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Le Vicomte qui m'aimait

-Y a-t-il une chance que vous soyez capable de vous abstenir de blasphémer en compagnie des dames ? Demanda Simon, le Duc de Hastings, le mari de Daphné.

-Ce n’est pas une dame, grommela Anthony. C’est ma soeur.

-C’est ma femme.

Anthony sourit.

-C’était d’abord ma soeur.

Simon se tourna vers Kate, qui tapait son maillet vert contre l’herbe, dont-elle avait dit être satisfaite, mais Anthony la connaissait bien.

-Comment, demanda t-il, arrivez-vous à le supporter ?

Elle haussa les épaules.

-C'est un talent que peu de personnes possèdent.

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Le Vicomte qui m'aimait

-Kaaaaaaaaaaate !

Kate leva les yeux de son livre.

-Kaaaaaaaaaaate !

Elle essaya d’évaluer le temps. Après avoir entendu hurler son nom pendant quinze ans, en grande partie de la même façon, elle était devenue tout à fait compétente pour évaluer le temps entre le premier rugissement et l'apparition de son mari.

Ce n’était pas un calcul aussi simple qu’il y paraissait. Il y avait le lieu à prendre en considération, selon si elle se trouvait à l'étage ou en bas, visible de la porte, et ainsi de suite, et ainsi de suite.

Puis il fallait ajouter les enfants. Étaient-ils à la maison ? Sur son passage ? Ils le ralentiraient certainement, peut-être même pendant une minute entière, et…

-Toi !

Kate cligna des yeux avec surprise. Anthony était à la porte, haletant avec effort et il la fixait avec un degré surprenant d’animosité.

-Où est-il ? Demanda t-il.

Eh bien, peut-être pas si surprenant.

Elle cligna des yeux impassibles.

-Veux-tu t’asseoir ? Demanda t-elle. Tu as l'air un peu surmené.

-Kate ...

-Tu n’es plus aussi jeune qu’avant, dit-elle avec un soupir.

-Kate ...

Le son avait monté.

-Je peux sonner pour le thé, dit-elle doucement.

-Il était verrouillé, grogna t-il. Mon bureau était verrouillé.

-En es-tu certain ? Murmura-t-elle.

-Moi seul ai la clé.

-Crois-tu ?

Ses yeux s’agrandirent.

-Qu'as-tu fait ?

Elle ouvrit une page, même si elle n’avait pas l’intention de lire une ligne.

-Quand ?

-Qu'est-ce que tu veux dire par quand ?

-Je veux dire…

Elle fit une pause, parce que ce n'était pas un moment à laisser passer sans se réjouir intérieurement.

-Quand. Ce matin ? Ou le mois dernier ?

Il lui fallut un moment. Pas plus d'une seconde ou deux, mais c'était juste assez longtemps pour que Kate puisse voir son expression, passer de la confusion à la suspicion et à l'indignation.

Il était magnifique. Enchanteur. Délicieux. Elle aurait bien ri avec lui, mais cela ne ferait qu'encourager un autre mois de "double labeurs, de troubles et de blagues", et elle venait juste d’obtenir un répit.

-Tu as fait une clé de mon bureau ?

-Je suis ta femme, dit-elle, jetant un regard sur ses ongles. Il ne devrait pas y avoir de secrets entre nous, ne penses-tu pas ?

-Tu as fait faire une clé ?

-Tu ne voudrais pas garder des secrets, n’est-ce pas ?

Ses doigts saisirent le chambranle jusqu'à ce qu’à ce qu’ils blanchissent.

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Le Vicomte qui m'aimait

-Il est à moi, tout à moi, gloussa t-elle, dans à peu près les mêmes tons qu'elle avait utilisés pendant la présentation de Macbeth par la famille Bridgerton, le mois précédent.

Son fils aîné avait distribué les rôles, elle avait eu celui de première sorcière.

Kate avait fait semblant de ne pas remarquer quand Anthony l’avait récompensé avec un nouveau cheval.

Son mari allait payer maintenant. Ses chemises seraient colorées en rose avec de la confiture de framboise, et elle…

Elle souriait si fort qu'elle riait.

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Quand il était furieux

Violet courut dans le hall -vraiment, à son âge!- et poussa la porte d'entrée de sorte qu'elle pouvait attendre la voiture. La voiture de Francesca était presque là, elle fit un dernier tour complet sur le perron, de sorte que l'une des portes se retrouva face à la maison.

Violet pouvait voir Michael à travers la fenêtre. Il fit un geste. Elle s’illumina.

-Oh, vous m'avez manqué ! Dit-elle en se précipitant vers lui comme il descendait de la voiture. Vous devez promettre de ne jamais attendre si longtemps pour revenir.

-Comme si je pouvais vous refuser quoi que ce soit, dit-il, se penchant pour embrasser sa joue.

Il se tourna alors, tenant le bras de Francesca pour l’aider à descendre.

Violet embrassa sa fille, puis recula pour la regarder. Frannie était...

Rayonnante.

Elle était positivement rayonnante.

-Vous m’avez manqué, mère, dit-elle.

Violet aurait répondu, mais elle se trouva inopinément étranglée. Elle sentit ses lèvres se serrer, puis se contracter dans les coins, comme elle luttait pour contenir ses larmes. Elle ne savait pas pourquoi elle était si émotive. Oui, cela faisait plus d'un an, mais n'était-elle pas partie 342 jours auparavant ?

Ce n'était pas tellement différent.

-J'ai quelque chose pour vous, dit Francesca, et Violet aurait juré que ses yeux brillaient, aussi.

Francesca se retourna vers la voiture et tendit les bras. Une femme de chambre apparut dans l'embrasure, tenant une sorte de paquet, qu'elle remit ensuite à sa maîtresse.

Violet eut le souffle coupé. Mon Dieu, cela ne pouvait pas être...

-Mère, dit doucement Francesca, berçant doucement le précieux paquet, voici John.

Les larmes, qui avait attendu patiemment dans les yeux de Violet, commencèrent à rouler.

-Frannie, murmura t-elle, en prenant le bébé dans ses bras, pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?

Et Francesca -son affolante et impénétrable troisième fille- dit :

-Je ne sais pas.

-Il est beau, dit Violet, ne se souciant pas qu'elle avait été maintenue dans l'obscurité. Elle ne se souciait de rien d’autre pour le moment, que du garçon minuscule dans ses bras, les yeux levés vers elle avec une expression incroyablement sage.

-Il a tes yeux, dit Violet, en regardant Francesca.

Frannie hocha la tête, et son sourire était presque ridicule, comme si elle n'arrivait pas à y croire.

-Je sais.

-Et ta bouche.

-Je pense que vous avez raison.

-Et ton… oh, je pense qu'il a ton nez aussi.

-On me dit, dit Michael d'une voix amusée, que j'ai été impliqué dans sa création, aussi, mais je n'ai encore vu aucune preuve.

Francesca le regarda avec tant d'amour que cela coupa presque le souffle de Violet.

-Il a votre charme, dit-elle.

Violet se mit à rire, et à rire encore. Il y avait trop de bonheur en elle, elle ne pouvait pas le garder à l’intérieur.

-Je pense qu'il est temps de présenter ce petit bonhomme à sa famille, dit-elle. N'est-ce pas ?

Francesca tendit les bras pour prendre le bébé, mais Violet se détourna.

-Pas encore, dit-elle.

Elle voulait le tenir encore un peu. Peut-être jusqu'à mardi.

-Mère, je pense qu'il pourrait avoir faim.

Violet prit une expression espiègle.

-Il te le fera savoir.

-Mais…

-Je sais une chose ou deux au sujet des bébés, Francesca Bridgerton Stirling.

Violet sourit à John.

-Ils adorent leur grand-maman, par exemple.

Il se mit à gargouiller puis à roucouler, puis sourit.

-Viens avec moi, mon petit, murmura t-elle, j'ai tellement de choses à te dire.

Et derrière elle, Francesca se tourna vers Michael et lui dit :

-Penses-tu que nous allons pouvoir le récupérer durant notre visite ?

Il secoua la tête, puis ajouta :

-Ça va nous donner plus de temps pour donner une soeur à ce petit bonhomme.

-Michael !

-Écoute cet homme, lui dit Violet, sans se donner la peine de se retourner.

-Mon Dieu, murmura Francesca.

Mais elle écouta.

Et elle profita

Et neuf mois plus tard, elle dit bonjour à Janet Helen Stirling.

Qui ressemblait exactement à son père.

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« — Ce doit être tellement curieux d’être une jumelle. Dites-moi, chère Amanda, en quoi est-ce différent d’être une personne unique ?

J’espère n’avoir pas à expliquer en quoi cette question était d’une stupidité abyssale. Je pouvais difficilement lui dire où se situait la différence vu que j’avais passé approximativement cent pour cent de mon existence en tant que jumelle, et que j’avais donc une expérience très précisément nulle sur le fait de n’en être pas une.

Mon dédain avait dû se lire sur mon visage, car à l’instant où j’entrouvris les lèvres pour répliquer, ma mère me jeta l’un de ses regards d’avertissement légendaires. Comme je ne souhaitais pas l’embarrasser (et non par souci de laisser Mme Brougham se croire plus intelligente qu’elle ne l’est), je répondis :

— Je suppose que c’est d’avoir toujours un compagnon.

— Mais votre frère n’est pas là, fit remarquer l’une des filles Brougham.

— Mon père n’est pas toujours avec ma mère, et j’imagine pourtant qu’elle le considère comme son compagnon, répliquai-je.

— Un frère, ce n’est pas vraiment la même chose qu’un mari, susurra Mme Brougham.

— On peut l’espérer, rétorquai-je. »

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« — Je pourrais le provoquer en duel ?

Elle secoua la tête, mais Benedict ne renonça pas.

— Je te préviens, s’il l’allonge sur l’herbe, je m’interpose.

— Il ne va pas… Oh, bonté divine ! s’exclama-t-elle, le nez presque collé au carreau. Nom de nom !

Elle ne prit même pas la peine de plaquer la main sur sa bouche, elle qui avait horreur du blasphème.

Avec un soupir, Benedict plia et déplia ses doigts.

— Finalement, je n’ai pas envie de me faire mal aux mains. J’en suis à la moitié de ton portrait, et il vient si bien…

Sophie posa la main sur son bras pour le retenir alors même qu’il ne faisait pas mine de bouger.

— Non, ne… Oh, poursuivit-elle avec un hoquet, peut-être qu’il faut faire quelque chose !

— Ils ne sont pas encore sur l’herbe.

— Benedict !

— Normalement, je dirais qu’il faut faire venir le pasteur de toute urgence. Sauf que, justement, c’est cela qui nous a mis dans le pétrin.

Sophie déglutit avec peine.

— Tu pourrais peut-être leur procurer une dispense de bans ? En guise de cadeau de mariage ?

Il lui adressa un large sourire.

— Considère que c’est fait. »

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« Daphné hocha la tête dans l’espoir de clore la discussion.

— Non, attendez une minute ! Vous n’avez pas mangé de poisson, je m’en souviens très bien.

Au diable, Belinda, si attentive aux détails !

Ce n’était pas le plus maternel des sentiments, cependant la nausée ne rendait pas particulièrement charitable.

— Vous avez pris du pigeon, continua sa fille. Moi, du poisson, David aussi, mais Caroline et vous n’avez mangé que du pigeon. Je crois que papa et Amelia ont goûté les deux, et on a tous pris de la soupe, encore que…

— Arrête ! l’implora Daphné.

Elle ne voulait pas entendre parler de nourriture. La simple allusion à…

— Je crois qu’il vaudrait mieux que j’aille chercher papa, répéta Belinda.

— Non, ça va, balbutia Daphné, qui s’efforça de nouveau de la chasser d’un geste.

Elle ne voulait pas que Simon la voie dans cet état. Il saurait aussitôt ce que cela signifiait. Ou, plus exactement, ce que cela signifierait dans sept mois et demi, à une semaine ou deux près. »

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Quand il était furieux

Eloïse ouvrit un oeil.

-Mon fils n'a tué personne, demanda t-elle ?

-Non.

-Personne ne l'a tué ?

Francesca sourit.

-Non.

-Bon.

Eloïse bâilla et se réinstalla dans sa chaise.

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Quand il était furieux

Elles poursuivirent leur promenade ensembles dans les jardins, cueillant des bouquets de jacinthes pour décorer la chapelle. Elles avaient presque rempli le panier quand elles entendirent le son caractéristique d'une voiture qui descendait l’allée.

-Je me demande qui cela peut-être, dit Charlotte, en se haussant sur la pointe des pieds, comme si cela pouvait effectivement l’aider à mieux voir la voiture.

-Je ne suis pas sûr, répondit Francesca.

Beaucoup de relations devaient arriver dans l’après-midi.

-Mon oncle Michael, peut-être.

Francesca sourit.

-Je l'espère.

-J'adore mon oncle Michael, dit Charlotte avec un soupir, et Francesca aurait presque ri, parce que le regard dans les yeux de sa nièce était celui qu'elle avait vu mille fois auparavant.

Les femmes adoraient Michael. Il semblait même que les petites filles de sept ans n'étaient pas à l'abri de son charme.

-Eh bien, il est très beau, souligna Francesca.

Charlotte haussa les épaules.

-Je suppose.

-Tu supposes ? Répondit Francesca, en essayant de ne pas sourire.

-Je l'aime parce qu'il me lance en l'air quand père ne regarde pas.

-Il aime contourner les règles.

Charlotte sourit.

-Je sais. C'est pourquoi je ne le dis pas à Père.

Francesca n'avait jamais pensé à Anthony comme à quelqu’un de particulièrement sévère, mais il était le chef de la famille depuis plus de vingt ans, et elle supposait que l'expérience lui avait donné un certain amour de l'ordre et des priorités.

Et il faut le dire, il avait toujours aimé se sentir responsable.

-Ce doit être notre secret, déclara Francesca, se penchant à l'oreille de sa nièce. Et quand tu souhaiteras venir nous rendre visite en Ecosse, n’hésite pas. Nous faisons des entorses aux règles tout le temps.

Les yeux de Charlotte devinrent énormes.

-Vous faites cela ?

-Parfois, nous prenons le petit déjeuner pour le souper.

-Brillant.

-Et nous marchons sous la pluie.

Charlotte haussa les épaules.

-Tout le monde marche sous la pluie.

-Oui, je suppose, mais parfois on danse.

Charlotte recula.

-Pourrais-je retourner avec vous en Ecosse ?

-C'est à tes parents de décider, chérie.

Francesca rit et prit la main de Charlotte.

-Mais nous pouvons danser maintenant.

-Ici ?

Francesca hocha la tête.

-Alors que tout le monde peut nous voir ?

Francesca regarda autour d’elles.

-Je ne vois personne qui nous observe. Et même s'il y avait quelqu’un, qui s'en soucie ?

Les lèvres de Charlotte se pincèrent, et Francesca pouvait pratiquement voir son esprit fonctionner.

-Pas moi ! Dit-elle, et elle lia son bras à celui de Francesca. Ensemble, elles dansèrent une petite gigue, suivie d'un quadrille écossais, se tordant et virevoltant jusqu'à ce qu'elles soient toutes les deux à bout de souffle.

-Oh, je souhaite qu'il pleuve !

Charlotte se mit à rire.

-Est-ce que ce serait vraiment amusant maintenant ?

-Oncle Michael ! Cria Charlotte, s’élançant vers lui.

-Et je suis instantanément oubliée, déclara Francesca avec un sourire désabusé.

Michael regarda vivement par-dessus la tête de Charlotte.

-Pas par moi, murmura-t-il.

-Tante Francesca et moi avons dansé, lui dit Charlotte.

-Je sais. Je vous ai vu de l'intérieur de la maison. J'ai particulièrement apprécié la nouvelle.

-Quelle nouvelle ?

Michael fit semblant d’avoir le regard confus.

-La nouvelle danse que vous faisiez.

-Nous ne faisions pas de nouvelle danse, répondit Charlotte, les sourcils froncés.

-Alors qu'est-ce c’était, celle qui impliquait que vous vous rouliez dans l'herbe ?

Francesca se mordit les lèvres pour s'empêcher de sourire.

-Nous sommes tombées, oncle Michael.

-Non !

-Si !

-C’était une danse vigoureuse, confirma Francesca.

-Vous deviez être exceptionnellement gracieuse, alors, parce vous sembliez plutôt l’avoir fait exprès.

-Non ! Nous ne l’avons pas fait exprès ! Déclara Charlotte avec enthousiasme. Nous sommes vraiment juste tombées. Par accident !

-Je suppose que je dois te crois, dit-il avec un soupir, mais seulement parce que je sais que tu es beaucoup trop digne de confiance pour mentir.

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A Sir Phillip, avec amour

-Mon neveu vient nous rendre visite cet après-midi.

Chacune des filles Brougham se redressa vivement sur son siège. Je jure, c'était comme le jeu de certains enfants avec un bouton-pression. Bing bing bing bing... Jusqu'à ce qu’elles soient assises dans une posture parfaitement idéale.

J'en déduisis immédiatement que le neveu de Madame Brougham devait avoir l’âge de se marier, probablement une bonne fortune, et peut-être des traits agréables.

-Vous n'avez pas mentionné que Ian venait nous rendre visite, dit l'une des filles.

-Il ne s'agit pas de lui, répondit Madame Brougham. Il est toujours à Oxford, comme vous le savez bien. C’est Charles qui doit venir.

Poof. Les filles Brougham se dégonflèrent, toutes à la fois.

-Oh, déclara l'une d'entre elle. Charlie.

-Aujourd'hui, vous dites, demanda une autre, avec un remarquable manque d'enthousiasme.

Et puis, la troisième dit :

-Je vais devoir cacher mes poupées.

La quatrième ne dit rien. Elle continua à boire son thé, avec l’air de plutôt s’ennuyer.

-Pourquoi devez-vous cacher vos poupées ? Demanda Pénélope.

En toute vérité, je me demandais la même chose, mais cela semblait une question trop enfantine pour une jeune fille de dix-neuf ans.

-C'était il y a douze ans, Dulcie, dit Madame Brougham. Mon Dieu, tu as la mémoire d'un éléphant.

-On n'oublie pas ce qu'il a fait à mes poupées, déclara sombrement Dulcie.

-Qu'a t-il fait ? Demanda Pénélope.

Dulcie fit un mouvement tranchant au niveau de sa gorge. Pénélope haletait, et je dois avouer, qu’il y avait quelque chose d'assez horrible dans l'expression de Dulcie.

-C'est une bête, déclara l'une des soeurs de Dulcie.

-Ce n’est pas une bête, insista Madame Brougham.

Les filles Brougham nous regardait tous, en hochant la tête d’un accord silencieux, comme si elles voulaient nous dire de ne pas l’écouter.

-Quel âge a votre neveu maintenant ? Demanda ma mère.

-Vingt-deux ans, répondit Madame Brougham, ayant l'air plutôt reconnaissant de la question. Il a été diplômé d'Oxford le mois dernier.

-Il a un an de plus que Ian, expliqua l'une des filles.

Je hochais la tête, même si je pouvais à peine utiliser Ian -que je n'avais jamais rencontré- comme point de référence.

-Il n'est pas aussi beau.

-Ou aussi charmant.

Je regardais la dernière fil e Brougham, attendant qu’elle donne son opinion. Mais elle ne fit que bailler.

-Combien de temps restera t-il ? Demanda poliment ma mère.

-Deux semaines, répondit Madame Brougham, mais avant qu’elle ne puisse poursuivre par :

-Deux petites semaines…

Elle fut coupée par l’une des fil es qui se mit à hurler de consternation.

-Deux semaines ! Quinze jours ensemble !

-J'espérais qu'il pourrait nous accompagner à l'assemblée locale, dit Madame Brougham.

Cette déclaration suscita plus gémissements. Je dois dire, que ma curiosité commençait à grandir au sujet de ce Charles.

Toute personne qui pouvait inspirer une telle épouvante parmi les filles Brougham devait m’être présentée.

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