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Bibliothèque de Kopo2bois : Ma PAL(pile à lire)

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Anatèm - tome I Anatèm - tome I
Neal Stephenson   
Anatèm est un roman dont le monde créé est extrêmement dense et détaillé. Il est donc très dur à résumer et ce n’est pas facile de donner un avis qui soit construit, argumenté et le tout sans trop en dévoiler car justement la force de ce roman tient dans tous les éléments mis en place et leur traitement au cours de l’intrigue.
Arbre est une Terre alternative, qui ressemble beaucoup à la notre mais sans l’être. On retrouve la majorité des objets et technologies de notre quotidien mais sous un autre nom. Sur Arbre, la population est scindé en deux : d’un côté les gens qui ont une vie proche de la notre, de l’autre des communautés qui vivent cloîtrées. Les structures fermées ne s’ouvrent selon leur niveau que quelques jours tous les 1, 10, 100 ou 1000 ans. La superstition sur Arbre veut que le seul moyen de développer un raisonnement scientifique viable et fiable est de ne pas interagir avec le monde extérieur. Les consentes sont donc des équivalents de nos monastères et couvents mais pour érudits. Fraa Erasma sort au bout de 10 ans et peut découvrir en vrai les différences de modes de vie. Il se rend aussi compte que certains choses ne sont pas nette et que certains savoirs leur sont cachés. Du coup il cherche à comprendre ce qui se passe quitte à perdre ce qu’il considère comme sa vie.
il faut accepter le fait qu’au mieux pendant 150p ce que l’on lit est incompréhensible. Une fois fait accepté on est plongé dans un univers génial et passionnant. Dans ce monde science et religion on plus ou moins inversé leur rôle : la science est devenu un aspect théorique qui ne s’ouvrent qu’aux privilégiés isolés et la religion doit se justifier d’exister et tenter de reprendre sa place. L’association philosophie, maths, sciences et logique est une réussite. Le texte est principalement tourné sur les réflexions et débats, il n’y a donc pas beaucoup d’actions mais il y en a.
Tout a été pensé dans les moindres détail, c’est très intelligent. Mention spéciale pour avoir pensé à un détail biologique évident quand on le lit mais jamais évoqué nul part avant. Il n’y a pas que les réflexions philosophiques et scientifiques qui sont passionnantes à suivre, le traitement de la différence, de l’aspect humain et relationnel l’est aussi. Dans un monde où le milieu culturel est scindé en deux blocs hermétiques, on voit apparaitre deux visions du monde et l’on est témoin de la façon dont une rencontre entre personnes n’appartenant pas à la même communauté entre bloc permet ou non la communication. La différence apparait tout en nuance et est bien développée. On n’a pas de personnages stéréotypés ou plutôt pas de communauté stéréotypée.
Anatem est une lecture exigeante avec un fort besoin de concentration mais cela vaut la peine de se lancer.

par kadeline
Le Cycle de Dune, Tome 1 : Dune Le Cycle de Dune, Tome 1 : Dune
Frank Herbert   
Que dire, sinon que Dune est à la SF ce que Le Seigneur des Anneaux est à la Fantasy. Un imaginaire riche (cela pourra en perturber certain(e)s) et une intrigue qui peut paraître classique, entre trahisons et complots, mais qui alimente le fabuleux monde de Franck herbert.
À découvrir ou à redécouvrir.
Côté adaptation cinématographique, comme je regrette que le projet d'Ajejandro Jodorowsky n'ait jamais abouti. Fan des illustrations de Chris Foss.

par Lektor75
La Main gauche de la nuit La Main gauche de la nuit
Ursula Le Guin   
A l'instar des autres commentateurs, je ne peux qu'être dithyrambique sur ce livre. Je l'ai lu il y a plusieurs dizaines d'années, mais je garde le souvenir de l'effet que sa lecture eût sur moi.
Selon moi, la formation d'ethnologue de l'écrivain transparaît dans tous ses romans, elle manifeste une grande dextérité à décrire des cultures étrangères.
Dans ce livre en particuler, je vois aussi une toute première allusion à l'homosexualité dans la littérature de science-fiction, elle ne fait que reproduire ce qu'elle connaissait déjà de la bisexualité, celle des hommes-contraires, chez les amérindiens du Nord.


par Biquet
Les Furtifs Les Furtifs
Alain Damasio   
Cette lecture a été aussi captivante qu'exigeante. Comme beaucoup, j'avais découvert Alain Damasio par la lecture de "La Horde du Contrevent " et avais été séduite par sa puissance d'imagination et sa capacité à réinventer le langage et ses codes. Je n'ai pas été déçue par ce nouvel ouvrage! L'histoire se situe dans une société un tout petit peu plus vieille que la nôtre , où la vie de chacun est régie par des élites commerciales dirigeantes, qui grâce à un arsenal d'outils hyperconnectés , maintiennent la population dans un artéfact de cocon confortable où chacun renonce de son plein gré à toute réflexion individuelle au profit d'un quotidien plus où moins virtuel sensé correspondre à ses désirs. La mise en garde sur ce que pourrait devenir nos libertés avec la prolifération de l'intelligence artificielle est facile à deviner . Mais la créativité ne s'arrête pas là . D'abord parce qu'on découvre une poignée de personnages attachants qui ont conscience de ces risques et entrent en résistance , en s'enrichissant les uns les autres de leurs différence pour réfléchir de façon collective, et aussi parce que l'auteur , à l'opposé de ce monde hypermatérialiste, développe son intrigue autour d'êtres imaginaires, "les furtifs", qui eux, s'ont l'essence même du vivant . Alain Damasio fait là encore preuve d'une imagination inouie sur le plan linguistique , leur inventant une forme de langage avec sa syntaxe propre, jouant avec des allitérations singulières pour chaque personnage au fur et à mesure du développement de l'intrigue, déclinant un champ lexical et typographique propre à chacun, avec des néologismes éclatants de clarté. Absolument brillant! Le seul petit reproche que je pourrais faire , est que pendant les scènes de bataille, l'abondance de termes très techniques , réels ou imaginaires nuit parfois à la fluidité du récit. L'auteur aborde aussi une réflexion sur les modes de gouvernance , qui sonne comme une mise en garde envers certains discours politiques bien actuels : il est plus facile de fédérer une population autour d'une peur de l'étranger que de fédérer autour d'un projet constructif d'acceptation de l'autre..Autre niveau de lecture de ce livre : c'est aussi une histoire de famille : un couple de parents est confronté à la disparition de sa fille. Comment gérer l'absence , le deuil? Bref , un livre d'une richesse hors norme , à lire et conseiller .
Rouille Rouille
Floriane Soulas   
Retrouvez d'autres chroniques sur mon blog : https://lesfantasydamanda.wordpress.com

--- Une couverture pleine de promesses ---

Moi qui suis très attentivement les parutions de la maison d’édition Scrineo – surtout après avoir découvert Aurélie Wellenstein et Gabriel Katz -, j’ai tout de suite été attirée par Rouille. Une couverture merveilleusement sombre, un univers steampunk, une héroïne amnésique : il ne m’en fallait pas plus pour me convaincre !

Je dois cependant vous avouer que mes attentes n’ont pas été entièrement comblées. Je m’explique juste après ! D’ailleurs, accrochez-vous, car j’ai beaucoup de choses à dire…

--- Une plume qui se cherche encore ? ---

Durant les premiers chapitres, j’ai rencontré certaines difficultés au niveau de l’écriture. Pour moi, la plume de Floriane Soulas manquait de fluidité. Certaines descriptions me paraissaient floues et des répétitions venaient s’insérer dans le texte un poil trop souvent.

Néanmoins, plus je lisais, moins ma lecture exigeait d’efforts. Est-ce parce que la plume de l’auteure gagnait en limpidité ou parce que je m’y habituais progressivement ? Un peu des deux, j’imagine.

--- Ma rencontre avec Violante ne s’est pas faite sans heurts ---

Après avoir lu le synopsis, j’étais curieuse de faire la connaissance de cette héroïne ; ce n’est pas tous les jours qu’une prostituée endosse le rôle principal. Seulement, voilà : Violante ne m’a pas totalement convaincue. Cloîtrée jour et nuit au sein des Jardins Mécaniques – la maison close la plus en vue du moment – elle n’a pas de vie en dehors de son travail. Si elle jouit de quelques privilèges, c’est uniquement parce que beaucoup d’hommes la trouvent à son goût. Pourtant, elle semble pouvoir sortir comme elle l’entend. Première incohérence donc, que BlackWolf a également relevée (n’hésitez pas à lire sa chronique).

Ensuite, notre héroïne a, semble-t-il, reçu une véritable éducation, mais ça ne se ressent pas dans son attitude. Certes, elle a perdu la mémoire depuis quelques années déjà, mais sa personnalité est en principe restée intacte… ou pas, à l’évidence.

Enfin, pour une fille de joie, elle ne reçoit pas beaucoup de clients, alors qu’elle est censée remporter un vif succès. En bref, je n’avais pas vraiment l’impression d’avoir affaire à une prostituée – ni même à une dame de noble naissance devenue prostituée par la force des choses.

--- Une héroïne décidément bien entourée ---

Autour de Violante gravitent plusieurs individus. Pour commencer, Léon, son proxénète. Je le trouvais imbuvable au départ, mais c’est justement ce qui faisait tout l’attrait de son personnage. De ce fait, je n’ai pas apprécié son évolution, incompatible avec le milieu dans lequel il évolue, selon moi.

Quant à Jules… En fait, je l’aime bien. Une certaine ambivalence le caractérise, car même s’il a conscience de l’horreur engendrée par la prostitution, il sait pertinemment que, sans ce business, il aurait sûrement mal tourné. Le seul hic : son génie pour la technologie, qui ne colle pas avec son personnage, mais on pardonne aisément ce faux pas à l’auteure, tant on se prend d’affection pour lui.

Armand m’a par ailleurs laissée perplexe. Les mystères qui l’entourent au début du livre ont bien entendu attisé ma curiosité, mais les révélations à son sujet, trop simplistes sur certains aspects, m’ont déçue. Je pense sincèrement que Floriane Soulas n’a pas exploité tout son potentiel.

--- Comme un sentiment d’inachevé ---

On en arrive au point crucial de ma chronique : l’univers. Je trouve en effet que l’auteure n’assume pas jusqu’au bout l’ambiance sombre de son récit. Comme si elle avait peur de choquer son lectorat – ce qui est peut-être le cas. Quoi qu’il en soit, quand je me lance dans ce genre de lectures, c’est justement pour retrouver ce côté un peu glauque, un peu sinistre. Et là… non !

En découvrant la maison close où vit Violante par exemple, j’ai tout de suite senti que les choses seraient édulcorées. Pourtant, on parle bien de prostitution ! Alors, bien sûr, je n’avais pas spécialement envie de me farcir des détails sordides à la pelle, mais dans Rouille, on oublie bien trop vite que l’héroïne est une fille de joie. De même, il y a comme un décalage entre ce que l’on dit des bas-fonds de Paris – apparemment, il est dangereux de s’y aventurer… – et les décors rencontrés par nos personnages dont l’imprudence frôle l’inconscience.

En outre, le synopsis fait mention de progrès scientifiques incroyables et de voyages sur la lune. Or, pas un seul instant, l’auteure n’aborde sérieusement cette thématique. Et quel dommage ! Car les éléments permettant de créer un univers steampunk sont bien présents, mais à peine esquissés. Ils ne servent qu’à faire avancer l’intrigue, en fin de compte.

Ceci dit, le développement de l’univers n’est pas une priorité pour tous. J’imagine donc que cet inconvénient peut aisément se transformer en avantage, selon les attentes du lecteur. Je vous invite d’ailleurs à lire la chronique de Mallou14, plutôt positive, pour vous faire une autre idée de ce one-shot, si jamais il vous intéresse.

--- Mais alors, j’ai détesté ce livre ?! ---

On pourrait le penser au vu des points cités plus haut, mais en fait, pas du tout. Même si je lui reproche un certain nombre de choses, tourner les pages était loin d’être pénible. J’ai même apprécié suivre l’enquête menée par nos héros et ai été surprise par le fin mot de l’histoire. Simplement… Rouille aurait pu être tellement plus abouti selon moi, et ça me fait grincer des dents !

Cela vaut tout particulièrement pour l’intrigue et, surtout, les sous-intrigues (le double jeu d’Ayati, les progrès scientifiques d’Armand, l’offre faite par la couturière…) dont les multiples chemins se sont brutalement arrêtés, sans explications. De plus, le scénario doit également composer avec quelques incohérences et une romance parfaitement inutile, voire carrément bancale.

--- Le dénouement ne me plaît pas, encore ! ---

Sur ce point, j’ai peur de trop en dévoiler. Même lorsque les chroniqueurs se contentent de dire s’il s’agit d’un happy end ou, au contraire, d’une fin dramatique, je leur en veux déjà de m’avoir mise sur une piste. De ce fait, je ne peux décidément pas vous expliquer pourquoi. Sachez simplement que j’ai trouvé la fin en décalage avec les événements précédents et, par conséquent, peu crédible.
Une forme de guerre Une forme de guerre
Iain M. Banks   
Un roman assez déstabilisant, je suis troublée et j'ai du mal a dire si j'ai aimé ou pas au final ...
Pour autant il n'est pas mauvais, loin de la, on se pose des tas de questions, on veut en savoir plus.

Par contre ..."Tout ça pour ça" c'est ce que j'ai pensé une fois à la fin, difficile d'expliquer sans spoiler. Une série de destructions, tant de vies gâchées, mais en même temps, c'est rare les romans ou on ne se sent pas "du coté" du héros, même si j'avoue qu'a l'issue de ce volume je ne me sens pas non plus de l'autre coté.

Après l'action ne manque pas, la réflexion non plus, c'est un livre de SF à l'ancienne sur ce point, on a l'impression (et ce n'est pas qu'une impression a mon avis) que cette histoire n'est qu'un grain de sable dans une partie perdue d'avance par les 2 camps.

Au final, je ne connais pas les autres, mais je me demande si ce volume est l'idéal pour débuter dans cette série, ça ne me donne pas vraiment envie d'aller voir ailleurs.

par lianne80
Le Cycle des Robots, Tome 4 : Face aux feux du soleil Le Cycle des Robots, Tome 4 : Face aux feux du soleil
Isaac Asimov   
De la série "Elijah Baley", "Face aux feux" du soleil est sans doute celui auquel j'ai le moins accroché... Que l'on ne s'y trompe pas : l'intrigue est bien construite, comme d'habitude, et le lecteur a plaisir à retrouver le détective terrien et son ami robot Daneel. Non, ce qui m'a dérangée dans ce livre, c'est plutôt l'univers solarien, la distance excessive qui s'y établit entre les êtres humains : cela nuit au charme de la rencontre, me semble-t-il... Le personnage de Gladia est de ce fait beaucoup plus intéressant dans "Les Robots de l'Aube".

Mais quoi qu'il en soit, tout fan de la série se doit d'avoir lu ce livre. Une évolution particulièrement fascinante de Solaria est proposée dans "Terre et Fondation".

Un plus pour la couverture de Caza... J'ai lu les autres bouquins de la série quand j'étais ado, mais celui-ci, j'ai hésité longtemps avant de l'acheter parce que j'avais peur de ce que penseraient les vendeurs !

par kaminari
Les Machines fantômes Les Machines fantômes
Olivier Paquet   
Olivier Paquet nous offre ici une oeuvre de grande qualité sur les possibilités des "Intelligences Artificielles" à contrôler notre monde mais également une fresque humaniste à souhait.

Des micros logiciels, ou IA sont dissimulés dans tous les réseaux informatiques, un personnage en profite pour essayer des les manipuler à son compte mais celles-ci vont choisir leur propre chemin, et surtout elles vont se diviser comme une conscience qui éclate pour le bien ou le mal.

Les personnages de ce roman sont très bons tous autant qu'ils soient, avec leurs qualités et leurs défauts de caractère ou décisionnel, chaque erreur se paye mais la rédemption est possible pour certains. On retrouve parmi nos personnages, une ex star de la pop, un tireur d'élite, un espion, un trader, une joueuse de mmorpg entre autres.

Le tout se déroule principalement à Paris et dans un petit bled de province, donc les décors vous les connaissez, mais c'est sympa aussi de trouver une histoire qui se déroule dans des lieux que l'on connait comme le quartier de La Défense par exemple.

Le récit est coupé en chapitres presque indépendants, je veux dire par là que chaque chapitre est comme une "nouvelle" qui présente un personnage et l'intègre au monde décrit par Olivier Paquet, pour finalement se regrouper avec un fil rouge qui maintient l'histoire en place et imbrique le tout de manière impeccable. J'ai trouvé cette construction audacieuse et presque artistique.

Je tiens également à souligner la superbe couverture d'Aurélien Police, qui encore une fois fait mouche avec son talent.

Je conseille évidemment ce roman au fans d'anticipation, de SF, mais également à tous ceux qui veulent un bon livre d'action.

https://unbouquinsinonrien.blogspot.com/2019/09/les-machines-fantomes-olivier-paquet.html

par Maks
La Servante écarlate La Servante écarlate
Margaret Atwood   
https://jukeboxcornerblog.wordpress.com/

Je ne saurai dire à quel point ce livre me révolte, m'horrifie, me glace le sang... Depuis le début de sa lecture il me trotte dans la tête et me hante.
Margaret Atwood parvient à entretenir le suspens du début à la fin en distillant ses informations au compte-goutte. Tandis que le lecteur se convainc qu'un tel retournement, une telle société, ne pourrait pas se mettre en place, l'autrice nous prouve le contraire. Bien sûr, elle a en tête le régime nazi et toutes ses pratiques, l'ex-URSS et cette cruelle séparation que représente le rideau de fer, le terrorisme islamiste montant dans les années 80, mais aussi toutes ces communautés religieuses extrêmes telles que les amishs, les mormons... De cet amalgame historique naît sa finalement très probable République de Gilead.

Le récit couvre trois périodes charnières: avant le changement, la période d'endoctrinement et le présent de l'action. L'héroïne, Defred (Offred en VO) jongle brièvement entre les unes et les autres de façon assez décousue, ce qui donne rapidement cette sensation de frustration et d'avidité quant aux informations, mais surtout, laisse tout le loisir au lecteur de combler les blancs avec toutes les horreurs qu'il peut imaginer.

Le récit à la première personne s'attarde sur le ressenti de Defred. Car il y a ce qu'elle parait et ce qu'elle retient en elle. On la sent littéralement prisonnière de son corps tant on l'a dépossédée de tout: elle n'a plus de nom (Defred est la façon de nommer indifféremment toutes les servantes qui se succèdent chez ce commandant), plus de sentiments (elle les réprime pour ne pas se trahir et survivre dans cette société) et surtout elle ne dispose même plus de son corps. Ce qui lui reste, ce sont ses souvenirs douloureux et lointains, mais néanmoins vitaux, qui pourraient la faire basculer dans la folie si elle s'y attarde de trop, et l'éventualité de mettre fin à ses jours si elle en trouve le moyen.

Certains pourront trouver cette femme très lâche, s'attendant à de l'action et des soulèvements à la Hunger Games ou Divergente, moi je la trouve très courageuse et surtout très forte pour endurer tout cela sans craquer. Dans cette société qui brise les individus et où sont entretenues terreur, paranoïa, délation, elle prend bien plus de risques qu'un lâche à sa place. La résistance et la rébellion commencent par là: défier les règles imposées, même les plus petites. Ce traitement réaliste est tout à l'honneur du livre.

Pour finir je parlerai de la série dont j'ai pu voir à ce jour les quatre premiers épisodes. Je la conseille vivement à toute personne qui voudrait vraiment approfondir l'univers et mesurer toute l'ampleur de l'horreur de cette société, car elle va jusqu'au bout des choses (ce qu'on pourrait reprocher éventuellement au livre qui ne montre que ce que Defred connait, c'est à dire bien peu). Du point de vue ambiance, elle restitue bien ce sentiment de terreur, d'horreur, d'oppression et de malaise qui est le nôtre lors de la lecture, avec en plus un décalage entre avant/après intelligemment accentué par la bande son et la photographie.
Le Déchronologue Le Déchronologue
Stéphane Beauverger   
Lorsque je vois le succès qu’a eu ce livre, Grand Prix de l’Imaginaire en 2010, Prix Bob Morane en 2010, Prix Européen utopiale en 2009, Prix du Lundi en 2009 et les nombreuses critiques positives des lecteurs, je suis ravie. En effet, ce roman est plutôt compliqué à lire dans ses allers-retours dans le temps et je suis donc plus que contente de voir qu’il y a encore des lecteurs qui apprécient une littérature plus travaillée !

Le déchronologue raconte l’aventure extraordinaire du capitaine Henry Villon pirate français dans les eaux des caraïbes au XVIIème siècle. Il est fasciné par les maravilas, des trésors qu’il pourchasse par delà les océans. Lui-même est pourchassé par ses souvenirs, souvent douloureux, qu’il tente de noyer dans le tafia. Mais le siècle est incertain, des failles temporelles apparaissent. Des bateaux d’autres époques frayent dans les eaux tropicales. Alors que le vaisseau du capitaine est abîmé, il est réparé par un peuple étrange qui confie au capitaine une nouvelle mission. En effet, le bateau peut maintenant canonner secondes, minutes et heures afin de confronter les différentes versions temporelles de leurs ennemis afin de les détruire.

Le récit est fragmenté comme le temps. C’est-à-dire qu’il est au début très difficile de suivre l’histoire puisque la chronologie fait sans arrêt des bonds temporelles en avant, en arrière sans ordre ni logique apparente. Certains personnages apparaissent, disparaissent, le bateau change de nom, le héros n’est jamais deux fois au même endroit d’un chapitre sur l’autre. Et pourtant, ça fonctionne ! Même si on perdu au début, on se prend d’affection pour les personnages, on veut comprendre, résoudre les mystères qui entourent les maravilas, cet étrange bateau, le passé du capitaine, etc.

L’écriture est fluide, bien menée, mais avec un vocabulaire très précis. Pour toutes ces raisons, ce n’est pas un roman à proposer à tout le monde, il faut déjà un lecteur qui soit intéressé par le sujet, autant les pirates que la fantasy, le travail sur le temps, et un bon lecteur !

En tout cas, ça a été pour ma part une belle découverte et il faudrait sûrement que je le relise pour cette fois comprendre l’histoire dans l’ordre chronologique !

par heleniah
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