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L'Héritier de l'Eau, Tome 1 : La Transformation



Description ajoutée par atra 2012-07-26T21:35:04+02:00

Résumé

Au 22ème siècle, la carte du monde a bien changé. On ne compte désormais que quatre blocs constituant les Etats-Unis d'Amérique, d'Europe, d'Asie et d'Afrique. Nathan vit dans la petite ville de Columbus au Nord Est des Etats-Unis d'Amérique. A l'approche de ses 18 ans, il ressent un malaise qu'il ne s'explique pas.

Le jour de son anniversaire, son père lui fait une révélation qui bouleversera toutes ses certitudes. Mais Nathan peut compter sur son amie Sofia pour faire face à sa transformation.

Avec la montée d'une nouvelle menace entre les deux blocs de l'Est, le jeune homme devra faire des choix drastiques au risque de se mettre à dos ses amis et de perdre tout sens moral...

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Classement en biblio - 17 lecteurs

Extrait

CHAPITRE 1

*** NATHAN ***

Columbus (Etats-Unis d’Amérique)

Samedi, 9 Mai 2139

Bientôt les vacances ! Je prends une grande bouffée d’oxygène. Aaaahhh ! Je vais être enfermé pendant une bonne partie de la journée alors un peu d’air frais, ça fait du bien. Je sens au passage l’herbe fraîchement coupée . De quoi me plonger un peu plu s dans l’ambiance estivale ! Malheureusement, l’heure tourne et on m’attend. Je referme les fenêtres. Avant de quitter ma chambre, je jette un dernier coup d’œil sur l’horizon insaisissable de Columbus. Je rêve de ce qui se trouve en dehors des frontières de la ville.

Ma ville natale n’est pas très grande, ni très impressionnante mais elle demeure une des bourgades les plus réputées pour sa qualité de vie. Ca, c’est ce qu’on peut lire dans la brochure de l’office de tourisme. Il faut entendre par là que Columbus est une ville… comment dire ? Paisible. Voilà, c’est le mot le plus proche de la réalité. Cela fait maintenant trois années consécutives que Columbus fait partie du classement des cinquante villes les plus paisibles de s Etats-Unis d’Amérique. Cool, hein ? Si vous avez moins de soixante ans, ça n’est pas très vendeur mais pour des gens comme mon grand-père, c’est le paradis.

Pour les jeunes, on est très loin de l’exaltation des grandes villes et les opportunités de loisirs vivants restent assez limitées. Généralement, les évènements locaux sont organisés par notre lycée et ne brillent pas par leur qualité ou leur originalité . Si tout se déroule comme prévu, je laisserai derrière moi cette vie trop banale à mon goût prochainement .

Sitôt cette pensée mise de côté, je bondis sur mes pieds et me presse vers la chambre voisine. Après une petite frappe discrète, je tourne la poignée et pousse la porte.

Les samedis après-midis devraient être consacrés à me divertir à l’extérieur mais mes priorités sont tout autres. Ma mère tient à ce que je passe du temps avec mon grand-père. Difficile de refuser puisque ce dernier est malade. Quel petit fils indigne je ferais si je n’acceptais pas ? Ce n’est pas un calvaire non plus. Je vois plus ça comme une bonne action que comme corvée. C’est aussi une opportunité… Celle de bénéficier du savoir de mon aïeul. J’ai déjà dit que j’avais tendance à voir le verre à moitié plein ?

Pour ne pas le fatiguer, nous sommes obligés de plonger sa chambre dans la pénombre et il est vrai que ça rend ce moment passé ensemble un peu angoissant voire… morbide . Il est allongé dans s on lit dont les draps sont bien tendus . Avec son air blafard et éreinté, je n’aurais aucun mal à me croire dans une chambre d’hôpital. Heureusement, il n’y a pas l’odeur caractéristique des centres hospitaliers. Ma mère fait en sorte de rendre la pièce la plus chaleureuse possib le pour les venues de mon grand-père mais il me faut toujours quelques minutes avant de m’y faire. Tant qu’il ne bouge pas , j’ai toujours peur qu’il soit mort. Glauque, hein ?

Les murs sont peints d’une couleur saumon chaleureuse qui donne un peu de vie à la pièce. Je m’installe en face de lui sur une chaise peu confortable. Je ne suis pas très à l’aise. Je balaye du regard tous les recoins de la chambre et quelque chose me frappe. Que c’est vide ! J’en toucherai un mot à ma mère pour qu’elle installe un mobilier un peu plus fourni de façon à égayer les lieux.

Bon, allez, on sourit, Nathan ! Sourire, ça n’est pas toujours évident mais je fais des efforts. Le secret, c’est de ne pas trop réfléchir. Sinon c’est foutu, je deviens pessimiste dans la seconde.

Pour moi, tout va bien. J’ai dix sept ans, bientôt dix huit. Mais mon grand-père est en fin de vie. Je le regarde dépérir de semaine en semaine. Pourquoi ça devrait me gêner ? La réponse est dans la question.

En même temps, j’ai un gros problème. Je suis trop soucieux pour mon âge. C’est presque maladif… Certains prennent la vie comme elle vient. Ce n'est pas mon cas. Je me pose sans arrêt mille questions sur ce que je fais, sur ce que je peux faire, sur ce que j'aurais du faire. C'est un peu triste ... Une âme de vieux dans un corps d’ado. Je travaille à appréhender la vie de manière plus légère mais ces derniers temps, ça semble plus difficile qu'autrefois. Je sens que quelque chose est sur le point de changer le cours de mon existence. Je ne suis pas le seul ado à penser ça juste avant ses dix huit ans, si ?

Ouf ! Il ouvre les yeux. Je pousse un soupir de soulagement.

« C’est toi, Nathan ? »

« Oui, grand-père. Comment tu te sens ? »

« Oh, tu sais… »

Réponse typique. Je n’en demande pas plus de crainte que la vérité me perturbe davantage. Toutefois, m on grand-père qui sent mon malaise , semble vouloir couper court à notre silence devenu pesant. Il se redresse et ses yeux toujours très vifs malgré son grand âge se posent sur moi.

« Nathan, qu'est-ce qui te préoccupe tant que ça ? »

Comme à chaque fois que je dois faire face à une situation délicate, mon regard fuit et mes jambes commencent à sauter sans que je puisse les contrôler. Je suis obligé de trouver une explication plausible qui puisse le satisfaire. Alors quoi ? Le problème, c’est que j’ai déjà épuisé une bonne partie de mon stock d’excuses bidons. Je vais en recaser une ancienne. Il n’y verra peut-être que du feu. Petit fils indigne, je vous dis !

« Rien... Je suis juste triste de te voir malade, c’est tout. J’aimerais pouvoir fair e quelque chose pour alléger tes souffrances. »

Il me regarde alors avec des yeux pleins de tendresse. Mon explication semble lui aller droit au cœur et je suis fier de moi. Enfin un peu honteux tout de même. Je n'ai pas vraiment eu besoin de mentir même si l a raison que j'ai énoncée n’est pas la source principale de mes inquiétudes .

Je remarque que les lèvres de mon grand-père sont craquelées. Je saisis la carafe déposée sur le chevet à côté du lit pour lui verser un grand verre d’eau. Après quelques gorgées, il se sent obligé de me réconforter. Les rôles sont inversés. Que je suis pathétique !

« Mais ce n'est pas la première fois que tu vois ton vieux grand-père dans cet état là. Tu sais, je ne suis pas malheureux et je ne souffre pas tant que ça. J'ai bien vécu. Une vie pleine de joie en grande partie grâce à ta grand-mère. Mais tu connais déjà tout ça. Qu'est-ce qui te donne l'air si abattu ? »

Ah bah voilà ! Je me disais bien… Je ne l’ai pas convaincu. J’ai toujours été un grand nul dans l’art du mensonge.

« Rien du tout, je t'assure. »

Il repose son verre sur le chevet et me fait signe de tirer les rideaux pour apporter un peu de clarté à la pièce.

« A ton âge, on n'a pas le droit de faire une triste mine comme la tienne. C'est une fille? »

Je suis content de lui faire dos à cet instant car en à peine trois secondes, le feu me monte aux joues . Une fois les rideaux tirés , je me retourne et je vois mon grand-père se me t t re à sourire de mon embarras. On dirait que j’ai dix ans de nouveau.

« C'est une fille. De toute façon, ça ne pouvait être qu'une fille », conclut-il comme si la question était tranchée.

Je tente sur un ton peu convaincant de lui démontrer le contraire.

« Mais non, je t'assure ! »

On dirait un disque rayé… Je dois ressembler à une écrevisse désormais et j’aurais beau prétendre tout ce que je veux, mon corps a l’air décidé à me trahir.

« Alors quoi ? »

Il n’en peut plus de tant de mystères. Les quelques rayons de soleil qui baignent la pièce rendent l’atmosphère moins oppressante. Ce petit jeu entre nous commence néanmoins à m’agacer et je décide de jouer la carte de la franchise. Je ne suis plus un gamin après tout.

« Bon puisque tu insistes tant... En fait, je me pose des questions sur moi. »

« De quel genre ? »

Il est intrigué. Ses sourcils se froncent et il a un mouvement de recul comme s’il appréhendait déjà ma réponse.

Attention, adolescent immature en vue !

« Des questions du genre existentiel. »

Amusé, il me sourit. Ou peut-être qu’il se fout de moi en fait …

« Voyez-vous ça ! Tu n'es pas un peu jeune pour te triturer autant les méninges ? »

La gêne se lit sur son visage. Je tourne autour du pot alors que… Après une profonde inspiration, je me lance.

« Grand-père, tu ne m'as jamais trouvé différent des autres ? »

« Différent ? Euh oui, bien sûr. Depuis toujours. Mais tout le monde est différent. C'est ce qui fait la force de l'individu. Tu ne voudrais tout de même pas que l'on soit tous pareils. C'est une des beautés de la vie. »

C'est au tour de mon aïeul d'être embarrassé. Qu’est-ce qu’il ressemble à ma mère quand il se met à parler comme ça ! Po ur ne pas m'éloigner du sujet, j e passe à la vitesse su périeure de mon argumentation.

« Non mais je ne parle pas de ça. Tu n'as jamais trouvé qu'il se passait quelquefois des choses étranges q uand j'étais dans les parages ? »

Face à la réaction de mon grand-père, je vois que j'ai visé juste.

« Où veux-tu en venir ? »

D’une main tremblotante, il se verse lui-même un autre verre d’eau.

« Je suis un peu perdu à vrai dire. Je croyais avoir enfin compris beaucoup de choses mais depuis quelques temps, je me rends compte que je n'ai peut-être rien compris et ce depuis des année s. Ou alors j'ai mal compris... »

J'avoue que même moi, j'ai du mal à suivre mon propre raisonnement. Et ce n’est pas le manque d’assurance dans ma voix qui pourra aider. Pour un non initié, c'est incompréhensible. Il semble fa ire partie de cette catégorie. C’est comme si ma bouche s’ouvrait et se fermait sans mon contrôle.

« En tout cas, moi je ne comprends pas u n seul mot de ce que tu me dis. »

Le voyant toujours tremblant, je pose ma main sur la sienne et l’aide à reposer son verre.

« Je ne peux malheureusement pas être plus clair, ni t'en dire trop sinon ton regard sur moi changerait et ça je ne veux pas. »

Je sais... Pour quelqu'un qui ne veut pas trop en dire, je suis sacrément bavard. J'aurais pu me passer du passage sur le regard qui change. Et à la vue de la réaction de mon grand-père , je le regrette aussitôt. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? Pourquoi toutes ces confessions intimes ?

« Tu commences à me faire peur avec tous tes mystères. Si tu pouvais rendre ton discours un peu plus clair… J’avoue que là je suis un peu perdu . »

Et moi donc ! J’essaie de clarifier les choses.

« Bon, en fait… »

Mais ces trois derniers mots sont interrompus par l’irruption de ma mère dans la chambre qui découvre que les rideaux ont été tirés . Elle porte une main à son visage tel un vampire prêt à s’enflammer et finir e n cendres.

« Nathan, pourquoi tant de lumière ? Tu sais que ton grand-père vient ici pour se reposer enfin ! », me reproche-t-elle.

« C’est moi qui lui ai demandé. Ca commençait à devenir déprimant toute cette obscurité », me défend-il .

« Oui et bien, déprime ou pas, tu ne vas pas pouvoir t’endormir avec tout ce soleil. »

Elle referme les rideaux en me bousculant légèrement au passage. Elle vient pour m’inciter à laisser mon grand-père . Je sens bien que ce dernier veut connaître le fin mot de l’histoire. Si j’étais à sa place, je pense que la curiosité me titillerait aussi. Il tente donc de montrer que tout va bien pour lui et qu’une sieste ne servirait guère qu’à le mettre de mauvaise humeur pour la soirée mais rien n’y fait. Ma mère n’est pas du genre à se laisser amadouer et elle m’intime l’ordre de suivre ses demandes. Je quitte donc la pièce en jetant un dernier regard à mon grand-père qui me lance un œil bouillonnant. Je sens le désespoir de m on aïeul dont la curiosité vient d’être mise à rude épreuve. J’espère avoir l’opportunité de lui en confier plus prochainement.

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Commentaires récents

Bronze

J'ai plutôt apprécié ce livre notamment pour son originalité mais la tournure globale qu'il a pris ne ma pas satisfaite.

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Activité récente

aguyas l'ajoute dans sa biblio or
2018-05-02T02:59:50+02:00

Editeurs

Les chiffres

Lecteurs 17
Commentaires 1
Extraits 1
Evaluations 4
Note globale 7.5 / 10

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