.

- Tout de suite ? ai-je voulu savoir.

- Bien sûr.

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Extrait ajouté par stalingrade 2012-03-29T13:56:15+02:00

Ses yeux, à présent ambrés dans la pénombrés dans la pénombre, se sont plissés.Sans comprendre ce qui m'arrivait, il m'a fait tombée sur les fesses, stupéfaite.

-C'est quoi, ton problème?me suis-je exclamée.

-Je ne veux pas...de toi ici,a-t-il rétorqué.Pourquoin es-tu venu à River's Edge?

Il paraissait furieux, bouleversé et perdu tout à la fois.

Que lui répondre?Il n'était pas le seul immortel à avoir besoin d'un nouveau départ.Il s'est baissé vers moi, comme s'il avait l'intention de m'aider à me relever.J'ai tressailli et l'ai aussitot repoussé.Il a cependant saisi ma main et, tandis que j'essayais de reprendre mon souffle, il m'a bousculée sur le foin, son corps au-dessus du mien, et m'a embrassée.

A suivre!

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Extrait ajouté par Phenix76 2011-12-11T00:51:57+01:00

-Il y a autre chose, a-t-il ajouté.

J'ai poussé un gémissement.

-Quoi encore?

-Ça.

Il s'est avancé, si près que le boîtes en plastique se sont retrouvées prises en sandwich entre nous. Il me fixait de ses yeux dorés, intenses, comme ceux d'un lion.

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Extrait ajouté par Helgrind 2012-10-30T19:14:41+01:00

Et puis j'étais coincée là avec Reyn.

- River pense que nous avons besoin de parler, toi et moi, a alors annoncé Reyn, occupé à vider les assiettes dans le seau pour les cochons - ils adoraient nos restes. Elle a raison. Comme d'habitude.

- Pas cette fois, vu que je n'ai pas l'intention de bavarder avec toi.

- Ni toi ni moi n'avons envie de quitter River's Edge, a-t-il répliqué d'une voix basse et posée. Mais il y a cette chose entre nous. Et il ne faudrait pas que ça devienne une source de problèmes pour nous ou pour les autres.

« Cette chose entre nous » ? Comme s'il s'agissait seulement de mésentente ! Comment osait-il ?

- Quand tu dis « les autres », tu entends « Nell », je suppose ?

Il m'a jeté un coup d'oeil. Bon sang, qu'il était beau. C'était tellement, tellement injuste.

- Je ne comprends pas pourquoi tu me rebats les oreilles avec elle. Il n'y a rien du tout entre elle et moi.

J'ai ricané.

- Et Nell le sait-elle ? Étant donné qu'elle est pratiquement sur le point de choisir votre argenterie.

Voyant qu'il ne saisissait pas, j'ai ajouté :

- Pour votre liste de mariage.

- Tu es ridicule, a-t-il rétorqué, l'air horrifié.

- Arrête de te comporter comme un imbécile sans coeur, ai-je rétorqué en me dirigeant vers le cellier pour aller chercher d'autres boîtes en plastique.

J'ai tressailli en m'apercevant que Reyn m'y avait suivie - la pièce était tellement exiguë qu'il était difficile d'y tenir à deux.

- Sors de là, lui ai-je ordonné, les bras pleins de boîtes.

- Nous pourrions choisir de nous entre-tuer, a-t-il déclaré en refermant la porte derrière lui.

Il était grand, robuste et sentait drôlement bon pour quelqu'un qui avait massacré des villages entiers. J'avais les yeux rivés sur le triangle de peau que délimitait le col de sa chemise et je me suis rappelé la brûlure qu'il portait. Lorsque, soudain, j'ai saisi le sens de ses mots.

- Quoi ?

Mon ventre s'est serré. En guise d'armes, je ne pourrais pas compter sur les boîtes en plastique pour me défendre.

- Oui, je pourrais te tuer pour me venger et tu pourrais faire de même, vu les rôles que nous avons respectivement joués autrefois. Nos familles ont disparu, il ne reste que toi, héritière de la maison Ulfur, et moi, héritier de la maison d'Erik le Sanglant.

- Et tu penses qu'on devrait en finir une bonne fois pour toutes ? J'ai du mal à imaginer comment on s'y prendrait ..

Ses lèvres ont esquissé une petite grimace.

- On pourrait se tenir par la main et sauter en même temps dans une turbine industrielle.

Je l'ai dévisagé, abasourdie.

- Tu trouves ça drôle ?

Il a eu un geste d'impatience.

- Nous sommes à quatre siècles de distance de ces évènements, maintenant, voilà ce que j'en pense. Et si tu avais voulu te venger, tu m'aurais pourchassé bien avant.

- J'avais dix ans !

- Et moi, à peine vingt !

Nous nous sommes fusillés du regard pendant quelques instants.

- A peine vingt ans ? ai-je fini par demander. Et pas deux cents ?

- Non, mon père était âgé de cinq siècles. J'avais trois frères, de respectivement quatre cent soixante, deux cent quatre-vingt-dix-neuf et cent soixante-dix ans. J'étais le petit dernier. Et je n'avais pas encore compris la notion d'immortalité.

- Ils sont tous morts ?

- Oui, a-t-il répondu d'une voix sombre. L'un est mort cette nuit-là. Les deux autres ont disparu avec mon père quand ils ont tenté de se servir de l'amulette de ta mère.

- Et pourquoi n'est tu pas mort avec eux ?

[Cela aurait été tellement pratique], ai-je pensé.

- Je n'en sais rien. Et toi, comment as-tu échappé au massacre ?

- Ma mère s'est effondrée sur moi, j'étais cachée sous sa jupe.

Nous nous sommes tus, chacun revivant en silence des souvenirs qui étaient beaucoup plus douloureux quand ils restaient secrets. Je n'en revenais pas de pouvoir parler de cette nuit-là avec quelqu'un qui avait été présent sur le théâtre des évènements.

- Et maintenant ? a-t-il repris. On en finit ? On s'entre-tue ? L'un de nous doit-il partir ? En tout cas, ça ne sera pas moi.

- Je ne veux pas partir, moi non plus.

Les deux mois passés à River's Edge avaient jusqu'à présent été les plus bénéfiques de toute mon existence. Je me sentais tellement différente. Je souffrais encore, mais moins profondément. Une fois que les souvenirs étaient sortis, ils étaient devenus moins destructeurs.

- Par conséquent, nous restons tous les deux, a-t-il affirmé.

- Je suppose que nous n'avons pas d'autre solution pour l'instant. Je vais cependant réfléchir aux atrocités que je pourrais te faire subir. Pourtant, si tu étais un gentleman, tu partirais.

Il a esquissé un petit sourire tendu. J'en ai eu le souffle coupé.

- Toi comme moi, nous savons bien que je n'en suis pas un.

- Ouais, OK. Maintenant, laisse-moi sortir de là, je suis crevée.

- Il y a autre chose, a-t-il ajouté.

J'ai poussé un gémissement.

- Quoi encore ?

- Ça.

Il s'est avancé, si près que les boîtes en plastique se sont retrouvées prises en sandwich entre nous. Il me fixait de ses yeux dorés, intenses, comme ceux d'un lion.

- Oh, non, pas ça ! ai-je sifflé en lâchant mes boîtes.

Je l'ai repoussé de toutes mes forces - autant essayer de déplacer un arbre.

- Si, justement, a-t-il murmuré en se penchant vers moi.

Je me suis tortillée pou me dégager. Vraiment, je vous le jure. Mais vous comprenez, il était tellement plus fort que moi .. Et puis je suis une idiote de première. Alors, quand il a enfin pu me serrer contre lui et qu'il a plaqué ses lèvres contre les miennes, toute pensée cohérente a disparu de mon esprit et j'en ai oublié de me débattre. Les pensées qui m'embrouillaient l'esprit (comme « ennemi mortel », « je le déteste », « Nell va être un obstacle » ..) se sont évaporées, pareilles à de la fumée emportée par la brise.

J'ai écarté ma bouche de la sienne. Je me sentais écartelée, perdue, et je brûlais pourtant d'un désir qui me martelait la poitrine.

- Pourquoi ? ai-je chuchotais.

- Je ne sais pas. Sincèrement, a-t-il répondu d'un ton frustré, hésitant, comme déboussolé. Je te .. veux, c'est tout. Sans cesse. J'ai conscience que je ne devrais pas, que je ne peux pas, que c'est mal .. Mais même lorsque tu m'agaces, même quand tu me rappelles les douleurs, le désespoir, les tourments passés .. Je te désire. Je suis las de lutter. J'ai déjà tant lutté que je n'ai plus envie de me battre contre ça.

Nos fronts étaient appuyés l'un contre l'autre. Ses mains étaient refermées autour de ma taille. Les miennes, posées sur ses épaules. Un roc sous mes doigts. J'ai effleuré son torse, là où se trouvait la brûlure, sous sa chemise. J'avais envie de me fondre en lui, de l'emmener vers le grenier à foin - tout en sachant que c'était une idée folle, que je devrais être internée sur le champs, subir des électrochocs et certainement enfiler une camisole de force. La raison me dicter de le repousser, alors que mon coeur savait que nous étions parfaitement semblables, lui et moi, à quel point nous nous connaissions intimement.

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Extrait ajouté par lachieuzz03 2011-07-22T13:04:05+02:00

_ Que veux-tu? m'a-t-elle demandé tout doucement.

_ Je veux vivre ici, ai-je répondu, lui avouant ce dont j'avais pris conscience durant le dîner. Me sentir en paix, plus être une étrangère ici. Je veux... être digne de ce lieu. Aussi longtemps que possible.

Bêtement, j'étais au bord des larmes, comme une gamine, et je commençais à paniquer, mais j'ai ignoré mes craintes. Le regard de River s'est aiguisé et j'ai entrevu plus d'un millénaire d'émotions dans ses yeux.

_ Oui? a-t-elle ajouté.

_ Mais... surtout... je veux être moi-même. Je veux être Lilja, de la maison d'Ulful, ai-je repris en passant une main sur mon visage fatigué. Je le sais, à présent, je veux me réapproprier mon pouvoir, mon héritage. Je veux être la fille de ma mère, l'héritière de mon père, ai-je ajouté d'une voix étranglée.

Tout me semblait limpide à présent. Inéluctable.

Une lueur nouvelle a animé les yeux de River: de l'étonnement. J'ai cru y percevoir aussi soulagement, contentement, appréhension. Elle a entouré mes épaules de son bras.

_ Oui. Oui, je veux tout ça pour toi.

_ Attendez, est alors intervenue Brynne d'une voix forte, qui a résonné dans la nuit. Vous vous êtes embrassés, tous les deux.

J'ai gémi et caché mon visage entre mes mains. Reyn, qui ne savait plus où se mettre non plus, a évité de croiser mon regard. Rien n'était terminé entre nous - ni ce qui nous séparait, ni ce qui nous unissait. J'avais envie de connaître la suite, de voir comment les choses allaient évoluer.

J'en avais fini de fuir.

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