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Extrait ajouté par tetedor77fcmetz 2013-01-15T12:51:24+01:00

[...] tout progrès est en même temps une régression. Il n'y a jamais de progrès que dans un sens déterminé. Et comme notre vie, dans son ensemble, n'a aucun sens, elle ne connait pas davantage dans son ensemble, de vrai progrès.

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Extrait ajouté par tetedor77fcmetz 2013-01-15T12:51:15+01:00

L'une des caractéristiques de l'amour comme de tous les états d'exaltation est probablement un certain délire d'interprétation: chaque fois qu'une parole tombait, une signification profonde s'illuminait, s'avançait comme un dieu voilé et se défaisait dans le silence.

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Extrait ajouté par tetedor77fcmetz 2013-01-15T12:50:54+01:00

On signalait une dépression au-dessus de l'Atlantique ; elle se déplaçait d'est en ouest en direction d'un anticyclone situé au-dessus de la Russie, et ne manifestait encore aucune tendance à l'éviter vers le nord. Les isothermes et les isothères remplissaient leurs obligations. Le rapport de la température de l'air et de la température annuelle moyenne, celle du mois le plus froid et le mois le plus chaud, et ses variations mensuelles apériodiques, était normal. Le lever, le coucher du soleil et de la lune, les phases de la lune, de Vénus et de l'anneau de Saturne, ainsi que nombre d'autres phénomènes importants, étaient conformes aux prédictions qu'en avaient faites les annuaires astronomiques. La tension de vapeur dans l'air avait atteint son maximum, et l'humidité relative était faible. Autrement dit, si l'on ne craint pas de recourir à une formule démodée, mais parfaitement judicieuse : c'était une belle journée d'août 1913.

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Extrait ajouté par Neskah 2019-01-21T19:21:36+01:00

Si l'on avait demandé à Ulrich de dure à quoi il ressemblait vraiment, il aurait été fort embarrassé ; comme beaucoup d'hommes, il ne s'était jamais examiné que dans une tâche donnée et en relation avec elle. Sa conscience de soi n'avait pas été lésée, elle n'était ni vaine, ni choyée, et n'éprouvait pas le besoin de cette remise en état, de ce graissage qu'on appelle l'examen de conscience Était-il une forte personnalité ? Il ne le savait pas ; peut-être entretenait-il sur ce point une erreur fatale. Il es certain qu'il avait toujours été confiant dans sa force. Maintenant encore il ne doutait pas que cette différence d'attitude et dans un certains sens une décision de la volonté, la latitude ou l'on choisit de vivre entre le personnel et le général.

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Extrait ajouté par Neskah 2019-01-21T19:17:00+01:00

Que ce fût dans le combat ou dans l'amour, B avait toujours suivi A. Il était donc bien obligé de croire que les qualités personnelles qu'il s'était acquises dépendaient davantage les unes des autres que de lui-même ; bien plus : chacune de ces qualités prise en particulier, pour peu qu'il s'examinât bien, ne le concernait guère plus intimement que les autres hommes qui pouvaient également en être doués.

Il n'en reste pas moins qu'on est sans aucun doute déterminer par elles, qu'on en est constitué, même quand on ne leur est pas identique ; ainsi se découvre-t-on parfois aussi étranger à soi même au repos qu'en mouvement.

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Extrait ajouté par Neskah 2019-01-21T19:00:54+01:00

Son père eût dit à peu près : " Si on le laissait faire à sa tête, il finirait par se la taper contre les murs à force de perplexité", ou bien " Quand on peut peu faire tout ce qu'on veut, on à bientôt fait de ne plus savoir quoi désirer". Ulrich se répétait ces sentences avec ravissement. Cette sagesse ancestrale lui semblait d'une extraordinaire nouveauté. Il faut que l'homme se sente d'abord limité dans ses possibilités, ses sentiments et ses projets par toutes sortes de préjugés, de traditions, d'entraves et de bornes, comme un fou par la camisole de force, pour que ce qu'il réalise puisse avoir valeur, durée et maturité ... En vérité, c'est à peine si l'on peut mesurer la portée de cette idée !

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Extrait ajouté par tetedor77fcmetz 2013-01-15T12:51:04+01:00

"On ne sait pas exactement comment se produit cette transformation qui, à certains moments, compose d'une quantité de volontés éparses une seule volonté massive, une foule capable des plus grands excès en bien comme en mal mais incapable de réflexion, même quand les hommes qui la constituent n'ont pour la plupart rien cultivé davantage de toute leur vie que la mesure et le sang-froid. L'excitation en quête de détente d'une foule qui ne trouve aucune issue à ses sentiments se rue sans doute alors sur la première voie qui s'ouvre à elle.

On peut supposer que ce sont en elle les êtres les plus excitables, c'est-à-dire les extrêmes, capables aussi bien de soudaines violences que de touchantes générosités, qui donnent l'exemple et fraient le chemin. Ils représentent dans la masse les points de moindre résistance, mais le cri qui est jeté à travers eux plutôt que jeté sur eux, la pierre qui leur tombe sous la main, le sentiment dont ils éclatent déblaient la route sur laquelle les autres, s'étant exaltés réciproquement jusqu'aux limites du supportable, suivent sans réfléchir. Ils donnent aux actions de leur entourage la forme de l'action massive que tous ressentent à la fois comme une contrainte et une libération."

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Extrait ajouté par tetedor77fcmetz 2013-01-15T12:50:43+01:00

Or, un beau jour, Ulrich renonça même à vouloir être un espoir. Alors déjà, l'époque avait commencé où l'on se mettait à parler des génies du football et de la boxe; toutefois, les proportions demeuraient raisonnables: pour une dizaine, au moins, d'inventeurs, écrivains et ténors de génie apparus dans les colonnes de journaux, on ne trouvait encore, tout au plus, qu'un seul demi-centre génial, un seul grand tacticien du tennis. L'esprit nouveau n'avait pas encore pris toute son assurance. Mais c'est précisément à cette époque-là qu'Ulrich put lire tout à coup quelque part (et ce fut comme un coup de vent flétrissant un été trop précoce) ces mots: "un cheval de course génial". Ils se trouvaient dans le compte rendu d'une sensationnelle victoire aux courses, et son auteur n'avait peut-être même pas eu conscience de la grandeur de l'idée que l'esprit du temps lui avait glissée sous la plume. (...)

Si l'on devait analyser un grand esprit et un champion national de boxe du point de vue psychotechnique, il est probable que leur astuce, leur courage, leur précision, leur puissance combinatoire comme la rapidité de leurs réactions sur le terrain qui leur importe, seraient en effet les mêmes; bien plus, il est à prévoir que les vertus et les capacités qui font leur succès à chacun ne les distingueraient pas beaucoup de tel célèbre steeple-chaser; on ne doit pas sous-estimer les qualités considérables qu'il faut mettre en jeu pour sauter une haie. Puis, un cheval et un champion de boxe ont encore cet autre avantage sur un grand esprit, que leurs exploits et leur importance peuvent se mesurer sans contestation possible et que le meilleur d'entre eux est véritablement reconnu comme tel; ainsi donc, le sport et l'objectivité ont pu évincer à bon droit les idées démodées qu'on se faisait jusqu'à eux du génie et de la grandeur humaine.

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