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Bibliothèque de James06 : Ma PAL(pile à lire)

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Cradoque's band Cradoque's band
A.D.G.   
Lucien vit les « Loups » se séparer et se diriger tous vers le bidonville. Il reposa ses jumelles. Sans qu’il sût pourquoi, il était persuadé que ces gars-là étaient en train de préparer un coup. Ça pouvait être intéressant pour lui.
— De toute façon, pensa-t-il, je sais où les retrouver.
Pour une fois qu’ils étaient ensemble, le père et la mère Jujube en avaient profité pour aller faire des achats : nouvelles godasses pour Nénesse, robe pour Germaine. La grosse avait pris les mesures de son petit « Luc » pour lui ramener des affaires décentes. Le costard du vieux toubib avait été tailladé et jeté au vide-ordures.
Lucien pensa en se caressant à cette nana : « bonne à prendre » avait dit le père Ernest… Il alla boire un coup de calva ; il avait titillé la boutanche dans l’après-midi, à peine s’il en restait un fond. La tête un peu brumeuse et l’estomac qui lui brûlait un chouïa, il se remit au balcon, au soleil, les pieds nus sur le ciment frais. Soudain il sursauta, empoigna les jumelles : pas à s’y tromper, c’était bien le matuche qui s’en allait, sa gamelle à bout de bras…
« Bonne à prendre… c’en est une drôle encore celle-là…»
Lucien hésita pas, il était d’ailleurs un dur maintenant, et il voyait pas comment une femme pourrait lui résister… Adieu pucelage. Il enfila rapidement un pantalon à Nénesse trop grand pour lui et un pull-over à col roulé dans lequel il flottait un peu. Il se recoiffa et trouva qu’il avait l’air bohème.
Les trois badours Les trois badours
A.D.G.   
Mardi, jour de Mars, Bellone, c’est donc d’un cœur martial et décidé que nous nous levons. Dans sa prison, le chinetoque pousse de sourds petits geignements (nous l’avons sparadrapé pour qu’il n’ameute pas les voisins). Nous allons voir ; cet âne a envie de tartisser. Micro ironise :
— Bien la peine d’être bouclé dans les ouatères et d’empêcher tout le monde de pousser la grosse.
On est bien embêtés à savoir ce qu’on va en faire. Dans son genre, il est presque aussi canulant que le nain qui flotte toujours dans son vinaigre. Enfin, comme il a l’air, le Jaune, de vouloir rester bien tranquille, on lui permet de boire le jus avec nous et Bus pousse la gentillesse jusqu’à rapporter un croissant supplémentaire. Après, on le rattache.
— Le nain… soupire Micro, le nain il va encore falloir le jeter.
— Ce pauvre vieux Pedro, je dis avec accablement, tu crois pas que si on le faisait embaumer, on pourrait le laisser ici, sur le buffet ?
Berry Story Berry Story
A.D.G.   
— Vous me faites l’effet de jolis cocos, je disais le lendemain matin aux copains assemblés chez Maupas pendant que leurs femmes entraient à l’église. De deux choses l’une : ou bien vous êtes complètement aberlutis ou bien vous faites semblant de rien voir.
Pour de sûr, ils avaient belle allure, pâles, fripés, la gueule sans doute en betteravière et l’œil pas franc.
— V’s’ avez point encore compris ce que c’est que cet orphelinat ? Un claque, un bourdeau, un boxon, un cabaret à gothons !
— Oh, que dit Justin avec son air de coin de coulisses, l’Arsène, faut toujours qu’il soye le plus malin. Et pourquoi-t-y qu’on viendrait installer un bordel à Saint-Vincent ? Rien que pour nos beaux yeux ?
— Naviau, j’ai rétorqué, t’as pas vu tous les gens qu’étaient là hier au soir : avec leurs voitures, qu’est-ce que ça peut leur faire cinquante ou cent kilomètres. Et si tu traces un grand cercle autour de Saint-Vincent, tu verras qu’il y en a de la ville importante autour, et pas qu’un peu !
— N’empêche, qu’a insisté Justin, que c’est le Député et même le chef-flic qui ont fait l’inauguration. Point une preuve ça ?
— Une preuve de mes deux, a dit Girgassou qui arrivait, simplement la preuve qu’ils touchent des enveloppes à la fin du mois et pas emplies de P. Q., faut me croire…
Notre frère qui êtes odieux... Notre frère qui êtes odieux...
A.D.G.   
— Ouvrez, c’est moi, souffle Dome après son bref coup de sonnette à sa porte, je suis seul.
Thérèse entrebâille la lourde. Elle a le visage défait, elle s’est démaquillée d’ailleurs, elle a laissé retomber sa superbe chevelure brune sur ses épaules. Elle a mis un déshabillé sage qu’elle avait dans sa valise. Dome va s’asseoir sur le divan, il pose le pistolet sur la table.
— Si vous m’expliquiez maintenant, demande-t-il, je pourrais peut-être vous aider davantage…
Thérèse tourne le dos, aurait-elle honte ? Non, elle vient se mettre à côté de Dome, droite, l’étoffe bien tirée sur les genoux.
— Voilà, dit-elle.
Elle lui raconte tout : comment Xavier l’a chargée de surveiller Simon sitôt qu’il eut été au courant de ce braquage, comment elle fit téléphoner à Simon par un innocent copain que Zé, Rabi et Enrico-la-limace se préparaient à l’argougner. Comment Simon avait pris les devants et s’était trissé avec le ganot, comment elle avait averti les truands que Simon était avec une pute dans cet hôtel de la rue St Sulpice, comment Simon s’était réfugié chez elle et comment elle l’avait repassé.
— Belle famille que j’ai là, conclut Dome. Mais maintenant, qu’est-ce qu’il arrive ?
— D’après ce que j’ai compris, Simon a tout compris et doit donner la chasse à Xavier.
— Et l’autre fumelard, s’énerva Dome, s’est barré avec le fric en me laissant tous les pépins à venir…
Je suis un roman noir Je suis un roman noir
A.D.G.   
Je pratique, depuis l’âge de douze ans, l’art de la fugue. Instable, je suppose, en tout cas, là dans ce train qui me ramenait de Lyon, indubitablement, je venais de fuguer, je revenais avec une gueule de bois à traiter à la varlope, c’est-à-dire d’urgence avec un rince-cochon muscadet-citror-vichy.
Au wagon-restaurant, le garçon ne se permit même pas un sourire quand j’eus passé ma commande, ce qui m’évita d’avoir l’air vexé. Je pus ainsi me souvenir de mes rares moments de lucidité lyonnais, ça tournait autour de Perrache et c’était pas triste.
J’étais parti de Paris l’avant-veille, qui était le jour de Noël, donc pratiquement, je n’avais pas dessaoulé de trois jours puisque je me souvenais de la monumentale mufflée que j’avais prise avec Edgard pour fêter la naissance du sacré lardon. Puis j’étais rentré chez moi, plus exactement chez elle, évitant de me faire voir de sa mère.


par ilovelire
Pour venger pépère Pour venger pépère
A.D.G.   
I

Ils étaient trois, de cela les témoins étaient formels. Car des témoins, il n’en manquait pas de cette équipée sauvage qui se termina par la mort de mon grand-père, abattu froidement par Jouax au creux d’un petit chemin.
Tout avait commencé par un jour de juin, très chaud et très lumineux, de ces jours dont on se dit qu’ils vont servir à quelque chose, parce qu’ils sont porteurs d’un enthousiasme secret. Le lendemain, dimanche, on devait aller à la pêche, pépère et moi…
À vrai dire, la pêche ne m’amuse pas trop et c’était plus pour l’accompagner, échanger avec lui toute une matinée des silences et revenir bredouilles, que j’avais dit oui. La « plate » était amarrée à Véretz, juste dans le virage avant le village quand on vient de Tours. Le samedi matin, je l’avais vidée de toute l’eau qu’elle avait accumulée pendant l’hiver, eau verte et trouble qui commençait seulement à se réchauffer.
Pépère, lui, était allé à Bléré ; le samedi, c’est jour de marché. Il pousserait jusqu’à Francueil, à la coopérative, pour rapporter’un cubitainer de vin de table. La surprise, immuable, ce serait deux bouteilles de petit vin gris qu’il sortirait le lendemain matin de la musette et laisserait filer le long de la barque dans un sac de jute afin qu’elles soient fraîches pour le casse-croûte de dix heures.
Il n’y aura plus jamais de casse-croûte de dix heures. Rillettes et rillons, ne rions plus.
Les trois hommes étaient entrés dans le Crédit agricole de Bléré, la tête couverte de cagoules, comme des bourreaux. Dehors, moteur tournant, les attendait la voiture qu’ils avaient volée à Amboise, une puissante R 30. Sans se faire trop prier par les mouvements de canon d’un fusil de chasse, d’une mitraillette et d’un Colt, les employés leur avaient remis un peu plus de huit millions anciens. Depuis qu’il y a le Loto, on ne se fait plus tuer pour ça.
Ils ressortirent tandis que le directeur de l’agence téléphonait déjà aux gendarmes qui alertaient les brigades d’Amboise, de Loches et la Direction centrale de Tours, avenue de Grammont.
La R 30 de couleur claire fonça vers le pont, franchit le Cher sans encombre et s’engagea dans la grande allée bordée de platanes qui mène à La Croix. De là, on peut supposer, une fois le passage à niveau passé, qu’ils se seraient enfuis sur l’espèce de route expresse qui rejoint maintenant Tours tout à fait parallèlement à la Loire et au Cher, une route très droite et sans surprise protégée par des stop tout du long.
Pépère avait arrêté sa vieille 403 noire devant le bistrot à côté du passage à niveau. Là se trouve vraisemblablement le plus extraordinaire dos-d’âne de la création. Pépère était au zinc, devant un verre de Montlouis. Le patron du café dit qu’il roulait une cigarette, ses lunettes sur le bout du nez, tirant un bout de langue, à la fois par application et par anticipation de l’humectage du papier Job.
Il avait soixante-dix ans et marchait difficilement. L’année précédente, on lui avait enlevé un calcul dans les reins, comme si toute la pierre qu’il avait taillée dans sa vie s’était concentrée là pour l’empêcher de pisser.
La R 30 prit très vite, trop vite, le dos-d’âne monstrueux de La Croix. Les amortisseurs hurlèrent, claquèrent, le chauffeur perdit la direction de son véhicule et emplafonna net la barrière levée du passage à niveau. Les trois hommes avaient enlevé leurs cagoules. Le chauffeur avait pris le volant dans le buffet et c’est lui qui sortit avec le plus de difficulté. Les deux autres, un grand avec le Colt, un très petit râblé avec la mitraillette, étaient déjà dehors et couraient vers la 403.
Mon grand-père, seul consommateur, et le patron du bistrot, étaient sortis sur le seuil en entendant le fracas de la collision. Il avait son briquet à essence à la main, prêt à allumer la cigarette roulée. Il ne bougea pas quand il vit les armes des deux hommes. Le patron, en revanche, fonça derrière son comptoir et n’en bougea plus. On ne peut pas lui en vouloir, il avait toutes ses jambes, lui…
— Les clés, cria le petit à la mitraillette.
Elles étaient sur le contact, bien sûr, pépère n’envisageant pas un seul instant qu’on puisse lui voler sa ruine sur quatre roues. En outre, il était d’une génération où l’on faisait confiance.
Ce qui ne dut pas lui plaire, c’est qu’on le menaçât. Compagnon tailleur de pierre, il était aussi d’une époque où on avait sa dignité. Le troisième homme courbé en deux, rejoignit ses complices, ayant oublié son fusil de chasse dans la R 30. Il monta à l’arrière de la 403, gémissant, terrorisé. Les deux autres braquaient toujours pépère qui les regardait bien droit, la cigarette au coin des lèvres.
— Tue-le, hurla le plus petit en proie à une sorte d’hystérie.
Derrière son comptoir, tapi, le limonadier entendait tout.
On croit que mon grand-père lança son briquet à la figure de l’homme à la mitraillette. On le retrouva en effet au milieu des douilles de 9 mm, à quinze pas de son corps déchiqueté par la rafale. Ça lui ressemblait en tout cas d’avoir essayé quelque chose.
Après le crépitement rageur de tout un chargeur vidé, le patron du rade entendit encore le claquement de deux portières, le moteur de la guimbarde qui peinait au démarreur, puis qui partait. Il sortit.
Étendu sur le gravier, la tête et le tronc éclaté d’une fermeture Éclair rouge, le vieillard avait encore sa cigarette au bec.
Pour se remettre, en passant devant le zinc afin d’aller téléphoner à la gendarmerie, le patron but le reste d’un verre de Montlouis, petit blanc clair et odorant.
On n'est pas des chiens On n'est pas des chiens
A.D.G.   
Un roman policier à l'ancienne, toujours dans le cadre de la Touraine avec quelques-uns des personnages récurrents des histoires d'A.D.G : le journaliste, alter ego d'un certain Serge de B., l'avocat royaliste et le commissaire borné comme il se doit. Beaucoup d'humour pour cette sombre histoire qui se termine par un retournement de situation orchestré sous la forme d'une parodie d'Agatha Christie, Delcroix imitant Poirot dans la classique scène finale. Sans oublier les trouvailles de langage, l'argot, la langue verte et toutes sortes d'allusions cocasses, marques de fabrique d'un style inimitable.

par James06
La nuit des grands chiens malades La nuit des grands chiens malades
A.D.G.   
Nous, bien sûr qu'on est berrichons, d'entre Châteauroux et Bourges, on n'a pas la grosse cote auprès des Parisiens: qu'on serait lourds, méfiants, un peu retardés pour tout dire, pleins de croyances obscures. Seulement, on a quand même la télévision, et les Hippizes, on sait ce que c'est, des jeunes qui se droguent et qui prêtent leurs femmes à tout le monde. Alors quand on les a vus débarquer, dix, douze, sans compter les gniards, et planter leur tente à la "Grand'Côte", là, notre sang n'a fait qu'un tour.

par anonyme
Le grand Môme Le grand Môme
A.D.G.   
Entre la narration tantôt au présent, tantôt au passé, le narrateur s exprimant à la 1ère ou 3ème personne, des anglicismes francisés et un récit creux, sans parler du seul mystère nous donnant envie d en savoir plus non résolu.... J'ai été très déçue par ce livre.

par lalaru
Les Panadeux Les Panadeux
A.D.G.   
Dans la France profonde des années 60, du côté d'Orléans, le regretté A.D.G nous entraîne dans le milieu de la brocante, de la chiffe, de la poiscaille et des gagneuses. Jeannot-le-Nave, Pierrot-la-Mistouille et Martial le poissonnier, trois demi-sels, plus caves qu'arcans de haut niveau, décident de se lancer dans le braquage de banque. L'ennui c'est qu'ils n'ont pas d'argent pour s'acheter des armes. Ils doivent donc commencer par cambrioler un brocanteur. Mais très vite la belle mécanique qu'ils croient avoir mise au point se détraque, les arsouilles se révèlent n'être que des incapables et toute l'affaire tourne au vinaigre. Un roman policier comme on n'en fait plus de nos jours. Une langue inimitable faite d'argot, de verlan, de trouvailles langagières, dans la lignée de celle d'Audiard, de San-Antonio ou d'Alphonse Boudard. Des personnages hauts en couleurs, laids, bêtes, sales et méchants pour la plupart. Beaucoup de verve, d'humour et de rythme avec en prime le plaisir d'une plongée dans la France d'avant, sous le règne de Pompon et dans un « milieu » qui n'existe plus. On imagine quel film désopilant Lautner aurait pu réaliser avec un tel bouquin !

par James06