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"-Un jour, expliqua Constance, ta mère est rentrée bouleversée.

Je ne sais pas ce qu'elle avait combattu exactement mais...

je crois qu'elle en avait tout juste réchappé.

Elle et sa sœur t'avaient confiée à moi pour que je te garde. Quand elles sont rentrées, tu as couru dans les bras de ta mère; tu avais encore les cheveux roux, comme sur la photo. Elle t'a couverte de baisers comme si elle avait cru ne jamais te revoir- ce qui était vrai en un sens.

Alors tu as reculé d'un pas et tu as dit :"N'aie pas peur, maman. Je suis là.""

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Allongée dans le lit d'Alec, Assia regardait défiler les minutes sur le réveil. Le sommeil la fuyait depuis deux heures déjà. Elle se retourna une nouvelle fois, fermant résolument les yeux, et tenta de s'endormir.

Peine perdue.

Son esprit revenait à Alec, enfermé dans la salle de bain et condamné à passer la nuit sur un minuscule matelas de camping. Sa chambre était baignée de clarté lunaire et Assia voyait luire, à l'autre bout de la pièce, la clé qui enfermait son petit ami, comme pour la narguer.

Après deux nouveaux changement de position, elle en arriva à la conclusion qu'elle ne passerait pas la nuit ici. Pas si elle voulait dormir, en out cas. Vêtue d'un tee-shirt d'Alec qui lui descendait jusqu'aux cuisses, Assia traversa la chambre jusqu'à la porte de la salle de bain.

Elle se colla contre la porte; aucun bruit. La main sur la clé, elle hésita à la faire tourner . Et si elle réveillait Alec? Il avait besoin de sommeil, lui aussi, après la soirée qu'ils venaient de vivre.

Assia prit une longue inspiration puis décida d'entrer. Elle fit tourner la clé le plus silencieusement possible dans la serrure, ouvrit la porte et, à l'intérieur, la verrouilla. Il faisait plus sombre que dans la chambre, la salle de bain n'étant éclairée que par deux petites lucarnes au-dessus du grand miroir surplombant l'évier.

Assia se laissa le temps de s'habituer à l'obscurité, ensuite, elle se concentra sur la clé

- Assia? que se passe-t-il?

La voit d' Alec n'était pas épaissie par le sommeil. Ouf, elle ne l'avait pas réveillé.

Elle repéra le matelas devant elle s'agenouilla:

- Je n'arrive pas à dormir.

Après l'amas de couverture du lit, elle frissonnait sur le carrelage, court-vêtue. Alec soupira.

- Le but de tout ceci est de m'empêcher de sortir. Si tu apporte la clé dans cette pièce, ça ne sert plus à rien...

- Justement, dit Assia en se retenant de claquer des dents. J'ai ensorcelé la clé, elle est invisible. Et je l'ai cachée ici. Donc tu ne peux toujours pas sortir.

Il y eut un silence interloqué puis Alec rit tout bas. Il tapota l'espace presque inexistante devant lui, sur le matelas.

- Je me considère comme têtu mais là, je suis battu.

Soulagée, Assia entra dans le lit de fortune ; la présence d'Alec l'environna immédiatement de chaleur. Elle ferma les yeux :

- Je promets d'essayer de ne pas trop bouger.

Il ne répondit pas mais, lui écartant les cheveux , il lui embrassa la nuque.

- Tu as intérêt, sinon c'est moi qui t'attache.

- Tu serais bien embêté pour trouver la clé, dit-elle en se calent plus prêt de lui

- Et en plus, tu as le dernier mot.

Il l'entoura de son bras, elle attrapa sa main pour y glisser ses doigts.

Maintenant, il faut dormir, murmura-t-il. On en saura plus demain

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"Elle n'eut tout d'abord ps conscience de l'embrasser. Juste la sensation d'une explosion de chaleur, dans l'air glaciale qui la tenait prisonnière - son tee-shirt ainsi que son pantalon d'été étaient trempés. Assia aspira avidement le souffle d'Alec en approfondissant le baiser, leurs langues bataillant comme le vent autour d'eux - l'excitation, comme une envie de rire et de danser pour se mettre au tempo du temps, abreuva ses veines."

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Alec

- Je pense que, s'il était possible de tomber amoureux d'une personne pour la seconde fois, cela vient de m'arriver .

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Assia / Alec.

- Voilà pour vous.

- Je voulais vous laisser un pourboire.

- Ca ne va pas être possible.

Surpris , Alec pencha la tête sur le côté :

- Vous n'acceptez pas les pourboire ?

- J'accepte les pourboires, d'habitude. Mais pas le vôtre.

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– Depuis ton téléphone ? Parce que tu n’as pas Internet chez toi ? Non forcément, à quoi servirait de payer un abonnement dont personne ne se sert depuis huit ans… Ma pauvre, c’est vraiment la dèche.

– Tu m’as déjà bien remonté le moral, s’empressa de dire Assia.

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Assia fit volte-face et leva la main en direction du miroir et de la pièce cachée :

- Parfaitement! Je vous fais un bras d'honneur, ça vous apprendra!

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[...]

Il n'y avait personne dans la pièce à part elle et le vieil homme qui, a son côté, respectait son silence. Personne dans la maison où le silence pesait sur chacune des pièces comme un esprit sinistre et hostile. Personne qui soit venu la chercher à la gare malgré le courrier envoyé depuis son école...

Personne qui réponde à aucune de ses lettres depuis huit ans, personne.

D'une voix qu'elle ne reconnut pas elle même, Assia demanda:

-Où sont-elles? Ma mère, ma tante?

L'homme eut l'air horriblement embarrassé.

[...] p.10

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[spoiler] Dans les lumières flamboyantes de ce début de soirée, un gigantesque tourbillon à l'œil noir comme la nuit emplissait l'horizon. Le bateau se dirigeait droit dessus ; dans quelques secondes à peine, il pénétrerait dans l'un de ses rapides courants. Frappée d'horreur, Assia vit Alec s'éloigner, bondir par-dessus l'escalier du gaillard d'arrière et se glisser dans l'écoutille menant à la salle de barre.

Trop tard ! voulut-elle crier. Tu n'arriveras jamais à redresser la direction du bateau…

La Caravelle grinça et geignit en quittant les eaux calmes. Assia s'accrocha à la rembarde du gaillard d'arrière comme une force formidable faisait pivoter le bateau pour l'aligner sur un courant nappé d'écume.

Le vent siffla à ses oreilles ; elle pria qu'Alec comprenne vite qu'ils ne pouvaient rester plus longtemps à bord. Toute idée d'utiliser la magie la déserta : comment rivaliser avec des pouvoirs aussi puissants ?

Qui donc était à l'origine de ces forces ?

Le bateau craqua comme s'il était sur le point de se disloquer. Alec réapparut enfin. Assia voulut le rejoindre au bas des marches, il secoua la tête? A demi courbé contre la houle, il peinait à marcher droit comme la Caravelle tressautait en filant le long d'un courant.

Il parvint enfin à s'approcher et, dans un dernier effort, l'enveloppa de ses bras.

- J'ai réussi à prendre la peinture en photo ! s'exclama-t-il à son oreille, tant le vent soufflait fort autour d'eux.

Il n'avait jamais eu l'intention de rectifier la direction du bateau, car il en avait compris l'inanité : ce qu'il était allé chercher en bas, c'était un dernier souvenir de sa mère. Elle n'eut pas le temps de lui dire qu'elle l'approuvait, car il fit un pas vers la rambarde en la tenant toujours serrée contre lui.

- Respire ! cria-t-il avant de la saisir à bras-le-corps.

Le cerveau décidément en compote, Assia ne parvint pas à l'interroger sur ce qu'il voulait dire avant que ses pieds ne quittent le sol ; survolant la rambarde, elle fut projetée dans les airs.

Choquée, elle vit la surface noire de l'eau s'approcher et ce fut seulement alors qu'elle comprit qu'Alec l'avait jetée par-dessus bord. La colère s'empara d'elle tandis qu'elle crevait la surface de l'eau froide et plongeait dans ses profondeurs obscures.

Recrachant des bulles d'air, elle tenta d'ignorer la panique qui montait. Elee parvint enfin à distinguer le haut du bas et se mit à battre vigoureusement des pieds pour rejoindre la surface. Comme elle filait vers le ciel peint d'or, elle comprit qu'en fait elle pouvait remercier Alec d'avoir utilisé sa force pour la projeter hors des courants marins qui entraînaient le bateau.

Une lumière jaillit au-dessus des flots et disparut tout aussi vite manquant de faire s'arrêter son cœur. Qu'est-ce qui passait là-haut ?

Lorsque enfin elle creva la surface, con soulagement fut tel qu'elle ne put rien faire d'autre que d'avaler de l'air pur pendant de longues secondes.

Puis elle s'affola : où était Alec ? et les courants, et le bateau ?

Parcourant l'horizon que le soleil mourant rasait, elle tourna sur elle-même, stupéfaite. Du maelström qui avait entraîné le bateau, il n'y avait plus la moindre trace. Des nappes de brouillard s'attardaient encore ça et là, incongrues en cette saison - d'origine magique elles aussi. Pour le reste, l'océan était redevenu calme, d'un bleu sombre juste agité d vaguelettes.

Et Alec ? Avait-il réussi à sauter à temps ?

Oui, se força-t-elle à croire. Bien sûr qu'il avait réussis à sauter. Elle refuse de penser à la force, supérieure à toute musculature humaine existante, qu'il fallait déployer pour sortir de ce tourbillon. Elle refusa de penser à l'obscurité grandissante qui rendait sa recherche d'Alec plus ardue. Elle refusa de penser qu'il avait pu se noyer et qu'il allait la laisser seule - de nouveau.

Cela n'arriverait pas, se promit-elle à elle même ainsi qu'à la personne, quelle qu'elle soit, qui avait créé ces merveilles terrifiantes, Caravelle et tourbillon.

Elle retrouverait Alec et s'assurerait qu'il allait bien. Elle utiliserait toutes les ressources à sa disposition pour ce faire ; prête même, si cela devait être nécessaire, à révéler au monde entier qu'elle était une sorcière. Tout plutôt que de le perdre, lui.

Battant des pieds aussi bien pour se maintenir en surface que pour contrer le froid, Assia fit un nouveau tour sur elle-même. Elle contrôla sa respiration et fit le vide dans son esprit, concentrée sur Alec. Elle se mit à le chercher. Comme lorsqu'elle portait le pendant, celui qui indiquait le désir de son cœur.

Alec lui avait pris son cœur : elle devait pouvoir le retrouver.

Tandis que la nuit établissait son emprise partout, Assia pensa à son amant. Elle revit leur rencontre, leur premier baiser sur la falaise, la façon dont les yeux d'Alec s'éclaircissaient quand il la voyait - et s'assombrissait quand il cédait au désir.

Elle ignora le froid, l'inconfort de ses vêtements mouillés et sa peur de l'obscurité, celle des hauts-fonds qui pouvaient cacher n'importe quoi, et le chercha.

Finalement, alors qu'elle allait abandonner, épuisée et découragée, elle eut l'impression qu'un très léger fil tirait sur son cou. Le pendant n'était pas là ; il reposait tranquillement dans la vitrine de son grenier. Mais il l'aidait tout de même, à distance.

Le fil tira de nouveau sur son cou, plus fort ; dans l'eau glaciale et noire, Assia se mit à rire. Puis à nager avec ardeur dans la direction indiqué. [spoiler]

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— Tu as eu moins de mal à admettre que j’étais une sorcière.

— Oui, parce que tu es…

Elle étrécit les yeux, il fit un demi-sourire :

— Parce que tu m’as toujours paru trop belle et mystérieuse pour être vraie. Mais ma mère ! Elle a changé mes couches, elle m’a appris à marcher – et à nager, d’accord ; elle m’a appris à parler et à compter. J’ai du mal à réconcilier ça avec une divinité marine.

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