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La Châtelaine de Wildfell Hall



Description ajoutée par Hillja 2017-06-06T10:26:56+02:00

Résumé

Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall ? D’où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils ? Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite commune et éveille l’intérêt d’un cultivateur, Gilbert Markham. Naît entre eux un amour qu’elle refuse de toutes ses forces. De plus, la famille de Gilbert s’oppose à cette relation et, petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Pourquoi un voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ? Entretiendraient-ils une liaison ?

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Classement en biblio - 186 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Julie-56 2017-06-15T17:01:07+02:00

Une connaissance intime doit précéder une véritable amitié.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par jonew 2020-09-19T09:27:43+02:00
Argent

J'ai beaucoup aimé ce roman d'Anne Bronté que je n'avais jamais lu. Une belle histoire romanesque du 19ème siècle, presque féministe pour l'époque.

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Commentaire ajouté par Carole94P 2020-07-30T11:28:34+02:00
Argent

http://www.my-bo0ks.com/2020/07/la-dame-du-chateau-de-wildfell-anne-bronte.html

Une fois de plus me voilà plonger dans un roman d'une des sœurs Bronte. Cette fois, c'est avec La dame du château de Wildfell d'Anne Bronte et je dirais que sur les trois sœurs, c'est sans doute celui que j'ai préféré pour le moment.

La dame du château de Wildfell, c'est l'histoire d'Hélène, une jeune femme de caractère, nouvelle locataire de Wildfell qui attise toutes les curiosités. D'où vient-elle avec son fils, qui est-elle vraiment, tant de question qui tourmenteront Gilbert Markham (notre narrateur) d'abord sceptique vis-à-vis de la jeune femme, puis totalement sous le charme.

La dame du château de Wildfell peut dérouter le lecteur à plusieurs reprises. Il est vrai qu'Anne Bronte a choisi un style tout particulier pour son roman. En effet, il débute sous forme d'une longue lettre de Gilbert Markham. Mettant une certaine distance entre le lecteur et les personnages. Elle nous propose également quelques passages du journal intime d'Hélène et enfin, le roman commence avec la narration de Gilbert, puis un petit saut dans le temps avec les débuts de la jeune Hélène pour enfin finir avec Gilbert. Dis comme ça, il est vrai que c'est assez perturbant mais pas moins intéressant. Car cela permet d'en savoir vraiment plus sur nos personnages.

Dans la première partie, nous faisons donc la connaissance de Gilbert Markham et de Mrs Graham (Hélène). La jeune femme prétend être veuve et séjourne chez Mr Lauwrence avec son fils, Arthur. Mais cette situation fait bien jaser. Qui est-elle, pourquoi est-elle si mystérieuse, très vite les commérages seront de mises et Gilbert sera bien décidé à découvrir la vérité. Car si lors de sa première rencontre avec Hélène il ne semble pas la porter sur son cœur, bientôt, il en apprendra davantage sur la jeune femme et changera vite d'avis.

Mais ce qui va tout bouleverser c'est sa volonté d'avoir la vérité sur Hélène, en prenant sa défense face aux autres. Hélène va finalement lui confier son journal retraçant sa vie et lui révélant ainsi son passé. C'est ainsi que la seconde partie du roman débute. Nous nous retrouvons quelques années plutôt et nous découvrons la jeune Hélène. Bien avant son arrivée à Wildfell.

Priée de se marier rapidement, la jeune Hélène tombe sous le charme de Mr Huntingdon. Malgré les mises en garde de sa tante, la jeune femme suit son cœur et pense pouvoir tempérer les penchants d'Arthur Huntingdon assez excessifs. Quelques temps après, tout deux se marient et c'est la descente aux enfers pour Hélène.

Car à l'époque, une femme n'est bonne qu'à marier et tenir la maison. Elle n'est en rien libre et doit simplement se plier en quatre pour son époux. Il est alors impensable pour une femme de quitter son mari ou encore ne pas lui obéir. Hélène, malgré son fort caractère va rapidement être sous la coupe d'Arthur. En plus d'avoir un sérieux penchant pour la boisson mais aussi pour l'infidélité, le - désormais - père de famille va même jusqu'à prendre sous son ail son jeune fils afin de le monter contre sa mère, la rabaissant dès que possible.

En femme aimante et surtout chrétienne dans l'âme, Hélène va toujours voir le bon côté de son mari. Les quelques moments où il n'est pas exécrable seront une lueur d'espoir pour la jeune femme. Et chaque fois qu'elle tentera de reprendre le pouvoir de mener une vie plus saine pour elle et son fils, Arthur ne manquera pas de faire un nouveau coup de grâce.

Après plusieurs années dans cette prison qu'est devenue sa maison et voyant la mauvaise influence qu'avait son époux sur son fils, la jeune femme prendre la décision de s'enfuir. A l'époque, cette acte est impensable et surtout illégal. Mais Hélène ne peut se résoudre à continuer ainsi. C'est ainsi que débute la troisième et dernière partie, à Wildfell. Gilbert Markham découvre les épreuves qu'à du traverser Hélène et ne peut se résoudre à mettre fin à ses sentiments naissants pour elle. Mais bien des rebondissements sont à prévoir et autant dire qu'Anne Bronte n'y va pas de main morte avec ses personnages. Tout comme eux, le lecteur n'est pas épargné. J'ai parfois eu envie de secouer Hélène pour son côté pieux et sa charité sans faille vis-à-vis de cet homme odieux mais bon.

La dame du château de Wildfell est un roman percutant. D'autant plus pour son époque. Car si aujourd'hui les femmes ont plus de droits, à l'époque du récit d'Anne Bronte ce n'est clairement pas le cas. Anne Bronte est une féministe dans l'âme et fait de ses héroïnes des femmes fortes et indépendantes. En conclusion, il faut certes s'accrocher un peu par moment mais l'histoire d'Hélène en vaut la peine. Et petit plus pour la narration de Gilbert, que j'ai beaucoup apprécié.

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Commentaire ajouté par Aline-100 2020-02-13T10:26:48+01:00
Or

Anne Brontë, la mal-aimée ! Des trois soeurs, elle est sans doute la moins connue, ce qui est assez injuste étant donné que sa plume est aussi belle que celle de ses soeurs. Et les sujets qu'elle traite dans ce roman sont très intéressants et méritent, eux aussi, beaucoup d'attention.

Par le biais d'Helen Graham/Huntingdon, Anne Brontë évoque tout d'abord la cruauté du XIXe siècle envers les femmes indépendantes et intelligentes. Le fait qu'Helen soit presque « obligée » de se marier, car il était impensable de rester « vieille fille » à son époque, semble en effet à la source de bien des malheurs, qui lui auraient probablement été épargnés si elle avait pu rester célibataire et profiter d'une indépendance financière et juridique telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Ensuite, la religion chrétienne est très présente, dans ce qu'elle a de plus sombre et cruel. Il y a, tout d'abord, les commérages dont Helen est victime parce qu'elle ne se rend pas à la messe tous les dimanches. Il y a, ensuite, cette vertu chrétienne qui pousse la jeune femme à prendre soin d'un mari agonisant alors que celui-ci l'a humiliée dès les premiers jours de leur mariage. Et enfin, il y a cette même vertu, qui pousse la douce Helen à se transformer en femme inflexible et dure, y compris avec elle-même.

D'autres thèmes qui ont été considérés comme extrêmement choquants à l'époque de la parution du roman sont également développés par l'auteur. Anne Brontë parle d'alcoolisme, d'aventures extra-conjugales, de violences conjugales, de drogue et même de viol conjugal ! Le roman s'est d'ailleurs vendu comme des petits pains à l'époque de sa parution tant cela semblait révolutionnaire d'entrendre parler de telles choses dans une oeuvre de fiction : il était déjà épuisé au bout de six semaines et, en cela, a fait mieux que Jane Eyre et Les Hauts de Hurlevent. Pour traiter de tout cela, Anne se serait en réalité inspirée de la vie de son frère, Branwell Brontë, qui consommait plus que régulièrement du laudanum et de l'alcool.

L'histoire d'Helen débute de la façon la plus classique qui soit : c'est le récit de la vie d'une jeune fille qui, écoutant son coeur plutôt que les sages conseils de sa tante, tombe amoureuse du mauvais prétendant et tient tête à tous afin de pouvoir l'épouser. Dès le départ, on se doute qu'Arthur Huntingdon est un voyou, mais la jolie et naïve Helen est persuadée qu'il a simplement besoin de quelqu'un pour veiller sur lui et le « changer ». Quelques mois après son mariage, la jeune fille se rend compte de son erreur : son mari est volage et a tendance à boire plus que de raison. La voilà coincée dans une prison dorée, pire encore que celle qui l'attendait si elle était restée « vieille fille », puisque les femmes de l'époque dépendaient de leur mari pour tout, y compris pour l'éducation de leurs enfants, qui étaient la « propriété » du mari (le pater familias) et n'avaient rien à voir avec leur mère (aveu personnel au passage : je suis heureuse d'être née à la fin du XXe siècle).

Mais Helen est assez moderne pour son époque, et décidée à préserver la vertu de son jeune garçon, qu'elle veut soustraire à l'influence néfaste de son père, elle fuit le domicile conjugal et trouve refuge à Wildfell Hall, la demeure de son frère, qu'elle occupe sous un nom d'emprunt. La jeune femme prétend être veuve, en espérant ne pas susciter la curiosité des habitants du village et ne pas être retrouvée par son mari. Elle souhaite vivre de sa peinture et amasser suffisamment d'argent pour partir en Amérique avec son fils et sa femme de chambre, Rachel.

Helen n'est donc pas seulement une femme très chrétienne : elle est aussi une féministe dans l'âme ! Car, à l'époque durant laquelle se situe l'intrigue le fait, pour une femme, de quitter le domicile conjugal était illégal. Et le fait de refuser de se plier à son devoir conjugal était impensable or, dans une scène mémorable, Helen claque la porte de sa chambre au nez de son mari ivre mort et s'enferme, lui refusant l'accès à sa couche !

Ces rebondissements sont traités dans un récit de type épistolaire : le roman est en fait une longue lettre de Gilbert Markham à son beau-frère, dans laquelle s'insèrent des passages du journal d'Helen. Le récit est donc assez complexe, non seulement du fait de sa forme, mais aussi du fait des sujets traités. Il est toutefois particulièrement passionnant, du fait de cette femme forte qui en est l'héroïne : tout comme Jane Eyre et Catherine Earnshaw, Helen est une femme décidée. Le seul moment où sa personnalité est décevante est ce passage durant lequel elle retourne à Grassdale Manor afin de jouer les infirmières pour un époux qu'elle n'aime plus et qui ne l'a jamais aimée. Sortant de sa discrète retraite alors que Huntingdon aurait été incapable de penser à aller la chercher à Wildfell Hall, Helen se jette en quelque sorte dans la gueule du loup, se mettant à la merci de cet homme vulgaire et sans pitié. C'est un geste dicté par la piété chrétienne d'Helen, qui la pousse à faire son devoir d'épouse charitable, mais que j'ai vraiment eu du mal à comprendre, car peu en phase avec ce que l'auteure avait fait de son personnage jusque là. Certes, Helen est très pieuse et parle beaucoup du paradis et de l'enfer, de ceux qui méritent le premier ou qui risquent le second, mais j'avoue avoir pensé que Huntingdon avait usé sa patience et sa charité et qu'elle ne se laisserait plus abuser par de vaines promesses venant d'un tel homme. Eh bien, non ! Elle court donc à Grassdale et y fait son devoir de maîtresse de maison mais, histoire de ne pas décevoir ses lecteurs, Anne Brontë lui met dans la bouche des paroles assez dures : Helen exige une promesse écrite de la part de son mari indigne, selon laquelle il la laissera partir avec son enfant si elle juge que l'enfant ou elle-même court un danger quelconque... On retrouve donc quand même un semblant de l'héroïne à laquelle on s'est habitué.

En bref : Si les digressions religieuses d'Anne Brontë pourraient décourager certains lecteurs, The Tenant of Wildfell Hall vaut pourtant franchement la peine d'être lu ! C'est un roman intense et très prenant qui, malgré un début tout en douceur, nous plonge bien vite dans des rebondissements passionnants. Pour un roman classique, les thèmes traités sont très modernes et résonnent encore avec beaucoup de force plus de 150 ans après sa parution.

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Pas apprécié

Je me suis ennuyer.

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Commentaire ajouté par Julma 2019-12-16T23:36:47+01:00
Or

Une bonne romance victorienne comme je les aime. J'adore le style d'écriture de ces grands romans anglais du XIXe, c'est ma faiblesse je suis fan.

J'ai particulièrement aimé ce roman et ses personnages. La pauvre Helen en a bavé avec les hommes. Je trouve ça remarquable que les questions d'émancipation de la femme par rapport à l'influence du mari apparaissent aussi tôt et aussi marquées dans la littérature, surtout dans les sphères de la société qui sont décrites dans le roman. Je sais pas si on peut parler de roman féministe à proprement parlé sans faire d'anachronisme mais c'est certainement un regard de femme avisée qui s'exprime.

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Argent

Ce roman m'a beaucoup plus, notamment grâce à Helen, l’héroïne. D'abord, on la découvre, puis, on apprend doucement à la connaître et enfin, on finit par la comprendre et à espérer son bonheur. Je l'ai trouvé très touchante, forte et indépendante, ce qui m'a surpris pour une femme de cette époque. C'est un personnage très moderne et c'est en partie cela qui fait son charme et celui du roman.

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Commentaire ajouté par einoha 2019-09-25T01:44:52+02:00
Diamant

Mazette, quelle lecture fabuleuse !

Anne Brontë n’a absolument rien à envier à ses deux soeurs, dont les romans sont pourtant plus célèbres : le sien est superbe. Une écriture fluide, une héroine courageuse, une romance discrète... et du féminisme !

Le roman datant de 1848, certains propos sont terriblement avant-gardistes en particulier ceux sur l’éducation des garçons VS celles de filles, sur le mariage et l’égalité des sexes dans cette institution. L’ouvrage est d’ailleurs souvent considéré comme l’un des premiers romans féministes, et à raison selon moi.

A mettre entre toutes les mains :)

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Or

Sous ses airs de classique typique, ce roman m’a enchantée par son originalité.

Au 19° siècle, une mystérieuse veuve vient s’installer avec son jeune fils dans un manoir abandonné, à l’écart du village. Gilbert, le narrateur au début du récit, est intrigué et très vite charmé par la jeune châtelaine du manoir de Wildfell Hall. Malgré leur affection mutuelle, Mrs Graham l’éconduit sous de faux prétextes… Gilbert tente alors par tous moyens de percer le mystère qui l’entoure, tant et si bien qu’elle finit par lui faire lire son « journal intime », qui constitue la narration principale du roman.

Et alors là… le drame, l’incroyable se déroule sous nos yeux. Dans son journal, Helen nous décrit son mariage, des premières amours à la lucidité. Anne Brontë, contrairement aux auteurs et autrices de son temps, n’hésite pas à développer des personnages qui tombent en pleine disgrâce, physique et surtout morale. Les comportements brutaux sont beaucoup moins sous-entendus que dans d’autres romans et pourtant la morale chrétienne y tient une place aussi grande.

J’ai beaucoup aimé que les manières ultra policées des bourgeois du 19° siècle s’effacent dans ce roman, qu’Anne Brontë nous montre en quelque sorte l’envers du décor. J’ai trouvé cela à la fois très réaliste et très « rafraîchissant », cela rend le roman très moderne.

Comme souvent dans ce type de roman, les personnages m’ont un peu lassée par leur trop grande morale, ils et elles se créent eux-mêmes des obstacles à leur bonheur (comme Anne de Persuasion ou Jane Eyre). Je réalise que cela m’empêche de m’attacher à eux et elles, car on ne réfléchit pas vraiment de la même façon !

Il n’empêche que La châtelaine de Wildfell Hall (le titre est traduit de différentes façons selon les éditions) est un excellent classique victorien. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, j’ai aimé lire les tourments amoureux d’Helen à la façon des romans de Jane Austen, tout comme la déception que fut son mariage et qui est une lecture totalement inédite pour ma part dans ce type de littérature.

Si vous aimez les classiques britanniques, je ne peux que vous le recommander : ce roman d’Anne Brontë n’a rien à envier à ceux de ses sœurs ! (La préface explique d’ailleurs pourquoi ce roman est beaucoup moins connu que Les Hauts et Jane Eyre… il provoquait trop les mœurs et, à la mort de sa sœur, Charlotte aurait refusé de le faire rééditer, malgré son succès à sa parution – avant que le public sache que « l’auteur » était en fait une femme)

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Commentaire ajouté par Mellana 2019-06-06T18:50:33+02:00
Bronze

Dans l'ensemble je l'ai plutôt bien aimé mais ça n'a pas été un coup de cœur.

Spoiler(cliquez pour révéler)Pour commencer, j'ai été déçue par le style. Je ne sais pas si la traduction est fautive dans mon cas (j'ai lu l'édition Archipoche), mais je l'ai trouvé maladroit et simpliste. Je dois avouer que j'ai été très étonnée, car j'avais adoré son style dans "Agnes Grey", que je trouvais léger et plein de finesse, or il s'agissait de son roman précédent, elle aurait donc dû s'améliorer entre-temps ou du moins rester au même niveau. Il y a par exemple pas mal de répétitions et de maladresses dans le choix des termes, ainsi que des coquilles (pour cela seul l'éditeur est fautif évidemment). Ce n'est pas non plus quelque chose de très choquant mais compte tenu de ce que j'en attendais, je n'ai pas pu m'empêcher d'être désappointée. De manière plus générale, je n'ai pas eu l'impression de lire un roman victorien, mais plutôt un roman historique contemporain et ce que je reproche à ces derniers c'est de manquer la plupart du temps de ce charme suranné qui me plaît tant dans la littérature victorienne.

L'autre point noir du roman ce sont les défauts des personnages. Et je parle des défauts d'un point de vue extérieur à l'histoire.

Tout d'abord, j'ai trouvé que les deux narrateurs n'étaient pas assez caractérisés dans leurs pensées et leurs tournures de phrases, les lettres de Gilbert et le journal d'Helen ne se différencient pas assez à mon goût. Le roman y perd beaucoup à mon sens, car le récit seul ne suffit pas à faire d'un roman un chef-d'œuvre, et c'est ce qui me pousse personnellement vers les classiques de cette société : ceux que j'ai lus jusqu'à maintenant sont des bijoux de finesse psychologique et de caractérisation des personnages. Ce n'était pas assez marqué ici.

Ensuite, j'ai à plusieurs reprises été interloquée par les actions et les libertés que prenaient certains personnages. Je n'ai pas pris de notes mais je me souviens de plusieurs situations où ils agissaient de façon ridicule et exagérée, particulièrement en prenant en compte le contexte social rigide de bonnes manières et de stoïcisme. Ils avaient tendance à crier, à s'énerver dans des discussions alors que rien ne justifiait une telle perte de contrôle, à jouer les "drama queens" comme j'appelle ça, et dans un tel récit je trouvais que ça sonnait extrêmement faux. Dans les "Hauts de Hurlevent", dont je ne suis pas une très grande fan, de tels comportements viennent de façon naturelle, logique presque, car le récit n'est pas du tout terre-à-terre, mais ici ce n'est pas le cas et ça retombe à plat ou pire, ça me choque. Alors oui, en tant que lectrice du XXIème siècle ça peut sembler étrange étant donné que "j'en ai vu d'autres" mais étant plongée dans ce genre de littérature où certaines choses ne se disent pas et ne se font pas, j'ai justement été d'autant plus choquée par la violence gratuite que contenaient certains actes, de manière directe ou indirecte.

Je veux parler du personnage de Gilbert, que je n'ai pas du tout apprécié. C'est un homme incroyablement puéril, vaniteux et lourd, insatisfait dès qu'on ne lui accorde pas ce qu'il veut, poursuivant Helen de ses assiduités alors qu'elle se montre froide, et lui reprochant son attitude distante envers lui. Pire que ça même, son comportement envers Lawrence m'a outrée : je n'ai pas compris comment il a pu penser que c'était normal de l'agresser, sous le prétexte qu'il le soupçonnait d'avoir une liaison avec Helen... J'étais soufflée à ce moment de ma lecture, d'autant qu'il l'abandonne sur la route déserte et n'éprouve aucun remords, à part lorsqu'il apprend la nature exacte des relations entre lui et Helen. Pour être sincère ce n'est pas du tout le genre d'homme que j'aurais destiné à Helen ; en ce qui me concerne il me répugne et il devrait encore plus la répugner étant donné son passé conjugal.

Ce qui m'amène finalement à l'histoire d'amour du roman. Autant le dire, je n'y crois pas une seconde. Je ne vois pas du tout ce qu'ils peuvent avoir en commun, tant sur le plan intellectuel, que sur un plan personnel.

Helen est une femme de bonne naissance, cultivée et raffinée, et si Gilbert n'est pas un paysan illettré, ils sont loin d'être au même niveau. Je me rappelle d'Emma, où Robert Martin, s'il bénéficie du respect de M.Knightley, est clairement dans une classe sociale, et l'écart entre la sienne et la gentry me paraît être un écart assez grand, même sans parler purement de conventions sociales. C'est d'ailleurs la première fois dans un roman que je vois une différence de rang social où la femme est plus élevée que l'homme.

Sur le plan personnel, Helen a déjà été mariée et été douloureusement désabusée. Elle est meurtrie et particulièrement méfiante sur le sujet. J'aurais donc souhaité la voir rencontrer un homme très doux, patient et même peu séduisant. Un homme qui aurait attaché plus d'importance à lui faire du bien en tant qu'ami plutôt que de vouloir à tout prix la séduire. Peut-être un homme qui n'aurait pas été vu comme un prince charmant, quelqu'un comme Roger Hamley de "Femmes et filles", ou le colonel Brandon de "Raison et Sentiments", ou M.Weston d'"Agnes Grey" tiens. Certainement pas un "gentleman farmer" immature, fougueux et possessif.

Je trouve donc leur histoire d'amour peu crédible, très fade, et malheureusement elle occupe la majeure partie de l'intrigue (sauf le journal d'Helen). En fait sur ce sujet, j'ai à faire au roman le reproche inverse que j'ai pu faire à "Nord et Sud" : dans celui-ci je regrettais que l'intrigue laisse si peu de place à la romance comparativement aux problèmes sociaux, et ici je regrette que la romance soit aussi centrale.

D'ailleurs, M.Hargrave est insupportable à l'héroïne mais quant à moi je ne le trouve pas pire que le héros qu'elle choisit pourtant. En tout cas il n'est pas plus violent.

Le roman comporte néanmoins de très bons aspects, à commencer par le thème des maltraitances conjugales. En cela, comme avec son roman précédent, Anne Brontë ne recule pas devant les difficultés qu'il y a à aborder un tel sujet. Toujours décrite comme la plus douce et la plus conciliante des enfants Brontë, il faut toutefois reconnaître que cette description s'accorde peu avec l'audace dont elle a fait preuve dans ses romans, et en particulier celui-ci. Elle n'hésite pas à démasquer une société idéalisée et bien nette pour en montrer les dessous.

Ainsi nous assistons aux ébats de la jeunesse de gentry qui n'a aucun scrupule à s'enivrer, faire preuve de violence et qui est pourtant intouchable. La déchéance d'Arthur est extrêmement crédible, particulièrement bien décrite, effrayante et déprimante sans tomber jamais dans la démesure ou le ridicule. Je n'ai pu m'empêcher de penser qu'Anne connaissait très bien son sujet, quant à savoir si elle s'est seulement inspirée de son frère ou si elle a pu assister à certaines choses en tant que gouvernante dans plusieurs familles, c'est une autre question.

Pour ces raisons j'ai préféré la partie du récit consacrée au journal intime d'Helen, d'une très grande modernité, plutôt que celle où l'on suit Gilbert.

Je n'ai malheureusement pas eu le plaisir du suspense de l'intrigue, car m'étant intéressée il y a un moment déjà aux sœurs Brontë, ce "détail" m'avait déjà été révélé.

Il est également beaucoup question de rédemption, à la fois pour le mari d'Helen, mais aussi pour ses amis (Hattersley...).

Lors de la lecture on peut penser qu'Helen pousse le sens du dévouement un peu loin, mais au vu des valeurs de l'époque, dont en particulier l'importance de la religion, et le fait que cette dernière faisait partie intégrante de la vie des femmes, ça ne paraît pas aberrant, bien au contraire.

Pour conclure, c'est un livre qui comporte plusieurs qualités, qui se lit plutôt avec plaisir, sans s'ennuyer, mais à qui il manque cette touche qui me fait vibrer au cours de certaines lectures. Je lui préfère "Agnes Grey", moins puissant certes, mais beaucoup plus fin, délicat et charmant.

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Commentaire ajouté par Nocturis 2019-05-23T20:33:25+02:00
Or

Un très bon roman, l'auteure réussi à nous entrainer dans une histoire poignante avec une héroïne qui a vécu beaucoup de malheurs en très peu de temps. Helen et Gilbert sont de très beaux personnages, l'une forte et courageuse, l'autre déterminé et fidèle.

Je ne regrette pas cette découverte qui m'a replongé dans l'Angleterre de l'époque victorienne.

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Date de sortie

La Châtelaine de Wildfell Hall

  • France : 2016-03-03 - Poche (Français)

Activité récente

Titres alternatifs

  • La recluse de Wildfell Hall - Français
  • La Locataire de Wildfell Hall - Français
  • La dame du manoir de Wildfell Hall - Français
  • The tenant of Wildfell Hall - Anglais

Évaluations

Meilleurs classements dans les Listes Booknode

Les chiffres

Lecteurs 186
Commentaires 46
Extraits 88
Evaluations 65
Note globale 8.1 / 10

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