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La ferme des dragons



Description ajoutée par Zinthia 2013-03-17T16:43:25+01:00

Résumé

Un dragon dans la grange, un troupeau de licornes dans le champ, un singe volant...

Tyler et Lucinda ne sont pas au bout de leurs surprises!

Tyler et sa soeur sont désespérés. Ils vont devoir passer tout l'été dans la ferme de leur oncle Gédéon ! Ils imaginent déjà les corvées et les longues heures d'ennui... Mais dès leur première visite de la Ferme Ordinaire, Tyler et sa soeur se rendent vite compte que ce séjour ne ressemblera pas du tout à ce qu'ils avaient imaginé !

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Classement en biblio - 85 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par feedesneige 2016-03-16T22:48:55+01:00

PROLOGUE

UNE POIGNÉE D'OS

Colin examina la porte du petit salon, pas étonné qu’elle soit fermée à clé. De toute façon, il n’avait pas prévu d’y entrer. Il se mit à genoux et regarda par le trou de la serrure.

Sa mère, Gédéon et M. Walkwell étaient réunis dans la pièce. La lumière du jour éclairait le vitrail représentant Ève dans le jardin d’Éden, avec la pomme, l’arbre et le serpent. On avait donné au serpent la plus grande importance : la créature s’étirait sur toute la largeur du vitrail et redescendait du côté gauche jusqu’en bas. Comparé à Ève et à l’arbre, il brillait et étincelait comme la vitrine d’une bijouterie de luxe.

Ce salon ne servait pratiquement jamais. La dernière fois que Colin y était entré, la poussière l’avait sacrément démangé. Il regretta aussitôt cette pensée : son nez le chatouillait à présent comme s’il nageait dans un nuage de poussière et il était près d’éternuer… Il imaginait déjà les conséquences… à la moindre faille, sa mère ne ferait preuve d’aucune indulgence.

Colin se pinça le nez et retint son souffle, étouffant un éternuement par la seule force de sa volonté. Sa mère le lui rappelait chaque fois : les punitions qu’elle lui infligeait étaient censées « lui apprendre à se conduire correctement ». Il n’avait jamais compris ce que cela pouvait bien vouloir signifier. La seule chose qu’il retenait était la crainte de se faire prendre.

Il réprima enfin son envie d’éternuer : un véritable exploit. Il relâcha son nez et appuya l’oreille contre le trou de la serrure.

— J’ai invité deux personnes à venir à la ferme cet été, disait Gédéon. Ce sont des parents éloignés, une nièce et un neveu, à deux ou trois générations près, peu importe. Ce sont des enfants, alors peut-être que ce sera une bonne chose pour Colin.

— Des étrangers, dit M. Walkwell d’un ton bourru. Ce n’est jamais une bonne chose, Gédéon.

— Des intrus, dit doucement la mère de Colin, bien que sa voix soit plus dure que d’ordinaire.

Aussitôt, Gédéon rétorqua d’un ton sec :

— Ce ne sont pas des intrus. Ce sont des parents à moi, si ce n’est pas trop vous demander.

M. Walkwell, le responsable de la ferme, s’exprimait comme d’habitude, d’une voix mélodieuse et aussi énigmatique. Colin dut tendre l’oreille pour saisir ses paroles :

— Mais, Gédéon, pourquoi faire venir ces étrangers même s’ils sont de votre famille ? Pourquoi maintenant ?

— C’est ma décision, répondit Gédéon avec humeur. Comment osez-vous me contredire ?

— Bien sûr que non !

Colin entendit sa mère repousser son fauteuil et traverser la pièce. Les bruits de pas le firent tressaillir – il manqua pivoter et s’enfuir en courant – mais elle s’arrêta avant d’atteindre la porte. Elle s’était seulement levée pour poser la main sur l’épaule de Gédéon, un geste fréquent quand le maître de la ferme était contrarié.

— Nous savons que vous avez dû réfléchir longuement à la question, Gédéon. Mais nous ne comprenons pas, c’est tout. Et nous nous soucions de cet endroit presque autant que vous.

— Je n’ai plus le choix. (Gédéon semblait à bout.) Je suis à court d’argent. J’ai reçu… plusieurs courriers d’avocat. Des menaces. Je subis des pressions dont vous n’avez pas idée.

— Alors, dites-les-nous, répondit la mère de Colin. Nous sommes davantage que de simples employés, Gédéon. Vous le savez.

— Non, je ne peux rien vous dire ! Et arrêtez de mettre le nez dans mes affaires !

Gédéon ne donnerait pas d’autres explications. C’était toujours comme ça avec lui : le vieil homme gardait plein de stupides secrets égoïstes.

« Mais ses secrets dirigent notre vie ! pensa le petit garçon, furieux. Ce n’est pas seulement sa ferme : nous vivons ici, nous aussi ! »

La porte d’entrée de la maison grinça et s’ouvrit. Colin bondit et fila vers le grand escalier, priant pour que celui qui venait d’entrer ne le remarque pas dans la pénombre. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il entendit alors une voix chanter doucement en allemand et cessa de trembler. C’était seulement Sarah, la cuisinière, qui se dirigeait vers les cuisines. Une fois la porte refermée, le silence revint.

Colin retourna à son poste juste à temps pour entendre Gédéon.

— … sont des enfants. J’en suis heureux ! Ce sera plus facile de les contrôler.

M. Walkwell répliqua :

— Ou bien leur faire courir un danger encore plus grand.

— Aucun de vous ne comprend, répondit Gédéon. Je suis traqué et ce n’est pas la première fois. Mais je protégerai cette ferme… au prix de ma vie !…

Silence. Colin regardait les grains de poussière danser dans les rayons de soleil qui filtraient du dehors.

Sa mère reprit la parole.

— Est-ce que vous avez peur que quelqu’un vous prenne la ferme ? C’est difficile, je sais, mais peut-être que… (Même la mère de Colin, aussi brave qu’une lionne, craignait manifestement de finir sa phrase.) Vous devriez songer, peut-être simplement songer, à vous remarier ?

— Vous êtes folle ? s’emporta Gédéon. Ça ne vous regarde pas !

Tout à coup, Colin entendit les pieds d’une chaise crisser sur le sol. Surpris, il se précipita à nouveau dans l’ombre sous l’escalier.

La porte s’ouvrit en grand, et Gédéon quitta la pièce avec fracas, pieds nus, le visage rouge de colère, les pans de sa robe de chambre claquant dans son sillage. M. Walkwell apparut à son tour et retourna à la ferme. La mère de Colin referma alors le petit salon aussi soigneusement que si elle quittait la chambre d’un malade. Elle passa devant Colin sans le voir avant de s’arrêter juste devant la porte des cuisines.

— Colin, dit-elle sans se retourner, n’as-tu rien de mieux à faire que d’espionner les grandes personnes ?

Le garçon resta prostré, haletant, longtemps après son départ, comme si sa mère venait de lui lancer un coup de poing dans le ventre. Enfin, il réussit à se relever et s’élança derrière elle, se haïssant de réagir de la sorte mais incapable de faire autrement. Il lui expliquerait, il lui dirait que ce n’était qu’un accident. Elle ne le punirait sans doute pas pour cela ?PROLOGUE

UNE POIGNÉE D'OS

Colin examina la porte du petit salon, pas étonné qu’elle soit fermée à clé. De toute façon, il n’avait pas prévu d’y entrer. Il se mit à genoux et regarda par le trou de la serrure.

Sa mère, Gédéon et M. Walkwell étaient réunis dans la pièce. La lumière du jour éclairait le vitrail représentant Ève dans le jardin d’Éden, avec la pomme, l’arbre et le serpent. On avait donné au serpent la plus grande importance : la créature s’étirait sur toute la largeur du vitrail et redescendait du côté gauche jusqu’en bas. Comparé à Ève et à l’arbre, il brillait et étincelait comme la vitrine d’une bijouterie de luxe.

Ce salon ne servait pratiquement jamais. La dernière fois que Colin y était entré, la poussière l’avait sacrément démangé. Il regretta aussitôt cette pensée : son nez le chatouillait à présent comme s’il nageait dans un nuage de poussière et il était près d’éternuer… Il imaginait déjà les conséquences… à la moindre faille, sa mère ne ferait preuve d’aucune indulgence.

Colin se pinça le nez et retint son souffle, étouffant un éternuement par la seule force de sa volonté. Sa mère le lui rappelait chaque fois : les punitions qu’elle lui infligeait étaient censées « lui apprendre à se conduire correctement ». Il n’avait jamais compris ce que cela pouvait bien vouloir signifier. La seule chose qu’il retenait était la crainte de se faire prendre.

Il réprima enfin son envie d’éternuer : un véritable exploit. Il relâcha son nez et appuya l’oreille contre le trou de la serrure.

— J’ai invité deux personnes à venir à la ferme cet été, disait Gédéon. Ce sont des parents éloignés, une nièce et un neveu, à deux ou trois générations près, peu importe. Ce sont des enfants, alors peut-être que ce sera une bonne chose pour Colin.

— Des étrangers, dit M. Walkwell d’un ton bourru. Ce n’est jamais une bonne chose, Gédéon.

— Des intrus, dit doucement la mère de Colin, bien que sa voix soit plus dure que d’ordinaire.

Aussitôt, Gédéon rétorqua d’un ton sec :

— Ce ne sont pas des intrus. Ce sont des parents à moi, si ce n’est pas trop vous demander.

M. Walkwell, le responsable de la ferme, s’exprimait comme d’habitude, d’une voix mélodieuse et aussi énigmatique. Colin dut tendre l’oreille pour saisir ses paroles :

— Mais, Gédéon, pourquoi faire venir ces étrangers même s’ils sont de votre famille ? Pourquoi maintenant ?

— C’est ma décision, répondit Gédéon avec humeur. Comment osez-vous me contredire ?

— Bien sûr que non !

Colin entendit sa mère repousser son fauteuil et traverser la pièce. Les bruits de pas le firent tressaillir – il manqua pivoter et s’enfuir en courant – mais elle s’arrêta avant d’atteindre la porte. Elle s’était seulement levée pour poser la main sur l’épaule de Gédéon, un geste fréquent quand le maître de la ferme était contrarié.

— Nous savons que vous avez dû réfléchir longuement à la question, Gédéon. Mais nous ne comprenons pas, c’est tout. Et nous nous soucions de cet endroit presque autant que vous.

— Je n’ai plus le choix. (Gédéon semblait à bout.) Je suis à court d’argent. J’ai reçu… plusieurs courriers d’avocat. Des menaces. Je subis des pressions dont vous n’avez pas idée.

— Alors, dites-les-nous, répondit la mère de Colin. Nous sommes davantage que de simples employés, Gédéon. Vous le savez.

— Non, je ne peux rien vous dire ! Et arrêtez de mettre le nez dans mes affaires !

Gédéon ne donnerait pas d’autres explications. C’était toujours comme ça avec lui : le vieil homme gardait plein de stupides secrets égoïstes.

« Mais ses secrets dirigent notre vie ! pensa le petit garçon, furieux. Ce n’est pas seulement sa ferme : nous vivons ici, nous aussi ! »

La porte d’entrée de la maison grinça et s’ouvrit. Colin bondit et fila vers le grand escalier, priant pour que celui qui venait d’entrer ne le remarque pas dans la pénombre. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il entendit alors une voix chanter doucement en allemand et cessa de trembler. C’était seulement Sarah, la cuisinière, qui se dirigeait vers les cuisines. Une fois la porte refermée, le silence revint.

Colin retourna à son poste juste à temps pour entendre Gédéon.

— … sont des enfants. J’en suis heureux ! Ce sera plus facile de les contrôler.

M. Walkwell répliqua :

— Ou bien leur faire courir un danger encore plus grand.

— Aucun de vous ne comprend, répondit Gédéon. Je suis traqué et ce n’est pas la première fois. Mais je protégerai cette ferme… au prix de ma vie !…

Silence. Colin regardait les grains de poussière danser dans les rayons de soleil qui filtraient du dehors.

Sa mère reprit la parole.

— Est-ce que vous avez peur que quelqu’un vous prenne la ferme ? C’est difficile, je sais, mais peut-être que… (Même la mère de Colin, aussi brave qu’une lionne, craignait manifestement de finir sa phrase.) Vous devriez songer, peut-être simplement songer, à vous remarier ?

— Vous êtes folle ? s’emporta Gédéon. Ça ne vous regarde pas !

Tout à coup, Colin entendit les pieds d’une chaise crisser sur le sol. Surpris, il se précipita à nouveau dans l’ombre sous l’escalier.

La porte s’ouvrit en grand, et Gédéon quitta la pièce avec fracas, pieds nus, le visage rouge de colère, les pans de sa robe de chambre claquant dans son sillage. M. Walkwell apparut à son tour et retourna à la ferme. La mère de Colin referma alors le petit salon aussi soigneusement que si elle quittait la chambre d’un malade. Elle passa devant Colin sans le voir avant de s’arrêter juste devant la porte des cuisines.

— Colin, dit-elle sans se retourner, n’as-tu rien de mieux à faire que d’espionner les grandes personnes ?

Le garçon resta prostré, haletant, longtemps après son départ, comme si sa mère venait de lui lancer un coup de poing dans le ventre. Enfin, il réussit à se relever et s’élança derrière elle, se haïssant de réagir de la sorte mais incapable de faire autrement. Il lui expliquerait, il lui dirait que ce n’était qu’un accident. Elle ne le punirait sans doute pas pour cela ?

— Pourquoi on ne peut pas rester avec Papa ? demanda tout à coup Tyler.

— Parce que votre père est dans un endroit très important avec sa nouvelle famille, ou en tout cas, c’est ce qu’il dit. (Elle fronça les sourcils.) Personnellement, je crois que cette femme le fait marcher à la baguette.

— Il ne veut pas de nous et toi non plus, dit Lucinda d’un air malheureux. Nos deux parents sont en vie et pourtant on est orphelins.

Tyler vit, presque impressionné, Maman réussir à se calmer une fois de plus : elle devait avoir recommencé à lire des magazines sur l’éducation des enfants.

— Bien sûr que je vous veux avec moi, dit-elle. Et je comprends que vous soyez en colère. Mais depuis que votre père est parti, c’est difficile. Je ne peux pas être vos deux parents à la fois. Comment pourrais-je trouver quelqu’un d’autre si je passe mon temps à la maison en peignoir, à ne rien faire à part me disputer avec mes enfants ?

— Mais pourquoi dois-tu trouver quelqu’un ? demanda Lucinda. Pourquoi ?

— Parce que le monde est dur. Et parce que je me sens seule, tu sais ? (Maman leur adressa à tous les deux son regard « courageuse mais sur le point de pleurer » le plus sincère.) Pour une fois, vous ne pouvez pas m’aider ?

— Mais pourquoi dois-tu trouver quelqu’un ? demanda Lucinda. Pourquoi ?

— Parce que le monde est dur. Et parce que je me sens seule, tu sais ? (Maman leur adressa à tous les deux son regard « courageuse mais sur le point de pleurer » le plus sincère.) Pour une fois, vous ne pouvez pas m’aider ?

— En disparaissant ? fit Lucinda, qui perdit son calme une fois de plus. En déménageant au Château Pue-des-Pieds et en passant l’été entier à regarder Martin et Anthony jouer à Star Wars et faire des bulles avec leur nez ?

Maman leva les yeux au ciel.

— Ne pouvez-vous jamais rien faire qui ne soit pas exactement ce que Vos Altesses désirent ? (Elle marqua une pause, observant la lettre ouverte sur ses genoux.) Gédéon ? Je ne me souviens pas d’un oncle Gédéon.

Lucinda avait pris le chat sur ses genoux, même si lui ne semblait pas vraiment d’accord. Quand Lucinda était contrariée, elle le caressait avec une telle frénésie que Tyler se disait qu’elle finirait par lui arracher sa fourrure.

— Il n’y a vraiment personne d’autre chez qui on pourrait passer les vacances ? demanda-t-elle. Pourquoi je ne peux pas rester chez Caitlin ? Sa famille a dit qu’elle était d’accord.

— Parce qu’ils n’ont pas de chambre pour Tyler et je ne veux pas qu’il reste tout seul avec les voisins, répondit Maman, mais elle lisait la lettre et ne leur prêtait guère attention.

Elle leva l’enveloppe et la regarda, puis revint à la lettre.

Tyler prit une mine renfrognée.

— Je préfère voir Martin Peirho manger ses crottes de nez que devoir rester l’été entier à vous écouter, toi et Caitlin, parler de garçons.

Sa sœur et ses amies passaient tout leur temps à discuter des garçons à la télévision, de musiciens et d’acteurs, comme si elles les connaissaient personnellement, et des garçons de l’école comme s’il s’agissait des gars à la télévision. « Oh, je trouve que Barton n’est pas encore prêt à avoir une vraie relation, il n’a pas encore oublié Marlee. » Tyler détestait ça. Il aurait voulu un jeu vidéo où l’on pourrait chasser les pseudo-célébrités de ce genre pour les réduire en miettes. Ce serait trop génial.

— Eh bien, peut-être que tu n’auras pas à faire ça non plus.

Maman avait l’air étrange, comme si quelqu’un venait de lui donner de bonnes nouvelles inattendues, comme la fois où le professeur de Tyler lui avait dit à quel point elle aimait avoir Tyler dans sa classe, combien il travaillait durement en maths et à quel point il était bon en informatique. Tyler s’était senti fier, mais l’étonnement manifeste de sa mère l’avait poussé à se demander si elle ne le pensait pas stupide.

— Apparemment, vous avez un grand-oncle Gédéon. Gédéon Goldring. Un parent du côté de mon père, je suppose. Je me souviens plus ou moins de lui et d’une tante Grace, maintenant que j’y pense. C’est un fermier, c’est indiqué dans la lettre, il a une grande propriété au milieu de l’État et il aimerait que vous lui rendiez visite. Ça s’appelle la Vallée Banale. Je ne sais pas exactement où c’est…

Elle ne termina pas sa phrase.

— Quelle vallée ? demanda Lucinda. C’est qui, ce Gédéon ? Un vieux fou dont tu te souviens à peine et maintenant tu veux nous envoyer chez lui ?

— Arrête, Lucinda, laisse-moi donc un instant pour lire ça attentivement ! (Maman plissa les yeux.) La lettre dit qu’il avait l’intention d’entrer en contact avec moi depuis longtemps car nous sommes pour ainsi dire les derniers de la famille. Il dit qu’il est désolé de ne pas m’avoir contactée plus tôt. Et il dit qu’il comprend que j’ai deux beaux enfants. Ah ! (Maman partit de son rire le plus sarcastique.) C’est ce qui est écrit ici, je me demande qui lui a raconté ce bobard ? Et il veut savoir s’ils – vous deux – pourraient venir passer du temps avec lui cet été à la ferme. (Elle leva les yeux.) Eh bien ? Voilà qui résout tous nos problèmes, n’est-ce pas ?

Lucinda la regarda avec horreur.

— Une ferme ? On sera des esclaves, Maman ! Tu ne connais même pas ce gars, tu l’as dit, ce n’est peut-être même pas ton oncle. Peut-être qu’il veut seulement des enfants pour les exploiter à mort, traire des vaches et des cochons et n’importe quoi d’autre.

— Je suis presque certaine qu’il est de la famille de votre grand-père. Et on ne trait pas les cochons. (Maman reporta son attention sur la lettre.) Je ne crois pas, en tout cas.

— Alors maintenant tu veux nous envoyer dans un… ranch de la mort, dit Lucinda, presque pour elle-même, avant de laisser tomber ses cheveux devant ses yeux et de croiser à nouveau les bras sur son ventre.

Tyler n’aimait pas se disputer, mais cette idée ne l’enchantait pas plus que sa sœur.

— Pas un ranch, une ferme.

Il se souvint tout à coup d’une image dans un livre, une cabane délabrée au milieu d’un champ de cailloux immense, un endroit aussi désert que la surface de la lune. Et puis, les fermes n’avaient sans doute pas Internet.

— Je n’irai sûrement pas tout l’été dans une ferme barbante.

Il croisa les bras sur la poitrine.

— Ne soyez pas aussi obtus, répondit Maman. Qui sait, vous pourriez vraiment vous amuser. Vous pourriez… vous promener en charrette. Vous pourriez même apprendre quelque chose.

— Ouais, dit Lucinda. Apprendre à être picoré à mort par des poules, par exemple. Ou apprendre comment les gens violent les lois concernant le travail des enfants.

Tyler se pencha et saisit la lettre pour examiner l’étrange écriture en pattes de mouche. Au dos de l’enveloppe, un petit dessin représentait deux lettres entremêlées, on aurait dit un F et un O, et une adresse d’expéditeur qui expliquait ces deux lettres et confirma ses pires craintes.

— Maman, regarde ça ! dit-il en tendant la lettre. Oh, mon Dieu, regarde le nom de cet endroit ! La Ferme Ordinaire !

— Oui, ça a l’air bien, n’est-ce pas ? dit-elle.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par JFanny 2017-04-19T16:56:16+02:00
Lu aussi

J'ai eu du mal à finir ce livre, l'idée est pas mal mais je n'ai pas du tout accroché aux personnages et au style d'écriture, ça aurais pu être bien plus intéressant.

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Commentaire ajouté par mayartemis 2017-01-30T14:26:48+01:00
Lu aussi

Tyler et sa sœur Lucinda vont passer les pire grandes vacances de leur vie, ils en sont persuadés ! Un été barbant à s'occuper des animaux de leur oncle Gédéon, un oncle qu'ils ne connaissaient pas du tout avant qu'il les invite à venir séjourner dans sa ferme. Mais Tyler et Lucinda vont découvrir que cette ferme que l'on nomme pourtant la Ferme Ordinaire n'est vraiment pas comme les autres.

C'est une histoire ambitieuse et qui promet de chouettes aventures que nous offrent ainsi Tad Williams et Deborah Beale. Dès les premières pages, le lecteur a vraiment hâte de retrouver toutes ces créatures fabuleuses dont on sait l’existence grâce au titre du livre. Mais le récit est malheureusement assez peu centré sur ces créatures. Ce qui intéresse les auteurs, c'est avant tout la ferme, car celle-ci est située dans un endroit très particulier que je vais vous laisser découvrir par vous même. Ainsi, après avoir sommairement découvert l'existence des créatures fantastiques dont la ferme s'occupe, Tyler et sa sœur vont tenter de percer les origines de cette ferme. On découvre ainsi une aventure plus proche d'un polar qu'autre chose, de nombreux mystères planent autour de cette ferme et de son créateur, mystères que les enfants vont tenter d'élucider.

Outre cette petite déception, j'ai surtout été franchement agacée par les personnages. Tyler et Lucinda sont des adolescents insupportables et bourrés de clichés. Car c'est connu, tous les garçons sont bornés et fans de jeux vidéos, et les filles sont toutes hystériques et ne parlent que de garçons... Mais les réactions des adultes m'ont elles aussi très souvent paru exagérées. Certaines scènes sont tout simplement très brouillonnes tant les attitudes de certains personnages sont incohérentes.

On continue pourtant à lire car l'action est vraiment au rendez-vous ! Malgré quelques moments lents lorsque Tyler et Lucinda rassemblent leurs différentes idées pour essayer de comprendre ce qui se passe dans cette ferme, on est vraiment pris par le récit et on a hâte de découvrir la suite. Certains passages relèvent du véritable thriller et on se prend à ne plus respirer !

Dans l'ensemble c'est une lecture que j'ai plutôt apprécié même si je ne m'attendais pas exactement à cela et que je n'ai pas aimé les personnages. C'est une histoire efficace car elle reprend beaucoup de choses classiques dans la littérature jeunesse, et qui du coup plaira beaucoup aux adolescents qui se plongeront très facilement dans le récit.

http://bookshowl.blogspot.fr/2017/01/la-ferme-des-dragons-tome-1-tad.html

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Commentaire ajouté par Kikiis 2016-05-24T19:23:24+02:00
Lu aussi

J'ai bien aimé ce livre. Simple à lire et divertissant.

Seulement, je ne sais pas où le/la traducteur/traductrice avait la tête, moi-même j'aurais pu traduire le titre correctement : "La Ferme Ordinaire" et non "La Ferme des Dragons". D'autant plus qu'il n'y a plus de rapport avec le titre...

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Commentaire ajouté par Mustang26 2016-02-24T09:43:12+01:00
Argent

Je n'ai pas beaucoup apprécié ce livre... Au début c'était bien mais après, il y a eu vraiment trop de créatures magiques pour moi. Et en plus je trouve que le titre ne correspond pas à l'histoire: c'est vrai, il y a un dragon dans une ferme mais ce n'est pas l'essentiel.

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Commentaire ajouté par poussinette88 2015-11-24T19:18:34+01:00
Argent

Un livre sympa à lire avec plein de mystère. J'ai été captivité du début à la fin. S'il y a une suite je pense que je la lirais car il peut arriver tellement d aventure à lucide et tyler

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Commentaire ajouté par 327e 2015-03-29T18:25:29+02:00
Pas apprécié

Pâle copie de Fablehaven..

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Commentaire ajouté par aureane 2015-03-29T13:20:40+02:00
Argent

Livre sympa, avec une ferme.... on ne peut plus étrange ! ;) Tyler et Lucinda sont attachant, de vrai ados ! Mais ils s'assagissent durant ce tome !

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Commentaire ajouté par mimine181 2015-02-21T10:59:36+01:00
Pas apprécié

Tiens, des frères et sœurs? Comme dans fablehaven. Tiens un dragon dans une grange? Dans fablehaven c'est une vache géante dans une grange! Tiens c'est leur première visite et ils découvrent pleins de trucs extraordinaires? Dans fablehaven aussi, où est le fail? fablehaven étant sorti en 2009 il me semble et la ferme des dragons en 2013, on se demande qui à copié sur qui. è_é

Rendez moi mon argent ! >_<

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Commentaire ajouté par VentGris 2014-08-05T15:45:31+02:00
Pas apprécié

Je n'ai pas tellement aimé, mais j'imagine que c'est question de goût

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Commentaire ajouté par BlackBeauty01 2014-02-26T14:46:59+01:00
Bronze

J'ai bien aimé ce livre. Mereset et les autres bêtes sont très attachantes. J'espère qu'il y aura une suite!

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Date de sortie

La ferme des dragons

  • France : 2013-03-21 (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 85
Commentaires 16
Extraits 2
Evaluations 18
Note globale 7.56 / 10

Évaluations

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