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La Fille des Templiers, Tome 2



Description ajoutée par TERVERCHANTAL 2018-10-15T15:20:22+02:00

Résumé

"Tous qui avez péché par orgueil, par cupidité, vous mourrez. Et Flore Dupin délivrera le baume sacré à qui, d'une autre lignée, l'aura mérité !"

Ainsi s'est abattue la malédiction sur les derniers Capétiens, coupables d'avoir fait brûler en place publique le grand maître de l'ordre du Temple.

Charles IV doit retrouver à tout prix cette Flore qui détiendrait le secret des Templiers : la clé, pour tout souverain, de la protection divine. Le début d'une traque implacable, des palais parisiens aux faubourgs de Londres.

Alors que l'étau se resserre autour de Flore, la rumeur enfle : et si la jeune femme avait pour mission de remettre le baume sacré au prince d'Angleterre ?

Un seul roi pour les deux royaumes.

L'ultime vengeance....

Des rois maudits, une confrérie mystérieuse, des femmes de courage, avec ce tome II de La fille des Templiers, Mireille Calmel nous révèle l'extraordinaire dénouement d'un grand roman d'aventure.

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Classement en biblio - 48 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par magaliB 2019-05-30T11:50:27+02:00

2.

Paris.

Place de Grève.

Jeanne de Dampierre jetait des regards angoissés de toutes parts. Elle collait à sa mère dans cette foule qui commentait à présent la mort du meunier de Rethel. Ne pouvant aider Flore pour l’instant, toutes deux ne songeaient plus qu’à échapper au cordon de sergents qui les enserrait. Il leur fallait coûte que coûte atteindre cette rue à l’angle du bâtiment de la guilde des Marchands de l’eau. De là, raccrochant à leur intention première qui les avait menées en place de Grève, elles rejoindraient le vieux cimetière templier, se glisseraient dans l’un de ses caveaux et disparaîtraient par le souterrain qu’il dissimulait.

Mais se frayer un chemin parmi cette populace était aussi difficile que d’éviter de se faire prendre. Tendues, elles se faufilèrent entre des étudiants, qui, suant sous l’épaisseur de leur robe, débattaient des effets de l’étranglement sur la survie de l’âme. S’efforcèrent de contourner deux marchandes aux joues rougies et aux rondeurs qui trahissaient l’opulence. Le rire gras, le verbe haut, elles se demandaient si étrangler un peu leurs maris ne leur ferait pas remonter le vit.

La comtesse de Rethel les foudroya d’un œil noir. La mort, injuste, de son meunier pesait sur sa conscience. Elle n’avait pas pu s’y opposer, pas réussi à tuer Robert Gui, pas réussi non plus à empêcher que Flore soit capturée par ce moine, sous ses yeux.

Elle se démena pour gagner la ruelle. Il était hors de question que sa fille soit prise aussi. À cette heure, de lourdes charges pesaient sur elle. Jeanne avait envoûté Charles IV à l’aide d’une plume de colombe, assassiné le garde qui l’avait surprise tandis qu’elle fuyait après l’avoir déposée sur l’oreiller du roi. Désormais, les grands du royaume la croyaient responsable de la malédiction lancée contre les Capétiens, complice de Flore Dupin. L’amour que lui portait le roi, fût-il exacerbé par le sortilège, risquait fort d’être insuffisant pour la sauver.

Un regard alentour lui montra les lanciers, trop près d’elles. Eux aussi gagnaient du terrain sur la foule.

— Presse-toi, lança-t-elle à Jeanne qui la talonnait.

Par-delà les têtes tonsurées, coiffées, casquées ou chapeautées, elles pouvaient apercevoir l’entrée de la rue, à une centaine de coudées. Dominant les toits qui bordaient la place, l’ancienne tour du Temple indiquait la proximité du cimetière.

Elles jouèrent des coudes, avec l’impression de sentir le souffle des sergents dans leur dos, sur leurs flancs. Étrangement pourtant, aucun d’eux ne se trouvait devant. Elles en comprirent brutalement la raison : une troupe de bohémiens s’était installée dans l’angle de la place. Leurs carrioles bariolées étaient disposées de part et d’autre de la voie qu’elles espéraient emprunter.

Prenant tout l’espace, jongleurs, musiciens, acrobates se donnaient en spectacle. Parmi eux, la bouche peinte, le corps moulé dans une cotte rouge, une jeune femme ondulait au rythme des vièles, des tambourins et des cymbales. Profitant de l’attroupement qu’elle suscitait, une vieille femme au visage parcheminé, chevelure immaculée sous son foulard, singe sur l’épaule, saisissait des paumes pour en décrypter les lignes.

— Une idée, mère ? s’enquit Jeanne, craignant que les saltimbanques ne leur interdisent de passer au milieu d’eux, les retardant suffisamment pour permettre aux sergents de les empoigner.

— Mieux que cela, répliqua la comtesse, l’œil soudain pétillant… une intuition. Viens ! ajouta-t-elle en lui attrapant la main.

Jeanne se retrouva emportée par son élan. Tout aussitôt pourtant, elle se crispa. Un nain venait d’ouvrir la cage d’un ours brun. Pataud, l’animal se mit à descendre le marchepied, répondant à l’appel d’un géant débonnaire. D’autant plus inquiète de les trouver tous deux sur leur route, Jeanne lança un regard à sa mère. Elle aussi n’avait d’yeux que pour cette boule de muscles et de poils.

Elle cherche sûrement une solution pour l’éviter.

— Mère ? insista-t-elle, espérant qu’elle la lui donnerait vite.

La comtesse ne répondit pas, continuant de se rapprocher du groupe qui, à présent, leur faisait signe de reculer. Derrière elles, les lanciers hurlaient qu’on les retienne, qu’on les arrête. L’ours fut-il incommodé par leurs cris ? Jeanne le vit soudain s’immobiliser devant son maître, comme frappé, puis se dresser sur ses pattes arrière. Il devint immense, arrachant stupeur et tremblements aux badauds qui s’écartaient devant elles.

Cela fait sûrement partie du spectacle, voulut-elle se rassurer.

La réaction des bohémiens lui prouva le contraire. Le nain lâcha ses massues, le géant tapa dans ses mains tout en levant la voix, tandis que deux des musiciens abandonnaient leurs instruments. Jeanne s’efforça au calme. À sa grande surprise, sa mère s’était révélée une guerrière. Elle devait lui faire confiance. Mais elle voyait ce monstre se rapprocher et ne savait de quelle manière elles pourraient l’éviter. L’ours griffa l’air en direction de son maître qui tentait de le dompter.

— Mère ?

Elle n’obtint pas davantage de réponse.

— Reculez ! Reculez ! s’écria la danseuse, blême, en s’interposant.

— Vous, reculez ! ordonna la comtesse.

Jeanne ne sut si elle devait s’en réjouir ou s’en affoler, mais la bohémienne s’effaça. L’ours repoussait à présent les hommes qui tentaient de le rabattre vers sa cage. Une pique s’envola, une deuxième se disloqua sous un coup de patte. À tout moment il pouvait arracher une tête. Celle de sa mère, la sienne. Comme pour la conforter dans sa frayeur, l’animal vint se poster, vindicatif, devant l’entrée de la ruelle, leur en barrant le passage.

Depuis quelques secondes déjà, c’était la débandade. Un regard en arrière révéla à Jeanne les sergents empêtrés parmi les badauds qui fuyaient, luttant pour garder leur équilibre, leurs lances, leur progression.

À l’instant où elle se demandait si elle ne préférerait pas se mesurer à eux plutôt que d’affronter la bête, sa mère se figea. Vingt pas, à peine, les en séparaient. Jeanne se sentit minuscule. L’ours les dominait d’une bonne demi-toise, lançait des grognements, montrait ses dents.

— N’allez pas plus loin ! intervint un homme à la longue chevelure blanche.

Il semblait tout aussi terrifié qu’elle.

— Laisse-les passer, Tonio.

Jeanne suivit le regard de sa mère, accrocha celui, presque blanc, de l’Aïeule qui avait parlé.

Celle-ci répéta, d’une voix calme :

— Il ne leur fera rien. Laisse-les passer.

Les bohémiens s’écartèrent dans un silence religieux. L’animal ouvrait toujours une gueule énorme de laquelle s’échappaient des borborygmes terrifiants.

— Souviens-toi de l’histoire de Colombe, souviens-toi des images que tu as vues dans la crypte de l’abbaye de Sens, murmura la comtesse.

Jeanne se retrouva projetée deux jours en arrière, alors qu’elle observait les mosaïques qui racontaient le martyre de la sainte. L’une d’elles dépeignait comment un ours s’était brusquement dressé devant des lanciers pour protéger Colombe. Et soudain elle comprit. Sa mère avait appelé un miracle pour les protéger des soldats. Comme Colombe avant elle.

Jeanne lui retourna son sourire. Elles avancèrent en même temps, cherchant le regard de l’animal. Il le baissa sur elles, pencha la tête de côté, se décala d’un pas, puis d’un autre.

— Filons, lança la comtesse, une fois qu’elles furent passées.

Un grondement les fit malgré tout se retourner. L’animal venait de se replacer à l’entrée de la ruelle. Cela ne durerait qu’un moment, celui qu’il faudrait au charme pour cesser.

Lors, elles filèrent en direction du vieux cimetière templier.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par CindySB 2020-04-10T17:01:16+02:00
Lu aussi

Une excellente suite et fin. Elle tourne légèrement en rond avec Flore qui est capturée, puis libérée, puis capturée... Et de même avec Jeanne. De fait, cet opus se passe énormément en poursuite. Mais le mystère y est intéressant, et les personnages sont toujours aussi appréciables, tout comme.le contexte historique. Les révélations sur Flore sont un peu tirées par les cheveux et il faut aller les chercher loin, mais l'explication tient la route et résout toutes les énigmes. Tant que le récit demeure cohérent, je suis satisfaite.

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Lu aussi

La chaleur accablante de ce plein midi écrasait les badauds sur la place de Grève pour assister à l'exécution du jeune meunier de Rethel.

Les badauds se réjouissent du sort du pauvre malheureux sacrifié par le roi de France Charles IV. Pour tenter de renvoyer la malédiction qui pesait sur le royaume depuis 8 ans.

Depuis que Philippe Le Bel avait iradiqué l'ordre du Temple dans l'espoir de son trésor depuis qu'il avait fait brûlé Jacques de Molay, son grand maître, sur l'île aux juifs.

Robert Gui jubilait voir Flore perdue au milieu de la foule sous la menace de son homme de main.

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Commentaire ajouté par barreiro 2020-01-02T13:39:05+01:00
Diamant

Une suite à la hauteur du premier tome, j'ai courru pour avoir la suite de ce deuxième tome car avide de connaître la fin de la fille des Templiers. Merci Mireille Calmel un auteur très prometteur..

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Commentaire ajouté par magaliB 2019-05-30T11:43:53+02:00
Or

Excellent ! J'adore Mireille Calmel. L'histoire nous entraîne dans les pas de Flore et des Templiers. Avec les dessous de l'histoire des Rois maudits. Mystère, vengeance, manipulation de la cour, amour tout y est. Mais je mets un petit bémol, c'est pour cela que je le classe en "Or", bien que l'histoire m'ai emportée. La fin est bâclée, trop rapide, avec un épilogue. A la veille de la guerre de Cent ans. L'auteur nous réserve peut-être une suite...

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Argent

2 juillet 1322.

Sur la place de Grève, Flore Dupin assiste avec impuissance à l’exécution de son fiancé.

Traqué par les sbires de Charles IV, elle ne peut compter que sur l’aide d’alliés comme Armand d’Arcourt, un Templier, Jeanne d’Ampierre, la maîtresse de Charles IV et sa mère, la Comtesse de Rethel.

Le passé la rattrape et l’étau se resserre sur Flore et ses amis.

Pour conjurer la malédiction, ils sont prêts à tout pour que la guerre entre la France et l’Angleterre cesse ne laissant qu’un seul roi pour diriger deux royaumes.

Flore arrivera-t-elle à sauver sa vie et celle de ses amis ?

Arrivera-t-elle à mettre fin à cette malédiction qui a détruit sa vie ?

Mireille Calmel a le don de projeter son lecteur sur les lieux de ses romans et celui-ci ne déroge pas à la règle. Fourmillant de détails sur les lieux, les paysages…, c’est un pur bonheur de lecture !

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Commentaire ajouté par Silgalia 2019-05-11T16:45:01+02:00
Diamant

superbe

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Or

J'ai bien aimé ce 2ème tome. On apprend beaucoup de choses sur le personnage principal et sur son passé. On apprend aussi pas mal de choses sur les Templiers.

J'aime beaucoup la plume de l'auteure et je compte me lancer dans son autre série, Les Lionnes de Venise.

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Commentaire ajouté par CaelFlo 2019-01-19T17:05:51+01:00
Diamant

J ai adoré. Les fans de Mireille Calmel (comme moi) et de sa plume fine trouveront leur bonheur. Cette histoire médiévale est captivante et addictive .

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Dates de sortie

La Fille des Templiers, Tome 2

  • France : 2018-10-31 (Français)
  • France : 2019-11-21 - Poche (Français)

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