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L'Art de perdre



Description ajoutée par x-Key 2017-05-19T10:01:35+02:00

Résumé

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?

Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ».

Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus depuis longtemps de l’Algérie de son enfance.

Comment faire ressurgir un pays du silence ?

Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

(Source : Flammarion)

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Classement en biblio - 95 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par dadotiste 2017-11-18T13:09:01+01:00

Flammarion, p.397

« — Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n'est pas chez toi. »

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Commentaires les plus appréciés

Diamant

Un roman magnifique, aux personnages attachants. Une construction en trois parties, nous permettant de découvrir le parcours de trois générations différentes d’une même famille sur un sujet encore difficile à aborder, la guerre d’Algérie et le sort des Harkis devant fuir leur pays.

Une écriture tout à la fois fluide et magistrale, proche pour certains passages de la poésie.

Un livre que l’on a du mal à refermer, me donnant envie de relire « Les chevaux du soleil » de Jules Roy retraçant l’épopée de cette histoire commune entre la France et l’Algérie .

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Or

Je dois être honnête, ce n'est absolument mon type de lecture à la base. Mais c'est un cadeau, mon ami connaît l'auteure et voulait absolument me faire lire son livre.

Au début c'était vraiment pour lui faire plaisir, mais j'ai adoré la façon dont l'auteure s'est appropriée une histoire qui n'est pas la sienne et nous la transmise. Cette addictivité qui se confirme page après page. L'écriture est superbe, le ton toujours juste. L'auteure ne tombe jamais dans le misérabilisme ou le patho. C'est un très grand livre qui méritait sa nomination et plus encore. Et qui plus est, il est éducatif....

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Phil_33 2019-01-22T00:23:50+01:00
Diamant

C’est l’histoire de Naïma.

Devant le silence têtu de sa famille sur son passé, Naïma (Alice Zeniter) se lance dans des recherches. Les deux premières parties de l’ouvrage, consacrées au grand-père et au père de Naïma, sont le fruit des enquêtes de celle-ci sur ses racines. Bribes par bribes, confidences des uns, souvenirs des autres, documentaires et articles recueillis sur Internet la conduisent à reconstituer ce qu’a été, ou ce qu’a pu être la vie de ses parents et grands-parents. Lui permettant de rompre le silence dans lequel sa famille s’est murée avec obstination. Impossible de faire la part du plausible, du probable et du réel dans les faits relatés. Mais peu importe.

Naïma a trois sœurs. Elle travaille dans une galerie d’Art, de nos jours, à Paris, propriété de Christophe (marié, père de famille) dont elle est la maîtresse. Quoi de plus banal. Une comédie de boulevard ? Ce serait effectivement banal si on en restait là… mais déjà les quatre prénoms des sœurs nous mettent en alerte : Myriem, Pauline, Naïma et Aglaé ! On apprend que « Myriem et Pauline ont les cheveux crépus d’un blond cendré alors que Naïma a les yeux et la chevelure noires, qu’Aglaé a hérité de l’afro de son père et des mains précises de sa mère… »

Qu’est-ce que c’est que ce micmac ? (Bon, vous êtes au courant, vous avez lu la quatrième !) Son père s’appelle Hamid, est né en Kabylie. Sa mère est une « gentille fille » qui se prénomme Clarisse et vient de Dijon. Ses grands-parents sont respectivement Ali et Yema, d’une part, Pierre et Madeleine, d’autre part.

Voilà donc Naïma tiraillée entre deux cultures et lorsqu’elle apprend qu’une de ses cousines va épouser un Mohamed elle réalise qu’elle n’a jamais eu, parmi ses conquêtes, de relation avec un maghrébin. En y réfléchissant bien, ça lui parait tellement à l’opposé de sa volonté d’intégration !

Sachant qu’elle souhaite mais n’ose franchir le pas pour retrouver ses origines, son patron et amant décide de réaliser une rétrospective d’un artiste algérien et lui confie le travail de recherche et de regroupement de ses œuvres. Ce qui va nécessiter un voyage en Algérie. Elle est prise au piège ! Elle veut et ne veut pas. Son père ne lui dit rien de son passé. Son grand-père Ali est décédé (et n’aurait rien dit non plus). Sa grand-mère Yéma ne parle pas le français et elle, pas le kabyle. Pourquoi son grand-père a-t-il quitté (fuit) l’Algérie en 62 avec les harkis ? Qu’avait-il fait ? Son nom ne figure-t-il pas sur une liste noire et ne l’attend-on pas de l’autre côté de la Méditerranée ? Un frère d’Ali, resté là-bas, n’a-t-il pas été exécuté, après l’indépendance ? Pourtant, plus la famille se tait et plus elle veut savoir. C’est une question de survie.

Alors elle cherche, elle questionne et, par fragments, elle rétablit le film de sa famille. Acculé, « Je ne peux pas vivre avec toi si tu vis tout seul » dit Clarisse à Hamid qui arrive à se débloquer et confie à sa compagne :

« On est arrivé en France quand j’étais encore gamin […]. On était dans un camp, on était derrière des barbelés, comme des bêtes nuisibles. […] Mes parents ont dit merci. Et puis après, ils nous ont foutus dans la forêt, au milieu de nulle part […] mes parents ont dit merci. Ensuite, ils nous ont envoyés dans une cité HLM de Basse-Normandie […] mes parents ont dit merci. […] Je les aime et je les respecte parce qu’ils nous ont tout donné […] J’ai détesté qu’ils me donnent tout et que eux arrêtent de vivre […] j’ai passé mes dernières années là-bas à ne rêver que de partir et maintenant que je suis parti, je n’arrive pas à ne pas me sentir coupable. »

C’est une famille écartelée, écorchée, blessée, à l’image du peuple algérien. Ali a fui son pays pour protéger les siens, alors que chef de village, il cherchait la protection des villageois. Persuadé qu’il a trahi il se mure dans le silence. L’incompréhension l’oppose à son fils déchiré entre l’assimilation dans la société occidentale et l’amour et la gratitude envers ses parents. Et Naïma dans tout ça ? Sa volonté d’intégration ne suffit pas, elle est rattrapée par le racisme ambiant qui cristallise ses peurs. Elle a peur de faire des fautes de français, peur de donner son nom et son prénom, qu’on lui demande en quelle année sa famille est arrivée en France, d’être assimilée aux terroristes… mais également elle craint de participer au stéréotype du « bon arabe » (sérieux, travailleur, couronné de succès… le moins arabe possible !) en opposition à l’autre stéréotype, celui du « mauvais arabe » (paresseux, fourbe, religieux… effrayant). Elle enrage de ne pas pouvoir être simplement Naïma.

Une fois apprivoisé, passé le temps d’acclimatation au rythme un peu lent du début, on entre tout naturellement dans une peinture concrète et vive de la vie kabyle. On a vite de l’empathie pour les personnages et particulièrement ce brave Ali qui nous entraine dans les méandres de son destin qui le pousse inexorablement vers la fuite pour protéger ses proches. On est alors emporté dans un tourbillon où les années défilent ainsi que les générations, sous une écriture alerte et fluide.

J’ai tout dit ? Non, je vous laisse découvrir les mille et une phrases qui bousculent nos certitudes de bons français que l’on croyait bien établies. Je vous laisse découvrir la recommandation faite à Naïma, sur le chemin du retour en France, qui, peut-être lui apportera un peu de la paix qu’elle est allée chercher en Algérie.

Un livre fort et riche (que je ne saurais trop conseiller de lire) où les questions s’imposent, à défaut des réponses. Mais en ces temps troublés où des extrémistes sèment la terreur au nom d’Allah, il faut se rappeler que « les têtes pensantes d’Al-Qaïda ou de Daech […] savent pertinemment qu’en tuant au nom de l’islam, elles provoquent une haine de l’islam et au-delà de celle-ci une haine de toute peau bronzée, barbe, et chèche […] c’est précisément ce qu’ils veulent : que la situation devienne intenable pour tous les basanés d’Europe et que ceux-ci soient obligés de les rejoindre. »

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Commentaire ajouté par Raymond30 2018-11-30T11:57:49+01:00
Or

J'ai aimé ce livre que je n ai pas quitté après l'avoir ouvert

Sans aucune racines pied noirs j'ai comme tous ceux de ma génération été touché par la guerre d'Algérie et ses suites.

Habitant le midi j'ai connu les camps de Harkis sans vraiment comprendre qui était là

Ce livre m'a éclairé sur la sensibilité de tout cela et sur la sensibilité de tout déracinement. La guerre d'Algérie sur trois générations.

Sujet pas facile mais courageux.

Livre fort, écriture puissante, lecture âpre mais belle.

Livre-émotion , mais livre également didactique en ce qui concerne la guerre d'Algérie, les camps de réfugiés pour les harkis qui ne trouveront jamais leur place véritable, ni en France, ni en Algérie. Je ne savais pas. Je ne savais pas que la durée moyenne passée dans un camp de réfugiés était de 17 ans. J'en ai eu honte d'ailleurs,

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Commentaire ajouté par CAmpelas 2018-08-16T11:06:13+02:00
Or

Un prix Goncourt des lycéens amplement justifie pour ce roman d'Alice Zeniter qui est un témoignage .

Elle nous permet de mieux comprendre ce qui est arrivé aux harkis.

Mes parents son des pied-noirs donc je suis plus sensible qu'une autre a cette histoire.

Trois générations qui vont vivre malgré eux les conséquences d'une politique qui les dépasse

Le grand père qui y tient un rôle prépondérant avant de prendre malgré lui partie contre le FLN et de connaître exil et déchéance .

Le fils qui réussit à devenir quelqu'un en rejetant ses racines grâce à son mariage avec une francaise mais tiraillé entre deux cultures.

La petite fille Naima qui semble bien adaptée mais qui a peur et résiste à l'envie de connaître l'Algerie .

Un très beau livre,, un livre indispensable pour comprendre certains problèmes actuels de l'intégration de cette troisième génération .

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Commentaire ajouté par Edith972 2018-08-01T00:43:31+02:00
Argent

C'est un livre dont l'originalité pour moi se situe dans le thème , car c'est la première fois que je lis un livre sur les harkis. La toile de fond, la guerre d'Algérie, le devenir de ces hommes exilés en France, et une fresque familiale. Instructif, mais le style d'écriture de l'auteur, mi poétique, mi littéraire ne m'a pas emballé.

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Commentaire ajouté par Jaunetop 2018-07-26T17:03:30+02:00
Diamant

Une véritable fresque familiale de laquelle on ne peut se détacher. Les personnages sont attachants et l'histoire magnifiquement racontée. Mais un atout majeur de ce livre est également l'apport de connaissances sur ce qu'ont vécu ces personnes et pour moi, c'est un grand bravo, surtout dans le contexte actuel de notre société où les situations se répètent.

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Commentaire ajouté par isabelleisapure 2018-05-02T16:15:47+02:00
Or

Peut-être que le mot « chef d’œuvre » est excessif et doit être réservé aux romans de Zola, Hugo ou Balzac. Peut-être…

Alors, je vais essayer de vous parler d’un livre magistral, un livre qui habite longtemps le lecteur avec des personnages qui au fil des pages deviennent des compagnons de route pour lesquels on a de la tendresse, qui vous font vibrer et partager leurs souffrances, leurs amours, leurs vies.

Ce livre, c’est « L’art de perdre » d’Alice Zeniter, une saga familiale foisonnante qui débute dans l’Algérie des années 30.

Dans la première partie, nous rencontrons Ali qui, dans sa Kabilie natale, semble promis à un avenir bouché à se casser le dos à essayer de cultiver une terre rocailleuse jusqu’à ce qu’un jour, comme un cadeau du ciel, un pressoir charrié par la rivière croise sa route, manquant de peu de l’estropier.

Dès lors, sa vie se transforme, Ali se lance dans la culture des oliviers et produit de l’huile, les affaires sont florissantes.

Mais ce que l’on appelle pudiquement « les évènements » sont en marche et le destin de bien des hommes et celui d’Ali devenu Harki va basculer, jusqu’à ce qu’un bateau l’emmène sous d’autres cieux.

Dans la deuxième partie, Ali essaie de survivre avec sa famille dans un camp à Rivesaltes et Hamid, son fils va poser des questions qui resteront sans réponse. Le père à jamais blessé, garde le silence. Un fossé d’incompréhension va se creuser peu à peu.

Naïma, la petite fille d’Ali, vit heureuse à Paris, jusqu’à ce que les attentats de 2015, l’obligent à se poser des questions sur le passé de sa famille dont elle ignore tout.

Il y a beaucoup d’émotion et d’amour dans ce livre, même si les sentiments restent muets, faute de mots pour dire je t’aime ou je te comprends.

Ce roman poignant évoque avec subtilité et émotion les destins brisés par l'Histoire et l'irrationalité des hommes, les séquelles de la colonisation, l'exil, le déracinement, le lourd poids de l'héritage familial mais aussi la force de l'amour filial.

La plume d’Alice Zeniter est élégante, tour à tour musicale et brutale. J’ai tourné les pages avec passion. La fin du livre m’a tiré des larmes.

Et j’ai relu ce livre, à haute voix, cette fois-ci, pour en partager l’émotion avec un proche qui a perdu la vue.

L’oralité transcende la beauté de l’écriture et cette relecture me bouleverse.

Alors « Chef d’œuvre » ? Oui, je crois que ce roman mérite ce qualificatif.

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Commentaire ajouté par DanielPagés 2018-04-07T20:48:33+02:00
Diamant

Sensible et poétique. Le sort terrible des exilés sur une terre d'accueil qui ne les comprend pas et qu'ils ne comprennent pas. L'abominable tri que font les guerres parmi des pauvres gens embarqués malgré eux. Une belle écriture qui m'a laissée souvent au bord des larmes. Le plus beau livre que j'ai lu cet hiver. Le plus émouvant aussi.

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Commentaire ajouté par 142536978a1 2018-03-16T15:12:25+01:00
Or

J'ai vraiment apprécié ce roman. Il m'a permis de découvrir tout un pan de l'histoire française dont je savais peu de choses. J'ai appris pleins de choses sur l'indépendance de l'Algérie et sur le sort des harkis rapatriés en France. J'ai par ailleurs été agréablement surprise par l'absence de parti pris de l'auteure. Elle ne condamne ni le FLN, ni la France, ni les harkis, elle donne la version de chacun tout en mettant en lumière l'incompatibilité fondamentale de toutes ces versions ainsi que l'inexistence d'une vérité unique que l'on apprend dans les écoles françaises ou algérienne.

On suit le parcours d'une famille de harkis qui ne se reconnait pas dans cette dénomination et on perçoit l'espèce de fatalité qui les a menés là où ils sont sans qu'ils ne fassent réellement de choix. Cet enchaînement des événements malgré eux insiste alors d'autant plus sur le sentiment d'injustice qu'ils ressentent face à la façon dont on les traite.

L'auteure insiste aussi sur les écarts qui se creusent entre les générations, écarts renforcés par l'occultation du passé, par le refus de l'histoire familiale.

Finalement, c'est vraiment un roman magnifique qui donne à voir l'immigration sous un autre jour, un jour plus humain, qui oblige le lecteur à comprendre que fuir son pays est rarement un choix en temps de guerre, message qui aujourd'hui plus que jamais reste d'actualité.

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Commentaire ajouté par iletristan 2018-03-06T18:51:08+01:00
Argent

Naïma est française d’origine algérienne. De l’Algérie, elle ne sait rien si ce n’est les silences de son grand-père Ali et ceux de son père Hamid. Elle n’en comprend pas la langue, oubliée déjà très tôt par ses oncles et tantes. Ce sont les attentats qui lui renvoient en pleine figure ses origines, les commentaires de ceux qui voudraient qu’elle choisisse entre être Française ou Arabe alors qu’elle a toujours été française et qu’elle ne sait pas pourquoi elle devrait s’excuser d’être musulmane alors qu’elle n’a pas de religion. Ce sont tous ces paradoxes qui la forceront à accepter d’organiser l’exposition de l’artiste Lalla, mourant, et d’aller chercher dans le pays oublié et inconnu ses œuvres d’art.

Elle essaye de comprendre ce qui fait l’histoire de sa famille, celle de son grand-père Ali, ancien combattant de la deuxième guerre mondiale, devenu riche propriétaire terrien grâce à ses oliviers et le pressoir trouvé dans le torrent. Pour mettre sa famille à l’abri d’une guerre d’indépendance dont il ne cerne pas tous les aspects, il deviendra ce que le FLN nommera un harki, un traître, un collabo. Pour ne pas mourir, il embarquera avec femme et enfants sur le paquebot qui les mènera vers la terre d’asile. Parqués dans des camps de fortune, puis dans des HLM construits à la hâte, Ali tentera d’oublier l’Algérie et d’être Français au même titre que les autres. Mais on lui renverra toujours en pleine face sa différence.

Son fils aîné Hamid, 8 ans quand il arrive sur le sol français, est submergé par les cauchemars d’une guerre toujours présente, entouré de gens qui racontent l’horreur. Grâce à sa volonté, il rattrapera son retard scolaire, sortira du quotidien sordide du HLM avec ses deux copains Gilles et François, rencontrera son épouse à Paris, y fera grandir ses filles sans jamais leur parler de l’Algérie, ce pays qu’il a fallu effacer des souvenirs.

Quand Naïma fera le voyage inversé, elle ressentira la dualité de sa position : d’origine algérienne en France, Française en Algérie. Elle pensait y retrouver ses racines. Or tout lui est inconnu, même l’idée qu’elle s’en était faite est fausse.

“— Personne ne t'a transmis l'Algérie. Qu'est-ce que tu croyais ? Qu'un pays, ça passe dans le sang ? Que tu avais la langue kabyle enfouie quelque part dans tes chromosomes et qu'elle se réveillerait quand tu toucherais le sol ? Naïma éclate de rire : c'est exactement ce qu'elle avait espéré, sans oser jamais le formuler. — Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n'est pas chez toi.”

On se rend compte, en lisant ces pages, combien il est difficile d’appartenir à un pays même trois générations plus tard, quand on ne sait pas exactement d’où on vient. Mais c’est aussi un plaidoyer pour avoir le droit d’être soi, sans contraintes familiales ou sociales.

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Commentaire ajouté par AudacieuseErudite 2018-02-23T14:27:55+01:00
Or

J'ai adoré ce livre ! Vraiment, je ne m'attendais pas à apprécier autant l’œuvre. L'écriture est très fluide, très belle. Ce livre m'a permis d'apprendre beaucoup de choses sur la guerre d'Algérie, sur l'expérience migratoire. Il rappelle que le métissage est la condition même de la vie et du vivre-ensemble. Un livre très enrichissant, que je conseille à tout le monde.

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Date de sortie

L'Art de perdre

  • France : 2017-08-16 (Français)

Activité récente

Distinctions de ce livre

Les chiffres

Lecteurs 95
Commentaires 18
Extraits 30
Evaluations 39
Note globale 8.41 / 10

Évaluations

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