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https://revesurpapier.blog4ever.com/lestrange-malaventure-de-mirella-de-flore-vesco

Voilà une mésaventure superbement contée! L’Estrange Malaventure de Mirella est une réécriture du Joueur de flûte de Hamelin, la courte fable que nous connaissons tous. Première particularité de ce roman : Flore Vesco utilise un langage étoffé tout au long de son récit, des mots désuets qui apportent beaucoup de caractère à la lecture. En vérité, je ne pensais pas qu’elle serait aussi fluide et j’ai été agréablement surprise par cette plume aussi chantante que percutante. C’est plutôt audacieux, mais clairement bien joué de la part de l’auteure qui a un vrai talent de conteuse.

On se laisse transporter en un clin d'œil au Moyen-Âge, dans la misérable ville d'Hamelin, tout à fait respectable pour l'époque et le Saint Empire Germanique. L'auteure nous offre une vision fidèle de la vie moyenâgeuse mais aussi quelques petites anecdotes et informations sur ce XXIIIème siècle gris et odorant. Conditions rudes, superstitions, famine, maladies... Le décor est planté et j'ai aimé cette immersion.

Mirella, notre héroïne, est une porteuse d'eau, discrète et obéissante. Souvent malmenée, elle est habituée aux mains baladeuses et au dur labeur. Pour le lecteur, cette jeune fille aux cheveux roux est bien plus qu'une misérable qui survit tant bien que mal. Mirella a un cœur doux et généreux et on s'y attache aussitôt. Puis au fil des pages, la voilà qui s'affirme, qui relève le menton, résolue. Mirella semble capable de grandes choses et on a hâte de voir où elles vont la mener.

L'intrigue quant à elle, se met en place lentement, autour d'une terrible invasion de rats. Les bêtes ont pris place, elles sont partout et les habitants sont fort tourmentés. Mais je ne vous apprend rien puisque sur ce point on reste proche du conte original. Puis nous voilà intrigués par l'homme en noir qui apporte le malheur, ou encore par l'arrivée d'un étranger. Serait-ce notre joueur de flûte, venu débarrasser Hamelin de ses rats? Rien n'est moins sûr. Quoi qu'il en soit, j'ai adoré cette lecture, j'ai adoré cette version, si bien écrite, si envoûtante.

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Or

Coucou mes petits amis ! Aujourd'hui, je vous retrouve pour la chronique d'un livre au titre ravissant et à la couverture tout simplement somptueuse, j'ai nommé L'Estrange Malaventure de Mirella. Édité à l'École des Loisirs, dont le travail éditorial de grande qualité m'éblouit depuis mon plus jeune âge (est-ce que certains se rappellent des abonnements qu'on nous proposait en primaire ? Cela a marqué ma vie de lectrice à tout jamais), l'objet-livre reflète cette minutie, ce soin et cet importance des détails propre à cette maison d'éditions et il semblerait aussi, à la plume fabuleuse de l'autrice de cette grande aventure, ou plutôt devrais-je dire « malaventure ». Outre ma superficialité effarante à tomber amoureuse de chaque magnifique couverture qui rencontre mon regard, j'avais avant tout une folle envie de me plonger dans ce roman car j'ai une passion et un respect tout particulier pour les réécritures de contes. J'admire en effet le dur labeur et la prouesse des auteurs de nous délivrer ces histoires anthologiques à leur façon, d'y faire passer leurs propres messages et d'y trouver une résonance avec notre époque actuelle entre autres.On a toujours quelque chose à apprendre des récits de l'ancien temps. C'est avec les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, dirait l'adage. En tout cas, ce n'est pas moi qui vais affirmer le contraire, vu à quel point L'Estrange Malaventure de Mirella m'a conquise !

J'étais d'autant plus curieuse de découvrir ce que Flore Vesco avait à apporter à cette légende qu'on ne présente plus car j'ai une relation toute singulière d'amour/haine avec cette dernière. En effet, étant petite, le conte originel me fascinait tout autant qu'il m'épouvantait, et je ne pense pas avoir été la seule dans ce cas. Mais, malgré les états de terreur dans lesquels n'importe quelle variante me mettait (comme toujours avec les contes d'autrefois, il en existe notamment des bien morbides), Le joueur de flûte de Hamelin parvenait à s'emparer de mon attention toute entière à chaque fois et ce jusqu'au bout, jusqu'au moment fatidique où tout partait à vau l'eau (promis, je ne l'ai pas fait exprès). Et ça n'a pas loupé avec L'Estrange Malaventure de Mirella : une fois embarquée à Hamelin, impossible de m'en faire repartir avant d'avoir le fin mot de l'histoire. Et ce malgré la puanteur caractéristique du Moyen Age et le comportement exécrable de la plupart des habitants ingrats de ce recoin sombre et morose d'Allemagne. Cela aurait dû faire fuir n'importe qui d'un tant soit peu sensé, mais c'est justement grâce à la création remarquable de cette atmosphère médiévale tout ce qu'il y a de plus unique que Flore Vesco est parvenue à me garder entre les pages de son merveilleux livre.

Et ce qui aide grandement à nous faire remonter dans le temps de façon aussi ébouriffante, c'est l'idée de génie que l'autrice a eu de rédiger son intrigue intégralement en ancien français, ou plutôt en employant un certain vocabulaire s'en approchant et les tournures de phrases de cette époque-là. J'ai pris compte de cette information avant de me lancer dans cette lecture et j'ai alors bien sûr eu un petit temps d'appréhension mais il s'est très vite dissipé car c'est in fine cette singularité qui donne tout son charme à l'ouvrage à mon sens. C'est ce qui fait son authenticité, ce qui le démarque des autres romans du même style et même en tant que livre tout court. Je ressens une réelle admiration pour l'autrice d'avoir suivi sa brillante idée jusqu'au bout sans faiblir à la tâche car cela doit être compliqué de penser constamment en ancien français approximatif au cours de la rédaction d'un ouvrage ! Ce qui est sûr, c'est que j'ai été par la suite contaminée par cette façon très alambiquée de parler. Que voulez-vous, cela a un potentiel de séduction absolument délicieux et efficace ! Comme je l'évoquais précédemment, on a véritablement l'impression de se retrouver projetés au quinzième siècle. Cette manière d'écrire comme si l'on y était vraiment apporte un certain réalisme et crée une ambiance incomparable à aucune autre qui nous emporte totalement. On y prend véritablement goût et cela n'entrave en rien la fluidité du récit, pour ceux que la lecture en ancien français rebuterait. Au contraire, cela a même un véritable pouvoir visuel, ce qui nous donne la sensation de se retrouver au cœur d'un vrai film d'époque. Dans tous les cas, cela mériterait clairement d'être adapté sur grand ou petit écran tant cette intrigue est intense et prenante !

Cependant, l'effet indescriptible que ce roman a eu sur moi ne repose pas que sur le talent indéniable de troubadour de Flore Vesco. L'héroïne tout droit sortie de son imagination, Mirella, n'est pas en reste non plus. Au milieu de la crasse et de la populace mécréante d'Hamelin, elle fait figure de véritable bijou dans un écrin de poussière et de misère. Et de puanteur aussi, l'aura olfactive de ce roman étant très violente également, mais je me répète (j'ai un nez très délicat, c'est comme ça). Je me suis immédiatement attachée à cette jeune fille malmenée par l'existence parce qu'elle est forte, généreuse, profondément inspirante et parce qu'elle marque indubitablement les esprits. En tant que femme au Moyen Age - qui n'est définitivement pas réputé pour être la meilleure période pour les personnes du dit "sexe faible" entre gros guillemets, une absurdité que je ne comprendrai probablement jamais (demandez à Mirella son avis sur la question et je peux vous assurer que vous ne serez pas déçus de la réponse !), notre jeune fille prend ses propres décisions, choisit elle-même de sa destinée, fait toujours ce qui lui semble juste et n'a de comptes à rendre à personne. Flore Vesco lui fait connaître une incroyable évolution, c'est le cas de le dire, et ce sont toutes les épreuves que Mirella a dû traverser, ou plutôt la façon dont elle a procédé pour s'en sortir, qui la rendent époustouflante selon moi. Je dois bien admettre qu'au départ, je ne voyais absolument pas le rôle qu'elle allait jouer dans l'histoire rebattue du Joueur de flûte d'Hamelin. Mais petit à petit, la lumière se fait jour sur nos nombreuses interrogations et on comprend ce qu'elle vient faire là, tout simplement. Et alors, la magie opère véritablement et fait de cette personnalité, de ce destin, quelque chose de purement inoubliable.

Pour conclure, je ne peux que vous encourager à découvrir L'Estrange Malaventure de Mirella. Que vous aimiez ou non le conte originel, l'intrigue proposée par Flore Vesco est juste ahurissante et il y a de quoi en rester résolument envoûté et bouche bée. Pour ma part, ce livre a dépassé le conte originel dans mon cœur, et de loin, je n'ai pas honte de le proclamer haut et fort. Quant à l'autrice en elle-même, je vais désormais la suivre de très, très près car ce roman-ci m'a juste donné l'irrépressible envie de dévorer tous les autres écrits par la main de ce qui me semble être l'un des petits prodiges de la littérature française jeunesse actuelle. Il ne faut donc pas passer à côté de cette petite pépite ! GROS COUP DE CŒUR ♥

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Commentaire ajouté par Snake 2019-06-24T17:41:06+02:00
Or

L'estrange malaventure de Mirella est une belle surprise aui se lit plus facilement qu'on peut le penser (vieux français). J'ai tout de suite accroché à l'histoire, à la redécouverte du conte! Très bon livre!

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Diamant

Flore Vesco frappe fort (encore une fois). Cette fois-ci elle s'attaque à un conte bien connu, celui du joueur de flûte de Hamelin. Vous pensiez le connaitre par cœur ? Que nenni. C'est céans à travers l'histoire de Mirella que nous voyageons dans le Moyen-âge de la peste, avec ses mendiants, ses lépreux, ses porteurs d'eau et une invasion de rat. (forcément dirais-je).

Là où l'autrice fait fort, c'est qu'elle rédige son histoire envoûtante en un mélange de vieux français et de langue contemporaine. Malgré certains mots fort inconnus, le texte est d'une grande lisibilité et glisse sur les pages. Un écriture inventive pourvue d'une maîtrise de la narration. Bien joué !

Attention néanmoins à ne pas se laisser déborder par la langue quitte à oublier l'histoire. En effet, le début est en effet lent, car il faut entrer dans cet univers et l'appréhender mais très vite, le petit bourg d'Hamelin nous ouvre ses portes et on se retrouve enfermé avec Mirella.

Porteuse d'eau, elle distribue de l'eau à chaque porte du village. D'autres enfants comme elle, sont réquisitionnés mais la jeune fille est mise à l'écart, ses cheveux roux y seraient-ils pour quelque chose ? "Sorcière" entend-t-elle prononcer à son passage. Lorsque les rats envahissent Hamelin, laissaient derrière eux des cadavres morts de la peste, c'est la panique, chacun s'enferme chez eux sans en sortir. Un étrange homme noir murmurant à l’oreille de morts apparaît mais Mirella est la seule à le voir, et un joueur de flûte providentiel fait son entrée dans le village, aussi. Mais ne serait-il pas qu'un simple arriviste ?

On est dans une ambiance moyenâgeuse assez sombre et éprouvante mais qui est ponctuée de touches d'humour, de portraits délicats, de situations bien pensées, et d'une fin qui redonne le sourire. Entre l'histoire, le conte, le fantastique, on en prend plein nos ouailles. Et si à cela se rajoute une pointe de féminisme, c'est banco.

Flore Vesco conte à merveille, et elle réussit une fois de plus à nous séduire!

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