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Extrait ajouté par MiLn 2015-11-12T16:30:19+01:00

C'est la haine qui tient leurs os en place.Sans la haine,ils s'écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever.

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Extrait ajouté par Enrika 2018-04-08T19:01:02+02:00

Après un long moment, elle a tendu la main vers la rose la plus proche. Elle a caressée du bout des doigts ses pétales. Tamara avait l'impression de voir le cœur de la fleur respirer. « Le parfum des fleurs est leur sang, lui avait dit un jour Shahina. Les fleurs sont courageuses et généreuses. Elles répandent leur sang sans se soucier de leur vie. Voilà pourquoi elles se fanent si vite, épuisée d'avoir offert leur beauté à qui veut bien la voir. »

p.56

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Extrait ajouté par NathalieCez 2015-02-23T17:40:58+01:00

~ Ne pleure pas, maman.

~ À quoi ça sert de mettre au monde des enfants si c’est pour les sacrifier comme de pauvres bêtes qu’on envoie à l’abattoir !

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Extrait ajouté par HatsuHime 2015-01-31T20:20:29+01:00

La guerre efface les frontières entre le monde des adultes et celui des enfants.

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Extrait ajouté par anonyme 2014-12-01T01:45:37+01:00

Si Amed pleurait, Aziz pleurait aussi. Si Aziz riait, Amed riait aussi. Les gens disaient pour se moquer d’eux : « Plus tard ils vont se marier. »

Leur grand-mère s’appelait Shaanan. Avec ses mauvais yeux, elle les confondait tout le temps. Elle les appelait ses deux gouttes d’eau dans le désert. Elle disait : « Cessez de vous tenir par la main, j’ai l’impression de voir double. » Elle disait aussi : « Un jour, il n’y aura plus de gouttes, il y aura de l’eau, c’est tout. » Elle aurait pu dire : « Un jour, il y aura du sang, c’est tout. »

Amed et Aziz ont trouvé leurs grands-parents dans les décombres de leur maison. Leur grand-mère avait le crâne défoncé par une poutre. Leur grand-père gisait dans son lit, déchiqueté par la bombe venue du versant de la montagne où le soleil, chaque soir, disparaissait.

Quand la bombe est tombée, il faisait encore nuit. Mais Shaanan était déjà levée. On a retrouvé son corps dans la cuisine.

— Qu’est-ce qu’elle faisait en pleine nuit dans la cuisine ? a demandé Amed.

— On ne le saura jamais. Elle préparait peut-être un gâteau en secret, a répondu sa mère

— Pourquoi en secret ? a demandé Aziz.

— Peut-être pour faire une surprise, a suggéré Tamara à ses deux fils en balayant l’air de sa main comme si elle chassait une mouche.

Leur grand-mère Shaanan avait l’habitude de parler toute seule. En fait, elle aimait parler à tout ce qui l’entourait. Les garçons l’avaient vue interroger les fleurs du jardin, discuter avec le ruisseau qui coulait entre leurs maisons. Elle pouvait passer des heures courbée sur l’eau pour lui chuchoter des mots. Zohal avait honte de voir sa mère se comporter de cette façon. Il lui reprochait de donner un mauvais exemple à ses fils. « Tu agis comme une folle », lui criait-il. Shaanan baissait la tête, fermait les yeux en silence.

Un jour, Amed a dit à sa grand-mère :

— Il y a une voix dans ma tête. Elle parle toute seule. Je n’arrive pas à la faire taire, elle dit des choses étranges. Comme s’il y avait une autre personne cachée en moi, une personne plus grande que moi.

— Raconte-moi, Amed, raconte-moi les choses étranges qu’elle te dit.

— Je ne peux pas les raconter, je les oublie au fur et à mesure.

C’était un mensonge. Il ne les oubliait pas.

Aziz a été à la grande ville une seule fois. Son père Zohal a loué une auto. Il a engagé un chauffeur. Ils sont partis à l’aube. Aziz regardait le paysage nouveau défiler derrière la fenêtre de la portière. Il trouvait beau l’espace que fendait l’auto. Il trouvait beaux les arbres que ses yeux perdaient de vue. Il trouvait belles les vaches aux cornes badigeonnées de rouge, calmes comme de grosses pierres posées sur le sol brûlant. La route était secouée de joie et de colère. Aziz se tordait de douleur. Et il souriait. Son regard noyait le paysage dans ses larmes. Et le paysage était comme l’image d’un pays.

Zohal avait dit à sa femme :

— Je l’emmène à l’hôpital de la grande ville.

— Je vais prier, son frère Amed va prier, avait simplement répondu Tamara.

Quand le chauffeur a annoncé qu’ils approchaient enfin de la ville, Aziz s’est évanoui dans l’auto et n’a rien vu des splendeurs dont il avait entendu parler. Il a repris conscience couché dans un lit. Dans la chambre où il se trouvait, il y avait d’autres lits, d’autres enfants couchés. Il a cru qu’il était couché dans tous ces lits. Il a cru que sa douleur trop grande avait multiplié son corps. Il a cru qu’il se tordait de douleur dans tous ces lits avec tous ces corps. Un médecin s’est penché sur lui. Aziz a senti son parfum épicé. Il avait l’air gentil. Il lui souriait. Aziz avait pourtant peur de lui.

« Tu as bien dormi ? »

Aziz n’a rien dit. Le médecin s’est redressé, son sourire avait pâli. Il a parlé à son père. Lui et le médecin sont sortis de la grande chambre. Zohal avait les poings crispés, il respirait fort.

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Extrait ajouté par rabanne73 2021-12-02T14:45:38+01:00

Celui qui a le courage de s'élever embrasse d'un seul coup d'oeil toute sa vie. Et aussi toute sa mort.

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Extrait ajouté par rabanne73 2021-12-02T14:45:21+01:00

Le parfum des fleurs est leur sang, lui avait dit un jour Shaanan. Les fleurs sont courageuses et généreuses. Elles répandent leur sang sans se soucier de leur vie. Voilà pourquoi elles se fanent si vite, épuisées d’avoir offert leur beauté à qui veut bien la voir.

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Extrait ajouté par johannie20 2021-04-05T05:42:02+02:00

EXTRAIT 1: Ce soir-là,dans le jardin,elle a regardé la lune pour s’imprégner de sa lumière lointaine.Tout à coup,elle s’est souvenue d’une chanson.Sa mère la lui murmurait à l’oreille pour l’endormir: un jour nous serons lumière.

Nous vivrons dans des yeux toujours ouverts.

Mais ce soir,petite,ferme tes paupières.

Page: 53

EXTRAIT 2: Nous vivons chaque jour dans la crInge qu’il soit le dernier.Nous dormons mal et,quand nous le faisons,des cauchemars nous poursuivent.

Page: 61

EXTRAIT 3: -Je dois te dire autre chose.Ton frère n’est pas encore guéri.Il ne pourrait pas porter la ceinture.Il est trop faible.C’est pour ça que je t’ai choisi.

-Et si Aziz n’avait pas été malade,qui aurais-tu choisi? a demandé Amed avec un aplomb qui a surpris son père.

...

-J’aurais demandé aux oranges de décider à ma place.

-Aux oranges?

-Voilà ce que j’aurais fait: j’aurais donné une orange à ton frère,puis une autre à toi.Celui qui aurait trouvé le plus de pépins dans son orange,eh bien,c’est lui qui serait parti.

Page: 62-63

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Extrait ajouté par anikanoukanak 2021-01-27T20:09:39+01:00

« Halim se tient près du soleil maintenant. »

— Pourquoi ? a demandé Aziz.

— Des chiens habillés. Nos ennemis sont des chiens habillés. Ils nous encerclent. Au sud, ils ont fermé nos villes avec des murs de pierre. C’est là que Halim est parti. Il a traversé la frontière. Soulayed lui a expliqué comment faire. Il est passé par un tunnel secret. Puis, il est monté dans un autobus bondé. À midi, il s’est fait exploser.

— Mais comment ?

— Avec une ceinture d’explosifs, Aziz.

— Comme celle que nous avons vue ?

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Extrait ajouté par anikanoukanak 2021-01-27T20:08:41+01:00

— Tiens, Amed, c’est pour toi.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Tu le vois bien, c’est une lettre. Tu la liras après ma mort, d’accord ?

— Je te le promets.

— Non, jure-le-moi.

Amed a fait tomber sur l’enveloppe un peu de sang de sa blessure.

« Je te le jure. »

Il a agrandi avec son doigt la tache rouge sur l’enveloppe. Comme si c’était le sceau qui scellait la lettre de son frère, rendant du même coup irréversible leur échange. Aziz a remis à Amed le mouchoir taché de sang de mouton. Celui-ci l’a enroulé autour de sa main blessée. Le cœur battant, les deux frères sont redescendus. Désormais, Aziz était Amed et Amed était Aziz.

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