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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:49:41+01:00

Elle descendit de son rocher, et son pied dérapa sur un petit tas de feuilles brunes aussi lisses qu’une patinoire. Elle parvint à freiner son élan avant de tomber sur le postérieur, le cœur battant d’avoir frôlé le pire. Il ne lui manquerait plus qu’une cheville cassée, à présent ! Elle ramassa et posa au bas de ses reins une poignée de neige, qui fondit aussitôt sur sa peau brûlante, apaisant la douleur. Tout compte fait, il y avait pire à craindre qu’une équipe de secours envoyée par ses parents. Maintenant, elle devait surtout garder son attention en éveil et se montrer prudente afin de ne pas compliquer la tâche de ses sauveteurs.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:49:32+01:00

Tout cela à cause de son étourderie. Elle avait aperçu un pivert qui voletait de branche en branche dans un épicéa, remarqué un nid d’orfraie haut perché dans le tronc creux d’un grand chêne malade, suivi le bruit d’une cascade récemment formée par la fonte des neiges, songé à la visite qu’elle ferait le lendemain à sa cousine Harriet en revenant de Portland, dans le Maine, où elle devait emmener deux hommes d’affaires – à condition que son père l’autorisât à transporter des passagers. Il n’aimait pas la manière dont elle pilotait ces derniers temps. Un esprit vagabond pouvait être source d’ennuis au cours d’une promenade à pied en pleine nature mais aux commandes d’un avion, la moindre distraction avait des conséquences fatales.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:49:11+01:00

Cinq heures après s’être aventurée sur les terres des Sinclair pour repérer des érables dont on pourrait récolter la sève, Pénélope Chestnut se laissa tomber sur un rocher de granité et reconnut qu’elle s’était égarée. Le soleil descendait déjà sur l’horizon, la température commençait à chuter, il ne lui restait pratiquement plus d’eau et elle n’avait pas la moindre idée de l’endroit où elle se trouvait : dans l’Etat du New Hampshire, au fond des bois dominant le lac Winnipesaukee, et probablement toujours sur la propriété des Sinclair. Mais de manière plus précise, comment savoir ?

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:48:59+01:00

C’était peut-être vrai. Il regarda dehors par la portière tandis qu’ils traversaient le pont. Il faisait bien froid pour voler mais c’était une nuit de pleine lune. Son disque énorme semblait presque encombrer le ciel. Colt s’imagina perché tout là-haut, suivant des yeux le taxi minuscule, la belle aviatrice, le jeune héritier et leurs diamants volés. Il avait rêvé qu’ils s’installeraient au Canada en subvenant eux-mêmes à tous leurs besoins, jusqu’à ce que sa famille ait enfin admis la chose et pardonné leur escapade. Mais Frannie voulait tout, et tout de suite.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:48:47+01:00

Il évita prudemment son père, redoutant que Willard Sinclair pénètre ses pensées et devine ses desseins. Le moment venu, Colt n’avait pas l’intention de dire au revoir à son père. Ni à sa mère, du reste ; il serait impossible de l’arracher à ses amis et à son champagne.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:48:36+01:00

Il poussa doucement le battant et sa gorge se serra à la vue de son petit frère endormi parmi ses peluches, sa forme menue éclairée par les lumières de la rue. Son regard s’attarda sur l’imprimé de son pyjama, représentant des voitures et des petits camions.

Un flot de larmes intempestives lui monta aux yeux. Il avait peu de chances de revoir son frère avant des mois, des années, peut-être. D’ici là, Brandon aurait abandonné son ours en peluche, perdu son imagination enfantine. Colt avait parfois la nostalgie de sa propre enfance, quand il aimait par-dessus tout flâner à travers les galeries du musée d’Histoire naturelle. Son père croyait alors qu’il ne songeait qu’à devenir un véritable Sinclair. En réalité, il assimilait les formes et les couleurs, les particularités de chaque oiseau, chaque animal, chaque objet présenté en vitrine. Dans les coins sombres, où personne ne pouvait le trouver, il tirait un morceau de papier et un fusain pour tenter de reproduire ce qui l’avait frappé.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:48:26+01:00

Colt s’abstint de lui faire part de l’émotion que lui procurait ce simple spectacle. Des compliments sur sa beauté ne serviraient qu’à l’irriter et porter à son comble l’impatience de la jeune femme. Frannie avait horreur d’être admirée pour son apparence physique, qui risquait à ses yeux d’éclipser ses autres qualités – ses talents de pilote et d’historienne de l’art, son indépendance, son esprit d’aventure. Elle voulait tout, avait-elle expliqué à Colt l’été précédent dans le New Hampshire, lorsqu’elle le considérait encore comme un étudiant un peu gauche, frais émoulu de Dartmouth, un fils à papa élevé dans un univers douillet. Elle jouissait déjà d’un prestige exceptionnel dans sa bourgade natale – fille de paysans modestes devenue pilote accomplie, tout en poursuivant ses études d’histoire de l’art en autodidacte grâce à la fréquentation des bibliothèques locales.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:48:22+01:00

Elle opina, la respiration légèrement saccadée. Leur plan était minuté dans les moindres détails. D’abord, ils feraient une apparition à la réception inaugurant la donation de la collection Sinclair au Metropolitan de New York. Au début de l’automne, le père de Colt avait proposé à Frannie un poste d’assistant conservateur pour sa collection et la jeune femme avait saisi sans hésiter cette occasion d’aller vivre à New York. Colt s’était à peine rendu compte de sa présence. Elle avait travaillé d’arrache-pied durant tout l’hiver, occupée à recenser, choisir, examiner, contrôler et vérifier l’authenticité de tous les tableaux, sculptures ou objets d’art amassés par les Sinclair durant plus d’un siècle et entreposés dans les locaux qu’ils possédaient dans un quartier marchand de la ville. De leurs nombreux voyages en Amérique du Sud, Afrique, Asie, Europe et Moyen-Orient, ils avaient rapporté de véritables trésors. Frannie s’était dépensée sans compter, et Colt n’avait pu qu’admirer son dévouement bien qu’il s’inquiétât de la pâleur et de l’épuisement que lui valait cet excès de travail aujourd’hui encore, six semaines après qu’il l’avait remarquée au musée et avait vu son existence bouleversée.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-20T20:47:58+01:00

Frannie Beaudine alliait l’intelligence d’une Katherine Hepburn aux appas ravageurs d’une Marilyn Monrœ, et il ne parvenait pas à croire qu’elle fût à lui. L’idée qu’une femme de cette trempe fût tombée amoureuse de lui, Colt Sinclair, un grand échalas de vingt et un ans, emplissait son cœur d’une fierté et d’une joie indescriptibles.

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