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Description ajoutée par Premiere 2023-07-21T09:20:07+02:00

ACCOMPAGNER LE CRI

Dans son livre gaiement intitulé J’aurais envie, Alain Marc mêle écriture, image et musique à l’unisson de sa propre voix. Alain Marc procède à une graduée progression du travail de nos sens (le toucher, la voix et le voir) en même temps qu’il s’ingénie à dérégler les significations trop simplistes pour mieux saisir la vague complexe de l’embrasement amoureux. Dans l’ouvrage qui s’offre à nous, l’écriture est un corps qui se coule dans une voix ponctuée par la musique scintillante et précise d’Emmanuel Mailly et qu’accompagnent les monotypes dynamiques et insinuants d’Alexandra Fontaine.

Ainsi couvert de tous les arts, Alain Marc nous convie au festin de l’amour – de l’amour physique, puisque c’est bien là que se tapissent nos sources les plus secrètes et nos racines immémoriales.

[…]

La démarche d’Alain Marc a l’originalité de se frayer un chemin clair et franc jusqu’au corps féminin – cette « ELLE » qui donne des ailes et veut de l’amour la réalisation complète et quasi opéradique. Parlant de lui-même, le poète confesse « un certain goût d’opiniâtreté ». Aussi ne se cantonne-t-il jamais dans quelque voyeurisme timide ou contrarié, et n’acquiesce-t-il guère à l’idée chère à Mallarmé selon laquelle l’allusion serait le summum de l’érotisme. Alain Marc nomme les choses, non pas crûment (l’adverbe a quelque chose de désobligeant et d’inapproprié), mais tout naturellement. Le « con » est clairement désigné et exploré (André Pieyre de Mandiargues parlait, à juste titre, du « con sacré »).

[…]

En neuf chants, le poète exprime une « envie » (belle façon d’être en vie) qui a le don de le maintenir à neuf.

D’emblée, l’auteur va de l’avant. Son premier poème s’intitule « J’aurais envie hein » – et ce « hein », auquel répond un peu plus loin un « Ah ! », s’impose comme une interjection de renfort, un appel à l’acte partagé et éructé (le cri déjà) – ce qui conduit le second poème à passer du conditionnel « j’aurais envie » au très assuré et rassurant « j’ai envie ».

Les assonances aident à hâter l’emmêlement des corps (« tu hèles / tu ELLE ») pour magnifier, dans le troisième poème, la femme « nue » qui mène aux nues en même temps qu’elle fait « une » avec son partenaire dans le coït atteint. Pas question ici de biaiser : c’est « baiser » qui importe et qui nous transporte jusqu’au « trou » renversant. Il y a un désir ardent du « dans » qui gomme le vieux fantasme du « vagin denté » que les psychanalystes ont pointé chez un Apollinaire. Non, le trou est une merveille qui justifie le titre du troisième poème « J’ai envie d’eux ». « D’eux », c’est, bien sûr, les « deux » amants, mais c’est davantage encore […]

[…]

Les monotypes d’Alexandra Fontaine escortent les poèmes d’Alain Marc d’une riche intensité. L’emmêlement des corps s’inscrit dans de larges coulées noires et blanches où s’échangent regards et espaces. Alexandra Fontaine tresse des fils et creuse des cavités avec le souci âpre de la complémentarité.

[…]

Aussi est-il indispensable d’écouter Alain Marc dire ses poèmes, d’une voix étonnamment sûre et claire. C’est comme si, dans le confus de l’amour, il fallait être précis et toujours bien au clair.

[…]

Si la musique d’Emmanuel Mailly ponctue et danse les avancées sereines de la voix du poète, les monotypes d’Alexandra Fontaine tressent et détressent l’emmêlement d’amour. Et il revient à Alain Marc qui tient le manche du gouvernail, de hisser haut et clair le cri qui, avec « eux », aspire à un chant unifié, voire public et universel. L’orchestration obéit à une simplicité assumée, loin du culte un peu suranné du fantasme et dans l’optique d’une libre et gaie fusion des corps qui en savent certainement davantage sur nous que nous n’en savons sur eux.

préface de Daniel Leuwers du livre d'art J'aurais envie / Ich Hätte Lust.

DEN SCHREI BEGLEITEN

In seinem Buch, das fröhlich den Titel Ich hätte Lust trägt, mischt Alain Marc Schrift, Bild und Musik im Einklang seiner eigenen Stimme. Alain Marc führt eine abgestufte Fortbewegung der Arbeit unserer Sinne (der Tastsinn,die Stimme, das Sehen) durch, indem er seinen Geist anstrengt, die zu sehr vereinfachten Bedeutungen in Unordnung zu bringen, um die vielschichtige Welle der verliebten Glut besser zu erfassen. Im Werk, das sich uns anbietet, ist die Schrift ein Körper, der sich, von der glitzernden und Emmanuel Maillys genauen Musik interpunktiert, in eine Stimme schlüpft, und die, von den tatkräftigen und schmeichlerischen Alexandra Fontaines Monotypen begleitet wird.

So unter Führung allen Künsten, lädt uns Alain Marc zum Festmahl der Liebe – zur sinnlichen Liebe ein, denn darin liegt ja gerade die Gewissheit, dass sich unsere geheimsten Quellen und unsere uralten Wurzel verkriechen.

[…]

Die Entwicklung von Alain Marc besitzt die Eigenständigkeit, sich einen offenherzigen und klaren Weg bis zur weiblichen Körper zu bahnen. Diese SIE, die den Dichter beflügelt und möchte die vollkommene und beinah opernhafte Verwirklichung der Liebe. Aus ihm selbst ausgehend, gesteht der Dichter „einige Neigungen zur Hartnäckigkeit“ ein. Also beschränkt er sich nie auf irgendwelchen schüchternen und durchkreuzten Voyeurismus, und stimmt er kaum der Mallarmés lieben Idee zu, nach der die Anspielung der Höhepunkt der Erotilk wäre. Alain Marc bennent die Dinge, keineswegs brutal (das Adverb hat etwas Kränkendes und Unpassendes) aber ganz natürlich ist die Fotze deutlich bezeichnet und untersucht (André Pierre De Mandiargues sprach, mit vollem Recht, von „der geweihten Fotze“).

[…]

Mit neunen Gesängen, drückt der Dichter eine „Lust“ (schöne Art, auf das Leben Lust zu haben) aus, die dazu angetan ist, ihn dauernd in einer kreativen Geistesverfassung zu erhalten.

Gleich zu Beginn, geht der Autor drauflos. Sein erstes Gedicht trägt den Namen „Ich hätte Lust hm“ und dieses „hm“, hinter dem ein „Ach !“ etwas weiter erwidert, setzt sich als eine Verstärkungsinterjektion durch, als einen Zuruf zu einer geteilten und hervorstossenden Tat (den Schrei schon) – was das zweite Gedicht dazu bringt, vom Konditional „ich hätte Lust“ zum feststehenden und beruhigenden Ausdruck „ich habe Lust“ überzugehen.

Die Assonanzen helfen den Wirrwarr der Körper (du rufst herbei / du rufst SIE her) zu beschleunigen, um, im dritten Gedicht, die „nackte“ Frau zu verherrlichen, die in den Himmel hebt, indem sie, mit dem Partner, im getroffenen Koïtus, ein Herz und eine Seele ist. Das kommt nicht hier infrage, Winkelzüge zu machen : das Einzige, was zählt, ist „Ficken“ und das uns bis zum verblüffenden „Loch“ in einen Freudentaumel versetzt. Es gibt hier eine glühende und sinnliche Begierde nach „hinein“, die das alte Phantasma der „gezahnten Scheide“ ausradiert, und dieses Phantasma haben die Psychoanalytiker bei dem Dichter Apollinaire angestrichen. Nein, das Loch ist ein Wunder, das den Titel des dritten Gedichts „Ich habe Lust auf ihnen“ rechtfertigt. „Zwei“, das ist, natürlich, die zwei Liebenden […]

[…]

Die Alexandra Fontaines Monotypen gehen die Alain Marcs Gedichte mit einer grossartigen Intensität mit. Der Wirrwarr der Körper steht mit breiten, schwarzen und weissen Schmelzmassen in Verbindung, in denen sich Blicke und Räume austauschen. Alexandra Fontaine fecht Faden und hebt Hohlräume im strengen Bestreben der Komplementarität aus.

[…]

Deshalb ist es unentbehrlich, zu hören, wenn Alain Marc, mit einer erstaunenswert gewissen und hellen Stimme, seine Gedichte aufsagt. Es ist, als ob, in der Verwirrung der Liebe, man präzis sein müsste, und immer Klarheit darin brächte.

[…]

Wenn die Emmanuel Maillys Musik interpunktiert und tanzt die ausgeglichenen Sprünge der Dichterstimme, flechten und entflechten die Alexandra Fontaines Monotypen den Wirrwarr der Liebe. Und es kommt Alain Marc zu, der den Steuerknüppel fest in der Hand hält, hoch und klar den Schrei hinaufzuziehen, der, mit „ihnen“ sehnt sich nach einem einigenden, sogar öffentlichen und allgemeingültigen Gesang.

Die Orchestrierung gehorcht einer akzeptierten Schlichtheit, himmelweit entfernt vom überholten Kult des Phantasmas und erwirbt eine Option auf ein freies und heiteres Schmelzen der Körper, die es mehr über uns wissen als wir es über ihnen wissen.

traduction en allemand de la préface de Daniel Leuwers par Joël Vincent

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