Livres
458 274
Membres
411 303

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par Folize 2019-04-06T11:32:36+02:00

Ty avait entendu Sander entrer avant même d’ouvrir les yeux. Le pas d’éléphant de son ami couplé au cliquetis des griffes de Sunka était reconnaissable entre mille. Deux musiques indissociables.

Il grogna lorsqu’un oreiller de plume lui atterrit en pleine poire, qu’il renvoya aussitôt dans un mouvement réflexe. Sander esquiva sans mal et le coussin s’écrasa contre une étagère.

Soulevant une paupière, Ty avisa son ami qui se tenait à côté de son lit, les jambes écartées, le menton droit et l’air pas commode. Une parfaite imitation du connard de Full Metal Jacket, dont ils connaissaient tous deux les répliques par cœur.

- T’es venu me jouer du tocsin, Sandy ? On t’a jamais dit que c’était pas la meilleure manière de dorloter un convalescent ?

- Convalescent, mes couilles. Tu larves dans ce plumard depuis des jours, mais je ne t’entends plus agoniser. Ils sont où mes râles déchirants ?

- Tu veux vraiment que je réponde à cette question ? Non, franchement, mec. La prochaine fois, tu arrives sur la pointe des pieds, sans faire craquer le parquet, et tu me réveilles avec un bon café et un sac de donuts. Là, tu serais un garde-malade efficace.

- C’est ça… Et tu veux pas non plus une petite pipe pour te détendre, tant qu’on y est ?

Ty fit mine de réfléchir en dévisageant son ami des pieds à la tête.

- Nan. Laisse tomber, t’es trop poilu pour moi. Et tu manques de nichons.

L’éclat de rire de Sander ne dissimula pas complètement le bruit d’une tasse et d’une soucoupe qui s’entrechoquaient. Solas…

Ça lui apprendrait à fouiner et à écouter aux portes !

Sander se laissa tomber sur le bord du lit avec la douceur d’un semi-remorque, aussitôt imité par Sunka qui se lova contre le flanc de Ty. La main de ce dernier s’égara dans la soie du pelage de neige.

- Comment tu te sens, vieux ?

Ty prit le temps de tester ses muscles raidis par l’inaction avant de répondre.

- Comme une vieille merde oubliée dans un bac à glaçons pendant des mois.

- C’est précis, ça, dis-moi. Et non, je ne veux rien savoir de tes pratiques sexuelles déviantes.

- T’es con…

- À ton service. Bon, dis-moi, y a quand même un moment où il va falloir lever ton cul de ce plumard, sinon tu risques de fusionner avec. Qu’est-ce que tu dirais de faire une petite balade dans la maison ? Rien que toi et moi, main dans la main. Ce serait romantique…

Le renard de Ty frémit de joie à cette idée. Oui, l’immobilité lui pesait et il était désormais suffisamment sûr de lui pour tenter de se lever. Ses forces revenaient, un jour après l’autre.

Il se redressa et balança ses jambes encore un peu flageolantes hors du lit. Il n’avait pas posé le pied par terre que Sander lui jetait un vieux jogging au visage.

- Épargne ma pudeur et la tienne, tu veux ?

- Tu parles de pudeur…, ricana Ty. En fait, c’est juste du dépit. Dire que tu devras te contenter de couilles à poils roux toute ta vie ! Et faire l’impasse sur une telle perfection.

Tout en enfilant son jogging, il désigna son corps d’un geste grandiloquent.

- La perfection est un poil décharnée à mon goût, rétorqua aussitôt Sander. Et les couilles qui m’attendent dans mon lit me conviennent à merveille, merci. Allez, cache tes os, qu’on lève ton cul de ce plumard…

Afficher en entier
Extrait ajouté par yunper 2019-05-08T00:15:43+02:00

Sander capta avec précision le moment où la petite foule se soumit. Il était impressionnant de voir la conscience collective céder face à l'autorité d'un seul homme. Sans compter que Will était sacrément bandant dans ce rôle. Programme de la soirée: coller l'autre enfoiré de Bud dans une cellule, déposer Ty à son appartement, et rejoindre Will pour le plaquer contre la première surface verticale venue.

Afficher en entier
Extrait ajouté par Naheiko 2019-04-23T00:47:19+02:00

La terreur née d'un songe est une chose étrange, à la fois insaisissable et paralysante. Impossible de l'ignorer, de la fuir, et même de savoir ce qui relève du fantasme ou de la réalité. Peurs enfouies, souvenirs brisés, inquiétante silhouette de l'avenir qui se profile, tout cela se confond dans le terrifiant marasme des rêves. Un exutoire pour ne pas devenir fou, disent certains.

Tyler Collins, quant à lui, se passerait bien de ces cauchemars qui le hantent, nuit après nuit, et l'empêchent d'enfouir sa tête dans le sable, comme le commun des mortels. Ses rêves le confrontent à la réalité, à ce qu'il a perdu, au peu qui lui reste.

Au début, il paniquait, se réveillait baigné de sueur en hurlant. Seul.

Afficher en entier

"Bordel, Sol, je ne savais même pas épeler mon prénom que j'étais déjà amoureux de toi. Qu'est-ce que tu veux de plus?"

Une gigantesque contraction se forma et explosa dans la poitrine de Solas en l’espace d'un seul battement de cœur. Que Tyler prononce ces mots-là maintenant, son regard clair voilé par les regrets, constituait une rupture sans fard de l’accord tacite qui régissait leurs silences depuis leurs retrouvailles forcées. Solas avait désiré cette vérité plus que tout et maintenant elle le laissait sans voix.

Afficher en entier

— Coupable, plaida Ty sans se démonter. Et sinon, y aurait moyen d’avoir un peu de café avant de commencer ?

Il désigna la cabane d’Ethete que l’on devinait, non loin de là, juste à la lisière de la clairière où la loge avait été installée. Sous le porche fumait une cafetière dont les effluves portaient sans peine jusqu’au museau sensible du matois.

Nouvelle claque à l’arrière du crâne.

— À jeun, on a dit. Enlève tes vêtements et enfile ça.

Ethete lui tendit un pagne confectionné dans un tissu épais et rugueux, assez similaire à du lin. Ty se résigna, comprenant qu’il n’y couperait pas. Ce fut avec défi et sans la moindre pudeur qu’il ôta ses frusques, traînant à dissimuler l’essentiel avec le léger vêtement. Ethete ne le quitta pas des yeux une seule seconde.

— J’ai vu mieux, mon garçon. Tu ne possèdes rien dont tu puisses t’enorgueillir à ce point…

Ty manqua de s’étouffer pendant que Sander dissimulait son éclat de rire dans un vilain accès de toux. Solas, lui, se détourna avec un sourire amusé et revêtit la même tenue, avec plus de discrétion pour sa part.

Afficher en entier

La bête voulait Solas, tendait désespérément vers lui.

Une part plus sombre de Ty, plus humaine, rêvait quant à elle de refermer sa paume sur une pleine poignée des doux cheveux blancs pour les arracher brutalement, pour voir la douleur et l'incrédulité tordre ce beau visage.

Peut-être cela le délivrerait-il du sort que Solas lui avait jeté des décennies plus tôt et dont il n'avait jamais su se défaire.

Mais serait-ce suffisant pour le protéger de toutes les folies qu'il pourrait encore commettre si cet homme les lui réclamait ? Il n'en fit rien.

Aurait-il même été capable de blesser Solas, même si son renard ne s'était pas rebiffé à cette seule idée, le mordant vicieusement ?

Un soupir lui échappa et Ty se traita de tous les noms. Car, lucide, il savait que c'était cette impuissance qui l'avait rongé toute sa vie durant. Son incapacité à se décider une bonne fois pour toutes : rester ou partir. Peut-être allait-il enfin devoir se rendre à l'évidence et accepter sa faiblesse. Après plus de soixante ans, il serait temps...

Ses doigts coururent dans les longues mèches blanches, jusqu'aux pointes un peu fourchues, butant contre les petits bijoux d'argent disséminés un peu partout, comme autant de mystères. Une impression de familiarité à la limite du supportable s'insinua au creux de son ventre où s'entrechoquèrent des dizaines de clochettes hystériques.

Afficher en entier

Prologue

La terreur née d’un songe est une chose étrange, à la fois insaisissable et paralysante. Impossible de l’ignorer, de la fuir, et même de savoir ce qui relève du fantasme ou de la réalité. Peurs enfouies, souvenirs brisés, inquiétante silhouette de l’avenir qui se profile, tout cela se confond dans le terrifiant marasme des rêves. Un exutoire pour ne pas devenir fou, disent certains. Tyler Collins, quant à lui, se passerait bien de ces cauchemars qui le hantent, nuit après nuit, et l’empêchent d’enfouir sa tête dans le sable, comme le commun des mortels. Ses rêves le confrontent à la réalité, à ce qu’il a perdu, au peu qui lui reste.

Au début, il paniquait, se réveillait baigné de sueur en hurlant. Seul.

Puis les ombres du sommeil sont devenues familières alors même qu’il apprenait à les apprivoiser. Il fait désormais partie de ces rares personnes à marcher main dans la main avec ses angoisses les plus profondes, les plus intimes. Fuir n’a servi à rien. Il a essayé. Loin. Longtemps. Face à la vacuité de cette petite lâcheté, il a dû apprendre à composer avec ce poids qui s’agrippe à ses épaules. Faute de quoi il aurait été contraint de passer son existence à genoux, emprisonné par ce sourd fardeau.

Certains jours, il se fait l’effet de ces chevaux de trait peinant sous le joug pour labourer une terre stérile, le poitrail contracté, ruisselant de sueur et les sabots englués dans une boue spongieuse. Ils avancent. Un pas après l’autre. Parce que s’arrêter, renoncer, c’est mourir un peu. Ty se réjouit alors des jolies œillères qu’il a soigneusement installées sur sa vie, histoire de ne pas avoir à y regarder de trop près.

Le rêve qui l’oppresse à cet instant est toutefois très différent de ceux auxquels il est habitué.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode