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"Mon frère ?"

Le contact était incertain, comme s'il n'était pas affaibli par la seule distance. Par le manque d'habitude ? On eût dit un homme s'exprimant dans une langue qu'il n'a pas employée depuis plusieurs années.

"Je suis vivant, Oeil-de-Nuit. [...]

As-tu besoin de moi ?" Je perçus son conflit intérieur alors qu'il me posait la question.

"J'ai toujours besoin de toi. J'ai besoin de te savoir vivant et libre."

Je sentis son acquiescement, mais guère davantage. Au bout d'un moment, je me demandai si je n'avais pas imaginé son contact ; pourtant, c'est un pas curieusement ragaillardi que je quittait les cadavres et m'enfonçai dans la nuit qui s'épaississait.

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Tu n'es pas un prince, tu es un assassin ; tu n'es pas l'un des joueurs, tu es un pion ; et quand tu joues de ta propre initiative, tu mets tout autre stratégie en porte à faux et les autres pions en danger!

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« Je vais tuer Royal ainsi que son clan. Je vais tous les tuer à cause de ce qu’ils m’ont fait et de tout ce qu’ils m’ont enlevé.

- Royal ? C’est de la viande que nous ne pouvons pas manger. Je ne comprends pas la chasse des hommes. »

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« Un homme vient », dis-je à Cœur de la Meute. Il faisait sombre et le feu baissait. Le bon moment était passé pour la chasse. La nuit était là. Bientôt elle nous ferait dormir. Sans répondre, il se leva vivement mais sans bruit et prit le grand couteau qui était toujours sur la table. Il me fit signe de me mettre dans le coin, hors de son chemin. Il s’approcha doucement de la porte et tendit l’oreille. Dehors, j’entendais l’homme marcher dans la neige. Puis je sentis son odeur. « C’est le gris, dis-je. Umbre. 

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« Fitz ? » fit-il. Il tourna la tête et me sourit, mais son sourire disparut quand il vit que je ne le lui rendais pas. Il me donna une brosse.

« Il n’y a pas de chevaux à brosser », dis-je.

Il parut presque content. « Brosse-toi ça », et il m’ébouriffa les cheveux. Il m’obligea à les brosser jusqu’à ce qu’ils soient tout plats. Des endroits de ma tête me faisaient mal. Burrich fronça les sourcils en me voyant faire la grimace. Il me prit la brosse des mains, me dit de ne pas bouger et regarda ma tête. « Salaud ! » cracha-t-il durement et, me voyant broncher, il ajouta : « Non, pas toi. » Il secoua lentement la tête et me tapota l’épaule. « La douleur va passer avec le temps. » Il me montra comment tirer mes cheveux en arrière et les attacher avec une lanière. Ils étaient juste assez longs. « C’est mieux, dit-il. Tu reprends figure humaine. »

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C'est pour ça que les hommes ont reçu des mains : pour pêcher et gratter derrière les oreilles.

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Fais attention aux chiens, lui dis-je alors qu'il s'enfonçait dans les buissons.

Et toi, fais attention aux hommes.

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Attaquer l'autre est aussi avisé que chasser un porc-épic.

Je ne peux pas faire autrement, Œil-de-Nuit.

Je comprends. Je suis pareil avec les porcs-épics.

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Chaque matin, à mon réveil, j’ai de l’encre sur les mains. Parfois je me retrouve le visage appuyé sur ma table de travail au milieu d’un fouillis de parchemins et de papiers. Mon garçon, quand il se présente avec mon plateau, se risque quelquefois à me reprocher de ne pas m’être couché la veille ; mais quelquefois aussi il regarde mon visage et n’ose pas dire un mot. Je n’essaie pas de lui expliquer mon attitude ; ce n’est pas un secret qu’on peut transmettre à un homme plus jeune que soi : il faut l’acquérir par soi-même.

Il est indispensable d’avoir un but dans la vie. Cela, je le sais aujourd’hui, mais les vingt premières années de mon existence me furent nécessaires pour m’en rendre compte, en quoi je ne me crois pas exceptionnel. Cependant, une fois apprise, cette leçon est restée gravée en moi. Aussi, n’ayant guère de quoi distraire ma douleur, je me suis mis en quête d’un but et me suis attelé à une tâche à laquelle m’encourageaient depuis longtemps dame Patience et Geairepu le scribe. Ces premières pages constituent une tentative pour rédiger une histoire cohérente des Six-Duchés, mais j’ai du mal, je m’en suis vite aperçu, à garder l’esprit longtemps fixé sur un seul sujet, et je m’amuse donc avec d’autres traités, de moindre portée, sur mes théories de la magie, sur mes observations des structures politiques et sur les réflexions que m’ont inspirées certaines cultures étrangères. Lorsque l’inconfort atteint son apogée et que je suis incapable de trier convenablement mes idées pour les coucher sur le papier, je travaille sur des traductions ou je tente d’exécuter des copies lisibles de documents anciens. Je m’occupe les mains dans l’espoir de distraire mon esprit.

L’écriture joue pour moi le rôle que la cartographie jouait pour Vérité : la minutie et la concentration exigées suffisent presque à faire oublier l’aiguillon de la dépendance et les souffrances résiduelles d’une ancienne intoxication. On peut se perdre dans de tels travaux et s’y oublier, ou bien aller plus profondément encore et retrouver de nombreux souvenirs de soi-même. Trop souvent, je m’aperçois que je m’écarte de l’histoire des Six-Duchés pour narrer celle de FitzChevalerie, et ces réminiscences me laissent face à celui que j’étais et à celui que je suis devenu.

Lorsqu’on s’absorbe profondément dans ce genre de compte rendu, on se rappelle une quantité surprenante de détails, mais tous les souvenirs que je ravive ne sont pas douloureux : j’ai eu plus qu‘une juste part de bons amis, plus fidèles que je n’étais en droit de l’espérer ; j’ai connu des beautés et des joies qui ont mis à l’épreuve la résistance de mon cœur autant que les tragédies et la laideur. Cependant, je possède peut-être davantage de souvenirs sombres que la plupart des hommes ; rares sont ceux qui ont péri au fond d’un cachot ou qui peuvent se souvenir de l’intérieur d’un cercueil enterré sous la neige. L’esprit renâcle à évoquer de telles scènes ; une chose est de savoir que Royal m’a tué, une autre de me concentrer sur le détail des jours et des nuits où il m’a fait affamer puis battre à mort. Quand je revis cette période, certains instants parviennent encore, malgré les années, à me glacer les entrailles ; je revois les yeux de l’homme et j’entends le bruit de mon nez qui se brise sous son poing. Il existe encore un lieu que je visite en rêve, où je lutte pour rester debout en m’efforçant de ne pas songer au suprême effort à fournir pour tuer Royal. Je me rappelle sa gifle qui a fait éclater ma joue tuméfiée et dont je garde à ce jour une cicatrice sur le visage.

Je ne me suis jamais pardonné le triomphe que je lui ai concédé en me suicidant par le poison.

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"C'est bien des humains de se soucier de choses qui peuvent aussi bien se produire que ne pas se produire."

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