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Extrait ajouté par alwayssarcastic 2021-05-30T18:37:04+02:00

— Au départ, ce n’était rien, soupira-t-il. Tu n’étais qu’un gamin intéressant qui me regardait de façon un peu trop insistante. Un gamin plein de rêves, passionné et talentueux. On pouvait déjà voir le chemin que tu allais parcourir. Tout le monde parlait de toi dans cette ville. Le fils Marino, le dernier des verriers. Le digne successeur de Paola. Le génie qui passait trop de temps dans un atelier et pas assez à étudier. Ce garçon magnifique qu’on ne pouvait s’empêcher de regarder. Il souriait tout le temps, ses yeux ambrés s’éclairant comme deux rayons de soleil, ses cheveux toujours un peu en bataille s’accordaient si bien aux couleurs de la côte. Les gens attendaient de voir ce que tu deviendrais.

Je baissai les yeux, par pudeur, par peur que le moment ne s’efface déjà.

Ou simplement parce que c’était soudain beaucoup trop.

— Tu étais censé n’être qu’un élève, Iris. Mais, en quelques semaines, tu es devenu « l’interdit ». Une autre souffrance à m’épingler. La raison de mes insomnies. La déraison qui me poussait à rejoindre Braxon sur un ring. Le déséquilibre…

Je tremblai.

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Extrait ajouté par alwayssarcastic 2021-05-30T18:33:09+02:00

Je m’accrochai au lavabo de toutes mes forces. Mais sans le quitter des yeux. Non, pas une seule seconde.

— Vaffanculo, crachai-je.

Il rit encore, en secouant la tête.

— Je me demande vraiment pourquoi je n’arrive pas à rester loin de toi.

Comment pouvait-il dire ça ? Alors qu’il était loin de moi depuis des années, et qu’il avait creusé des fossés pour que je ne puisse pas le retrouver.

— Tu t’en es parfaitement sorti pourtant, l’accusai-je.

— C’est ce que tu penses ?

— Tu as foutu le camp, lui rappelai-je.

— Je n’avais pas prévu de rester plus d’un an.

— Tu as déjà dit ça.

— Et tu partais en Italie.

— Ce qui t’arrangeait bien !

Ma voix tonna dans la salle de bains, rebondissant contre les murs, percutant nos poitrines.

Liv se décala de la porte et s’approcha d’un pas. Je le regardai s’avancer, en inclinant méchamment le visage.

— Tu penses sérieusement que ça m’arrangeait qu’on me croie capable de m’envoyer un gamin de dix-sept ans.

— Tu aurais pu t’expliquer.

Il ricana en se passant la main dans les cheveux et renversa le visage, à croire qu’il allait demander au ciel pourquoi je ne comprenais pas quelque chose de si simple.

— Mais c’était déjà trop tard ! s’emporta-t-il.

Trop tard ? Trop tard pour se défendre ? Ou trop tard pour autre chose ?

— La seule solution, c’était Cole, c’est ça ? sifflai-je.

Il fit un pas et me pointa du doigt. Je baissai les yeux dessus, avant de les redresser vers lui.

— Ne viens pas me parler de Cole, alors que tu t’envoyais ton footeux à la con à l’arrière d’un gymnase.

Je l’avais fait parce que j’avais mal. Je l’avais fait pour le punir de m’avoir rejeté, pour me punir moi d’avoir été si con, pour passer à autre chose, comme le font si bien tous les adolescents de dix-sept ans. Un amour passe, un autre vient. C’était si simple.

Sauf pour moi.

— Si tu attends des excuses, tu ferais bien de t’accrocher !

— Je n’en attends pas, non.

Je lui tournai le dos pour ouvrir le robinet d’eau froide. J’avais besoin de m’éclaircir les idées. J’avais les pensées en ébullition

— Tu n’as jamais eu qu’un seul mot à dire, Liv. Qu’un seul foutu mot ! Et j’aurais oublié jusqu’au nom de ce footeux à la con.

Je me tournai vers lui.

Il explosa.

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Extrait ajouté par alwayssarcastic 2021-05-30T18:27:08+02:00

Le piano se tut.

Je fermai les yeux, cherchant à remplir mes poumons d’un peu plus d’air.

Il n’y en avait décidément pas assez.

Les pas s’approchèrent.

J’aurais voulu me trouver à des centaines de miles d’ici.

La porte s’ouvrit et un regard vert tomba sur moi.

C’est faux. Je ne voudrais être nulle part ailleurs…

— Iris ? s’étonna-t-il.

— Monsieur Scott, bafouillai-je, comme un con.

Je me détournai un instant, me détestant pour mes hésitations.

Descendant la fermeture de ma veste, j’en sortis la chemise cartonnée qu’il m’avait apportée une semaine plus tôt.

— J’ai promis à Clay de lui déposer aujourd’hui.

Il m’observa trop longtemps et je nous revis dans l’atelier.

Je l’avais embrassé…

— Clay est retenu par un client, mais il ne devrait pas en avoir pour longtemps.

Après une hésitation, il ouvrit la porte en grand pour me laisser passer. Je secouai la tête, refusant d’entrer. Il n’était pas question que je foute les pieds dans cette maison, surtout pas après ce qu’il s’était passé la dernière fois.

— Je vous ai mis à la porte de chez moi, alors je ne vais certainement pas rentrer chez vous.

— Chez Clay, précisa-t-il. Et si je te laisse partir, il me foutra aussi à la porte.

C’était censé être un trait d’humour, pour m’inciter à le suivre. Mais je ne pouvais pas. Vraiment, c’était au-dessus de mes forces.

— J’étais juste passé lui porter les plans et…

Je déglutis en faisant un pas en arrière.

— Et ? insista-t-il.

Je grimaçai.

— Et vous présenter mes excuses, ajoutai-je.

Il me cloua sur place d’un seul regard.

— Pourquoi t’excuses-tu au juste ? demanda-t-il.

Je ris, tellement c’était évident. Je cessai aussitôt, puisque, de toute évidence, il attendait vraiment une réponse.

— Vous allez m’obliger à le dire ? me tendis-je.

Je crochetai les poches arrière de mon jean, essayant vainement de garder une forme de contenance qui menaçait d’exploser.

— Je n’aurais pas dû, m’excusai-je.

— M’embrasser ou me gueuler dessus ?

— Les deux, lui concédai-je.

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Extrait ajouté par alwayssarcastic 2021-05-30T18:16:31+02:00

Nos regards s’accrochèrent trop longtemps et un autre silence s’étira. Puis, finalement, il récupéra un Post-it sur le meuble à l’entrée et le colla sur son dossier. Il récupéra un stylo qui traînait et, appuyé au chambranle de la porte, se mit à écrire.

— Alors, de retour à Monterey ? demanda-t-il.

— Comme vous, apparemment.

Il me jeta un coup d’œil avant de continuer à écrire.

— Comment vas-tu ?

Je m’appuyai contre l’armoire, les bras croisés. Aussi loin de lui que possible.

— Bien, répondis-je, presque malgré moi.

Je retins un « monsieur » de justesse.

Allez vous faire foutre !

— Clay m’a dit que tu reprenais l’atelier de ta grand-mère.

Clay, bien sûr. L’architecte passionné. Cette ville était trop petite lorsque vous vouliez éviter quelqu’un. New York, elle, était si immense qu’il était même facile de s’y perdre soi-même.

Elle me manquait.

Depuis hier, l’idée d’y retourner virevoltait.

— Ça a toujours été prévu, finis-je par dire.

J’avisai l’heure à l’horloge. Encore quelques minutes à tenir. Juste quelques minutes et les cours reprendraient. Je pourrais partir d’ici.

Il continua d’écrire, inconscient de ce qu’il me faisait endurer.

— C’est vrai, dit-il.

Je me tournai vers la fenêtre, c’était plus simple que de continuer de le fixer.

— J’ai juste un peu traîné.

"J’attendais de voir si le destin me ramènerait vers vous… Et aujourd’hui que je suis rentré pour vous oublier, vous êtes soudain en face de moi. Mais après tout, ça ne change rien. Ça veut seulement dire qu’il est vraiment temps que je jette ce MP3.

Cette chanson qui n’a jamais été pour moi."

— L’Italie ? demanda-t-il.

— L’Europe, oui.

— Ça a duré plus d’un an, en définitive.

— C’est ça.

— Et puis New York ?

— Entre autres.

Je pivotai de nouveau le visage vers lui. Il n’écrivait plus. Il m’observait.

— Il paraît que tes expositions ont du succès.

— Il paraît, oui, fis-je aussi durement que si je l’avais envoyé se faire foutre.

Il ne s’y trompa pas et de nouveau, le silence nous rattrapa. C’était comme un courant électrique qui vous parcourait le corps de part et d’autre et qui s’accentuait chaque seconde supplémentaire en sa présence.

— Tu n’es pas obligé de répondre à mes questions, tu sais.

Je n’y étais plus obligé, non, et pourtant, j’étais encore là, à l’écouter et à éprouver tout un tas de conneries qui m’avaient déjà bousillé.

— Tu peux te contenter de partir.

— Vous êtes devant la porte, lui rappelai-je.

Même s’il le savait très bien. J’aurais presque juré qu’il l’avait fait exprès pour me retenir assez longtemps. Mais assez longtemps pour quoi ?

"Ne fais pas ça, Iris. Ne recommence pas à voir des choses qui n’existent pas."

D’ailleurs, il fit deux pas à l’intérieur du bureau, suffisamment pour me libérer la sortie.

— Je ne le suis plus, me dit-il.

Alors, seulement, je me décalai de la porte de l’armoire et, les mains dans les poches, je marchai vers la sortie. En lui passant devant, je ne pus m’empêcher de ralentir, surpris de découvrir qu’aujourd’hui j’étais aussi grand que lui. Je n’avais jamais été vraiment petit, mais, à l’époque, il me surpassait de quelques centimètres. Plus maintenant. Je pouvais le regarder droit dans les yeux, sans plus besoin de lever la tête.

— À plus tard, Iris.

J’en doutais, mais je supposais que c’était la chose à dire.

— Au revoir, Monsieur Scott.

Puis, enfin, je quittai ce bureau.

Je quittai ce bâtiment.

Je quittai ce lycée par l’entrée principale.

La sonnerie retentit dans mon dos.

"Oui, au revoir, Monsieur Scott.

Aujourd’hui, je peux enfin le dire…"

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Extrait ajouté par EloLML 2021-05-24T21:21:10+02:00

 Tu me trouves cruel, Iris ? Mais ce n est rien  

Il donna un coup brutal qui me propulsa en avant.

 Absolument rien gronda-t-il au-dessus de moi.

Il s enfonça encore plus profondément, tremblant de mon râle.

 Je te garantis que je suis capable de le devenir bien plus, me menaça-t-il.

Il se retira.

Avant de plonger encore en moi.

 À ce moment-là, tu pourras vraiment te sentir désolé Désolé de ne m avoir jamais écouté quand je t ai demandé d arrêter, quand j ai cherché à te retenir loin de moi Oui, tu seras vraiment désolé, amore mio. 

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Extrait ajouté par EloLML 2021-05-24T21:17:12+02:00

 Tu ne devrais pas faire ça, dit-il, alors même qu il fermait la porte sur nous.

Il glissa la main dans mes cheveux.

 Alors tu devrais me dire d arrêter.

J enfouis mon visage dans son cou.

Il m empoigna fermement, me gardant contre lui avec autant de violence qu il m avait rejeté.

 Je devrais, oui.

Sa voix n était plus qu un grondement bas. Les prémices d un orage qui menaçait, juste au-dessus de ma tête. Les éclairs allaient bientôt zébrer le ciel, l obscurité remplacerait la lumière et m engloutirait.

Je m y enfoncerais avec lui.

Je m accrocherais à lui.

Je murmurerais toutes les choses que je n avais pas encore dites.

Je les lui soufflerais à l oreille pour qu il en fasse une chanson.

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Extrait ajouté par EloLML 2021-05-24T21:15:56+02:00

 Avec toi rien n a jamais eu de sens.

Je repoussai ses cheveux en arrière et plongeai dans les profondeurs de ses yeux. J aurais aimé y découvrir ce qu il cachait. Ce qui l inspirait. J aurais voulu être capable de souffler chaque instant que nous partagions. Et réinventer chacune des gouttes de pluie qui continuaient de tomber.

Alors nous aurions pu revivre ce moment.

Il n aurait jamais eu de fin. 

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Extrait ajouté par EloLML 2021-05-24T21:15:09+02:00

Tu ne t en rends pas compte, mais la façon dont les gens observent tes sculptures, ça se passe de mots. Ce n est pas pour rien que j ai fait installer des bancs. Même moi, je m y perds ; je m y perdais déjà, la première fois. Parfois, on a l impression que le verre pleure. Ou qu il crie. Qu il cherche à tout briser de l intérieur. 

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Extrait ajouté par EloLML 2021-05-24T21:14:32+02:00

 Désolé ? répétai-je.

Je ris, d un rire vacillant, qui me poussa un peu plus vers lui. Il ne bougea pas et ça me rendit fou. Ce calme, cette distance. Je le haïssais d avoir fait de moi un homme incapable d aimer qui que ce soit. J étais bousillé. Il m avait bousillé. Et, pourtant, j étais encore devant lui, aussi faible qu avant.

 Non lo capisci ancora, lui dis-je, même s il ne comprenait pas l italien.

Et puis, sans lui laisser la possibilité de m échapper, j empoignai sa nuque et l embrassai. Pas amoureusement, comme je l avais imaginé allongé sur mon lit d adolescent. Mais avec toute la douleur que j avais ressentie, depuis qu il avait dit ces mots : « Ça n existe pas. » Et ça n existait toujours pas aujourd hui. 

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Extrait ajouté par EloLML 2021-05-24T21:13:11+02:00

Il descendit de la moto, sans me quitter des yeux, se demandant sans doute qui pouvait bien être ce type qui le dévisageait.

Personne

Je n avais jamais été personne

Je n étais que

 Iris ?

J enfonçai mes mains dans mes poches, mes poings s y serrèrent.

Oui, cette voix

Cruelle.

 Monsieur Scott, articulai-je lentement.

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