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Commentaires de livres faits par Khryz

Extraits de livres par Khryz

Commentaires de livres appréciés par Khryz

Extraits de livres appréciés par Khryz

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 22-09-2017
De la fenêtre de sa villa, Etienne Marsant observait son épouse Mireille, le portable vissé à l'oreille, faisant et refaisant des comptes qui n'avaient pas l'air de tomber juste. La bouche soucieuse, le front obstiné, elle donnait des ordres de sa voix brève et coupante à un de leurs innombrables fondés de pouvoir. D'immenses lunettes de mouche et un chapeau de paille à bord large lui mangeaient son petit visage pâle qu'elle protégeait jalousement du soleil.
L'acteur tenta un instant de démêler l'écheveau de raisons qui le maintenaient aux côtés de cette femme austère mais la lassitude le gagna et il perdit le fil.
"Mais comment font les autres pour se traîner de semaine en semaine jusqu'à la fin de l'année ?" songea-t-il en soufflant.
Tout à coup, l'épisode de la nuit passée lui revint à l'esprit.
Il avait fait un rêve curieux. Une grosse femme nue aux odeurs fortes tenant son sexe ouvert de manière à en laisser apparaître la chair rose, s'asseyait sur son visage. Bien sûr, il étouffait, mais ça n'avait pas été comme quand il faisait de l'apnée du sommeil. Il s'était réveillé en sursaut, cherchant son air avec la même panique primale qu'à l'accoutumée... et Mireille l'avait réconforté comme elle le faisait toujours, en lui collant un masque à oxygène sur le visage avec cette ponctualité administrative qui la caractérisait... mais cette fois il n'avait pas eu peur de mourir et ça, c'était nouveau !
Cette révélation serait son secret. Une aventure intime qu'il cacherait à sa femme comme un mauvais élève. Cette idée le fit sourire. De toute façon qu'est-ce qu'elle pourrait bien y comprendre, elle, son infirmière, sa secrétaire, celle dont toute la presse disait qu'elle lui avait sauvé la vie.
Mireille à qui il avait remis, après son cataclysmique accident cardiaque, les clefs de toute son existence.
Mireille, qui s'occupait de tout, qui pensait pour deux et qui l'aimait comme on aime un meuble coûteux, avec une vigilance soigneuse de propriétaire.

La bonne vint poser son plateau sur la table près du lac.
Mireille raccrocha son téléphone et se remit à sa comptabilité. Comme Marsant ne venait pas, elle se tourna vers la fenêtre et lui fit un petit signe de sa main impeccablement manucurée pour lui signifier que le déjeuner était servi.

Il descendit en traînant les pieds et s'installa.
- Tu as besoin de quelque chose ? finit-elle par lui demander tandis qu'il restait figé sur sa chaise, les yeux fixés sur son assiette : des asperges sans sauce... avec du persil.
- J'ai besoin de parler.
- De parler ? De parler de quoi ? Là, je dois terminer mes comptes. Le comptable est un incapable. D'ailleurs je l'attends.
- Tu m'énerves. Range ces papiers.
Elle referma son livre-journal et resta silencieuse, le buste raide, les bras croisés, appliquée dans son écoute comme elle s'appliquait dans tout.
- Eh bien ? fit la petite bouche rouge et pointue que surmontaient les grandes lunettes noires.
Brrr... Brrr... fit le BlackBerry posé sur la table de jardin.
Mireille s'inclina légèrement vers son portable pour prendre connaissance du message puis reprit sa position initiale.
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date : 12-07-2017
Sandro et Solario sont âgés de 30 ans. Paula leur grand-mère, les a élevés toute seule.
Très turbulents et assez colériques pendant leur enfance, le seul moyen qu’elle a trouvé pour évacuer cette colère et remplir leur vide affectif, fut le sport.
Cela a été salvateur pour Solario qui s’est tourné vers les arts martiaux. Cela lui a permis de se construire une carapace et appris à canaliser sa colère.
En revanche pour Sandro qui a choisi les sports de combats. Cela lui a simplement permis de se défouler et de se calmer physiquement, car la colère qui l’habite est un puits sans fond.
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date : 12-07-2017
Le 18 août 1996, sur le circuit de Brno, Valentino Rossi remportait sa première victoire en championnat du monde. Âgé de dix-sept ans, le gamin de Tavullia pilotait alors une Aprilia 125 RSR et croisait le fer avec des pilotes qui avaient pour noms Jorge Martinez, Emilio Alzamora, Lucio Cecchinello, Garry McCoy, Masaki Tokudome ou encore Noboru Ueda. Resté dans les mémoires, ce Grand Prix de la République tchèque allait mettre sur orbite une étoile. Une étoile dont bien évidemment personne ne pouvait à ce moment-là imaginer l’incroyable trajectoire. Vingt ans plus tard, Valentino Rossi poursuit en effet son voyage, de sommet en sommet, de victoire en victoire. Accroché au firmament. Du jamais vu dans l’histoire du sport moto, ni même dans celle du sport tout court. Champion du monde dans toutes les catégories où il s’est engagé, le pilote italien a fait du pilotage un art et une science.
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date : 12-07-2017
La guerre est la plus extrême des violences politiques. Elle semble échapper à toute tentative de rationalisation et apparaît souvent comme une défaite de la raison, ou du moins comme une victoire des passions tristes – haine, ressentiment, envie… – sur la partie raisonnable de l’esprit humain. La guerre, toutefois, ne charrie pas que violence, mort et désolation. L’ingéniosité humaine s’y déploie aussi dans toute son ampleur. Dans l’action militaire, violence et intelligence sont indissociables. La stratégie militaire peut ainsi être définie comme l’art de dompter la violence armée par les moyens de l’intelligence pour en faire une force maîtrisée et efficace, capable d’emporter la victoire. Tel est le problème auquel sont confrontés les stratèges à travers l’histoire.
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La source essentielle de l'histoire de Clovis est le Liber historiae Francorum (le Livre de l'Histoire des Francs) de Grégoire de Tours. La chronique dite de Frédégaire, la vie de quelques saints, le texte de la loi salique, quelques lettres, ne font que compléter le récit de Grégoire, Né vers 540, en Auvergne, ce dernier appartenait au patriciat gallo-romain. Plusieurs membres de sa famille avaient occupé de hautes charges civiles et religieuses. Orphelin, il fut élevé par sa mère et par son oncle, l'évêque Gallus, l'un des successeurs de Sidoine Apollinaire au siège de Clermont. Ayant reçu les ordres, il fut accueilli à Tours par un autre parent, Euphronius, évêque de cette ville. À la mort de celui-ci, en 573, Grégoire devint lui-même évêque de Tours. C'était l'un des sanctuaires les plus importants de la Gaule mérovingienne. Le tombeau de saint Martin y attirait de nombreux pèlerins. D'où l'importance de Grégoire, ses rapports privilégiés avec les grands personnages de son temps et le rôle éminent qui fut le sien en plusieurs circonstances difficiles. Ce fut à tous égards un excellent pasteur, pratiquant la charité et veillant, autant que faire se pouvait, à protéger ses ouailles. Quand il mourut, en 593, un peuple unanime le pleura. Grégoire est le prototype des évêques mérovingiens, trait d'union entre la latinité et la barbarie, ultimes représentants d'une civilisation déjà abolie, dont ils sauvèrent cependant l'essentiel, à savoir les concepts du droit romain. Mais Grégoire connaissait aussi Virgile et Salluste. Il avait la plume facile, sinon toujours correcte. L'idée lui vint de laisser un témoignage de son époque et il écrivit cette Histoire des Francs, de 576 à 591, c'est-à-dire plus d'un demi-siècle après la mort de Clovis.
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Ainsi, les deux royaumes d'Austrasie et de Bourgogne, un moment réunis sous le sceptre de Childebert II, et séparés ensuite par sa mort, retournaient à l'unité sous l'unique royauté de son second fils ; en fait, sous l'unique autorité de Brunhilde. La moitié de la prédiction de saint Colomban se trouvait réalisée.
Clotaire se trouvait de la sorte délivré d'un de ses deux ennemis. Mais d'un seul seulement ; qui lui avait, certes, tendu la main ; mais pour une alliance purement tactique. Il lui en restait encore un ; car la neutralité qu'il avait observée à son égard, loin de constituer une alliance, avait pris le même sens : il avait été, cette fois encore, écarté pour laisser l'un des deux frères triompher de l'autre. Et maintenant que le triomphe était advenu ?
Pour l'instant, la seule politique, pour Clotaire, était de tirer les marrons du feu. D'une façon purement légitime d'ailleurs : pour acheter sa neutralité, Thierry lui avait promis, une fois Thibert abattu, de lui rendre le duché du Dentelin. Thibert était abattu : Clotaire n'avait plus qu'à s'emparer du duché du Dentelin. Sans attendre que Thierry se souvînt de sa promesse, il envoya donc ses leudes occuper le Dentelin.
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Enfin, Clotaire, qui avait quatorze ans et n'avait besoin ni de tuteur ni de conseil de régence puisqu'il était majeur, recevait la plus petite part, entre celles de Thierry et Childebert, entre la Somme et la basse vallée de la Meuse, avec une pointe méridionale correspondant au futur département de l'Aisne, et pour capitale Soissons. Cette exiguïté était compensée par l'aspect historique de ce royaume : il reproduisait en quelque sorte celui de Clodion, l'ancêtre qui avait occupé Paris et avait transmis à ses descendants la vallée de l'Escaut. Il renfermait d'ailleurs des cités gallo-romaines importantes, devenues sièges épiscopaux : Laon, Noyon, Cambrai, Arras, Thérouanne et Tournai. En outre, Soissons, avec son riche palais, avait été la résidence successive des proconsuls romains (Aétius, Égide, Paul, Syagrius) et de Clovis. Ce fut donc sans doute avec une légitime fierté que le garçon prit possession de cette ville vénérable.
Il est remarquable que, quels que fussent les emplacements des quatre royaumes, leurs capitales, Reims, Orléans, Paris, Soissons, étaient proches les unes des autres, et permettaient aux quatre frères de communiquer rapidement, et, pourquoi pas, de se surveiller mutuellement. Mais Thierry, constatant que Reims était trop excentrique, préféra résider plus habituellement à Metz.
Fait digne d'être noté : Clovis laissait à sa fille Clotilde, à titre de dot, un domaine comprenant la moyenne vallée de la Garonne, avec pour centre Toulouse, la capitale des rois wisigoths. Certes, elle ne régnait pas, mais elle le recevait en pleine possession, préludant à un type de succession qui s'exercerait durant tout le Moyen Âge, et par lequel, à défaut de fils, un duc ou un comte avait pour héritier légitime sa fille aînée ; on disait que la terre tombait de lance en quenouille.
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