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Extrait ajouté par Edith972 2012-05-18T03:05:59+02:00

Le lendemain matin après l'appel, les kapos rassemblèrent le bétail. Certains furent emmenés dans les usines, qui se trouvaient à proximité du camp, ces esclaves travaillaient à grossir les bénéfices des industriels allemands. D'autres, comme moi par exemple, furent mis au travail dans le camp même.

Nous étions des maçons mais à l'époque je ne savais pas vraiment ce que nous construisions. Maintenant je sais que j'aidais à l'expansion d'une vaste entreprise d'extermination, une entreprise qui allait anéantir six millions d'individus de la surface de la terre.

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Extrait ajouté par Edith972 2012-05-18T03:12:11+02:00

Auschwitz était le camp le mieux gardé d'Europe, un secret que les nazis étaient bien décidés à ne pas laisser révéler, car si jamais un murmure s'en échappait, le mouton ne se laisserait plus conduire si tranquillement à l'abattoir.

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Extrait ajouté par Belle-Helene 2018-01-14T12:23:32+01:00

Moses, fils d'un rabbin polonais, croyant sincère, murmura comme il le faisait toujours :

- C'est la volonté de Dieu!

(...)

Elles étaient toujours là, nues dans le froid glacial ; mais cette fois les rangées étaient clairsemées et les camions bourrés au maximum. Seul le silence, le silence oppressant était le même, mais à mesure que nous nous approchions il fut brutalement rompu.

Les moteurs de quarante camions se mirent à rugir simultanément faisant trembler l'air immobile, le dominant, sans réussir pourtant à masquer la honte de l'abominable forfait.

Des gorges de ces milliers de femmes sur le pont de mourir, s'éleva une plainte prophétique de plus en plus aiguë de plus en plus forte qui n'en finissait pas, une protestation vibrante que seule la mort pouvait interrompre, puis ce fut l'inévitable panique.

Les camions s’ébranlèrent. Une femme sauta pas dessus bord puis une autre et encore une autre. Celles qui avaient sauté furent battues et essayèrent de remonter.

Elles tombèrent sous les roues des camions qui roulaient d plus en plus vite jusqu'à ce qu'on ne les vit plus.

Moses Sonenschein dit dans un murmure:

- Il n'y a pas de Dieu.

Puis sa voix s'enfla en un cri:

- Ici il n'y a pas de Dieu et s'il y en a un maudit soit-il, maudit soit-il, maudit soit-il!

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Extrait ajouté par Belle-Helene 2018-01-14T12:10:54+01:00

Je m'efforçai de rester calme mais je n'y parvins pas. Alors que les femmes continuaient à marcher, leurs visages gris semblaient se brouiller devant mes yeux quand soudain l'un d'eux jaillit de la brume et frappa ma mémoire.

C'était ma cousine Eva. Eva de Topolcany.

Elle avait à peu près mon âge, un peu plus de dix-sept ans, pas très jolie mais solide, intelligente, spirituelle, et connue de toute la ville pour son élégance. Eva, l'intellectuelle qui parlait si bien l'anglais, Eva la pianiste qui adorait sortir. Eva n'était pas devenue musulmane, elle avait toujours la tête haute. Je l'appelai. Elle se tourna, me regarda surprise, n'en croyant pas ses yeux. Elle fronça les sourcils, me reconnut et la vie revint sur son visage fin et tendu.

- Rudi!

Un fouet s'éleva et retomba mais Eva ne vacilla pas. Je levai la main, elle leva la sienne en un superbe geste de défi et en passant à dix pas de moi elle dit encore:

- Adieu, Rudi, adieu.

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Extrait ajouté par Belle-Helene 2018-01-14T12:04:09+01:00

- Dehors, ouste, dehors, hurlèrent-ils, Raus...! Raus...! Raus...!

Les matraques se levaient et retombaient. Les gémissements des femmes se heurtaient aux cris terrifiés des enfants. Alice se jeta dans mes bras et pendant que je la serrais contre moi, les kapos poussaient à coups de poing, à coups de pied, à coups de gueule le troupeau vers les camions. Ils grouillaient autour de nous, nous ignorant momentanément, car d'après mes vêtements, ils voyaient que j'étais l'un des leurs mais je savais que ce n'était qu'une protection provisoire. C'était, je le savais si bien, la fin.

Un enfant ensanglanté tomba à mes pieds. La mère releva son corps, et fut projetée dehors d'un coup de matraque dans le dos. Le visage d'Alice était tout contre le mien et elle me chuchota dans l'oreille:

- Nous nous retrouverons chéri, nous nous retrouverons et ce sera merveilleux. Mais si cela n'était pas... c'était merveilleux.

Un kapo buta contre nous, nous poussa et se mit à gueuler:

- Séparez-vous, ce n'et pas le moment de flirter. Emmène la garce aux camions.

Nous nous tenions toujours enlacés, lèvres jointes, les doigts désespérément emmêlés.

- Allons, dépêche-toi, salaud, lâche cette fille ou monte avec elle dans le camion.

Alice l'entendit. Elle relâcha son étreinte. Son visage était tout blanc, et sans larmes:

- Va chéri, va maintenant.

Puis elle partit en courant vers un camion. Je la vis trébucher sous un coup, se redresser et disparaître.

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