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— Je sais tout ça. Arrêtez de me traiter comme une enfant. Aindreas voulait savoir si j’avais peur. C’est pour ça qu’il a déposé sa bannière.

Une expression plus douce se dessina sur son visage.

— Mais je l’ai trouvé très affecté. Il est si désespéré de venger sa fille qu’il se rend à peine compte de ce qu’il fait.

Hagan et le ministre échangèrent un regard.

— Madame, commença le capitaine, il retient le duc en prison. Il vient de nous dire qu’il a l’intention de le tuer. Cet homme ne mérite pas votre pitié.

— Au contraire, Hagan. Vous me croyez faible parce que je fais preuve de sentiment, mais c’est vous qui vous montrez naïf, comme vous Danior, ajouta-t-elle avec un regard pour le Qirsi. Je n’ai aucune intention d’épargner cet homme ou son armée. Aindreas veut la guerre, il l’aura. À ses risques et périls, pas aux miens. Mais ne vous méprenez pas, il mérite notre pitié et plus encore. Il a perdu une enfant dans des circonstances atroces. Vous, plus que quiconque, capitaine, vous qui avez perdu votre femme et qui craignez aujourd’hui pour la vie de votre fils, vous devriez comprendre son chagrin. Vous devriez aussi savoir qu’avant de chercher à vaincre un ennemi, il faut d’abord chercher à le comprendre.

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À la mention de son nom complet, Cadel se raidit. Jedrek lui-même l’ignorait. Il avait tout fait pour le laisser derrière lui lorsqu’il avait quitté sa maison dans le sud de Caerisse, seize ans plus tôt, jusqu’à organiser sa propre mort et laisser croire à sa famille qu’il était parti pour le Royaume du Dessous. Un assassin ne pouvait se permettre d’avoir un passé ou un nom, surtout un dont on pouvait retrouver la trace. Il l’avait donc effacé. Jusqu’à ce jour, il avait été certain d’y être parvenu.

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L’esprit est le premier à vieillir mais le dernier à mûrir.

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— Voyez les cicatrices que je porte sur le visage, monseigneur. Celles que j’ai sur le dos, la poitrine et les jambes sont pires encore. Aindreas n’a reculé devant rien, pas même la torture parce qu’il voulait que j’avoue un crime que je n’ai pas commis. Il n’a pas eu satisfaction.

Sa bouche se tordit, comme s’il avait voulu sourire.

— Mettez ça sur le compte de la fierté des Curgh, si vous le voulez. C’est ce qu’a fait Kentigern. Il m’eût été beaucoup plus facile d’avouer, et d’en finir. C’est vrai. Mais je ne l’ai pas tuée et je préfère mourir sous la torture que d’endosser le crime d’un autre. Aindreas a cru que mes cicatrices seraient la preuve de ma culpabilité alors qu’en vérité, elles sont la plus belle preuve de mon innocence.

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— La crainte qu’inspire le Trompeur est puissante, répliqua Meriel sans s’étonner de la question du garçon. C’est une chose de défier un duc, même le futur roi. C’en est une autre de défier un dieu. Vous n’allez pas tarder à le savoir.

— Que voulez-vous dire ? demanda Tavis déconcerté.

— Vous êtes dans le sanctuaire de Bian. Le cycle de cette lune s’achève dans deux nuits. Chaque Nuit de l’Apogée, tous ceux qui sont ici affrontent leurs morts. Lady Brienne nous dira si vous êtes innocent ou coupable. Quelle ironie, n’est-ce pas, de découvrir la vérité au cœur du temple du Trompeur !

Tavis pâlit davantage mais ne détourna pas les yeux.

— Je vais voir les soldats, acheva Meriel, un mince sourire aux lèvres.

Elle s’éloigna avant de revenir vers l’autel.

— Votre offrande a été acceptée. J’espère que cela vous réconforte.

Elle prit le bol et le leur montra. Il était aussi blanc que le couteau à leur arrivée. Son sang, comme absorbé par la pierre, s’était volatilisé.

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— Que Qirsar nous vienne en aide !

— Le prélat de Curgh sait-il que vous invoquez encore le dieu qirsi ?

— Il le soupçonne, répondit Fotir en riant de bon cœur avant de reprendre son sérieux. Que croyez-vous que veulent ces Qirsi ?

— Je ne sais pas. Apparemment, ils ne souhaitent pas voir Tavis monter sur le trône, peut-être pas plus que son père d’ailleurs. Quant à la raison, je l’ignore. Quel rapport avec ma question ?

— Tout dépend. Imaginez-vous pouvoir un jour rejoindre leur cause ?

— Non, affirma le Glaneur d’une voix ferme. Ils ont tenté de m’assassiner.

— Est-ce la seule raison ?

— Non. Les préjugés qirsi envers les Eandi m’ont coûté plus que vous ne pouvez l’imaginer. Je vous repose ma question : quel rapport avec le fait que je suis Tisserand ?

— Probablement aucun. Mais je suis sûr d’une chose : si cette conspiration existe et que je veuille, avec tous ceux qui pensent comme moi, la combattre, un Tisserand pourrait nous être très utile.

— Si cette conspiration existe, Premier ministre, et si vous vous engagez à la combattre, je vous jure d’être des vôtres.

Ils restèrent silencieux. Tavis sentait toujours le pouvoir de Grinsa apaiser ses souffrances.

— Cette situation doit vous paraître étrange, reprit Fotir. Vous êtes probablement le seul Tisserand des Terres du Devant. J’ai du mal à imaginer l’effet que peut produire la certitude d’être le Qirsi le plus puissant de ce côté des montagnes.

— J’ai bien peur de vous décevoir. Je suis certain de ne pas être le seul.

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Il aurait voulu tourner le dos à cette conversation mais ses chaînes le tenaient.

— Tu ne comprends pas, Xaver, reprit-il d’une voix lasse. C’est ce que j’ai vu le jour de ma Révélation.

La stupeur se lut dans le regard de son ami.

— Tu as vu la mort de Brienne ?

— Non, mais ce cachot, ces chaînes. C’est ma place. Voilà ce que les dieux ont décidé pour moi.

Xaver resta interdit un long moment puis il croisa le regard de Tavis et secoua lentement la tête.

— Je m’en moque, fit-il. C’est ce que t’as révélé le Qiran, et alors ? Aucune règle ne dit que cette vision est l’ultime. Tu ne l’as pas tuée. J’en suis sûr. Cela signifie que ta place n’est pas ici, quoi qu’en ait révélé la pierre.

Tavis aurait voulu le croire mais il n’osait s’y risquer. Xaver lut certainement ses doutes, car il lui répondit aussitôt :

— N’abandonne pas, Tavis, pas maintenant.

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« Moi, Xaver MarCullet, fils de Hagan et Daria, descendant libre et noble des barons de MarCullet, jure fidélité et allégeance à toi, Tavis de Curgh, unique héritier de la maison des Curgh, ainsi qu’à tes terres et privilèges. Aussi longtemps que nous vivrons, à moins que tu ne me libères de ma parole, je serai ton homme lige et je jure de te protéger, de t’honorer et de rester fidèlement à tes côtés. Mon épée, mon écu, ma vie t’appartiennent. »

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— Je ne sais pas comment m’y prendre, commença Tavis.

— Tu t’es déjà excusé, ce n’est pas la peine de recommencer.

Le jeune seigneur s’immobilisa et, pour la première fois de la journée, regarda Xaver dans les yeux.

— Si. Mais mes excuses ne suffiront jamais.

Il reprit ses va-et-vient.

— Je ne suis pas venu pour ça.

Il s’arrêta devant Xaver et puisa une profonde inspiration sans toutefois se résoudre à croiser de nouveau son regard.

— Je viens te libérer de ton serment, fit-il d’une voix mal assurée. En fait, je ne le souhaite pas mais après ce que… il me semble que je doive…

Il déglutit, incapable d’achever son offre.

Xaver était stupéfait. Il s’était attendu à un plaidoyer, des prières de pardon, des excuses mais certainement pas à ça.

— Tu me libères ? répéta-t-il conscient de son incrédulité.

— Oui. Si c’est ce que tu veux, nous le ferons formellement ce soir devant nos pères et le reste de la cour.

Une voix lui hurlait de saisir cette occasion inespérée de se dégager enfin du vœu qui l’unissait à ce jeune seigneur brutal et vaniteux. Pourtant, avec la même certitude, il savait qu’il ne le pouvait pas. Il avait prononcé son serment alors qu’il n’était qu’un enfant, et il avait souvent regretté sa sottise, mais son amitié avec Tavis était plus ancienne que le plus ancien de tous ses souvenirs et il s’était engagé à servir son seigneur sa vie entière. Plus que ça, aux pires épreuves de leur amitié, Xaver avait été soutenu par les promesses entr’aperçues en son ami. Derrière l’enfant gâté, égoïste, le jeune garçon emporté, se trouvait l’homme pourvu de la force de son père et de la sagesse de sa mère. Il le savait. Il pouvait s’écouler des cycles entiers sans que Xaver rencontrât cet homme-là. Il se décourageait souvent et craignait alors pour le royaume. Mais aux moments les plus critiques, quand Xaver était sur le point de perdre tout espoir, il réapparaissait tout à coup. Comme aujourd’hui, dans sa chambre, avec une proposition qui témoignait d’une humilité et d’une générosité dignes du trône d’Audun.

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Il racontait l’amour de Panya et Ilias, une Qirsi et un Eandi. Les deux races étaient jeunes alors. Les dieux qui les avaient créées, Qirsar et Ean, se vouaient une haine éternelle et implacable ; aussi avaient-ils décrété que Qirsi et Eandi ne s’uniraient jamais. Mais ce que Panya et Ilias partageaient était plus fort que la crainte que leur inspiraient leurs créateurs. Lorsque Panya fut enceinte, la rage de Qirsar flamboya comme le feu magique que certains membres de son peuple possédaient. Car nul n’ignorait que les femmes qirsi étaient beaucoup trop fragiles pour porter un enfant conçu par un Eandi. Panya vécu jusqu’à sa délivrance. Mais, après avoir mis au monde une magnifique petite fille, elle mourut. Ilias, privé de son amour, incapable de trouver consolation auprès de son enfant, se donna alors la mort, espérant rejoindre celle qu’il aimait au royaume de Bian.

Qirsar pourtant nourrissait d’autres projets. Il métamorphosa les deux amants en lunes, l’une blanche et l’autre rouge, et les plaça au ciel afin que chacun puisse voir le sort réservé à ceux, Qirsi et Eandi, qui osaient défier les dieux et s’aimer contre leur volonté. Pour toute l’éternité, déclara le tout-puissant, les amants maudits se poursuivraient au milieu des étoiles sans jamais se revoir ni se rejoindre. Car Panya la blanche se lèverait à l’horizon au moment où Ilias le rouge achèverait sa course et lui ne reviendrait au firmament qu’à la seconde où son aimée l’aurait quitté.

Mais leur amour était si puissant que, même dans la mort, ils furent capables de défier les dieux. La première fois que Panya, radieuse et pleine, s’éleva dans le ciel nocturne, elle s’interrompit à son zénith et, au sommet de son arc, attendit qu’Ilias la rejoigne. Depuis, dans un cycle presque semblable, ils achèvent leur course ensemble.

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