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Extrait ajouté par SARA81 2018-07-06T16:10:34+02:00

Ne sachant pas ce qu’on attendait de moi, je ne quittais pas le grabat de la cuisine. Les premiers jours, j’étudiais chaque mouvement de Belle. Je n’avais aucun appétit et, quand elle insistait pour que je mange quelque chose, mon estomac se vidait violemment. Chaque fois que j’étais malade, cela signifi ait qu’il fallait encore nettoyer. Belle était de plus en plus agacée par moi, et je redoutais de la contrarier. La nuit, je dormais sur une couchette de fortune dans un coin de sa chambre, à l’étage.

Le deuxième soir, n’arrivant pas à dormir, j’allai près de son lit pour mieux entendre le son de sa douce respiration qui me réconfortait.

Je dus l’eff rayer car, quand elle se réveilla, elle cria pour m’ordonner de retourner dans mon lit. Je détalai, plus terrifi ée que jamais.

L’obscurité me tourmentait et, au fi l des nuits, je sombrais de plus en plus dans une sorte de folie. Ma tête palpitait dans ma lutte pour essayer de récupérer des bribes de souvenirs. Heureusement, ma délivrance arrivait juste avant l’aube, lorsque les coqs et le cor appelaient tout le monde à se lever.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-10-18T17:00:27+02:00

Le soleil apparaissait déjà à l'horizon quand le capitaine revint auprès de son épouse endormie. Il me réveilla en traversant la chambre bleue où je dormais à côté du berceau de Campbell. J'aurais voulu le suivre et l'interroger à propos de Ben, mais je n'osai pas. Je restai donc à ma place, le regardant s'approcher de la tête du lit à baldaquin, dont les rideaux bleu et blanc étaient ouverts. Il se pencha pour embrasser Mme Martha, puis lui secoua doucement le bras, mais l'opium l'avait plongée dans un profond sommeil. Comme elle ne réagissait pas, il se redressa. Il l'observa un long moment avant de se diriger vers la commode. Il souleva le petit flacon en verre qui s'y trouvait, le remua, puis poussa un long soupir et s'assit dans le fauteuil à côté du meuble. Au moment où il reposa le flacon, je le vis tressaillir et je devinai ce qu'il avait vu. Le jour de l'enterrement de Sally, pendant que la maîtresse dormait, Oncle Jacob avait délicatement placé sur la commode le bijou vers lequel le capitaine tendait à présent la main. C'était le bracelet que la petite fille portait au poignet.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-10-18T17:00:00+02:00

M. Assomane aurait souhaité se marier sans attendre, mais M. Madden tint bon quant à la date de la cérémonie, prévue en juin suivant, un mois après mon dix-septième anniversaire. Plus le temps passait, et plus M. Assomane m'inquiétait. Avec les autres, il demeurait un individu doux aux bonnes manières, mais, en leur absence, c'était un autre homme. Quand nous étions seuls tous les deux, il devenait vite ardent et adoptait un comportement selon moi effrayant. Il ne se contentait plus de me baiser, innocemment bien que passionnément, la main ; il avait commencé à me toucher d'une façon inappropriée, d'une façon que je pensais réservée à un mari pour sa femme. Cependant, je me demandais si, étant sa promise, j'étais censée tolérer cela.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-10-18T16:59:49+02:00

Cette fois-ci, Dory et Mama disent que Mme Martha va mettre beaucoup de temps à se calmer. Mais, ensuite, c'est toujours dur pour elle quand le capitaine s'en va. Évidemment, presque chaque fois qu'il revient à la maison, elle se retrouve avec un bébé. Le problème, c'est que ces bébés ne vivent pas très longtemps. Elle en a déjà enterré deux. Après chaque nouvelle perte, elle prend plus de gouttes. Une fois le capitaine parti, Mme Martha reste enfermée dans la grande maison, à errer de pièce en pièce. Et puis, aussi, dès que son père s'en va, Marshall recommence à m'embêter, à lancer des pierres quand je travaille dans le jardin. Il est sournois. Il agit quand personne ne peut le voir. Je sais qu'il pense que c'est moi, le problème de sa mère. Parfois, je me demande ce qu'il se passerait si je lui demandais de s'asseoir et que je lui disais : « Eh, mon garçon, tu sais que tu jettes des pierres sur ta grande sœur ? » Mais j'imagine que c'est au capitaine de le faire.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-10-18T16:59:42+02:00

Mama a dit : « Une fois de plus, le cap'taine est là juste assez longtemps pour mettre le foutoir. »

Et elle a raison, comme toujours. Qu'est-ce qui lui a pris de me donner cette enfant malade ? Le jour, elle recrache tout ce qu'elle mange, et la nuit elle me fait peur, à être assise là dans le noir, l'air absent.

Le capitaine est comme ça, il va et il vient, sans rien dire à personne. « C'est toujours la même chose », dit Mama. Elle a raison, parce qu'elle sait. Quand j'étais petite, quand j'habitais à la grande maison, j'attendais sa calèche sur le perron, et bien sûr il arrivait par-derrière, sur un cheval. La fois suivante, j'attendais le cheval, et il apparaissait avec une charrette très chargée.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-10-18T16:59:31+02:00

Je me réveillai sur un grabat dans une chambre à l'étage, trop apeurée pour bouger, ne sachant toujours pas où j'étais ni qui j'étais. J'avais mal à la tête et entrepris de la masser, mais j'enlevai vite mes mains, sous le choc. Ma longue chevelure avait disparu au profit d'une coupe courte.

J'avais la peau toute propre et rose, et elle me semblait sensible sous la chemise marron et rêche dont j'étais vêtue. J'eus un haut-le-cœur en sentant une odeur de nourriture inconnue qui montait de la cuisine. Mon pouce me réconforta et je me calmai en observant la pièce. Des vêtements pendaient à des patères fixées au mur et, au fond, se trouvaient un lit en bois et une petite commode toute simple. Le soleil entrait par une fenêtre ouverte et dépourvue de rideaux, et j'entendis soudain retentir le rire d'un enfant. J'eus l'impression de le reconnaître et, oubliant tout le reste, je courus à la fenêtre. La lumière était si vive que je dus me protéger les yeux des deux mains. Je ne vis d'abord qu'une déferlante de vert, mais ensuite, au bas de la fenêtre, j'aperçus un sentier. Il traversait un grand jardin clos et menait à une cabane en rondins. Deux petites filles noires étaient assises sur les marches. Elles observaient une scène du côté de la grande maison. Je me penchai un peu plus et découvris un chêne gigantesque. Sur une branche basse et épaisse était attachée une balançoire où une fillette toute blonde gazouillait en s'adressant à un garçon derrière elle.

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Extrait ajouté par ilovelire 2017-10-18T16:59:15+02:00

Il y avait une forte odeur de fumée, et je tirai mon énergie d'une peur nouvelle. Ayant rejoint le chemin familier, je me précipitai en avant, sans me préoccuper de ma fille qui essayait de me suivre. J'avais les jambes engourdies, à courir si vite sans reprendre haleine, et l'impression d'avoir les poumons en feu. Je m'interdis de penser qu'il était trop tard et concentrai toute ma force à avancer vers la maison.

Bêtement, je me fourvoyai et, voulant prendre un raccourci vers le ruisseau, je m'écartai du chemin pour courir à travers les arbres. Saisie d'horreur, je vis que j'étais piégée.

Je tirai sur ma longue jupe bleue pour me dégager des ronces dont j'étais prisonnière. Tandis que je déchirais mes vêtements pour m'échapper, Elly me rattrapa. Elle s'agrippa à mon bras, sanglotant et essayant de me retenir. Bien qu'un enfant de sept ans ne puisse rien contre un adulte, elle se battait férocement, sa force décuplée par la terreur. Dans ma folie, je la poussai à terre. Elle me fixa avec de grands yeux incrédules.

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Extrait ajouté par Nelouchou 2017-09-13T09:58:18+02:00

Will me prit le bras pour m'arrêter. Il me tourna face à lui.

- Lavinia, je suis peut-être idiot, mais je vous ai toujours considérée comme ma promise.

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Extrait ajouté par Manon-Marie 2015-03-12T12:37:11+01:00

« Ses mots me rassurèrent, mais, ce jour-là, je découvris une nouvelle réalité et pris conscience d’une ligne tracée en noir et blanc, bien que sa profondeur ne signifiât pas encore grand chose pour moi. »

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Extrait ajouté par Fleurdencre 2014-07-21T18:02:55+02:00

Elle a peur que Ben se fasse tuer si Marshall essaye encore de m'avoir. Mais moi, je me dis que si Marshall essaye à nouveau, je n'ai pas besoin de Ben pour le tuer.

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