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Bronze

En ce mois d'octobre 2019, cela fait 12 ans que ma Maman est morte. Quand c'est arrivé, j'étais enceinte de ma fille. Pour la protéger in utero, j'ai donc bloqué mon chagrin. J'ai bloqué le processus du deuil en moi. Avec ce livre, je pensais pouvoir m'y replonger et le vivre en quelque sorte par procuration.

Or quelle ne fut pas ma surprise au fil des pages ! Je n'ai pas communié du tout avec le chagrin de l'auteur, j'ai communié avec l'amour qu'il portait à sa mère ! Au lieu de me mettre à la place du fils ayant perdu sa mère, je me suis mise à la place de la mère aimant son fils.

Je me suis tellement retrouvée en elle, et j'ai tellement retrouvé mon fils en lui... Ce lien si fort, cette complicité de tous les instants et puis cette transmission du théâtre ! La première pièce classique que mon fils a vu à 10 ans, c'était aussi Cyrano de Bergerac ! Maintenant, il fait ses classes au Conservatoire de Théâtre et au Cours Florent...

Au final, cette lecture ne m'a pas apporté une réflexion sur le deuil filiale mais une réflexion sur l'amour filiale. J'ai ainsi compris que ce que ma Maman m'avait transmis, ce n'était pas la fragilité du chagrin, mais la force de l'Amour.

Merci Eric-Emmanuel Schmitt pour cela.

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Un livre à découvrir. Je vous le recommande vraiment

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"Maman est morte ce matin et c'est la première fois qu'elle me fait de la peine"

C'est ainsi que commence le dernier roman d'Eric-Emmanuel Schmitt, il nous parle du deuil et de la disparition de sa maman.

Un roman rempli d'amour pour la femme de sa vie, sa maman, pour qui il portait un amour incommensurable, fusionnel. Il vivait sa vie pour lui mais aussi pour elle, à travers elle.

Depuis toujours il en était très proche et vivait dans la peur de la perdre, la peur de l'accident tant cet attachement était fusionnel et essentiel.

Lorsqu'il apprend le décès, il ne comprend pas pourquoi il n'a rien senti. Et c'est tout le processus du deuil qu'il nous raconte.

Il est mélancolique et se penche sur ses souvenirs, ses découvertes. C'est sa maman qui lui a donné l'amour du théâtre par exemple, il avait dix ans lorsqu'il a vu sa première pièce, Jean Marais dans le rôle de Cyrano. En sortant il avait dit qu'il voulait un jour lui aussi devenir comédien.

Il revient sur ses souvenirs, ses relations avec son père, sur sa vie, sur l'écriture de Madame Pylinska, sur la tournée de "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran"..

Nous avons tous nos disparus, nos deuils et l'on ne peut s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour l'auteur, de la compassion.

Cette plume salvatrice est touchante de justesse, de sincérité et d'amour. L'écriture de ce journal à sa mère était indispensable pour avancer, pour faire son deuil, parler de ses souffrances avant d'arriver à la lumière.

Un récit touchant qui nous parle aussi de la dualité des émotions, en effet les sentiments vont toujours par deux ; la tristesse et la joie, l'espoir et le désespoir, la foi et le doute, l'angoisse et la confiance.

C'est lumineux, ce journal d'un fils à sa mère, il lui permet de quitter son ancien moi pour en découvrir le nouveau. Contente de renouer avec la plume de cet auteur. Un récit émouvant avec des mots justes.

Ma note : 9/10

Les jolies phrases

Séparés ? Si peu. J'ai d'abord vécu en elle, puis collé à elle une fois sorti de son ventre; ensuite, parce qu'elle me parlait, parce qu'elle me lavait, parce qu'elle me posait dans mon lit, parce que j'enlaçais ses bras, ses genoux, parce qu'elle m'effleurait d'un baiser ou d'une caresse, j'ai constaté que nous constituions deux personnes.

Une mort brusque offre du miel à celui qui se retire, un poison à ceux qui restent.

Une tombe. Qu'est-ce qu'une tombe ? Une trappe qui ne conduit nulle part. Une porte qui ne s'ouvre sur rien. Une surface qui veut nous persuader de sa profondeur. Un leurre.

L'amour existerait-il si l'on n'y croyait pas ?

Ce qu'il y a de beau dans un mystère, c'est le secret qu'il contient et non la vérité qu'il cache.

Le manque pèsera-t-il toujours plus lourd que le plein ?

Quand un enfant vient au monde, une mère aussi vient au monde. Chaque naissance est une double naissance.

Ce qu'on peut faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux.

Vouloir être heureux et l'être ne vont pas simultanément. Cependant, on ne peut le devenir sans l'avoir décidé.

On occupe sa jeunesse à se préparer à vivre, sa vieillesse à se souvenir d'avoir vécu. Ce faisant, on rate le présent qui seul existe en tombant dans deux pièges, celui de l'avenir qui n'existe pas, celui du passé qui n'existe plus. Que de temps perdu ! Ou plutôt : que de présent perdu !

Les morts sont des vivants qui nous ont faits.

L'angoissant de 'angoisse, c'est qu'elle n'a pas d'objet. La peur désigne un ennemi. L'angoisse non.

https://nathavh49.blogspot.com/2019/09/journal-dun-amour-perdu-eric-emmanuel.html

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Commentaire ajouté par Cetsak 2019-08-24T18:37:39+02:00
Or

Cher Eric-Emmanuel Schmitt,

Je ne peux que m’adresser directement à vous pour la rédaction de ce billet. Comment pourrais-je faire autrement ? Ma lecture de votre journal intime a été dominée par un profond sentiment : la Compassion.

Compassion : Souffrir avec.

J’ai souffert avec vous en cet instant suspendu.

J’étais là, face à vous, vous écoutant me raconter cette perte immense, ce chagrin incommensurable.

J’étais là, tout près de vous ... je sais, je l’ai parcouru moi aussi ce long chemin ...

La résonance du mot : si laid, si dur, si froid : le deuil.

« Journal d’un amour perdu », ou le journal d’un fils à sa mère.

Vos mots si justes pour exprimer cette descente aux abîmes.

Ils m’ont ramené à cet instant fatidique.

« Un jour comme les autres, tout devient différent.

On nous annonce une mort, une naissance, et dès lors rien ne sera plus jamais pareil. »

C’est une date ancrée dans le corps. Il y a l’avant et l’après. L’ancien moi ... le nouveau moi.

Une longue traversée que ce chemin là. Un tsunami émotionnel, un uppercut en plein cœur. Le temps s’arrête et la météo s’emballe : torrent de larmes, orage colérique, arc-en-ciel illusoire, nuages bas dépressifs et enfin, tout au bout du chemin pointe un rayon de soleil ... le rayon libérateur ...

L’écriture comme exutoire ... la plume salvatrice ... vous vous confiez, vous vous libérez.

Vous racontez merveilleusement cette être extraordinaire, cette mère si lumineuse, cet amour fusionnel.

Et sonne l’écho à mon passé ... c’était aussi une âme très lumineuse ...

Par vos mots, vous m’avez touchée et toucherez, il est certain, un grand nombre de vos lecteurs.

Vos ressentis sont tellement palpables. Ils m’ont littéralement enveloppée.

Lecture troublante. En lisant votre chemin, je retrouve le mien ... et je vous rejoins, au bout du chemin ... dans la lumière ...

Car oui, accepter l’inconcevable c’est mûrir, grandir, évoluer.

Je vous remercie chaleureusement, mon cher Éric-Emmanuel Schmitt, pour ce moment en toute intimité.

Vous m’aviez déjà émue aux larmes avec « Oscar et la dame rose » et là vos confidences me confirment que derrière l’écrivain se cache un homme d’une grande sagesse.

Tendres pensées à nos étoiles ...

Avec toute mon empathie.

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