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Extrait ajouté par Mishakal-Yveldir 2019-10-06T11:48:00+02:00

Je parlerai de mes danses – bien que j’ai des portraits montrant une grande partie des mouvements et des costumes. Contrairement à ce que disaient les critiques qui n’ont jamais su me comprendre, quand j’étais sur scène, j’oubliais simplement la femme que j’étais et j’offrais tout cela à Dieu. C’est pourquoi je me déshabillais avec autant de facilité. Parce que moi, à ce moment-là, je n’étais rien ; même pas mon corps ; j’étais seulement les mouvements qui communiquaient avec l’univers.

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Extrait ajouté par MiLn 2016-12-10T22:22:45+01:00

Même les arbres les plus hauts sortent de toutes petites graines comme celle-là. Souviens-t'en et ne cherche pas à accélérer le temps

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Extrait ajouté par CharlesBook 2019-03-11T22:09:42+01:00

" Elle me demandera peut-être:

- C'est ma mère, Margaretha McLeod ?

Et je répondrai:

- Je ne sais pas qui est cette femme. Toute ma vie, j'ai pensé et agi en Mata Hari, celle qui a été et restera toujours la fascination des hommes et la plus enviée des femmes. Depuis que j'ai quitté la Hollande, j'ai perdu la notion de la distance, du danger, rien de tout cela ne m'effraie. Je suis arrivée à Paris sans argent et sans une garde-robe adéquate et vois comment je me suis élevée dans la société, j'espère qu'il t'arriveras la même chose. "

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:28:00+01:00

Maintenant je n'avais plus que ma fille, une maison toujours vide, un mari qui ne m'emmenait nulle part de peur d'être trahi et une ville dont la beauté était si grande qu'elle en devenait oppressante ; j'étais au paradis, vivant un enfer personnel.

Et puis un jour, tout a changé : le commandant du régiment a fait inviter les officiers et leurs épouses pour un spectacle de danse locale, donné en hommage à un gouverneur de l'île. Rudolf ne pouvait pas dire non à un supérieur hiérarchique. Il m'a demandé d'aller acheter une robe sensuelle et chère. J'ai compris pourquoi il voulait une robe chère. C'était plus pour être en accord avec son propre standing que pour me faire plaisir. Mais si – comme je l'ai su plus tard – il avait tellement peur de moi, pourquoi vouloir que je sois vêtue de manière sensuelle ?

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:25:35+01:00

Changer et changer pour quelque chose de mieux sont deux choses complètement différentes. S'il n'y avait eu la danse et Andreas, mes années en Indonésie auraient été un cauchemar sans fin. Ma plus grande crainte est de revivre tout cela. Le mari toujours distant et toujours entouré de femmes, l'impossibilité de simplement m'enfuir et retourner chez moi, la solitude des mois passés seule dans la maison parce que je ne parlais pas la langue, et en plus la surveillance constante des autres officiers.

Ce qui aurait dû être une joie pour n'importe quelle femme – la naissance de ses enfants – est devenu pour moi un cauchemar. Après avoir surmonté la douleur du premier accouchement, ma vie a pris tout son sens quand j'ai touché pour la première fois le corps minuscule de ma fille. Rudolf s'est mieux comporté pendant quelques mois, mais il est vite retourné à ce qui lui plaisait le plus : ses amantes locales. Selon lui, aucune Européenne n'était capable de rivaliser avec une femme asiatique, pour qui le sexe était comme une danse. Il me disait cela sans la moindre pudeur, peut-être parce qu'il était ivre, peut-être parce qu'il cherchait délibérément à m'humilier. Andreas, un officier que je connaissais, m'a raconté qu'un soir, alors qu'ils étaient tous les deux dans une expédition insensée, allant du néant à nulle part, il aurait dit dans un moment de franchise alcoolisée :

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:25:26+01:00

Presque tous les hommes que j'ai connus m'ont donné des joies, des bijoux, une place dans la société et je n'ai jamais regretté de les avoir rencontrés – sauf le premier, le directeur de l'école, qui m'a violée quand j'avais seize ans.

Il m'a appelée dans son bureau, a fermé la porte, a mis sa main entre mes jambes et a commencé à se masturber. J'ai d'abord cherché à m'échapper en disant, gentiment, que ce n'était pas le moment, mais il ne répondait rien. Il a écarté des papiers de sa table, m'a retournée et m'a pénétrée d'un seul coup, comme s'il avait peur de quelque chose, craignant que quelqu'un n'entre dans la pièce et n'assiste à la scène.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:25:15+01:00

Je ne peux blâmer mes parents de rien, seulement de m'avoir fait naître dans une ville qui n'était pas la bonne, Leeuwarden, dont la plupart de mes concitoyens hollandais n'avaient jamais entendu parler, où il ne se passait rien et où tous les jours se ressemblaient. Dès l'adolescence, j'ai su que j'étais une jolie femme, parce que mes amies cherchaient à me ressembler.

En 1889, quand la chance a tourné pour ma famille – Adam a fait faillite, Antje est tombée malade et elle est morte deux ans plus tard – ils n'ont pas voulu que je vive cette expérience difficile. Ils m'ont envoyée à l'école dans une autre ville, Leiden, ne perdant pas de vue que je devais avoir l'éducation la plus raffinée et me préparer pour devenir institutrice de maternelle, tandis que j'attendrais l'arrivée d'un mari, l'homme qui allait se charger de moi. Le jour de mon départ, ma mère m'a appelée et m'a donné un paquet de graines :

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:25:02+01:00

Lors d'une de mes visites à Vienne, j'ai connu un monsieur qui avait beaucoup de succès auprès des hommes et des femmes en Autriche. Il s'appelait Freud – je ne me souviens pas de son prénom –, et les gens l'adoraient parce qu'il avait réintroduit la possibilité que nous soyons tous innocents ; nos fautes, en réalité, étaient celles de nos parents.

Je tente maintenant de voir ce que les miens ont fait de mal, mais je ne peux pas blâmer ma famille. Adam Zelle et Antje m'ont donné tout ce que l'argent permettait d'acheter. Ils avaient une chapellerie, ils ont investi dans le pétrole avant que les gens en comprennent l'importance, grâce à eux j'ai pu étudier dans une école privée, apprendre la danse, prendre des cours d'équitation. Quand on a commencé à m'accuser d'être une « femme de petite vertu », mon père a écrit un livre pour ma défense – quelque chose qu'il n'aurait pas dû faire, parce que je savais parfaitement ce que je faisais et son texte a seulement attiré davantage l'attention sur les accusations de prostitution et de mensonge.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:24:57+01:00

Cher Maître Clunet,

Je ne sais pas ce qui va se passer à la fin de cette semaine. J'ai toujours été une femme optimiste, mais le temps m'a rendue amère, solitaire et triste.

Si tout se passe comme je l'espère, vous ne recevrez jamais cette lettre. J'aurai été pardonnée. Après tout, j'ai passé ma vie à cultiver des amitiés influentes. Je la garderai pour que, un jour, ma fille puisse la lire et découvrir qui a été sa mère.

Mais si je me trompe, je doute que ces pages, qui ont épuisé ma dernière semaine de vie sur Terre, seront conservées. J'ai toujours été une femme réaliste et je sais qu'un avocat, quand une affaire est close, passe à la suivante sans regarder en arrière.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-12-23T22:24:45+01:00

Le soleil, qui à cette heure s'était déjà levé sur l'horizon, a éclairé les flammes et la petite fumée qui sortait de chacun des fusils, tandis que la rafale de tirs était déchargée dans un grand fracas. Peu après, en cadence, les soldats ont reposé leurs fusils par terre.

Mata Hari est encore restée debout une fraction de seconde. Elle n'est pas morte comme on le voit dans les films quand un personnage reçoit une balle. Elle n'est tombée ni en avant ni en arrière, et n'a pas bougé les bras en l'air ou sur les côtés. Elle a paru s'affaisser, gardant toujours la tête droite, les yeux encore ouverts ; un soldat a perdu connaissance.

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