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L'héritage du sang



Description ajoutée par SARA81 2018-02-26T10:10:30+01:00

Résumé

Un mari mort lors d'une tempête... Madeleine, ne parvient pas à faire le deuil. Elle fuit le décor idyllique de la Floride pour s'installer en Angleterre, en tant que psychothérapeute. Elle deviendra pour les autres, une oreille attentive, celle dont elle n'a jamais pu profiter. Mais un jour, alors qu'elle commence à refaire surface, à prendre sa vie en main, une jeune femme, Rachel, fait une violente irruption dans sa vie, bouleversant ainsi le fragile équilibre qu'elle est parvenue à instaurer.

Cette jeune femme abîmée, tant physiquement que moralement, dont la vie de l'enfant est en danger, fera replonger Madeleine, dans les plus noirs souvenirs de sa vie... L'auteur de Fleur de Glace, dans son deuxième roman, nous raconte deux destins liés que seule la violence est en mesure de rapprocher. Ce roman, aux allures de suspens, rend compte de la difficile construction d'une vie pour des individus au passé douloureux.

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Classement en biblio - 93 lecteurs

extrait

Extrait ajouté par anonyme 2014-12-06T00:52:34+01:00

Prologue

Elle s'appelait Angelina. Née à Cuba, elle avait, comme tout ce qui vient de cette île assiégée, un caractère changeant et passionné. Les Cubaines sont réputées pour leur façon de bouger. Qu'elles soient jeunes ou d'un certain âge, elles ont cette manière sereine d'habiter leur corps, cette sensualité liquide, un héritage qui leur vient sans doute de leurs ancêtres africains. Angelina ne faisait pas exception. Ses mouvements étaient stupéfiants, à couper le souffle, vraiment.

Pourtant, elle n'était pas comme les autres tornades. Elle était animée d'une fureur qui la rendait sournoise et imprévisible. Sa force centrifuge, elle l'avait amassée en secret, prélevée sur une série d'anomalies climatiques, et même les plus sophistiqués des instruments conçus par l'homme avaient échoué à mesurer sa force - encore plus à déterminer sa direction. En quête d'une piste d'atterrissage adéquate, Angelina avait sondé, de cet œil indécis qui la rendait si dangereuse, les différentes îles alentour. C'est ainsi qu'elle avait fait de Cuba la première victime de sa férocité.

À La Havane, on crut qu'Angelina avait été provoquée par une vieille femme : une santera, prêtresse de l'ancienne religion afro-cubaine. Dans cette ville, où l'on pratique la santería en toute liberté, ses sorts étaient bien connus. Une nuit, plus de trente ans auparavant, sa fille l'avait abandonnée, emportant son couteau de sacrifice et un crucifix de grande valeur, et s'était enfuie sur un radeau en direction de la Floride. La santera n'avait jamais pu accepter cette trahison et, avec l'âge, sa soif de vengeance n'avait cessé de croître.

Dans le quartier pauvre de La Havane où elle vivait, elle avait depuis longtemps déclaré à ses voisins qu'elle concoctait la plus fourbe des tempêtes et faisait des offrandes de sang aux orishas, les dieux yorubas, en leur demandant de déchaîner des vents dévastateurs sur la Floride afin d'humilier sa fille.

La nuit où les masses nuageuses perfides d'Angelina commencèrent à tournoyer au-dessus de l'océan, la santera succomba à une attaque. Elle ne sut jamais les ravages que la tornade imminente allait causer, non pas à sa fille, qui avait depuis longtemps quitté les États-Unis, mais à sa petite-fille.

Peut-être n'était-ce que pure superstition, renforcée par la mort circonstanciée de la vieille femme, mais, à La Havane, son nom demeura pour toujours associé à la terrible Angelina.

Sur une autre île, située au-delà de la pointe la plus au sud des États-Unis, et à seulement cent cinquante kilomètres de La Havane, l'on se préparait activement à l'arrivée d'Angelina. La plupart de ses habitants - les Conques, ainsi qu'ils se dénommaient eux-mêmes - n'étaient pas trop inquiets. Ils étaient habitués aux tempêtes tropicales et, d'ailleurs, l'île n'était pas exactement sur la trajectoire d'Angelina. Elle devait atterrir plus au nord, quelque part entre Miami et Fort Lauderdale.

Néanmoins, les vents pourraient souffler fort. Devant les anciennes maisons des rouleurs de cigares cubains, ces constructions qui semblent faites de pain d'épice, et autour des cahutes nichées au fond de secrètes impasses, les Conques fermaient les volets, puisaient dans des citernes d'eau de pluie pour remplir des bouteilles et mettaient le mobilier de jardin à l'abri.

Les habitants de Houseboat Row avaient une manière bien à eux de se préparerr aux tempêtes estivales. Si les propriétaires des bateaux y étaient plus vulnérables que leurs voisinss vivant sur la terre ferme, ils avaient aussi un tempérament beaucoup plus je-m'en-foutiste. En plus, on était dimanche matin. Une tasse de café ou une bouteille de bière à la main, ils rangeaient tranquillement quelques affaires et attachaient leurs plantes, chaises longues et bicyclettes au bastingage à l'aide de cordes. Étant donné que le pic de la tempête devait atteindre Key West en milieu d'après-midi, il n'y avait aucune raison de se presser. Les plus avisés d'entre eux, comme les personnes âgées et les pères et mères de famille, préparaient des pique-niques pour aller voir le gros temps chez des amis qui vivaient sur la terre ferme.

Comme tous les dimanches, Madeleine était au lit avec Forrest, où ils faisaient l'amour, mangeaient, écoutaient de la musique et lisaient les journaux jusqu'en milieu de journée, quoique pas toujours dans cet ordre. C'était le moment de la semaine qu'elle préférait. Forrest étant un « actif » invétéré, il était parfois difficile de l'obliger à se détendre. Même s'il prenait la vie avec philosophie, il avait cultivé une éthique du travail que Madeleine passait son temps à essayer de contrer, parfois avec succès. Une fois son esprit et son corps détendus, il devenait le type le plus nonchalamment sexy, drôle et bavard de la terre, un vrai bêta, à croire qu'il ne sortait jamais de son lit.

Adossée aux oreillers, un carnet de croquis sur les genoux, Madeleine était en train de le dessiner, tandis que, couché à plat ventre en travers du lit, il cherchait dans le dictionnaire un mot sur le sens duquel ils s'étaient chamaillés.

— Résipiscence, lut-il triomphalement. Nom féminin. Reconnaissance de sa faute avec amendement. Du latin : revenir à soi.

— Ne bouge pas, s'il te plaît.

Le fusain de Madeleine s'activait sur le papier. Dehors, on entendit une sorte de secousse. Judy Montoya grondait ses enfants, comme à son habitude, et Fred lui criait quelque chose du bateau voisin. On entendit des pas précipités claquer sur le ponton avant de s'éloigner.

— Commandons encore du café, marmonna Forrest. Mais où sont passés les serveurs ? Jamais là quand on a besoin d'eux !

— Je leur ai donné leur journée.

La vieille barge rouillée leur avait été cédée par la grand-mère maternelle de Forrest, et le seul employé de bar à être jamais monté à bord était la vieille dame elle-même, naguère barmaid au Turtle Kraals.

— Oh, misère... Je vais faire le café, dit-il en sautant hors du lit et en enroulant une serviette autour de ses reins. Que dirais-tu d'un verre de champagne avec une goutte de jus d'orange ? Et des fraises. J'en ai vu dans le frigo.

— Sur le principe, je suis d'accord, merci.

Madeleine tenta de lui saisir le poignet, craignant qu'il ne se laisse distraire et ne se mette à laver le pont ou à aller ramasser le linge.

— Je reviens, chérie. Juré !

Madeleine tendit l'oreille, guettant ses moindres gestes. La barge dansait sur les vagues qui battaient bruyamment contre l'étrave. Un sac plastique emporté par une rafale passa à l'horizontale devant le hublot. Sa montre indiquait midi et demi. Elle se leva et colla son visage au verre concave. Marian et Greg Possle couraient sur le ponton, des paquets à la main. Ils avaient l'air pressés, bien loin de leur nonchalance habituelle, et leurs queues-de-cheval respectives volaient au vent. À travers le bruit, elle entendit Forrest déplacer des choses sur le pont. Reviens au lit, espèce de traître, songea-t-elle en se recouchant. Je te veux.

Dix minutes plus tard, Forrest revint les mains vides. Il avait l'air préoccupé et alla directement enfiler son short. Madeleine se souleva sur un coude.

— Et alors, où est mon champagne ?

— Tu ferais mieux de t'habiller, chérie.

— Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

— Il n'y a plus personne. On dirait qu'ils sont tous partis.

Elle sourit et tapota sur le lit.

— Nous voici donc livrés à nous-mêmes...

— Il faudrait ranger un peu, Madeleine. Le vent se lève.

— Sans blague, dit-elle, toujours sans bouger.

— Allume la radio, qu'on sache un peu ce qui se passe.

— Une demi-heure de plus ou de moins...

Forrest secoua la tête, et elle crut avoir perdu la partie, mais il hésita lorsqu'elle ouvrit sa robe de chambre et lui tendit les bras.

— Viens là et, avant de te sauver, embrasse-moi.

Il l'embrassa longuement, puis murmura :

— D'accord, infâme tentatrice, mais il faudra malheureusement faire vite.

Lorsqu'il commença à bouger contre son corps, elle sentit ses cheveux blonds effleurer doucement ses seins. Quand ils faisaient l'amour, il avait une façon de la regarder... Ses yeux ne quittaient pas les siens, l'hypnotisaient et effaçaient tout le reste. Soudain, une secousse fit tanguer la barge. En riant, ils roulèrent avec elle, n'ayant envie ni l'un ni l'autre de mettre un terme à ce qu'ils avaient entrepris. Malgré le nombre d'années passées ensemble, les étreintes amoureuses leur faisaient perdre toute notion du temps et de l'espace, et leur donnaient immanquablement le sentiment de se loger dans une réalité qu'ils n'avaient nul désir de quitter. Ils retardaient au maximum ce point culminant qui signifiait aussi la fin, la séparation.

Une nouvelle violente secousse fit sourciller Forrest. Il détourna les yeux un instant et resta immobile, l'oreille aux aguets. Puis il se libéra des bras de Madeleine et se leva. Elle demeura dans cet espace lointain, croyant qu'il préparait une variante, mais il lui tapa sur la hanche en disant :

— Viens, c'est de la folie... Nous n'avons plus que cinq minutes. Pas une de plus.

Depuis le lit, Madeleine l'observa à travers le hublot de tribord. Quel angle super ! se dit-elle en gloussant avant de reprendre son carnet.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par gribouille 2021-04-25T16:33:38+02:00
Or

Ça fait froid dans le dos comme tous les livres de cette auteure.

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Commentaire ajouté par 7652 2021-04-09T13:42:52+02:00

Je n’ai vraiment pas accroché au début, tellement que j’ai fini par abandonner...

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Commentaire ajouté par quoi-de-neuf-docteur 2019-10-26T19:48:48+02:00
Bronze

L’héritage du sang est un livre dont la lecture m’a sorti indécise. Le fond de l histoire est bonne, les personnages intéressants et les flash-backs aussi mais l écriture et la mise en forme de toutes ces bonnes idées est catastrophique ! Pour vous donner une idée, sur les 600 pages que comptent le livre, il ne m en a fallu que 153 pour en deviner la fin, l’évolution des relations entre les personnages et les péripéties. Bref une lecture que je classe dans les bronzes pour rendre justice aux idées de l auteure.

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Commentaire ajouté par Iliane 2019-03-06T19:10:48+01:00
Bronze

Lecture intéressante et prenante, malgré des sujets difficiles autour de la violence conjugale, de la mort et de l'abandon.

Je trouve les personnages de Madeleine et de Rachel particulièrement torturés mais aussi attachants.

Il y a quelques longueurs et pas mal de flash-back, mais l'ensemble est bien rythmé.

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Commentaire ajouté par SARA81 2018-02-28T14:37:21+01:00
Bronze

Livre un peu déconcertant....Le début m'a apparu un peu long puis on rentre dans l'histoire....

Madeleine est la fille d'un peintre renommé et d'une mama cubaine qui pratique la santeria....

Après la mort de son mari elle s'installe comme psychothérapeute en Angleterre. Elle tente de poursuivre sa vie . Mais sa nouvelle vie est jalonnée de nouveaux personnages glauques:un prisonnier qui est un assassin,un petit ami collectionneur de femmes et , une nouvelle patiente, Rachel...qui fait surgir son passé..Rachel confie lors de son analyse la prostitution et l'homme violent, brutal et dépravé. ...qui tente d'enlever son enfant!!!!!!!!................

L'amour est présent, mais la violence est forte dans cette histoire familiale hors du commun.

Bonne intrigue que j'ai apprécié par moment et m'a ennuyé parfois par ses "flash back".MOYEN

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Commentaire ajouté par La_Violette_Bouquine 2017-12-25T01:19:59+01:00
Or

En lisant ce livre je me suis demandée "mais qu'est-ce-qu'une mère ne ferait pas pour protéger sont enfant ?" Bah j'ai eu ma réponse en le lisant, l'histoire est assez prenante bon j'ai eu du mal à le finir car j'avais un petit moment ou je n'arrive plus à lire quoique se soit mais j'ai quand même réussit à aller jusqu'au bout mais je ne regrette pas d'avoir continuer cette lecture car a chaque fois je me suis demander comment sa allait ce terminer, je conseil ce livre vraiment.

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Commentaire ajouté par RandR 2015-02-07T12:24:22+01:00
Poubelle

J'ai lut le début et j'ai trouvé ça un peu bizarre mais bon je vais poursuivre pour voir ce que ça donne

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Commentaire ajouté par I-LOVE-Gabriel-Wolf 2014-12-14T17:52:51+01:00
Lu aussi

Bien que ce livre prenne - à mon goût - un peu trop de temps à démarrer, il est passionnant et extrêmement touchant.

Dur mais néanmoins très sensible.

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Commentaire ajouté par poueto 2014-11-16T13:12:22+01:00
Lu aussi

Un livre avec une bonne trame, cela change, vraiment pas mal.

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Commentaire ajouté par juju189 2014-06-10T18:53:13+02:00
Bronze

Il démarrait bien... Je suis restée sur ma fin... C'est vraiment avec un sentiment mitigé que j'ai refermé ce livre. On est plongé dans l'histoire dès les premières pages, on s'immerge complètement dans la vie de l'héroïne puis ça s'essouffle... C'est dommage, la fin n'est pas convaincante...

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Date de sortie

L'héritage du sang

  • France : 2010-03-18 - Poche (Français)

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2019-04-04T20:14:47+02:00

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