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Je ne retrouve personne



Description ajoutée par bridget 2013-07-17T19:02:37+02:00

Résumé

Lorsqu’Aurélien Delamare débarque à Villerville un dimanche d’automne pour régler la vente de la maison familiale, il est censé n’y passer qu’une nuit. Ce séjour va pourtant se prolonger et prendre l’allure d’un état des lieux personnel. Face aux fantômes ravivés de l'adolescence, Aurélien interroge son histoire jusqu’à sonder les racines d’une solitude à la fois subie et choisie. Maintenant qu’il est revenu en presque étranger dans son village natal, la question se pose autrement : s’agit-il de retrouver quiconque ou de rencontrer enfin quelqu’un?

Je ne retrouve personne est un livre d’abandon au principe d’incertitude. On y doute de soi au passé (re)composé et au présent le plus immédiat. À travers ce journal d’un trentenaire en crise – et pour ce huitième roman aux Éditions Verticales –, Arnaud Cathrine ose se perdre pour mieux surmonter un à un les pièges de la mélancolie.

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Classement en biblio - 14 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par ilovelire 2016-01-30T15:39:32+01:00

Habitué jusque-là (dans une logique de classe à laquelle nous ne réfléchissions pas le moins du monde) à ne fréquenter que des enfants de notables, je me surpris peu à peu à délaisser mes « semblables » pour passer le plus clair de mon temps avec Hervé et surtout Benoît. En ma compagnie, Benoît abandonnait ses numéros de fier-à-bras et se laissait aller à de fréquentes confidences. Élevé par un père alcoolique et brutal (qu’il imitait sans s’en apercevoir tout en s’en plaignant) sous le regard d’une mère dépassée, Benoît vivait chichement au milieu de trois frères aînés aussi braques que lui. J’ignore par quel miracle une telle amitié put naître entre nous. C’est sans doute cette « sensiblerie » qu’il avait tant raillée chez moi qui finit par le mettre en confiance, lui offrant une écoute et une empathie dont il doutait peut-être jusque-là qu’elles pussent être possibles. Hervé ne tarda pas à jalouser notre proximité, soupçonnant que nous partagions autre chose que le récit circonstancié de la vie au lycée.

Nous nous sommes perdus de vue après mon départ de Villerville. De ces séparations qu’on juge impossibles sur le papier mais qui se font si naturellement en réalité. Et c’est fort de cette distance que je « consacrai », sous le masque de la fiction bien sûr, mon deuxième roman à Benoît dont la personnalité m’avait à ce point touché qu’elle m’inspira à l’époque bien plus que ma petite existence. Un provincial est un texte court où il ne se passe pas grand-chose sinon la dérive d’un adolescent maltraité par son père, marchant sur le fil de nuits alcoolisées et de journées poisses dans un village français lambda. L’impossibilité de s’octroyer un destin, la bataille quotidienne pour échapper à la violence paternelle : voilà ce qu’évoquait en substance le roman, le tout transposé dans un milieu bourgeois, de sorte qu’on ne puisse pas reconnaître Benoît. « Mais que s’est-il passé pour que tu écrives des trucs pareils ? » Je commençai par essayer de rassurer ma mère, arguant qu’il s’agissait de pure fiction. « Qu’est-ce qu’on va penser de ton père ? Lui qui ne boit qu’aux grandes occasions ! » Constatant que je les avais plongés involontairement dans un profond désarroi et qu’ils se sentaient tenus en joue par leur cadet dont ils pensaient n’avoir rien à craindre, je dus abattre mon jeu et expliquer à maman que le héros de mon livre me ressemblait pour une part (on n’est quand même jamais mieux servi que par soi-même) mais qu’une autre part substantielle m’avait été inspirée par Benoît, mon ancien camarade de classe que je n’avais pas revu depuis des lustres. Plutôt que de la calmer, mon explication redoubla son accès de panique : « Mais de quoi tu te mêles ? Si les parents de Benoît viennent à lire ça ? Des clients de la pharmacie en plus ! » J’étais coupable. D’avoir laissé planer une ambiguïté à propos de mes parents. Et d’avoir mis à nu en place publique de braves gens qui n’avaient rien demandé à personne. Comme je l’ai dit, mon père ne fit aucun commentaire au sujet de ce roman. À la réflexion, je ne suis même pas sûr qu’il l’ait lu (Dieu sait ce que ma mère a pu lui raconter pour l’en dissuader). Quant à Villerville et à ses habitants, il ne me semble pas qu’on en parla plus que ça.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Azane95 2018-12-24T15:36:25+01:00
Or

Je l'ai acheté un peu au hasard, la couverture et le titre m'ont donné envie de le lire. Je n'ai pas regretté mon achat! Le style est nettement différent de ce que je lis habituellement mais ça n'en a été que plus rafraichissant. Même si le fond de l'histoire n'est pas gai, j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre Aurélien dans ses réflexions. Le rythme est agréable, comme si on prenait le temps de faire un pause, de prendre du recul en même temps que le personnage principal. J'ai trouvé la fin très plaisante, une note positive qui redonne espoir sans aller trop loin.

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Commentaire ajouté par Mietje 2015-03-03T16:02:02+01:00
Argent

J'ai acheté ce livre peut-être tout simplement parceque la couverture semblait éveiller en moi un bon souvenir. Effectivement lors de nos dernières vacances, avant le décès de mon époux, nous avons en septembre séjourné à Villerville, dans un excellent hotel créé dans une belle vieille maison de Normandie. L'histoire est bien racontée, elle tient le route, et se passe au centre de cette localité.Venant vider la maison de ses parents, le personnage principal reste là plus longtemps que prévu et c'est l'occasion pour lui de se remémorer son enfance, sa jeunesse, dominée surtout par un grand sentiment de solitude. Lecture agréable, histoire assez classique d'une famille ..... assez classique.

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Commentaire ajouté par fanfan50 2014-09-18T09:09:41+02:00
Diamant

Un livre très agréable à lire qui semble vrai et qui dérange parfois.

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Dates de sortie

Je ne retrouve personne

  • France : 2013-08-29 (Français)
  • France : 2015-01-08 - Poche (Français)

Activité récente

Azane95 l'ajoute dans sa biblio or
2018-12-24T15:28:04+01:00

Editeurs

Les chiffres

Lecteurs 14
Commentaires 3
Extraits 6
Evaluations 2
Note globale 8 / 10

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