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-Je te vois! Je te vois! Le noir de ta peau n'est pas celui de la nuit.

Elle l'embrassait pour que leurs baisers effacent les larmes qui perlaient à ses paupières.

Mais MoÏse s'écartait, ôtait les fibules, dénouait la tunique, baisait le creux de ses épaules, reposait sa joue nue contre la courbe tendue de ses seins. Elle le repoussait, étourdie, déjà insatiable de la peau qui glissait sous ses doigts de Kouchite.

Elle fermait les yeux.

Moïse la dénudait en entier sans se soucier du vent glacé. Il fermait les yeux à son tour et disait :

-Je te vois avec mes doigts!

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Tsippora entendit les éclats de joie de ses sœurs. Elle entendit leurs pas qui s’approchaient et son nom qu’elles appelaient. Mais elle était incapable de tourner la tête vers elles et de leur répondre. L’inconnu la regardait. Il la regardait avec des yeux qui lui étaient familiers. Une expression, une assurance, une bouche qu’elle reconnaissait. Elle vit ses bras tendus vers elle pour lui saisir la taille et la soulever, et elle les reconnut bien qu’ils ne fussent pas couverts d’or. Pour la première fois depuis des lunes et des lunes, le rêve qu’elle avait fait, et qui l’avait tant troublée, redevint vivant en elle

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Trop tard. Moulinant l’air de leurs bâtons, les trois hommes s’étaient approchés, séparant Tsippora de ses sœurs. L’aîné des fils de Houssenek la repoussa d’un coup sur la poitrine. — Si c’est vrai que ton père est ton père, c’est qu’il a baisé le cul d’un bouc noir, rigola-t-il. La main de Tsippora claqua sur sa joue avec tant de force que l’homme chancela. Ses frères cessèrent de rire pour l’observer, surpris. Tsippora voulut en profiter pour fuir. Mais l’un des hommes fut plus rapide. Il lança son bâton entre ses jambes. Elle tomba de tout son long

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Rajustant, d’un geste lourd de mépris, sa tunique qui avait glissé de son épaule, et soulignant d’une grimace son dégoût, Orma se rapprocha de Tsippora. Insensibles à l’insulte, les hommes observaient chacun de ses mouvements, fascinés. Puis l’un d’eux dit : — C’est notre jour, aujourd’hui. Et demain, et encore après-demain si bon nous semble. — Bête sauvage ! siffla Orma. Tu sais bien que ça ne se peut pas. Tsippora posa une main sur son bras pour la faire taire, tandis que le fils de Houssenek se remettait à ricaner. — C’est notre jour quand on veut. Nous avons décidé que ce puits nous appartenait. Sefoba lâcha un cri de rage. Tsippora s’avança de quelques pas

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Sefoba la dévisagea, les sourcils levés, pour la prier de mieux s’expliquer. Tout à coup l’une et l’autre sursautèrent. — Que faites-vous ? criait Orma. Êtes-vous devenus fous ? Avec agilité, poussant de petits cris rauques, les fils de Houssenek couraient à la rencontre des brebis pour les disperser. Les bêtes, affolées, se mirent à galoper en tous sens. En quelques secondes, elles s’éparpillèrent. Alors que Tsippora et Sefoba tentaient vainement de les arrêter, certaines dévalèrent la pente, au risque de se rompre le cou contre les roches. Derrière elles, les fils de Houssenek riaient en faisant tournoyer leurs bâtons

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Hé ! mais elles boivent notre eau ! s’exclama Sefoba, les sourcils froncés. À qui sont ces bêtes ? Quatre hommes apparurent, se glissant entre les vaches qu’ils repoussaient de leurs bâtons. Le visage mangé par des barbes hirsutes, vêtus de vieilles tuniques blanchies de poussière et rapiécées, ils vinrent se poster en haut du chemin, plantant leur bâton dans le sol

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Le puits d’Irmna était à une bonne heure de marche de la cour de Jethro. Au loin, puissante et recouverte d’une longue coulée de lave pétrifiée où miroitait le soleil du soir, se dressait la montagne du dieu Horeb. À son pied, entre les plis et replis de roches rouges, des plaines d’herbes courtes que l’hiver parfois rendait vertes s’étendaient jusqu’à la mer. Ainsi était le pays de Madiân, vaste, dur et tendre, envahi de sable brûlé et de poussière de volcan où, telles des barques sur l’huile mouvante de la chaleur du désert, flottaient des oasis. Là, les puits à l’eau abondante et miraculeuse étaient source de vie autant que lieux de rassemblement

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 On raconte que Réba peut demeurer une semaine sur la bosse d’un chameau sans se fatiguer. Sais-tu ce que cela signifie ? — Je ne suis pas une chamelle, je n’ai pas besoin, comme toi, de me faire chevaucher chaque nuit en poussant des glapissements qui empêchent les autres de dormir ! Les joues rondes de Sefoba s’empourprèrent. — Cela, tu ne le sais pas encore ! Mais comme les rires s’amplifiaient, elle ajouta crânement 

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 Orma est pareille au vent du désert, tonnait-il en présence de Tsippora. Elle souffle dans un sens puis dans l’autre, gonfle les baudruches pour les faire claquer dans l’air. Son esprit est un coffre vide. Même la poussière de la mémoire ne s’y entasse pas ! Sans doute est-elle plus belle de jour en jour, un joyau dont je me demande si Horeb, dans sa colère, ne veut pas faire mon épreuve et mon fardeau

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Bien que nées de la même mère, Sefoba et Orma ne pouvaient être plus dissemblables. Petite, ronde, d’une sensualité pleine de tendresse, Sefoba n’éblouissait pas. Ses sourires révélaient la simplicité et la droiture de ses pensées comme de ses sentiments. On pouvait lui faire confiance en tout, et Tsippora, plus d’une fois, lui avait confié ce qu’elle n’osait dire à nul autre. Orma, elle, possédait quelque chose de ces astres qui demeurent brillants alors que le ciel est déjà inondé de soleil. Il n’y avait pas, dans la maison de Jethro, et peut-être bien dans tout Madiân, femme plus belle. Et certainement aucune femme plus fière de ce don d’Horeb

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