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Pelotonnée contre sa mère, Anamaya se réveille brusquement et écoute la pluie sur le toit de la case.

Il fait encore nuit, la nuit profonde et opaque de la jungle. Il pleut fort. Elle n'entend plus rien d'autre, ni les craquements des poutres, ni les cris des singes ou des fauves qui hantent la forêt.

Elle se retourne sur le hâlit de roseaux et cherche la main de sa mère. Elle ne comprend pas pourquoi le sommeil l'a quittée

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Notre Capitan, don Francisco Pizarro, qui nous a conduits au fin fond du monde pendant plus de dix ans, est enfermé là pour une trés vieille et vulgaire histoire de dettes. Il a été traîtreusement arrêté par les alguazils dés que notre nave a touché le quai. Une honte! Mais il croupit au cachot depuis trois semaines, le pauvre. Nous voilà ici à l'attendre.

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En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'assiette est saucée, la miche engloutie et le pichet vidé. La soupe lui paraît merveilleuse, le pain un chef-d'oeuvre et le vin un élixir. Si la tête lui tourne à nouveau, la cause en est meilleure! Depuis quand n'a-t-il pas fait un repas digne de ce nom? Une douce ivresse le gagne. Il commande un autre pichet. Tandis qu'il vide avec mélancolie le reste de son vin et que les marayédis s'envolent comme des mouches dans la paume de l'aubergiste, la liberté lui paraît soudain receler moins de charmes.

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De ce qu'il lui reste de chausse, Gabriel extirpe une bourse terriblement plate. Il en retire l'unique piéce, un bien triste réal, et compte avec soin les trente-et-un maravédis que lui rend l'aubergiste. Moins d'une heure plus tard, c'est en homme neuf qu'il réapparaît dans la salle de l'auberge. Les vêtements n'ont rien de luxueux mais ils sont propres et à sa taille. Et noirs, des bas au pourpoint, hors la chemise. Il ne lui reste plus qu'à trouver un barbier pour. parachever sa renaissance.

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Un bref instant, Atahuallpa demeure sans réaction. Il recule le buste seulement pour échapper aux doigts d'Inti Palla. Puis, d'une secousse du poignet, il jette le keros contre le tabouret. Le vase se fend avec un claquement sourd. Les crocs d'or du puma se brisent et s'éparpillent sur le sol. Mais c'est dans le visage d'Atahuallpa que sont maintenant passées la fureur et la férocité .

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Couché entre deux jeunes femmes sur une natte d'alpaga, le torse seulement couvert d'un unku à damier noir et blanc, Atahuallpa se redresse sur un coude. Dans la simplicité de sa pose, la tête nue, le front seulement ceint du bandeau, la puissance et la noblesse de ses traits sont éclatantes. C'est à peine si l'on remarque son oreille au lobe déchiré et sans bouchon d'or. Alors qu'elle ne le devrait pas, Inti Palla ne peut s'empêcher de détailler son visage quelques secondes avant d'incliner le front. Elle ne sait ce qui l'attire le plus fort, de la splendeur du lieu ou d'être seulement sous le regard de cet homme-là, si beau, à la bouche si parfaite... tre dans son regard et dans son désir.

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L'Unique Seigneur respire vite. Malgré ses efforts pour masquer sa souffrance, Anamaya soudain comprend. Elle sait, comme si elle le voyait déjà allongé et sans souffle, que le Fils du Soleil est en train de mourir. Bientôt il s'avancera sur le chemin invisible qui le conduira prés de son Pére, dans l'Autre Monde! Et elle doit retenir les larmes qui lui viennent aux yeux. L'Unique Seigneur ne l'a toujours pas quittée du regard. Il demande - quel nom a-t-elle? - Anamaya.

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Il n'y a pas de réponse en retour, seulement des clapotis d'eau brassée. Enfin, une voix lasse et lointaine dit - Ce bain me fatigue. qu'on me donne mes vêtements... Anamaya entrevoit le bas des pagnes d'une dizaine de femmes qui accourent. Les étoffes sont trés belles, tissées de motifs aux couleurs éclatantes.

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Ils passent ensuite sous une sorte d'auvent et longent un mur aux pierres énormes et lisses, creusé de nombreuses niches o˘ luisent de magnifiques objets d'or et de bois peint. Enfin, ils atteignent une porte étroite, aux montants de pierre parfaitement taillés et redoublés. Anamaya n'a que le temps d'entrevoir un autre patio, plus vaste avec, au centre, un grand bassin d'eau fumante. La voix séche de Sikinchara ordonne - Rampe, fille! Rampe devant ton Unique Seigneur! Elle tombe à genoux, incline le buste, pose les mains sur le sol et, du coin de l'oeil, voit que le capitaine avance et passe la porte. Elle le suit comme elle peut, éraflant ses paumes et ses genoux sur les dalles br˚lantes de soleil.

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La Maison des Vierges est pleine de chuchotements. Tandis qu'elles lavent et coiffent les cheveux d'Anamaya en trés fines tresses, les Méres lui jettent des coups d'oeil réprobateurs. Anamaya se répéte les paroles cruelles d'Inti Palla et la peur se loge au creux de son ventre : si l'Unique Seigneur décide qu'elle doit mourir sans avoir le droit de s'échapper dans l'Autre Monde, sera-t-elle dévorée par le puma ? Lorsque les Méres en ont fini avec sa coiffure, elles l'enveloppent dans un grand pagne de toile grége qui la recouvre de la poitrine aux chevilles.

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