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Bibliothèque de Irene-Adler : Ma PAL(pile à lire)

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Cobb tourne mal Cobb tourne mal
Mike McCrary   
Remo Cobb est l’avocat de ceux qui ont commis le casse du siècle : 3,2 millions disparus en 2 minutes 11 secondes. Et seize morts. Sans trop de scrupules, Remo décide de perdre son procès pour envoyer ses clients derrière les barreaux et garder le magot. Il comptait bien sur les talents de la partie adverse pour que les types restent en taule, mais les voilà lâchés en pleine nature quelques années plus tard avec une seule envie : se venger et récupérer leur fric. Remo sait qu’il va mourir.

Sauf si...

par Hillja
Le Chasseur de regards Le Chasseur de regards
Sebastian Fitzek   
Malgré les références, rien à voir avec le premier tome. On a plus du tout la même ambiance, et le fil conducteur est totalement différent. On a là - je crois bien - le livre le plus malsain, oppressant et dérangeant de l'auteur. Ce n'est pas juste un thriller psychologique comme les autres, c'est plus l'horreur sur de nombreux points.

Et par conséquent, j'ai un peu moins apprécié, parce que bien que ce soit toujours aussi addictif, on s'éloigne trop de ce que l'auteur avait l'habitude de faire pour quelque chose de presque trop simple. Une nouvelle affaire qui pourrait même venir de quelqu’un d’autre…

En général, le scénario est tellement tordu qu'on se demande comment il peut y avoir une explication rationnelle. Ce n'était pas trop le cas avec le Voleur de regards, mais là, ça l'est encore moins. C'est plutôt une histoire presque banale. Le voleur de regards n'a que très peu d'importance, on est là dans une affaire de séquestration, de viols, et de torture. Une affaire qui apporte finalement assez peu [spoiler]puisqu’on a l’identité du coupable dès le début[/spoiler] Mais surtout, c’est quelque chose qu'on peut retrouver assez facilement dans d'autres polars, que ce soit les thèmes, où la manière dont ils sont abordés, et c'est bien ça que j'ai trouvé dommage.

D'autant que certains retournements de situations étaient super prévisibles, ce qui a un peu gâché l'effet [spoiler]je pense notamment pour la survie de Zorbach, en tant que personnage principal, il ne pouvait tout simplement pas mourir pour de bon...[/spoiler] L’auteur garde une certaine tension, mais j’ai trouvé le suspense globalement moins présent que dans le volume précédent. Du moins, au début. Parce que la fin prouve bien que l’auteur maîtrise le suspense jusqu’à la fin.

Je dois dire que la fin était excellente. Une chute que je n'attendais pas, des révélations haletantes, impressionnantes, inattendues, qui remet en question tout ce sont on était convaincu jusqu'à présent. On retourne sur l'affaire du Voleur de regard, et c'est pas trop tôt. C'est ce que j'attendais depuis le début. Cette fin brillante, et totalement maîtrisée relève donc le niveau. Même si j'ai trouvé l'épilogue un peu mou, et que certains détails n’étaient pas très clairs.


par Jenna95
Le Voleur de regards Le Voleur de regards
Sebastian Fitzek   
J'avais peur de commencer à me lasser du style de cet auteur, autant dire qu'avec ce roman, cela n'a pas du tout été le cas.

Nous sommes entraînés dès le début dans la spirale du compte à rebours mené par le voleur de regards.
Aspirée comme je l'étais dans la recherche des enfants, je ne me suis pas aperçue avant de lire les remerciements que même les chapitres étaient à l'envers !
Arrivée à la dernière page, je n'avais pas envisagé une seule seconde son dénouement final ! En un mot, bluffée.
On ne le lâche pas une seconde. Les personnages sont attachants, les descriptions des scènes nous donnent l'impression d'y être (quitte à en avoir froid dans le dos.), le suspense nous prend aux tripes...

Ce livre est même assez pédagogique en quelque sorte puisque Fitzek nous amène à découvrir autrement le monde vu par les aveugles. Comment rêvent-ils ? Ne voient-ils rien du tout ? Ont-ils toujours besoin de notre aide pour traverser ? Comment reconnaissent-ils la couleur de ce qu'ils portent ?
Plein de questions qui ne m'avaient jamais traversé l'esprit. L'auteur nous dit avoir collaboré avec des malvoyants pour créer son personnage et, je ne peux que le féliciter.
Enfin, encore une fois, ses remerciements font sourire et, je prends toujours autant de plaisir à les lire. Nous parlera-t-il un jour du golden qu'il semble mettre en scène dans chacun de ses romans ?

En un mot, je vous le conseille, vous pouvez selon moi l'acheter les yeux fermés (mais en gardant une lampe à proximité, le mal n'est pas très loin) tout en sachant que vous ne vous en échapperez pas si facilement et qu'une fois commencé, vous ne pourrez plus vous arrêter contrairement au conseil donné dans l'épilogue.

par dadotiste
La maison de terre La maison de terre
Woody Guthrie   
C'est la bouche pâteuse, les yeux brûlants et la peau asséchée que j'écris ces quelques lignes pour exprimer le talent de Woody Guthrie. Son écriture franche, crue, campagnarde, sauvage, empreinte de tendresse, m'a entraînée avec force au coeur de cette ambiance désertique, hostile, sans eau des grandes plaines de l'Ouest du Texas.
Et aux côtés de Tike et Ella May, j'ai sué, j'ai pleuré, j'ai trimé, j'ai espéré, j'ai souffert, j'ai galéré, j'ai ri, j'ai abandonné, j'ai râlé, j'ai hurlé, j'ai aimé, j'ai joui, j'ai désespéré, je me suis révoltée, j'ai tenu bon. J'ai été un être humain, tout petit face à la force de la nature et aux tempêtes de vent.
Woody Guthrie nous confie la vie d'un couple vivant dans une masure de misère rêvant de peu, d'une simple maison en terre qui les protègerait des éléments. L'histoire pourrait être banale est ennuyeuse. C'est sans compter la poésie des mots de l'auteur, la douceur des émotions qui unit le couple, la beauté des paysages dans des terres pourtant hostiles, la folie qui menace l'homme quand il a mal.
L'intensité de chaque instant est magnifiquement décrite et nous fait osciller entre bonheur et peine, entre foi et désespérance. C'est parce que Woody Guthrie connaît cette terre et la douleur d'y vivre qu'il peut à ce point nous transmettre les sensations contrastées qu'on ressent à y habiter.
Ce livre est aussi un appel à plus d'égalité, une dénonciation des injustices, un combat pour la reconnaissance des droits des opprimés. Le combat de toute la vie de l'auteur.
Je ne connaissais pas Woody Guthrie, ni comme artiste-musicien, ni comme auteur. Ce livre, offert par une amie, m'ouvre tout un univers musical, engagé, littéraire, poétique. J'ai envie d'en savoir plus sur cet homme qui a baptisé sa guitare "machine à tuer les fascistes". Un grand homme, c'est certain.
Jonathan Strange & Mr Norrell Jonathan Strange & Mr Norrell
Susanna Clarke   
Probablement indigeste et plat pour bon nombre de lecteurs habitués à ce qu'on leur serve la saveur d'un roman sur un plateau, Jonathan Strange & Mr Norrell est l'un des meilleurs livres qu'il m'ait été donné de lire.

L'auteur, historienne de métier, revisite l'Angleterre pendant les guerres Napoléoniennes, et y ajoute un peu (beaucoup?) de magie. Pas une magie enfantine, qui aime à placer la pureté du coeur et des sentiments à la source d'une puissance pleine de bonté, mais un art au service de celui qui s'en empare.

L'aspect le plus intéressant sera sûrement les notions de bien et de mal qui tantôt se mêlent tantôt se distinguent. Et à ce titre, on ne s'attache pas forcément aux personnages attendus.

Je le recommande, c'est une lecture de qualité et absolument pas ennuyeuse pour qui aime qu'un livre lui résiste un peu.

par Milith
Marche à l'étoile Marche à l'étoile
Hélène Montardre   
Ce roman se divise en deux parties. La première, qui représente environ les deux tiers du récit, se concentre sur Billy, un jeune esclave en fuite ayant à ses trousses un chasseur d’esclaves particulièrement doué. Cette première partie, c’est une plongée dans l’Amérique sauvage aux paysages grandioses, c’est ressentir les doutes, la peur, l’espoir de ce jeune homme en quête de liberté. Il semble si seul dans cette immensité hostile, mais sa volonté est sans faille, rien ne semble pouvoir l’arrêter, et il peut compter sur des personnes appartenant à un réseau, celui de l’Underground Railroad. On le sent évoluer, grandir. Au fil des pages, ce garçon qui n’a toujours été qu’un esclave va peu à peu penser en homme libre, il va apprendre à s’affirmer.

Dans le seconde partie, le lecteur découvre Jasper, un descendant de Billy. Et alors que ce dernier était en quête de liberté, lui va se lancer dans une quête d’identité. Il va creuser dans son passé après avoir découvert un carnet écrit par son ancêtre, et va tenter de savoir d’où cet homme venait. Il veut savoir si ce que raconte cet homme dans ce cahier est vrai. Dans ce dernier tiers du roman, grâce à la vision d’autres descendant de Billy, le lecteur découvre peu à peu, en même temps que Jasper, une belle histoire d’amour.

Ce récit est tout simplement sublime. En traitant d’esclavage, il s’agit d’une leçon d’histoire, très bien documentée et surtout, expliquée simplement pour rendre le tout accessible aux jeunes lecteurs sans les rebuter. Le commerce triangulaire n’aura plus de secret pour eux! Le portrait de Billy est magnifique, émouvant de justesse et le décor dans lequel il évolue est décrit de manière admirable. Jasper a aussi son charme et donne l’impression de se sentir incomplet tant qu’il n’aura pas découvert la vérité sur cet ancêtre. Et bien que cet ouvrage soit à destination des adolescents, je suis sûre qu’il trouvera également de nombreux lecteurs adultes.

Absolument magnifique!

par Virginy
Le Gang des rêves Le Gang des rêves
Luca Di Fulvio   
Je vais le dire franchement et sans concessions, "Le Gang des rêves" est un chef-d'œuvre de la littérature contemporaine, il deviendra très certainement un classique du genre (dans mon cœur il l'est déjà, d'ailleurs depuis que je l'ai terminé il ne quitte plus mon esprit jour et nuit).

La lecture se fait en deux temps, en parallèle à chaque chapitre on bascule, tout d'abord du point de vue de Cetta Luminata, puis de celui de son fils Christmas Luminata, une dizaine d'années séparent les deux lignes de lecture.

Le roman se déroule tel une chronique familiale et sociale sur une période de 20 ans (de 1910 à 1930), la grande époque où tout le monde croyait au rêve américain, mais si vous veniez du Lower East Side, il n'était même pas concevable de le toucher du bout des doigts.
Ne parlons même pas de pouvoir aimer une belle et jeune fille riche si vous veniez de là, impossible, inadmissible.
Tout ce à quoi vous pouviez aspirer tenait en deux choses, soit crever de faim en faisant des petits boulots miteux sans gagner un sous ou presque, soit devenir un voyou, et avec beaucoup de chance, devenir un gangster, à condition de ne pas finir mort dans le caniveau pour une histoire d'argent, de prostitution ou de contrebande.

Ici sont abordés pleins de thèmes différents, c'est un roman difficile à cataloguer de par son côté "fresque", disons que pour rester dans une ligne de conduite purement thématique, ont y parle de misère, de débrouille, de survie, d'amour impossible, d'amour tout court, de la vie, de gangsters, de prostitution, de prohibition, de racisme, de la mort, d'immigration, de violence physique ou morale etc.. etc..
Pour aller plus loin on parle alors de dépassement de soi, d'encouragement, de force mentale, de faiblesse charnelle, d'appât du gain, de volonté, du refus de baisser les bras, de trahison, d'amitié, d'espoir...

"Le Gang des rêves" est un roman très visuel, je dirais même cinématographique, tout du long de ma lecture je n'ai pas pu m'empêcher de trouver des références à mes films préférés, tels que Les Affranchis (regarde m'man mes chaussures elle sont pas extras ? Mon Dieu, tu a l'air d'un gangster), Gang of New-York (les five points), Il était une fois en Amérique, Good Morning Vietnam, Des hommes sans lois, Public enemies, la série Boardwalk empire (la Ford T), les incorruptibles, et même Titanic pour son côté "découverte de l'amour" (impossible entre un pauvre et une riche) et encore plein d'autres, mais aussi à des acteurs, chacun aura son propre ressenti là dessus mais pour ma part j'en ai fait un casting complément dingue, je voyais le jeune Di Caprio de la période entre Titanic et Gang of New-York dans le rôle de Christmas, Emma Watson (actuelle) dans le rôle de Ruth, Vin Diesel dans le rôle de Sal (allez comprendre pourquoi, peut-être le côté taiseux), même la petite chienne "Lillipute" m'est apparue comme une espèce de york mélangé à un teckel sans poils haha, bref tout un monde qui s'est étoffé au fil de la lecture pour m'agripper et ne plus ma lâcher alors que d'habitude j'ai du mal à imaginer les traits des personnages de roman, ils sont toujours un peu flous.
Malgré cela, le roman à sa propre identité, fabuleux.

Du côté de l'écriture c'est fluide, on ne souhaite pas s'arrêter, aucunes longueurs sur 950 pages qui passent à une vitesse folle, de plus c'est rempli de petites phrases qui pourraient devenir cultes, c'est excellent.

Attention ce roman est aussi une bombe émotionnelle, j'ai lâché ma petite larme minimum deux fois alors que cela ne m'arrive jamais, la colère est parfois montée, le stress et l'angoisse aussi, la peur, un sentiment de dégoût et d'horreur à un certain moment, heureusement que l'auteur réussi à nous faire souvent sourire au milieux de tout ça !!

Je précise que je n'ai aucun intérêt particulier à encenser ce roman, si ce n'est que j'ai tellement accroché, que j'aimerai que tous les gens que j'apprécie le lisent, que ce soit mes proches ou mes connaissances sur la toile, j'ai été littéralement absorbé par la plume de Monsieur Di Fulvio, il m'a épaté, merci à lui.

Je n'ai au final plus qu'une seule chose à dire avant de remettre les souvenirs de cette superbe lecture dans un coin de ma tête pour moi tout seul, lisez le ! (vous ferez partie du gang)

HISSEZ LE TORCHON
! BONSOIR NEW-YORK, DIAMOND DOGS !

Voir la chronique sur mon blog :
https://unbouquinsinonrien.blogspot.fr/2017/07/le-gang-des-reves-luca-di-fulvio.html

par Maks
La Porte des enfers La Porte des enfers
Laurent Gaudé   
Sous ce titre évocateur, j'ai découvert un récit fantastique, étrange, tragique, qui me rappelle l'ouvrage "Dans le Soleil des Scorta" et qu'il dédie à ses morts dont la fréquentation a fait de lui ce qu'il est. Chose dont j'ai tout à fait conscience depuis quelques temps. Car dans notre société rationaliste, on oublie que tout se superpose, se chevauche entre le monde des morts et le monde des vivants. Les anciens le savaient. Il n'y a peut être pas de frontières. Comme à mon habitude, je ne divulguerais rien de l'histoire. C'est un superbe roman, original et trés cultivé, un refus de la mort trés symbolique, une ode à l'amour, une méditation sur la vie, une expression des angoisses, des interrogations au mystère.
Oui, j'adore l'écriture sensible de Laurent Gaudé.
Tu tueras le père Tu tueras le père
Sandrone Dazieri   
http://lireunepassion.blogspot.fr/2015/10/tu-tueras-le-pere-sandrone-dazieri.html

Les premières choses qui m'ont attirée dans ce livre, c'est sa couverture et son titre. Il faut dire qu'ils sont assez intrigants et flippants, quand même ! Puis ensuite, le résumé m'a beaucoup intriguée. Puis je l'ai lu. Et là... j'ai été vraiment soufflée. Je savais (enfin me doutais) que j'aimerai, mais pas au point de l'engloutir aussi vite ! L'intrigue m'a tenue en haleine de bout en bout et l'auteur a réussi à me balader tout le long ! Je ressors de ce livre avec un presque coup de cœur !

Un homme affolé court sur la route, disant que sa femme et son fils ont disparu, alors qu'il faisait une sieste. Quand la femme est retrouvée décapitée, la police pense tout de suite à un crime passionnel, d'autant plus que le petit garçon, Luca, reste introuvable. Colomba Caselli est dépêchée sur place, mais comprend vite que ses collègues se trompent de suspect. Elle décide donc de faire appel à Dante, un homme ayant été enlevé enfant enfin par le Père. Durant onze ans, il sera captif et à sa libération, il sera appelé « l'enfant du silo ». Dès qu'il arrive sur place, il est persuadé que la personne à avoir enlevé l'enfant n'est autre que le Père, qui n'a jamais été retrouvé. Dès lors, une course contre contre la montre est lancée, afin de retrouver le disparu avant qu'il ne meurt. Dante n'a qu'une chose en tête : retrouver le Père une bonne fois pour toutes, afin de repartir sur de nouvelles bases.

Ce résumé paraît peut-être en dire trop, mais sachez que ce n'est que le dessus de l'iceberg, que les ¾ de l'histoire sont découverts au fil de la lecture et que... vous risquez de tomber de haut, d'être pris dans ce cercle vicieux que vivent les personnages et d'être choqués par certains passages. Parce que c'est exactement ce que j'ai vécu du début à la fin. Je n'extrapole pas du tout ce que j'ai lu, c'est seulement le sentiment que j'ai eu lors de ma lecture, mais aussi arrivée à la fin. Plus je tournais les pages, plus j'étais choquée des révélations. Évidemment, le mystère du Père est gardé jusqu'au bout, ce qui pousse à tourner les pages et à avoir du mal à reposer le livre.

Le roman est découpé entre plusieurs parties, et entre chacune d'entre elles, une sorte de prologue à chaque fois. Si au début j'étais un peu déstabilisée, parce que je ne comprenais pas le lien qu'ils avaient avec l'histoire, très vite, je me suis rendu compte qu'ils étaient importants pour le déroulement. Et je peux vous dire qu'il font froid dans le dos.

Si l'ambiance est glauque, déstabilisante et froide, il n'en reste pas moins que les relations entre les personnages et les personnages eux-mêmes ont réussi à me toucher. Tout d'abord Colomba. Elle a un caractère bien a elle, franc, fort et charismatique. Elle ne se laisse pas marcher dessus et va au bout des choses, au risque de perdre beaucoup. Elle est aussi très touchée par un événement qu'elle a vécu quelques mois plus tôt, qui lui a laissé des séquelles psychologiques assez fortes. Ensuite vient Dante, « l'enfant au silo ». J'ai tout de suite accroché à son personnage, car l'auteur a vraiment accentué sur sa captivité et les séquelles qu'il a encore en lui, bien qu'une vingtaine d'années se soit écoulée. Il est rongé par son passé, est devenu agoraphobe, claustrophobe et reste enfermé chez lui la plupart du temps. Mais l'arrivée de Colomba va complètement changer son rythme de vie, et même si cette arrivante ne lui plaît pas et que le fait qu'elle change complètement sa vie l'irrite beaucoup, il se rend compte au fil du temps qu'elle est un pilier dans sa vie et que loin d'elle, il resterait enfermé. L'amitié qu'il y a entre eux m'a vraiment touchée. Même s'ils ne se le disent pas en face, il y a une grande affection entre eux et j'ai trouvé que justement, le fait qu'ils ne se disent pas les choses, renforce encore plus ce qu'ils ressentent l'un envers l'autre.

L'intrigue, quant à elle... Que dire à part que j'ai été très, très surprise de la tournure des événements. L'auteur a été vraiment loin dans ses idées, à tel point que quand je lisais, j'avais l'impression d'être dans le livre (mais littéralement). J'avais l'impression de mener l'enquête auprès des personnages et le fait que cette enquête soit en dehors des murs, qu'on ne voit quasiment pas (voire pas du tout) le commissariat m'a beaucoup plu. Cette idée d'extérieur apporte un gros plus au récit, le rend plus vivant, plus réel. Et je peux vous dire que ça fiche la frousse à des moments.

La plume de l'auteur est vraiment très prenante et incisive. On tremble pour nos personnages auxquels ont s'est attachés et même ceux qu'on connaît le moins. L'auteur n'hésite pas à non plus à aller au fond des choses, à décrire le maximum d'action, de lieux. La psychologie des personnages est à son maximum et on a parfois l'impression d'être eux. Il ne leur épargne vraiment rien, ce qui donne un thriller très haletant et froid (dans le bon sens, hein.). Il a aussi cette particularité de nous faire croire qu'enfin, tout est arrangé, qu'enfin, ils vont pouvoir revivre et oublier leur passé et, la page d'après, toutes nos convictions tombent et il retourne la situation !

Quant à la fin... Je vais vous avouer que je n'ai pas pu m'empêcher de crier : « Quoi ? Mais non ! C'est quoi cette fin ? Va y avoir une suite, non ? ». Évidemment, ce ne sont que les élucubrations d'une lectrice qui a adoré sa lecture et qui en demande plus ! Mais je vais être honnête : cette fin m'a frustrée autant qu'elle m'a contentée. Compliqué, hein ?

En résumé, un thriller qui m'a pris aux tripes de A à Z. Un vrai manège à sensations. Des montagnes russes qui m'ont fait passer par différentes sensations : la peur, le dégoût, la colère, le frisson, la tristesse, le rire (parce que oui, Colomba a un certain humour, et aime titiller Dante!). Bref, un thriller que je conseille vraiment pour la qualité de la plume de l'auteur, son inventivité, son intrigue et les retournements de situation ! Un presque coup de cœur pour moi !

* Je remercie La Bête Noire pour leur confiance ! *

Justine P.

par just2iine
La Saison des feux La Saison des feux
Celeste Ng   
Merci à Sonatine et NetGalley pour cet exemplaire numérique envoyé en échange d'une critique honnête. La provenance de cet exemplaire n'influence en rien mon opinion.

J'ai trouvé la Saison des Feux vraiment sympa. Sans devenir un de mes livres préférés, je trouve que c'est un très bon roman et je le recommanderai volontiers.

Le début m'a rappelé Big Little Lies, dans le sens où on a un premier chapitre qui raconte plutôt la fin de l'histoire, puis on retourne au début, environ un an plus tôt, pour découvrir ce qui a amené à la situation présente. La maison des Richardsons a été incendiée, volontairement, apparemment par la fille cadette de la famille, Mia et sa fille sont passées rendre la clé de leur appartement et déménagent, et le roman va revenir environ un an plus tôt, là où la chaine d'évènements qui a amené à ça a commencé. J'adore ce genre de principe.

En réalité, tout commence quand Elena Richardson commence à se sentir menacée par la présence de Mia Warren. Mia ne rentre pas dans le moule, elle ne réagit pas comme Elena, qui ne jure que par les règles, estime qu'elle devrait réagir, et ça la dérange profondément Elena. Cette anxiété face à l'inattendu est compréhensible vu sa propre histoire, mais elle s'est transformée en véritable haine envers tout ce qui transgresse les règles qu'elle respecte scrupuleusement. Si ça ne respecte pas les règles, c'est mauvais et ça doit rentrer dans le rang ou disparaitre. Mia, en revanche, ne vit que par les règles qu'elle s'est fixée. C'est le caillou dans la chaussure d'Elena et Elena ne fait que ronger son frein en attendant l'occasion de la contrôler ou de la faire partir. Laisser Mia et Elena vivre dans la même communauté, c'est tout bonnement s'asseoir sur un baril de poudre et jouer avec des allumettes.

Les hostilités se déclenchent à cause d'une petite phrase innocente de Lexie, qui a permis à Mia de faire le rapprochement entre Mirabelle et May Ling. S'ensuit un procès qui divise la communauté et évidemment, Mia et Elena sont dans deux camps différents. La guerre est déclarée au moment même où Elena s'en rend compte et tous les coups sont permis. Elena ne lâche rien et elle fouille profondément dans le passé de Mia dans le but d'en retirer quelque chose qui pourrait lui nuire, quitte à blesser quiconque se dressera sur son chemin, y compris leurs enfants respectifs. Passé qui alimentera bien des débats dans les clubs de lecture, tout comme la fin du roman.

Difficile d'être plus précise sans tout spoiler, donc je me contenterai de dire que je trouve que La Saison des Feux raconte de manière intéressante comment nos choix et nos jugements peuvent nous hanter et nous gâcher la vie. Et même s'il présente quelques longueurs et je m'attendais à plus exceptionnel vu le tintouin qu'il y a eu autour, je suis contente de l'avoir lu.

par Salieri