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Ralph ne quittait pas Célia des yeux.

— Ainsi vous êtes la bâtarde du comte d’Aelfgar ?

— Oui, admit-elle en relevant le menton.

— Je m’occuperai de vous plus tard! lança-t-il d’un ton qui ne présageait rien de bon.

Célia sentit les battements de son cœur s'affoler et elle refoula ses larmes. Ralph descendit de cheval, et Alice vint poser sa petite main fine sur la manche du guerrier avec un air victorieux.

— Ne faites pas attention à elle, Monseigneur. Comme vous l’avez dit, ce n’est qu’une bâtarde. Mais dites-moi, est-ce vrai ? Nous allons nous marier ?

Elle parlait d’une voix tout émoustillée.

— C’est exact.

Ils disparurent à l’intérieur du manoir. Incapable de détacher son regard du couple, Célia resta pétrifiée par l’enthousiasme débordant de sa demi-sœur. Elle l'entendit rire avec coquetterie. La main de Célia retomba sur l’encolure de la mule qu’elle flatta distraitement.

— Je suis désolé, Célia, s’excusa Athelstan, confus.

— Occupez-vous plutôt de ces soldats, répliqua Célia avec hauteur. Ils veulent certainement se rafraîchir. Leurs montures ont besoin de fourrage, et le louvet a perdu un fer.

— Bien, maîtresse.

Célia sauta à bas de la mule. Alors seulement ses larmes se mirent à couler. Personne ne s’en rendit compte ; elle avait toujours su dissimuler sa peine, même au temps où les étrangers fuyaient sa présence. Et cette fois, elle mettrait un point d’honneur à taire ses sentiments...

Ralph avait du mal à contenir sa fureur.

Cette sorcière lui avait menti. Elle s’était jouée de lui ! Elle n’était ni Lady Alice ni sa fiancée. Elle paierait très cher sa fourberie.

Et dire qu’il allait en épouser une autre!

Tout à sa colère, Ralph regardait dans le vide. Il se trouvait dans l’ancienne chambre du comte d’Aelfgar, qu’on avait apprêtée à la hâte en son honneur.

— Votre bain refroidit, Monseigneur...

La voix hésitante d’Alice le ramena à la réalité, et pour la première fois il concentra son attention sur sa future épouse.

Elle était belle, mais pouvait difficilement soutenir la comparaison avec sa demi-sœur. Les boucles de jais qui encadraient harmonieusement son fin minois rehaussaient son teint de porcelaine. Elle était de petite taille et, au regard de la sensualité éclatante de Célia, elle ne pouvait que paraître insipide.

Ralph en éprouvait une intense déception. Si seulement il n’avait jamais rencontré Célia, il se serait pleinement satisfait d’Alice ! Mais le destin en avait décidé autrement...

Alice ébaucha un sourire.

— Vous broyez du noir, Monseigneur ? Une bière chasserait peut-être vos funestes pensées ?

— Le sort de vos frères ne vous préoccupe-t-il pas ?

— C’est que... votre arrivée m’a bouleversé l’esprit, bredouilla Alice.

Elle ponctua ses paroles d’un gloussement nerveux.

— Êtes-vous opposée à notre union ?

— Oh, non ! répliqua-t-elle, d’un ton qui ne laissait aucun doute sur son enthousiasme.

— Vous me trouvez à votre goût ?

— Il me faut un mari, Monseigneur, murmura-t-elle en s’empourprant. Mon promis est mort juste après la bataille d’Hastings, et durant ces dernières années, Edwin n'a pas eu le temps d'arranger un nouveau mariage, à cause de la guerre. Et malheureusement, je vieillis...

Il acquiesça. Cette fille faisait preuve d’un certain bon sens.

— Vous êtes pourtant plus jeune que votre sœur.

A ces mots, Alice releva le menton, agacée.

— Célia est de deux ans mon aînée. Pourquoi vous intéressez-vous tant à elle ? Ce n’est qu’une bâtarde parmi tous ceux qu’a engendrés mon père. Il n’a même pas été capable de lui dénicher un mari ! De toute manière, personne n’en voudrait. C’est une sorcière, vous savez...

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Dans un geste éperdu, la jeune femme s’accrocha à la botte de Ralph, qui se dégagea nerveusement, tandis que son ombrageux coursier se cabrait. Il le maîtrisa, et jeta à la paysanne un regard à la fois furibond et incrédule.

— Pour l’amour du Ciel, ne touchez pas au blé ! sanglota-t-elle. Je vous en prie !

Il se renfrogna à l’idée que cette superbe donzelle allait mourir de faim avec les siens. Mais déjà d’épaisses volutes de fumée recouvraient le champ. Elle laissa échapper un gémissement rauque et se mit à courir en titubant vers les bois. Ralph suivit des yeux la fine silhouette qui s’éloignait. Le hameau n’était plus maintenant qu’un immense brasier. Leur tâche accomplie, Guy et Beltain se lancèrent à la poursuite de la fugitive. Visiblement, ils convoitaient le même gibier que Ralph. Piqué au vif, ce dernier éperonna sa monture et eut tôt fait de les rattraper. Il les doubla au grand galop. Courtoisement, Guy et Beltain lui abandonnèrent le terrain et s'en retournèrent vers le village.

La fille continuait de courir, comme si la peur lui donnait des ailes. Une folle frénésie s'empara de Ralph. Il imaginait déjà les douces courbes féminines et la chaleur moite de ce corps affriolant.

Elle trébucha, et jeta un regard en arrière vers son poursuivant avant de reprendre sa course. Parvenu à sa hauteur, il se pencha pour l'arracher du sol et la coucher en travers de sa selle. Elle poussa un cri de révolte mais se cramponna à lui pour ne pas tomber. Tout en la maintenant plaquée contre ses cuisses, Ralph tira violemment sur les rênes pour arrêter sa monture.

La fille se démenait comme une diablesse, mais Ralph était trop fort pour elle. Il sauta de son cheval et la jeta par terre d’un geste brutal.

L'espace d'une seconde, ils se défièrent du regard, puis il la saisit aux cheveux et se laissa choir sur elle, tout en retroussant les jupons crottés. Elle se débattait mais il la cloua au sol d’une main, tandis que, de l’autre, il lui écartait les cuisses.

— Mes frères... ils vous tueront... ! haleta-t-elle.

Ralph la bâillonna d’un baiser impérieux, forçant les lèvres qui se refusaient. Il s’attarda un instant sur la poitrine généreuse de sa proie, avant d’aventurer la main vers le joyau de sa féminité.

— Ils vous tueront ! répétait-elle avec véhémence.

Elle gisait écartelée sous lui et Ralph perdit la tête. Il déchira le corsage, révélant les rondeurs exquises de la gorge nacrée. Autour du cou, elle portait une sorte de petite bourse qu’il regarda avec étonnement. Profitant de ce répit, elle tenta de lui labourer le visage de ses ongles, mais il saisit le fin poignet au vol et le broya cruellement, lui arrachant un gémissement sourd.

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