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Des femmes comme toi, il n'y en a pas. Tu te jettes dans la vie avec une force extraordinaire, et si nous avions tous une force comme ça, le monde aurait changé depuis longtemps !

(page 126)

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Quel enchevêtrement de fils aux extrémités introuvables découvris-je en moi, pendant cette année là ! Des fils vieux et fanés, d'autres tout neufs, parfois très colorés, parfois sans couleur, très fins et presque invisibles. (page 269)

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Chacun raconte sa vie comme ça l'arrange. (page 269)

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C'était une femme qui aimait se mettre en quatre pour mener un projet. Si elle avait besoin de quelque chose, elle saisissait son téléphone, et maillon après maillon, fabriquait la chaîne conduisant à son but. Elle savait demander quelque chose de telle manière qu'il était impossible de lui dire non. (p 203)

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Je sortis un carnet que j'avais acheté récemment, car je voulais commencer à faire comme les vrais écrivains : fixer des idées, des observations et des informations utiles. (p 53)

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P 53 :

Ecrire, écrire, mais pas par hasard, et écrire mieux que je ne l'avais encore fait? Etudier des récits du passé et du présent pour comprendre comment ils fonctionnaient et puis apprendre, apprendre tout du monde, avec pour seul objectif d'inventer des coeurs incroyablement vivants, que personne n'aurait su créer mieux que moi, pas même Lila si elle en avait eu la possibilité?

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Bref, année après année, la situation me semblait empirer. Lors de cette période pluvieuse, la ville s’était fissurée et un immeuble entier s’était affaissé sur le côté – comme si quelqu’un s’était appuyé sur le bras vermoulu d’un vieux fauteuil et que ce bras avait cédé. Des morts, des blessés. Et puis des cris, des coups et de petites bombes artisanales. On aurait dit que la ville couvait en son sein une furie qui n’arrivait pas à sortir et qui du coup la rongeait, sauf lorsqu’elle surgissait comme une éruption de pustules gonflées de venin qui s’en prenaient à tout le monde : enfants, adultes, vieillards, gens des autres villes, Américains de l’OTAN, touristes de toutes nationalités et Napolitains eux-mêmes. Comment résister, dans ces lieux de désordre et de danger, dans les périphéries, dans le centre, sur les collines ou au pied du Vésuve ?

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La dernière fois que j’ai vu Lila, c’était il y a cinq ans, pendant l’hiver 2005. Nous nous promenions de bon matin le long du boulevard et, comme cela se produisait depuis des années déjà, nous n’arrivions pas à nous sentir véritablement à l’aise. Je me souviens que j’étais seule à parler. Elle ne faisait que chantonner, saluant des gens qui ne répondaient même pas. Les rares fois où elle m’interrompait, c’était pour lancer quelques exclamations sans rapport évident avec ce que je disais. Au fil des ans, il nous était arrivé trop de choses pénibles, parfois même atroces, et pour retrouver le chemin des confidences, il aurait fallu que nous nous disions trop de pensées secrètes. Or moi, je n’avais pas la force de trouver les mots, et elle, qui avait peut-être la force de le faire, elle n’en avait pas l’envie, ou bien n’en voyait pas l’utilité.

Mais je l’aimais toujours autant et, lors de mes passages à Naples, j’essayais toujours de la voir – bien que, je dois l’avouer, elle me fît un peu peur. Elle avait beaucoup changé. Désormais, la vieillesse avait pris le dessus – pour elle comme pour moi –, mais alors que je me battais éternellement contre une tendance à l’embonpoint, elle, elle n’avait plus que la peau sur les os. Elle avait des cheveux courts qu’elle coupait seule, très blancs, non pas par choix mais par négligence. Son visage, très marqué, rappelait de plus en plus celui de son père. Elle riait nerveusement, on aurait dit une espèce de grincement, et parlait trop fort. Elle gesticulait en permanence, avec des mouvements si déterminés et féroces qu’elle avait l’air de vouloir couper en deux les immeubles, la rue, les passants et moi.

Nous nous trouvions à la hauteur de l’école primaire lorsqu’un jeune homme que je ne connaissais pas nous dépassa, hors d’haleine, et lui cria qu’on avait trouvé dans un parterre de fleurs près de l’église le cadavre d’une femme. Nous accélérâmes le pas pour atteindre le jardin public. Lila m’entraîna vers un attroupement de curieux et se fraya vigoureusement un chemin parmi eux. La femme gisait sur le côté, incroyablement grosse, vêtue d’un imperméable vert foncé passé de mode. Lila la reconnut aussitôt, pas moi : c’était notre amie d’enfance Gigliola Spagnuolo, l’ancienne épouse de Michele Solara.

Je ne l’avais pas vue depuis plusieurs dizaines d’années. Son beau visage était devenu difforme, ses chevilles énormes. Ses cheveux étalés, aussi longs que dans sa jeunesse mais beaucoup moins épais, n’étaient plus bruns comme autrefois mais rouge vif. Elle n’avait qu’un pied chaussé d’un soulier à petit talon, très usé. L’autre pied était enserré dans une chaussette en laine grise, trouée au gros orteil, et sa chaussure se trouvait un mètre plus loin, comme si elle l’avait perdue en voulant chasser d’un coup de pied une douleur ou une frayeur. J’éclatai en sanglots et Lila me regarda, agacée.

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(Lina à son collègue Edo)

- Et ils disent quoi, les autres ?

- Qui ne dit mot, consent.

- Non, fit-elle: qui ne dit mot, chie dans son froc.

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Il commença par dire qu'il comprenait et qu'il souhaitait être compris à son tour. Il expliqua qu'il avait une grande estime pour tous les gens qui se confiaient sincèrement à un dieu, mais que lui même n'était pas en mesure de le faire. Il souligna que ne pas être croyant ne signifiait pas ne croire en rien: lui avait ses convictions, et il avait une foi absolue dans son amour pour moi. Il affirma que c'était cet amour qui donnerait de la force à notre mariage et non un autel, un curé ou un employé de mairie. Il ajouta que le refus du rite religieux était pour lui une question de principe, et que je cesseras certainement de l'aimer, s'il se révélait un homme sans principes.

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