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Extrait de l'épouvanteur tome 1 page 52-53

Huit marches plus bas, je franchis le tournant; la cave m'apparut, pas très grande, pleine de recoins obscurs, que la flamme de la chandelle n'arrivait pas à éclairer. D'épaisses toiles d'araignées pendaient du plafond vouté telles des tentures déchirées, des morceaux de charbons traînaient sur le sol en terre battue. Je contournai un tonneau à bière et une table bancale...

Je distinguai alors quelque chose derrière un tas de cageots. D'effrois, je faillis lâcher le chandelier. C'était une forme sombre, ressemblant vaguement à un tas de chiffons. Il en sortait un bruit étouffé, régulier : ça respirait !

Il me fallut user de toute ma volonté pour obliger mes jambes à remuer. J'avançais d'un pas, d'un autre, d'un autre encore...

La chose se dressa soudain devant moi, immense silhouette encapuchonnée de noir, avec des yeux luisant d'une terrifiante lueur verte.

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- Peut-être mais elle en sait trop, et elle est intelligente. Ce n'est encore qu'une jeune fille. Un jour, elle sera une femme, et rien n'est plus dangereux qu'une femme intelligente.

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Nous nous assîmes sur un talus herbeux, au bord de la route. Le soleil se couchait et la lumière baissait peu à peu. Je demandai :

- Alice, t'arrive-t-il de mentir ?

- Tout le monde ment une fois ou l'autre. Ne jamais mentir, ce n'est pas humain. Mais, la plupart du temps, je dis la vérité.

- Et la nuit où j'étais au fond de la fosse, quand je t'ai interrogée sur les gâteaux ? Tu as affirmé qu'il n'y avait pas eu d'autre enfant dans la maison de Lizzie. Etait-ce vrai ?

- Je n'en avais pas vu.

- Tu en es sûre ? Le premier enfant disparu n'était qu'un bébé. Il ne se serait pas déplacé seul.

Elle hocha la tête, puis fixa l'herbe devant elle.

- Il a pu être emporté par un loup, repris-je. C'est ce que pensaient les garçons du village.

- C'est possible, approuva Alice. Lizzie disait avoir vu des loups rôder dans les parages.

- Alors, les gâteaux ? Qu'y avait-il dedans, Alice ?

- Du rognon de porc et de la mie de pain.

- Et le sang ? Celui d'un animal n'aurait pas suffi à donner à Mère Malkin la force de tordre lesbarres de fer qui fermaient le puits. D'où venait ce sang, Alice ? De quel sang étaient faits les gâteaux ?

Alice se mit à pleurer. J'attendis patiemment qu'elle se calme avant d'insister :

- Alors ? D'où venait ce sang ?

- Lizzie disait que j'étais encore une enfant. Elle a utilisé mon sang bien des fois. Alors, une de plus ou de moins... Cela ne fait pas très mal, quand on a l'habitude. Comment aurais-je pu résister à Lizzie, de toute façon ?

Elle releva sa manche et tendit son bras. Il faisait assez clair pour que je voie les cicatrices. Certaines étaient anciennes, d'autres plus récentes. La plus fraîche suintait encore.

- J'en ai d'autres, beaucoup d'autres, murmura Alice. Je ne peux pas te les montrer toutes.

Je restai muet, ne sachant plus quoi dire. Mais ma décision était prise. Quelques instants plus tard, nous marchions dans le noir, tournant le dos à Chippenden.

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Enfant, j'habitais cette maison, me dit mon maître. J'y ai vu es choses effroyables. Mais j'étais le seul à les voir, et mon père me battait pour me punir de raconter des mensonges. Une créature montait de notre cave. Tu l'as entendue, n'est-ce pas ?

Je hochai la tête.

- Rien dont il faille s'inquiéter, mon garçon. Ce n'est qu'une ombre, une de plus ; la trace d'une âme en peine qui s'en est allée dans un monde meilleur. Si elle n'avait pas laissé derrière elle sa part mauvaise, elle aurait été retenue ici tout entire pour l'éternité.

- Sa part mauvaise ? répétai-je, et ma voix résonna sous la voûte.

L'Epouvanteur remua tristement la tête :

- La maison appartenait autrefois à un mineur dont les poumons étaient si malades qu'il ne pouvait plus travailler. Il toussait jour et nuit à en étouffer, et sa malheureuse épouse, pour subvenir à leurs besoins, travaillait dans une boulangerie. Pour leur malheur à tous deux, elle était fort belle. L'homme était d'un caractère jaloux, et sa maladie l'avait aigri. Un soir, la femme rentra de son travail plus tard qu'à l'ordinaire. Il l'avait attendue en faisant les cent pas devant la fenêtre, de plus en plus furieux, persuadé qu'ele traînait avec un autre. Quand elle arriva enfin, il était dans un tel état de rage qu'il lui fendit la tête avecun bloc de charbon. Puis, la laissat agoniser sur le carrelage, il descendit creuser une fosse à la cave. Lorsqu'il remonta, elle vivait encore, mais elle n'avait plus la force ni de bouger ni de parler. C'est s terreur qui t'est parvenue, celle qui l'a envahie quand elle s'est sentie soulevée et transportée dans les profondeurs du sous-sol. Elle avait entendu son mari creuser, elle savait ce qu'il l'attendait.

Il l'a enterrée, puis il s'est donné la mort. C'est une triste histoire. Et, bien que l'un et l'autre soient en paix, à présent, l'ombre du meurtrier rôde encore ici, ainsi que les derniers souvenirs de sa victime, assez puissants pour tourmenter des gens comme nous. Je te l'ai déjà dit, nous percevons des choses que les autres ne perçoivent pas ; c'est à la fois un don et une malédiction. Mais c'est essentiel dans notre métier.

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- Enfant,j'habitais cette maison, me dit mon maître.J'y ai vu des choses effroyables. Maisj'étais le seul à les voir, et mon père me battait pour me punir de raconter des mensonges. Une créature montait de notre cave. Tu l'as entendue, n'est-ce pas ?

Je hochai la tête.

- Rien dont il faille s'inquiéter, mon garçon. Ce n'est qu'une ombre, une de plus ; la trace d'une âme en peine qui s'en est allée dans un monde meilleur. Si elle n'avait pas laissée derrière elle sa part mauvaise, elle aurait été retenue ici tout entière pour l'éternité.

- Sa part mauvaise ? répétai-je, et ma voix résonna sous la voûte.

L' Epouvanteur remua tristement la tête :

- La maison appartenait autrefois à un mineur dont les poumons étaient si malades qu'il ne pouvait plus travailler.

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De retour à la maison de l'Epouvanteur, je commençai à me faire du souci. Mais plus je réfléchissais, moinsj'avais les idées claires. Je savais qu'elle aurait été la réaction de mon maître : il aurait envoyé promener les gâteaux et m'aurait longuement sermonné à propos du danger que représentent les sorcières et les filles qui portent des souliers pointus. Seulement, il n'était pas là.

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"A ma grande surprise, Alice sourit, une curieuse étincelle dans le regard. Cela me rappela ce que disait papa, que les femmes savaient des choses que les hommes ignoraient, et qu'à de tels moments il ne fallait pas leur demander à quoi elles pensaient."

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" L'Epouvanteur a eu de nombreux apprentis, me dit maman. Mais peu ont achevé leur formation. Et ceux qui y sont parvenus sont loin d'être à la hauteur. Ils sont fragiles, veules ou lâches. Ils se font payer fort cher de bien maigres services. Il ne reste que toi, mon fils. Tu es notre dernière chance, notre dernier espoir. Il faut que quelqu'un le fasse. Il faut que quelqu'un se dresse contre les forces obscures. Tu es le seul qui en soit capable. "

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_[...] J'ai épousé ton père parce qu'il était un septième fils. Et je lui est donné six fils avant de t'avoir, toi. Tu est le septième fils d'un septième, et tu as le don. Ton maître est encore en pleine possession de ses forces, mais il a vécu sa meilleure part, et son temps va vers sa fin. Voilà presque soixante ans qu'il arpente la pays, accomplissant sa tâche. Bientôt, se sera ton tour. Et si tu ne tiens pas ton rôle, qui le tiendra? Qui prendra soin des gens ordinaires? Qui les protégera des êtres malfaisants? Qui assurera la sécurité dans les fermes, les villages et les villes? Qui permettra aux femmes et aux enfants de se promener sans peur le long des rues et des chemins?

Je ne savais que répondre et n'osais la regarder dans les yeux.

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Il se dirigea vers la porte .Au moment ou il sortait .

Je demandais :

-Et la troisième chose ?

-La chandelle,mon garçon.Quoi qu'il arrive ne la laisse pas s'éteindre!

La porte se referma derrière lui et je me retrouvais seul...

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