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Extrait ajouté par x-Key 2011-03-30T22:18:15+02:00

- Le regret est un signe d’humanité, me semble t’il. Sans le regret …. que sommes-nous ?

- Mais la question est de savoir si le regret change quoi que ce soit. Et c’est pareil pour ce qui a occupé ta vie. La vengeance. Tu as passé ton existence à pourchasser des criminels, dans le seul but de te venger. Et ça a changé quoi ? Six millions de personnes sont quand même mortes dans les camps de concentration. Vous dénichez une femme qui était garde-chiourme pendant la guerre, et qui aujourd’hui est femme au foyer aux Etats-Unis,, mais ça ne change riens. Vous la traînez devant la justice pour des crimes qu’ell a commis il y a plus de soixante ans, mais qu’est-ce que ça change ?

Axel déglutit. La plupart du temps, il avait été totalement convaincu du bien-fondé de leurs actions. Mais Frans touchait un point sensible. Il posait la question qu’il s’était posée lui-même à quelques occasions, dans des moments de faiblesse.

- Ca donne la paix aux proches. Et c’est le signal qu’en tant qu’êtres humais, nous ne sommes pas prêts à accepter n’importe quoi.

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Extrait ajouté par x-Key 2011-03-30T22:18:15+02:00

Je pense que c’est fait exprès, dit Frans en regardant la mer. Si on avait une boule de cristal qui nous montrait tout ce qu’on allait vivre dans sa vie, on n’aurait sans doute pas la force de se lever le matin. L’objectif est probablement qu’on reçoive la vie par portions. Qu’on reçoive les chagrins et les problèmes par morceaux juste assez gros pour pouvoir les avaler.

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Extrait ajouté par x-Key 2011-03-30T22:18:15+02:00

Tout au long de l'été, Erica avait gravité autour du sujet qui occupait continuellement ses pensées. Elle avait pesé le pour et le contre, avait failli se lancer plusieurs fois, sans jamais aller plus loin que le pied de l'escalier du grenier. Elle aurait pu prétexter que ces derniers mois avaient été très remplis. Le contrecoup du mariage, le chaos chez eux quand Anna et les enfants habitaient encore là. Mais ce n'était pas toute la vérité. Elle avait tout simplement peur. Peur de ce qu'elle pourrait trouver. Peur de commencer à fouiller et à exhumer des événements qu'elle aurait préféré ignorer.

Erica savait que, plusieurs fois, Patrik avait été sur le point de lui poser la question. De toute évidence, il se demandait pourquoi elle ne lisait pas les carnets qu'ils avaient trouvés au grenier. Mais il n'avait rien dit. De toute façon, elle n'aurait pas eu de réponse à lui fournir. Elle serait peut-être obligée de modifier sa perception de la réalité, c'était sans doute ce qui l'effrayait le plus. L'image qu'elle avait de sa mère et de son comportement vis-à-vis de ses filles n'était pas très positive. Mais c'était son image, elle la connaissait. C'était une vision qui avait résisté au temps, comme une vérité immuable sur laquelle elle pouvait s'appuyer. Elle serait peut-être confirmée. Renforcée même. Mais que se passerait-il si sa représentation se trouvait bouleversée ? S'il lui fallait affronter une toute nouvelle réalité ? Elle n'avait pas eu le courage de sauter le pas, pas jusqu'à aujourd'hui.

Erica posa un pied sur la première marche. Le salon retentit du rire joyeux de Maja qui se faisait chahuter par Patrik. Un bruit rassurant. Elle monta une nouvelle marche. Encore cinq, et elle serait arrivée.

La poussière vola quand elle ouvrit la trappe et entra dans le grenier. Ils avaient discuté la possibilité d'aménager les combles, pour Maja, quand elle serait grande et qu'elle voudrait un espace où se retirer. Mais pour l'instant ce n'était qu'un grenier avec un plancher de bois brut, un toit incliné et une charpente nue. Un fatras d'objets occupait une bonne moitié de l'espace. Des décorations de Noël, des vêtements devenus trop petits pour Maja, des cartons pleins à craquer de trucs trop laids pour avoir leur place dans la maison, mais trop chargés de souvenirs pour être jetés.

Le coffre se trouvait dans un coin au fond du grenier. Un modèle ancien en bois et tôle, le genre de malle bombée qu'on utilisait autrefois pour voyager. Elle s'en approcha et s'assit par terre. Passa sa main sur le bois. Après une profonde inspiration, elle souleva le couvercle. Une odeur de renfermé s'en échappa et elle fronça le nez.

L'émotion qu'elle avait ressentie lorsque Patrik et elle avaient trouvé le coffre et en avaient examiné le contenu était encore vive. Ce jour-là, elle avait sorti les affaires tout doucement, les unes après les autres. Des dessins qu'Anna et elle avaient faits. De petits objets qu'elles avaient fabriqués en travaux pratiques à l'école. Qu'Elsy avait gardés. Elsy, leur mère qui pourtant ne semblait jamais s'intéresser aux bibelots que ses filles mettaient tant d'application à réaliser. De nouveau, Erica les sortit et les posa sur le plancher. Puis ses doigts rencontrèrent enfin le tissu qu'elle cherchait au fond du coffre. Elle le saisit avec précaution. La petite brassière avait été blanche autrefois mais, en la levant vers la lumière, elle vit que les années l'avaient jaunie. Les traces marron dont elle était constellée l'intriguaient particulièrement. Elle les avait tout d'abord prises pour des taches de rouille, avant de réaliser que ce devait être du sang. Le contraste entre la brassière de bébé et le sang séché lui serra le coeur. Comment cette brassière s'était-elle retrouvée ici ? A qui avait-elle appartenu ? Et pourquoi sa mère l'avait-elle gardée ?

Erica posa doucement le petit vêtement à côté d'elle. Lorsqu'ils l'avaient trouvé, un objet était enveloppé à l'intérieur, mais il ne se trouvait plus dans la malle. C'est la seule chose qu'elle avait retirée. Une médaille nazie, protégée par le tissu souillé de la brassière. Elle avait été surprise par sa propre réaction. Les battements de son coeur s'étaient accélérés, sa bouche s'était asséchée et sur sa rétine s'étaient mises à défiler des séquences de films documentaires de la Seconde Guerre mondiale. Que faisait une médaille nazie ici à Fjällbacka ? Dans sa maison ? Parmi les affaires de sa mère ? Tout ça était absurde. Elle avait voulu remettre la médaille dans le coffre et refermer le couvercle. Mais Patrik avait insisté pour qu'ils la montrent à un expert, histoire d'en savoir plus, et elle avait cédé, de mauvaise grâce. C'était comme si elle entendait des chuchotements en elle, des voix funestes et prémonitoires. Quelque chose lui avait dit qu'elle ferait mieux d'occulter l'insigne et de l'oublier. Mais la curiosité avait pris le dessus. Début juin, elle avait déposé la médaille chez un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, et avec un peu de chance ils seraient bientôt renseignés sur son origine.

Mais de tout ce que contenait la malle, c'était autre chose qui avait interpellé Erica. Quatre carnets bleus dissimulés tout au fond. Elle avait reconnu l'écriture de sa mère sur la couverture, penchée à droite, avec des entrelacs, mais d'une main plus jeune et mieux assurée. Erica les sortit et laissa son index glisser sur le premier. Tous portaient l'inscription "Journal intime". Ces mots éveillèrent des sentiments contradictoires en elle. De la curiosité, de l'excitation, de l'empressement. Mais aussi de la crainte, de l'hésitation et un fort sentiment de violer une sphère privée. Avait-elle le droit de lire ces cahiers ? Avait-elle le droit de prendre part aux pensées et aux sentiments secrets de sa mère ? Par essence, un journal intime n'est pas destiné aux yeux d'autrui. Sa mère ne l'avait pas écrit pour qu'une autre personne en partage la teneur. Peut-être n'aurait-elle pas voulu que sa fille le lise. Mais Elsy était morte, et Erica ne pouvait pas lui demander la permission. Elle serait seule pour prendre sa décision et déterminer quelle attitude adopter.

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Extrait ajouté par Ambere 2018-09-07T09:11:00+02:00

Erica savait que, plusieurs fois, Patrik avait été sur le point de lui poser la question. De toute évidence, il se demandait pourquoi elle ne lisait pas les carnets qu'ils avaient trouvés au grenier. Mais il n'avait rien dit. De toute façon, elle n'aurait pas eu de réponse à lui fournir. Elle serait peut-être obligée de modifier sa perception de la réalité, c'était sans doute ce qui l'effrayait le plus. L'image qu'elle avait de sa mère et de son comportement vis-à-vis de ses filles n'était pas très positive. Mais c'était son image, elle la connaissait. C'était une vision qui avait résisté au temps, comme une vérité immuable sur laquelle elle pouvait s'appuyer. Elle serait peut-être confirmée. Renforcée même. Mais que se passerait-il si sa représentation se trouvait bouleversée ? S'il lui fallait affronter une toute nouvelle réalité ? Elle n'avait pas eu le courage de sauter le pas, pas jusqu'à aujourd'hui.

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Extrait ajouté par Ambere 2018-09-04T16:02:55+02:00

Si on avait une boule de cristal qui nous montrait tout ce qu'on allait vivre dans sa vie, on n'aurait sans doute pas la force de se lever le matin. L'objectif est probablement qu'on reçoive la vie par portions. Qu'on reçoive les chagrins et les problèmes par morceaux juste assez gros pour pouvoir les avaler.

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Extrait ajouté par lelette1610 2017-08-29T21:44:48+02:00

Ils avaient porté le secret si longtemps, Britta et lui. Ils l'avaient partagé, enfoui, expié. C'était en tout cas ce qu'il croyait. Mais lorsque la maladie était venue et que les digues avaient commencé à céder, il avait compris, dans un instant de lucidité, que rien ne pouvait jamais être expié. Tôt ou tard, le temps et le destin vous rattrapaient.

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Extrait ajouté par Stephanelefort 2016-12-22T20:14:20+01:00

Patrik aida sa fille à se relever et la cajola jusqu’à ce que ses pleurs se transforment en sanglots, puis il la poussa doucement en direction de William.

— Regarde ce qu’a apporté William. Des cadeaux !

Le mot magique produisit l’effet escompté. Sérieux comme un pape, William tendit cérémonieusement à Maja un paquet enrubanné de bolduc multicolore. Aucun des deux ne maîtrisait encore parfaitement l’art de la marche, et la difficulté de coordonner ses pieds en donnant le paquet à Maja fit perdre l’équilibre à William qui tomba sur les fesses. Mais quand il vit l’expression lumineuse de Maja, il oublia son humiliation.

— Hiiii, fit Maja, tout excitée, en commençant à tirer sur les rubans.

Au bout d’à peu près deux secondes, son visage montra les signes d’une profonde frustration et Patrik se précipita pour l’aider. Ensemble, ils réussirent à ouvrir le paquet et Maja en tira un éléphant gris tout doux, qui fut immédiatement adopté. Elle serra la peluche sur sa poitrine et l’entoura de ses bras en sautillant à pieds joints. Les tentatives de William pour câliner le doudou furent accueillies avec une mine boudeuse et un langage corporel tout à fait parlant. Le petit admirateur prit manifestement cela comme une invitation à redoubler d’efforts, et les parents flairèrent le conflit.

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Extrait ajouté par Sonny18 2012-11-11T19:03:54+01:00

Seul le bourdonnement frénétique des mouches troublait le silence de la pièce. L'homme assis sur la chaise était immobile. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas bougé. D'ailleurs, on ne pouvait plus guère le qualifier d'homme. Pas si l'on voulait parler d'un être vivant, qui respire et éprouve des sentiments. Cet homme-ci se trouvait réduit à l'état de nourriture. Un refuge pour les larves et les insectes.

Les mouches volaient en épaisses nuées autour du corps inerte. Se posaient. Leurs trompes aspiraient. Puis elles s'envolaient. Tournoyaient. Cherchaient un autre endroit où s'installer. Elles tâtaient le terrain. Se bousculaient. La plaie sur le crâne de l'homme les intéressait particulièrement. L'odeur métallique de sang avait disparu depuis longtemps, remplacée par une autre, plus douceâtre, légèrement putride.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-28T16:59:44+02:00

Un aboiement retentit à la réception et Mellberg fronça les sourcils. Est-ce qu’Annika avait amené un de ses chiens au boulot ? Elle savait pourtant ce qu’il pensait des clebs. Il faudrait qu’il lui dise deux mots à ce sujet. Ce n’était pas un des labradors d’Annika, mais un cabot pelé de couleur et de race indéterminées, qui tirait sur la laisse tenue par une petite femme brune. — Je l’ai trouvé juste là-dehors, dit-elle avec un accent prononcé de Stockholm. — Ah bon, et qu’est-ce qu’il fait ici alors ? répondit Mellberg d’un ton peu amène avant de pivoter sur ses talons et de repartir dans son bureau. — Je te présente Paula Morales, dit Annika très rapidement et Bertil Mellberg se retourna de nouveau

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-08-28T16:59:37+02:00

Mellberg poussa un profond soupir. Ça lui arrivait souvent ces temps-ci. La gamelle qu’il avait ramassée au printemps dernier tirait encore son humeur vers le bas. Mais il n’était pas surpris. Il s’était permis de se relâcher, de vivre et d’éprouver des sentiments sans se poser de questions. On ne fait pas ce genre de choses impunément. Il aurait dû le savoir. En un sens, c’était bien fait pour sa pomme. Sa mésaventure lui servirait de rappel à l’ordre. Il avait retenu la leçon, et il n’était pas homme à faire deux fois la même erreur

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