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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par elisou 2011-02-10T21:45:54+01:00

Chapitre 4, page 88

- Tu tremble de froid.

C'était James. Je décidai de ne pas me retourner tout de suite pour le regarder. Je ne voulais pas révèler à quel point j'étais contente de le revoir, d'autant plus qu'il n'était pas venu me voir à l'hopital ni chez moi.

- Peut-être un peu, répondis-je d'un air détaché. Au fait, est-ce qu'il fait froid ici ? J'ai du mal à me rendre compte

- Pas pour moi, dit James en sortant de derrière un oranger, une cigarette non allumée aux lèvres. (il mit la cigarette dans sa poche revolver.) Mais ça ne signifie pas qu'il ne fait pas froid pour toi.

Il enleva sa veste, qui était en velours côtelé marron avec un col en peau de mouton, et me la tendit.

- Tiens.

Je l'enfilai. Elle sentait la cigarette et la peinture.

- Tu fumes ?

- De temps en temps. Principalement pour éviter de faire pire.

Pour aller chercher un peu plus de chaleur, je glissai mes mains dans les poches de sa veste. Je sentis des clés, un flacon de pillules, un briquet, un stylo, quelques feuilles de papier.

- J'aurais peut-être dû vider mes poches avant de prêter ma veste à une fille, dit-il. Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?

Je lui fis mon rapport.

- Rien de trop compromettant, alors.

ça dépend pour quoi sont les pillules, pensai-je.

- ça dépend de ce qu'ouvrent les clés, dis-je.

Cela le fit rire.

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par chups 2012-02-08T16:47:26+01:00

Tout finit par s'oublier, de toute manière. D'abord, on oublie tout ce qu'on a appris : les dates de la guerre de Cent Ans, le théorème de Pythagore. On oublie surtout tout ce qu'on n'a pas vraiment appris mais qu'on a juste mémorisé la veille au soir. On oublie les noms de pratiquement tous ses profs à part un ou deux, qu'on finira par oublier eux aussi. On oublie son emploi du temps de première, sa place dans la classe, le numéro de téléphone de son meilleur ami et les paroles de cette chanson qu'on a bien écouté un million de fois. Et finalement, mais lentement, tellement lentement, on oublie ses humiliations... même celles qui semblaient indélébiles finissent par s'effacer. On oublie qui était branché et qui ne l'était pas, qui était beau, intelligent, sportif ou pas. Qui est allé dans une bonne fac. Qui donnait les meilleures fêtes. Qui pouvait vous trouver de l'herbe. On les oublie tous. Même ceux qu'on disait aimer, et même ceux qu'on aimait vraiment. Ceux là sont les derniers à disparaître. Et ensuite, une fois qu'on a suffisamment oublié, on aime quelqu'un d'autre.

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par x-Key 2010-11-11T18:30:04+01:00

"Les histoires d'amour s'écrivent en millimètres et en millisecondes et d'un crayon rapide, émoussé, qui laisse à peine une trace, déclama Fuse. Elles se gravent au burain, en kilomètres et en éternités, sur le flanc d'une montagne."

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par Clarii 2012-12-10T21:05:02+01:00

"Il prit une cigarette dans sa veste et l'alluma.

- Tu ne m'en proposes pas une ?

- Si, mais je ne pensais pas que tu fumais.

- Quand même, c'est gentil de proposer. La politesse, tu connais ?

- En vérité... (James inhala profondément, et ses yeux gris s'allumèrent dans le halo de sa cigarette.) En vérité je ne veux pas etre celui qui détruira tes jolis poumons roses."

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par mel69 2011-08-07T11:08:18+02:00

page 315

Pendant un temps, très long après cela, aucun de nous ne dit un mot. Je n'avais pas l'habitude qu'il reste silencieux, mais cela ne me dérangeait pas. Je savais presque tout de lui, et il savait presque tout de moi, et tout cela faisait de notre silence une sorte de chanson.

Le genre que l'on fredonne sans même savoir ce que c'est ni pourquoi on la fredonne.

Le genre que l'on connaît depuis toujours.

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par Cxndiice 2012-03-20T20:54:35+01:00

Je l'embrassai sur le poignet, en plein sur cette cicatrice horizontale de cinq centimètres.

Il retira son poignet.

-Arrête ça, dis-je.

Il s'esclaffa.

-Bon Dieu, qu'est ce que j'étais bête à cette époque...

-D'avoir essayé de te tuer tu veux dire ?

Il continua un peu à rire, d'un rire qui avait l'air un peu triste.

-Non. Je voulais juste dire que si on s'ouvre les veines, c'est verticalement qu'il faut le faire. Pas horizontalement. Si on coupe horizontalement, on saigne pas assez. La plaie commence à cicatriser toute seule.

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Avant tout, mon histoire est une histoire d'amour.Et comme la plupart des histoires d'amour, celle-ci met en jeu le hasard, la gravité et un coup sur la tête.

Tout a commencé par une pièce lancée en l'air.

La pièce est retombée côté pile. J'avais choisi face.

Si les choses s'étaient passées comme je le voulais, il n'y aurait peut être pas d'histoire. Juste un chapitre ou une phrase dans un livre dont le sujet général ne serait pas encore décidé. Peut être ce chapitre aurait-il contenu le plus léger des murmures d'amour, mais peut être pas.

Parfois, on est obligé de perdre.

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par telly05 2013-05-14T16:44:18+02:00

Je le guidai jusqu’à ma chambre et localisai sa chemise au fond de ma penderie. Comme je la lui tendais, ma main effleura son avant-bras, mais James ne sembla pas le remarquer.

- Merci, dit-il.

Nous étions tous les deux debout devant ma penderie, où l'on peut entrer entièrement. James était en train de regarder autour de lui lorsqu'il désigna une pile de fiches de lecture toute faites sur l’étagère du haut.

- Qu'est-ce que c'est ça ?

- Je sais. C'est parfaitement scandaleux. Pour ma défense, je ne me souviens pas de les avoir achetées.

James posa sa chemise et prit le premier livret de la pile.

- Abattoir 5 ou La Croisière des enfants. Bon sang de bois, qui peut acheter des fiches de lecture pour la Croisière des enfants ?

- Apparemment, le genre de fille que j’étais.

- Le genre redoutable, dit James.

Il ramassa sa chemise et commença à sortir de ma penderie. James soufflait le chaud et le froid depuis quelques mois que je le connaissais, c'est pourquoi je ne sais pas exactement ce qui m'a pris de faire ce que j'ai fait ensuite. On dit que les gens qui ont une lésion au cerveau souffrent parfois d’étranges poussées d’émotions, du genre de celle-ci je suppose.

- Tu te rappelles ce que tu m'as demande à l’hôpital ?

Il ne répondit pas.

- Juste avant que mon père arrive, tu sais ?

Toujours pas de réponse.

- Sur le fait de m'embrasser si je te donnais la permission ?

- Oui oui, dit-il d'une voix sourde. Je me rappelle.

- Eh bien tu l'aurais eue. (Je respirai un grand coup.) Je ne suis plus avec Ace.

Il prit ma main dans la sienne.

- Naomi, tu ne crois pas que je le savais ?

Et puis je l'embrassai, ou il m'embrassa.

(Qui sait comment cela commence, ces choses-là ?)

Et puis je l'embrassai encore, ou il m'embrassa.

(Et quand on ne sait pas qui a commencé, on a du mal à savoir ce qui se passe ensuite.)

Et moi et lui, et lui et moi.

(Je me rappellerai toujours qu'il sentait la cigarette et quelque chose d’extrêmement sucré, que je n'arrivais pas bien à identifier.)

Etluietmoietluietmoietluietmoi.

(Et ainsi de suite.)

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1

S'il en était allé autrement, je m'appellerais Natalia ou Natacha, et j'aurais l'accent russe et les lèvres gercées toute l'année. Je serais peut-être même une enfant des rues prête à troquer n'importe quoi contre un blue-jean. Mais je ne suis pas Natalia ni Natacha, parce qu'à l'âge de six mois on m'a emmenée de Kratovo, district de Moscou, jusqu'à Brooklyn, circonscription de New York. Je n'ai aucun souvenir du voyage ni même d'avoir vécu en Russie. Ce que je connais de ma vie d'orpheline se limite à ce que m'en ont dit mes parents, c'est-à-dire ce qu'on leur en a raconté, qui est très vague : une petite fille âgée d'une semaine trouvée dans un étui de machine à écrire vide, sur l'avant-dernier banc d'une église orthodoxe. L'étui donnait-il un indice sur la profession de mon père biologique ? L'église signifiait-elle que ma mère était dévote ? Comme je n'en saurai jamais rien, je préfère ne pas me poser de questions de ce genre. De toute manière, je déteste les histoires d'orphelins. Elles sont toutes pareilles, mais cela n'empêche pas que la plupart des contes en soient pleins. À croire que tout le monde, sur cette Terre, est orphelin.

Je n'ai pas souvenir d'une époque où j'aurais ignoré que j'étais adoptée. Il n'y a jamais eu de grande discussion du style « nous avons quelque chose à te dire ». Mon adoption était un simple fait parmi d'autres, comme être brune ou ne pas avoir de frères et sœurs. J'ai su que j'étais adoptée avant même de savoir ce que cela signifiait réellement. Pour comprendre l'adoption, il faut avoir quelques notions de base sur la reproduction sexuée, que je n'ai pas acquises avant le CE2, lorsque Gina Papadakis a apporté à l'école l'exemplaire curieusement écorné des Joies du sexe de ses grands-parents. Elle l'a fait circuler pendant l'heure du déjeuner, et alors qu'à peu près tous les autres s'étranglaient en réalisant que leurs parents avaient fait ça pour les fabriquer eux (tous ces poils... et puis les personnages dessinés ne manifestaient pas une once de joie), je me sentais parfaitement bien, un peu supérieure, même. J'étais peut-être adoptée, mais au moins mes parents ne s'étaient pas abaissés à cela pour m'avoir.

Vous vous demandez sans doute pourquoi ils ne s'y sont pas pris à la manière traditionnelle. Ce n'est pas que ça vous regarde, mais ils ont essayé pendant un moment sans arriver à rien. Au bout d'un an environ, papa et maman ont décidé que, plutôt que d'investir à peu près un milliard de dollars dans des traitements de fertilité qui ne marcheraient peut-être même pas, il valait mieux consacrer cet argent à aider une pauvre malheureuse comme moi. Et voilà pourquoi vous ne tenez pas entre vos mains, en ce moment même, l'histoire véridique et édifiante d'une orpheline de Kratovo appelée Natalia qui, s'il en était allé autrement, s'appellerait peut-être Nancy ou Naomi.

À vrai dire, je pense rarement à tout cela. Si je vous le raconte maintenant, c'est uniquement parce que, d'une certaine manière, je suis une amnésique-née. Il a toujours fallu que je remplisse les trous.

Mais décidément, je vais trop vite.

Lorsqu'il a appris la nouvelle de mon accident (à défaut d'un terme plus approprié), mon meilleur ami, Will, que j'avais complètement oublié à ce moment-là, m'a écrit une lettre. (Je ne suis pas tombée dessus tout de suite, parce qu'il l'avait glissée dans la boîte d'un CD qu'il m'avait gravé.) Il avait hérité d'une vieille machine à écrire noire de son grand-oncle Desmond, un ancien correspondant de guerre paraît-il, même si Will n'aurait su dire précisément de quelle guerre il s'agissait. Il y avait une entaille dans le chariot, que Will attribuait au probable ricochet d'une balle. Quoi qu'il en soit, Will aimait taper des lettres sur cette machine, même s'il lui aurait été bien plus facile d'envoyer un e-mail ou de passer un coup de fil. Précisons que ce garçon n'était pas réfractaire à la technologie ; il appréciait juste certaines choses oubliées par les autres.

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Extrait de Je ne sais plus pourquoi je t'aime ajouté par mel69 2011-08-07T11:08:18+02:00

page 90

Il prit ma main et la tint comme un livre. Après l'avoir lue, il ferma la sienne autour de mes doigts et me proposa de m'accompagner.

J'aimais la sensation de sa main sur la mienne. C'était peut être mon imagination, mais j'avais l'impression de sentir encore d'imperceptible griffures dans sa paume, là où je l'avais agrippé si fort trois semaines plus tôt.

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