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C'est tellement facile pour les femmes. Il leur suffit de respirer un bon coup pour dissimuler leur désir et leur attirance, contrairement à nous qui conservons une crosse de Hockey entre les jambes quand l'excitation est trop grande. On peut toujours attribuer des joues rouges à la chaleur ou aux hormones. Seulement un homme ne peut pas se contenter d'une explication de ce genre quand il présente une érection aussi longue que la tour Eiffel !

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Extrait ajouté par Diamond03 2018-10-04T23:06:51+02:00

"Le bonheur est un choix."

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Extrait ajouté par Cassandra45 2018-09-01T08:26:37+02:00

- Tu es magnifique, dis-je d'une voix basse sans cacher mon émerveillement.

Elle sursaute avant de se calmer. Ses épaules s'affaissent dès qu'elle voit que je suis là.

-Tourne-toi vers moi, je lui ordonne.

Elle s'exécute, et je suis tout de suite frappé par sa beauté.

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Extrait ajouté par ChizaSora 2019-01-20T11:46:34+01:00

L'amitié c'est comme un compte en banque. Il faut l'entretenir pour ne pas faire faillite.

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Extrait ajouté par anonyme 2019-01-06T20:19:14+01:00

J'ouvre un tiroir et sors le rouge à lèvres Viva Glam que je lui ai acheté. Je me souviens de la première fois où je l'ai appliqué sur ses belles lèvres. C'était magnifique. Esquissant un sourire, j'ôte le capuchon avant de me tourner vers le miroir et d'appuyer suffisamment fort pour laisser une marque sur la surface. Je veux que ma nouvelle meilleure amie se souvienne de moi.

"Tu es fantastique, ma chérie.

Love, Parker."

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Les souvenirs inoubliables doivent toujours s'accompagner d'un baiser.

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- À Paris ! je lance.

- À Paris ! Répondent-ils en chœur.

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Extrait ajouté par Diamond03 2018-10-04T23:05:56+02:00

" Les femmes ne doivent pas oublier qu'elles détiennent toujours, dans leur façon de s'habiller, de se maquiller ou de se coiffer, le pouvoir de captiver un homme."

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Extrait ajouté par Coquelito 2018-07-12T11:00:06+02:00

Mon père se trouve derrière le comptoir, il porte comme toujours une chemise à carreaux – cette fois elle est bleue – par-dessus un T-shirt blanc, un torchon posé sur l’épaule. Il lève la tête, un sourire aux lèvres. À cinquante-cinq ans, il a vraiment belle allure avec sa chevelure poivre et sel. Il m’adresse un sourire éclatant, celui qui fait revenir les clients et qui les encourage à écouter ses conseils. Il n’est pas rare qu’un barman serve de psy. Souvent, mon père plaisante en disant qu’il s’est trompé de métier.

Je lui fais un signe de la main et me dirige vers notre table habituelle, au fond de la salle. Depuis que mon père possède le bar, il réserve toujours une table à la famille. C’est là qu’il prend sa pause ou que ma mère vient lire quand elle veut être avec lui sans être dans ses pattes. C’est là aussi que nous décompressons, mes « frères d’autres mères » et moi, après une longue semaine ou une mission difficile.

– Salut, Park. Ça roule, frangin ? lance Bo à mon arrivée.

Il porte sa fameuse veste en cuir noir sur un T-shirt moulant, un jean sombre et des bottes de moto.

– Impeccable.

Royce se lève et sa peau sombre brille dans la lumière. Il avance la main et je distingue un bouton de manchette en onyx noir qui dépasse de la manche de son costume sur-mesure.

– Salut, frérot, dit-il avec un grand sourire.

Je lui serre la main puis je lui tapote le dos, en guise de salutation.

À peine suis-je assis que mon père vient poser une pinte devant moi.

– Sculpin IPA, de Ballast Point, vers San Diego. Je fais venir des nouveautés pour vous, les gars. Ce n’est pas une bière locale mais, si tu veux mon avis, elle n’est pas mal du tout. Tu me diras ce que tu en penses.

– Compte sur moi. Merci, papa.

– Avec plaisir. Je vous sers un autre verre, les mecs ?

– C’est bon pour moi, dit Bo, le verre à moitié plein.

– Je veux bien un autre whisky sec, Monsieur, répond Roy.

Mon père opine du chef et s’éloigne vers d’autres tables.

– Alors, qui est cette cliente top secret dont tu voulais nous parler ? demande Bo, sans détour.

J’avale une gorgée de bière glacée, prenant le temps de savourer les arômes d’agrumes qui envahissent mon palais, avant d’humecter mes lèvres et de pousser un soupir. Je sens que je relâche la pression de la journée, réconforté d’être à la maison.

– J’ai reçu l’appel d’une héritière aujourd’hui.

Bo fait tourner sa bouteille.

– Quoi ?

– Sophie Rolland m’a appelé.

Royce laisse échapper un sifflement.

– Mince alors. La fameuse Sophie Rolland ?

Je hoche la tête et reprends une gorgée d’IPA bien fraîche.

– Mais c’est qui, cette Sophie Rolland ? demande Bo d’un air renfrogné.

Bo a un côté sévère qui fait craquer les filles mais qui peut aussi être fatigant pour les autres, surtout quand il n’est pas dans le coup.

Royce fronce un fin sourcil noir et se tourne vers notre associé.

– Sophie Rolland est l’héritière du groupe Rolland, un empire du parfum. Ils détiennent la plus grande firme française. Aux dernières nouvelles, sa fortune est estimée à des millions de dollars. J’aurais besoin de faire quelques recherches pour connaître les chiffres exacts.

– En quoi ça nous concerne ? lance Bo.

– Le père est mort brutalement d’une crise cardiaque, dis-je tranquillement.

Comme je ne le connaissais pas, la nouvelle ne m’a pas vraiment affligé.

– Ah bon ? Nom de Dieu… s’exclame Royce en écarquillant les yeux et en levant son whisky en l’air avant de lancer un « Salud ! » et de vider son verre d’un trait.

Je le reconnais bien là.

– Comme tu dis.

– Qu’est-ce que j’ai raté ? Ça vous dérangerait de me mettre au parfum ? râle Bo, visiblement agacé par notre petit jeu.

– Sophie Rolland est la nouvelle patronne du groupe.

Je sirote ma bière en attendant que ça fasse tilt.

– Et elle ne sait absolument pas faire la différence entre un parfum, une fleur et ses fesses ? hasarde Bo.

Roy et moi éclatons de rire.

– Pas tout à fait. Apparemment, le parfum, c’est son truc. Elle a hérité du savoir-faire familial. En revanche, jouer son rôle de PDG, diriger une entreprise et être crédible… c’est un domaine qu’elle ne maîtrise pas très bien.

Je lève mon verre en direction de Roy, tout sourires.

– Je vois. Et qui d’autre que nous pour la préparer à prendre la tête du groupe ? lance Royce avec malice.

– Ah, là, je te suis, dit Bo en souriant.

Mon père apporte un verre à Royce et une bouteille à Bo, qui réfléchit déjà à la suite.

– Alors, cette IPA ?

– Très bonne. Rafraîchissante, vive. Je pense qu’elle va faire des adeptes.

Il frappe sur la table.

– C’est ce que je voulais entendre. Merci, fiston.

Il s’éloigne pour servir d’autres clients.

– C’est quoi la mise ? demande Bo.

La mise correspond à la somme d’argent initiale que propose une cliente pour nos services. Un premier chiffre que nous évaluons, puis augmentons si nécessaire. Celle de Sophie est déjà très élevée.

– Entre un quart et un demi-million de dollars, selon le temps où elle aura besoin de nous, dis-je l’air de rien, alors que j’ai une boule dans le ventre. Elle se charge aussi de tout le reste : billets d’avion, repas, consultants extérieurs, relooking, etc.

Le silence se fait dans le petit box ; on n’entend plus que nos respirations.

Royce, comme toujours, parle le premier.

– Tu penses envoyer qui ? Quel est le besoin ?

– Pour cette somme, on y va tous. Tu t’occuperas de ses finances et des informations relatives à son entreprise le moment venu. Bo utilisera ses talents pour sa garde-robe et son sex-appeal. Et moi, je tenterai de booster sa confiance en elle et son sens des affaires.

Bo tire sur les petits poils de son bouc. En ce moment, il a les cheveux courts sur les côtés et plus longs sur le dessus. Les miens, châtain clair, sont coupés en dégradés effilés que je structure avec un peu de gel. Les femmes me font toujours des compliments sur ma coiffure et j’aime quand elles s’y accrochent et l’empoignent pendant que je leur fais une gâterie.

Je reprends une gorgée en attendant l’avis de Bo. Il sort son téléphone et tape quelque chose. Il plisse les yeux et fait défiler des images sur son écran.

– Ouais, elle est jolie, mais quelconque. La plupart des photos datent de son adolescence. Elle aurait vingt-quatre ans, elle vient de terminer ses études.

– Non seulement elle vient de perdre le seul parent qui l’a élevée mais, en plus, elle doit reprendre une entreprise.

Par-dessus son épaule, je jette un coup d’œil aux photos de notre cliente. Grande et mince, elle se tient à côté de son père à l’occasion d’une conférence de presse. Elle est vêtue d’une robe noire, elle ne porte pas de maquillage et ses cheveux lisses sont séparés par une raie au milieu. Sous cette apparence banale se cache un véritable canon, j’en suis certain. Vu la façon dont Bo incline la tête en l’évaluant, comme il le fait avec les modèles qu’il photographie, je suis certain qu’il a le même ressenti. Ensemble, nous trouverons le moyen de révéler sa beauté.

– Elle pourrait se contenter de passer le relais au directeur financier, dit Royce en tapotant le haut de son verre avec son index.

– Oui, mais au téléphone, j’ai senti qu’elle avait toujours eu l’intention de reprendre l’affaire familiale et qu’elle compte désormais montrer au monde ce qu’elle vaut. C’est la cliente parfaite : de l’argent qui coule à flots, une beauté cachée sous des fringues ternes et une entreprise extrêmement performante. Elle a juste besoin d’un coup de pouce de notre part pour atteindre son objectif.

Je pose mon poing au milieu de la table.

– Qu’est-ce que vous en dites ? On s’attaque à Paris ou pas ?

– C’est là qu’on va ? demande Royce.

– Ouais, dis-je en souriant.

Bo lève son poing et touche le mien.

– Pour une somme pareille, on s’attaque à tout, lâche-t-il en riant.

– Pourquoi pas ? Ça fait un moment que j’ai envie d’une Porsche 911 cabriolet. Grâce à cette mission je pourrai m’offrir ma petite chérie métallisée, dit-il en embrassant son poing.

Je lève les yeux au ciel et Bo pousse un grognement.

– Toi et tes bagnoles… Bon, lève le poing si t’en es.

Royce lève la main, et nos trois poings s’entrechoquent.

– À Paris ! je lance.

– À Paris ! répondent-ils en chœur.

*

* *

Paris est magnifique au printemps. Et ce n’est pas un cliché. Les cerisiers du Japon sont en fleurs, la Seine grouille de bateaux et, partout, les femmes portent des robes ou des jupes. C’est ce que je préfère, voir des jambes libérées des pantalons de l’hiver, un buffet à volonté de peaux soyeuses que je m’imagine embrasser et caresser.

– Regardez, la tour Eiffel ! s’extasie Bo en la montrant du doigt à travers la fenêtre de la limousine qui nous a récupérés à notre hôtel.

Sophie Rolland n’a pas lésiné sur les moyens. Sa société nous loge dans un hôtel cinq étoiles, nous disposons chacun d’une suite luxueuse, avec minibar approvisionné et cuisine équipée pour un séjour prolongé. Un tel niveau de service va rendre le retour difficile pour Bo. Nous sommes tous les trois célibataires par nature, mais Bo l’est à un tout autre niveau. Moi, j’aime revenir à la maison, passer du temps dans mon appartement, traîner avec mon père et m’improviser un match de base-ball avec des contacts professionnels. À l’inverse, Bo pourrait voyager toute sa vie dans le monde sans foyer digne de ce nom. Il a un appartement dans le même complexe que le mien, mais il n’y vit que très rarement.

– Elle est plus petite que ce que je pensais.

Royce regarde par la fenêtre opposée tandis que j’observe le paysage par la vitre teintée du milieu.

– Je la trouve plutôt grande. Robuste. Solide. Exactement comme je l’imaginais. Les Français sont très forts pour les beaux monuments. Il n’y a qu’à voir notre Statue de la Liberté ou le Christ Rédempteur au Brésil.

– C’est eux qui ont fait le Christ de Rio ? demande Bo en fronçant les sourcils.

– Ouais, j’ai appris ça en cours de communication internationale. Attends… mais tu suivais le même cours !

Bo sourit avec malice.

– Je m’intéressais beaucoup plus à Melissa Thompson et au temps qu’il me faudrait pour finir dans son lit qu’à l’architecture.

Royce lève une main en s’esclaffant.

– Dommage, tu as perdu ton temps. Moi, je me la suis tapée en moins de deux semaines après le début des cours. Elle faisait d’ailleurs partie du Top Cinq des filles avec qui je couchais régulièrement en deuxième année.

Bo me fusille du regard.

– Merde, c’est donc pour ça que je n’ai jamais réussi à l’avoir ? Cette fille était l’une des seules à me résister. Mon amour-propre a souffert avec elle !

Il fait la moue. Je comprends pourquoi les femmes tombent sous son charme, moi-même je me sens obligé de lui rendre son sourire. Il reprend :

– Tu aurais pu me dire que tu couchais avec elle !

Je secoue la tête.

– C’était bien plus drôle de te voir échouer à la draguer pendant tout un semestre. Considère ça comme un cadeau de ma part. Celui de l’humilité, frangin.

Bo émet un son, à mi-chemin entre le grognement et la toux.

– L’humilité. Pfff.

La voiture s’arrête brusquement devant un grand bâtiment. Nous sortons et sommes accueillis par une petite femme brune au carré court et au sourire franc.

– Monsieur Ellis ? demande-t-elle en s’adressant à nous.

Je lève la main et m’avance vers elle.

– Bonjour*1.

Elle rougit en m’embrassant sur les joues.

– Je suis Stéphanie Martin, l’assistante de Mademoiselle Rolland. Je suis à votre disposition afin de satisfaire tous vos besoins au cours de votre séjour.

Je passe un bras autour de ses épaules en inclinant la tête.

– Tous nos besoins ? je demande en lui faisant un clin d’œil.

Ses joues ont viré au rouge vif. Je serre ses épaules, puis je lui présente les gars.

– Je vous présente Bogart Montgomery et Royce Sterling.

– Enchantée. Je vous prie de me suivre, Mademoiselle Rolland est impatiente de faire votre connaissance.

Elle nous conduit à un ascenseur vitré au sommet d’un escalier, puis nous atteignons le huitième étage et traversons une série de couloirs. Elle frappe à une porte qui doit avoir plus d’un demi-siècle. Le bois grince lorsqu’elle pousse le battant.

Nous la suivons dans un bureau étonnamment grand. Une brune timide termine un appel téléphonique, puis elle contourne son bureau pour venir à notre rencontre. Elle porte une robe fourreau noir simple qu’on croirait achetée dans un bazar sans avoir été essayée, et arbore une coupe de cheveux qui ne lui va pas. Tout à coup, son talon se prend dans le tapis persan et, d’un mouvement désordonné des bras, elle perd l’équilibre.

Avec des réflexes de félin, je la rattrape par la main et l’attire contre ma poitrine pour l’empêcher de tomber. Je passe un bras autour de sa taille fine pour la remettre sur pied.

Elle affiche une moue délicate et laisse échapper un soupir. Ses yeux couleur chocolat me fixent avec candeur à travers de longs cils incroyablement épais. Son menton arrondi se marie parfaitement avec son long nez fin. Sophie Rolland ne porte pas une seule couche de maquillage et, pourtant, elle a le teint hâlé. Ses longs cheveux bruns sont coiffés avec une raie au milieu, ce qui lui donne un style plat et peu séduisant. Mais tout homme qui la regarderait de près s’apercevrait que cette femme est un vrai diamant brut.

Je lui souris, passe ma main sur sa nuque, dans ses cheveux épais, et soulève son visage de mon pouce pour qu’elle me regarde. Elle détourne timidement le regard. Elle dégage un parfum surprenant et délicieux. En me penchant sur elle, j’effleure sa peau du bout du nez en inhalant profondément pour saisir l’essence de sa fragrance. Je souffle contre sa peau ; je veux que mon appétit pour son odeur intègre profondément son subconscient.

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Extrait ajouté par Coquelito 2018-07-12T10:59:32+02:00

J’aime les femmes. Jeunes. Âgées. Petites ou grandes. De la geek studieuse à la bombe sexuelle, je ne suis pas difficile. Qu’elles soient grandes, minces ou pulpeuses… je les ai toutes essayées. J’ai touché, dragué, embrassé et couché avec tous les genres possibles et imaginables. Il paraît qu’on a tous, sur terre, un don, quelque chose d’unique. Le mien, c’est de comprendre les femmes. Je m’appelle Parker Ellis et je suis un sacré veinard.

Avoir la chance de mettre à profit mon talent est la plus belle des récompenses. Pouvoir se consacrer nuit et jour à quelque chose que l’on adore n’est pas courant. C’est plutôt le contraire. En ce qui me concerne, j’ai mis un point d’honneur à ne jamais faire ce que je n’aimais pas. Et moi, j’adore les femmes. Toutes les femmes.

J’ai découvert qu’elles sont des créatures complexes, difficiles à cerner, et qu’il n’y en a pas deux qui se ressemblent. C’est pourquoi j’ai créé International Guy Inc. Dans le monde, nombreuses sont les femmes qui ont besoin d’un homme sûr de lui, solide et doté d’une grande attention pour leur venir en aide. Un homme comme moi.

Je suis le Dream Maker.

Vous avez un rêve et assez d’argent pour le concrétiser ? Alors, on peut discuter. Quand on a de l’argent, tout est possible. Je suis le mec qui vous aide à réaliser vos rêves.

Chez International Guy Inc., on répond aux besoins de nos clientes. Aucune demande n’est trop bizarre ou trop compliquée. Tant que ce n’est pas illégal… on s’en occupe.

Commençons par mon équipe. On dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant ; pour International Guy, il y a besoin de moi et de deux autres gars : Bogart « Bo » Montgomery et Royce Sterling. Je les connais depuis ma première année de fac à Harvard. Nous formons un trio gagnant.

J’ai su assez tôt que je voulais réussir dans la vie. Mon père m’a appris que pour avoir du succès en affaires et bien gagner sa vie, il fallait travailler à l’école. Il était barman, ma mère bibliothécaire ; évidemment, j’aspirais à plus. En matière d’amour et de soutien parental, j’ai été comblé : bien élevé, bien nourri, je ne manquais pas de vêtements ni de chaussures. En revanche, ma famille ne roulait pas sur l’or. Et les petits plaisirs étaient rares.

J’ai grandi dans la banlieue de Boston, la ville des Red Sox et des Patriots. Nous vivions dans une petite maison en briques. Minuscule, même. Il n’y avait que deux chambres. Toute mon enfance, j’ai partagé ma chambre avec mon frère. Ma mère disait que ça nous rapprochait. Pas sûr. Dès que mon frère a terminé le lycée, il s’est engagé dans l’armée. Depuis, il fait carrière comme militaire. Nous sommes proches comme des frères séparés par un continent peuvent l’être.

Rien à voir, donc, avec ce qui me lie à Bo et Royce. Je sacrifierais ma vie pour ces deux-là, et vice versa. Notre relation repose sur une sincère amitié, du travail acharné et de la solidarité. Pour pouvoir rester amis toute la vie, il nous fallait désirer les mêmes choses :

Les femmes.

L’argent.

Le pouvoir.

Nous avons quelques règles à respecter, en amitié comme en affaires : ne jamais perdre de vue les intérêts des autres, toujours favoriser l’honnêteté et ne jamais coucher avec la même femme. Jamais.

Cela fait presque cinq ans que notre entreprise est en activité, et des contrats de plus en plus importants tombent chaque jour. Notre mode de fonctionnement est simple : nous diviser pour surmonter les défis. Quand c’est nécessaire, nous joignons nos forces. En fonction des besoins de nos clientes, nous envoyons l’homme le plus adapté.

Bo est notre Love Maker. Non seulement la plupart de nos clientes tombent raides dingues de lui mais il sait surtout les aider à trouver l’amour. Son expertise dans le domaine de la séduction est sans égale. Royce et moi nous défendons, mais Bogart se place à un tout autre niveau. Il a des dons à revendre. Si une cliente veut gagner en sex-appeal, on appelle Bo. Si elle a besoin d’un trophée à son bras pour briller en société ou remporter un contrat, idem. Bo est un caméléon ; il peut être tout ce qu’une femme désire.

Ensuite, il y a Royce, le Money Maker. Tout ce qu’il touche se transforme en or. Il perçoit tout sous forme de chiffres, de mutations financières, d’actions en Bourse, de multinationales, comme il lirait l’alphabet. Grâce à Roy, nous sommes devenus riches très tôt et avons connu une belle consécration financière, moins de dix ans après notre sortie de la fac. Si une cliente a des problèmes d’argent, des doutes sur ses placements ou sur son modèle de gestion ? On envoie Roy.

Et moi ? Je suis un peu le mélange des deux. Cependant, je suis le seul à savoir parfaitement déchiffrer une femme. À deviner ce qui la fait chavirer, à déceler le véritable besoin qui se cache derrière ses requêtes. Parfois, des femmes font appel à nos services de love-coach, seulement elles sont déjà intéressées par un homme et souhaitent simplement qu’il se passe quelque chose. Qu’il la remarque. Elles veulent attirer son regard. Elles n’ont quelquefois pas assez confiance en elles. Ou bien elles cherchent tout bêtement à se trouver un homme. Mon boulot, c’est d’aller au cœur de ce que les femmes veulent vraiment.

Quand Bo, Royce et moi avons lancé notre affaire après avoir obtenu nos diplômes à Harvard, nous avons chacun investi toutes nos économies. J’ai proposé le business plan, le concept et le thème. Nous nous sommes ensuite mis d’accord pour que j’aie un pour cent supplémentaire de part de la société. Trente-quatre pour cent pour moi au lieu des trente-trois pour cent qui leur reviennent à chacun. C’est donc moi le chef. J’établis le premier contact avec chaque cliente, je dirige les opérations au quotidien et voyage presque autant qu’eux. Au fil des années, notre activité est devenue une machine bien rodée. Il n’y a rien de mieux que d’être maître de son propre destin. Grâce à International Guy, nous accomplissons ce rêve.

*

* *

Les lumières vert fluo sous les auvents du bar de mon père donnent au trottoir une étrange lueur. Je contourne le bâtiment en direction de l’entrée. Je lui ai souvent demandé de changer l’éclairage, mais il y a toujours été fermement opposé. Il dit que ça donne à l’endroit un côté mystérieux. Pourtant, Lucky’s n’a pas besoin de mystère. Ce bar existe depuis cinquante ans et attire une importante clientèle locale, toujours fidèle, qui va des hommes d’affaires en costume aux ouvriers du coin coiffés de la casquette des Red Sox. C’est ma deuxième maison depuis que je sais marcher. Mon père m’y emmenait chaque jour après l’école. Il me posait sur un tabouret et me parlait de la vie. C’est là que je faisais mes devoirs jusqu’à ce que ma mère sorte du travail.

Dès que j’ai pu mettre la main à la pâte, il m’a fait laver les verres, nettoyer les tables, balayer le trottoir et sortir les poubelles. Je n’ai jamais rechigné à aider, surtout qu’il me donnait un peu d’argent de poche que je dépensais avec des filles.

Après la famille, ce bar est ce qui compte le plus pour mon père. C’est donc le premier bien que j’ai acquis dès qu’International Guy a commencé à dégager des bénéfices. Le jour où j’ai eu assez d’argent pour acheter le Lucky’s et le mettre au nom de mon père restera l’un des plus beaux de ma vie. Je ne l’oublierai jamais. Mon père a toujours été un homme fier, mais il n’a jamais semblé aussi heureux que quand je lui ai donné l’acte de propriété, en bonne et due forme, dont il rêvait.

Il n’était pas fier de ce que je lui offrais mais de ce que j’avais accompli. J’avais terminé le lycée major de ma promotion et joueur de base-ball vedette, puis j’avais obtenu une bourse complète pour Harvard, décroché ma licence avec les félicitations du jury et lancé mon affaire. Enfin, j’avais pu être généreux. Envers mon père. Cet homme que j’admirerai éternellement. Il aurait pu refuser et m’envoyer paître, mais il a accepté ce qui lui était offert, avec honneur et amour. Mon père a fait de moi l’homme que je suis devenu.

C’est désormais toujours au Lucky’s que les gars et moi terminons nos missions, autour de pintes de bière fraîche et de cacahuètes, ou, les grands jours, de fish and chips et de grandes quantités de vodka. Tout dépend du jour et du contrat. Ce soir, je leur annonce que j’ai tiré le gros lot : la cliente la plus intéressante qu’on ait eue jusque-là. Ce boulot va nous faire gagner l’équivalent d’un mois de services en un seul contrat. Mais il y a un prix à payer : notre disponibilité devra être illimitée. Ce n’est pas quelque chose qu’on a l’habitude de proposer.

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