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Extrait ajouté par RMarMat 2016-05-01T20:45:37+02:00

La guerre contre la drogue. Ce pourquoi je me suis battu toute ma putain de vie, et pour quel résultat ?

Des milliards de dollars dépensés en pure perte pour empêcher le passage des drogues à travers la frontière la plus poreuse de la planète ? Un dixième du budget antidrogue va à l'éducation et au traitement, neuf dixièmes au maintien de leur interdiction ? Et jamais suffisamment d'argent de nulle part pour s'attaquer aux raisons premières du problème des drogues proprement dit. Et des milliards dépensés pour garder bouclés entre quatre murs ceux qui enfreignent la législation, et des cellules tellement bondées que nous sommes obligés de libérer les assassins avant qu'ils aient purgé leur peine. Sans même parler du fait que deux tiers des infractions à la loi sont commises par des gens shootés à la came ou à l'alcool. Et nos solutions sont toujours les mêmes futiles non-solutions : construire de nouvelles prison, engager plus de policier, dépenser de plus en plus de milliards de dollars à ne pas guérir les symptômes pendant que nous ignorons la maladie. La plupart des gens de mon quartier qui veulent lâcher la dope n'ont pas les moyens de suivre un programme de traitement, parce que la plupart ne disposent pas d'une assurance-santé digne de ce nom. Et il y a une file d'attente de six mois à deux ans pour obtenir un lit dans les programmes de traitement du substitution. Nous dépensons pratiquement deux milliards de dollars à empoisonner les cultures de cocaïne et les enfants dans cette région, et il n'y a pas suffisamment d'argent au pays pour aider qui veut arrêter sa dépendance à la drogue. C'est de la folie furieuse.

Il est incapable de décider si la guerre contre la drogue est une absurdité obscène ou une obscénité absurde. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est qu'une farce, tragique et sanglante.

En mettant l'accent sur sanglante.

Tant de sang versé, tant de cadavres.

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Extrait ajouté par RMarMat 2016-04-18T13:01:07+02:00

L'amour de la couleur, de la nature, la joie de vivre, voilà ce qui le délecte dans cette variété mexicaine de christianisme, cette fusion parfaite d'un paganisme indigène et d'une foi émotionnelle et inébranlable en Jésus. Ce n'est pas la religion chiche et sèche de l'intellectualisme européen, avec sa haine du monde naturel. Non, les Mexicains ont une sagesse innée, une générosité spirituelle et des bras suffisamment longs pour embrasser avec chaleur ce monde et celui qui doit advenir.

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Extrait ajouté par Libertad 2013-12-03T23:48:46+01:00

La naissance de son fils n'a pas été mieux, juste différente, quand il a eu devant les yeux cette version miniature de lui-même. Et une épiphanie : il n'existe qu'une seule rédemption quand on a eu un mauvais père : être un bon père.

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Extrait ajouté par Libertad 2013-12-03T23:48:26+01:00

Il tend la main.

-Juan Parada.

-Nora.

Nora, rien de plus, remarque-t-il. Pas de nom de famille.

-Vous vivez au Mexique, Nora ?

-Non, je suis ici pour affaires.

-Et vous êtes dans qu'elle branche ?

Elle le regarde droit dans les yeux.

-Je suis call-girl.

-Je crains de ne pas ...

-Je suis une prostituée.

-Ah.

-Et vous, vous faites quoi ?

-Je suis prêtre, répond-il avec un sourire.

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Extrait ajouté par lelette1610 2017-09-20T14:49:43+02:00

On lui a fourré un gant de toilette dans la bouche, il a les yeux exorbités. Inutile d'être Sherlock Holmes pour comprendre qu'ils lui ont tranché les mains et l'ont laissé se vider de son sang

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-09T12:20:20+01:00

La DEA aurait aimé utiliser l’Agent orange, mais les Mexicains ont reculé. En conséquence de quoi elle utilise un nouveau composé, le 24-D, qui convient très bien aux Mexicains – la plupart du temps, glousse Keller –, parce que les gomeros s’en servent pour éliminer les mauvaises herbes autour des champs de pavot.

Les stocks sont donc déjà à disposition.

Ouais, se dit-il, c’est bien une opération mexicaine. Nous, Américains, ne sommes là que comme « conseillers ».

Comme au Vietnam.

Une seule différence : les casquettes de base-ball.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-09T12:20:05+01:00

District de Badiraguato

État du Sinaloa

Mexique

1975

Les pavots brûlent.

Des fleurs rouges, des flammes rouges.

Art Keller se dit qu’il n’y a qu’en enfer que les fleurs éclosent de flammes.

Il est assis sur une crête surplombant la vallée en feu. À contempler ce qui se passe en contrebas, il a l’impression de regarder dans une soupière fumante – il ne voit pas bien au travers de la fumée, mais ce qu’il distingue est une vision droit sortie des enfers.

Hieronymus Bosch en plein ouvrage sur la guerre contre la drogue.

Les campesinos – les paysans mexicains – fuient comme des lapins, serrant contre leur poitrine les rares biens qu’ils ont pu attraper au vol avant que les soldats n’incendient leur village. Poussant leurs enfants devant eux, ils transportent des sacs de nourriture, des photos de famille achetées à grand prix, des couvertures, quelques vêtements. Avec leurs chemises blanches et leurs chapeaux de paille jaunis de taches par la sueur, ils ressemblent à des spectres dans le brouillard de filmée.

N’était leur façon de s’habiller, Art pourrait se croire au Vietnam.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-09T12:19:53+01:00

Un cadavre gît, solitaire, contre le mur opposé. Un vieillard, le chef de la famille. Probablement le dernier à avoir été abattu. Après qu’on l’a obligé à assister au massacre de sa famille, avant d’être à son tour expédié ad patres. Un geste de charité ? Art s’interroge. Une charité d’esprit malade, oui. C’est alors qu’il remarque les mains du vieillard. On lui a arraché les ongles, avant de lui sectionner les doigts. La bouche est restée figée en un hurlement silencieux ; les doigts lui collent encore à la langue.

Sous-entendu : les tueurs ont estimé qu’un membre de la famille était un dedo, un doigt – un informateur.

Parce que c’est moi qui ai tout fait pour qu’ils le croient.

Que Dieu me pardonne.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-09T12:19:29+01:00

Dix hommes, trois femmes, six enfants.

Alignés contre le mur et abattus.

« Explosés » serait un mot plus juste. Explosés en menus morceaux par une volée irrépressible de balles. La quantité de sang au sol dépasse l’entendement. Une flaque immense, de la taille d’une grosse voiture, du sang noir coagulé sur plus de deux centimètres d’épaisseur. Des giclures écarlates sur les murs, la pelouse manucurée éclaboussée d’hémoglobine qui miroite, rouge et noire, sur les pointes du gazon. Un gazon dont les brins semblent de minuscules lames ensanglantées.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-09T12:19:12+01:00

Le bébé est mort dans les bras de sa mère.

À la manière dont gisent les deux cadavres – elle dessus, le bébé sous elle –, Art Keller comprend qu’elle a tenté de protéger son enfant en lui faisant un rempart de son corps. Elle devait pourtant savoir, songe-t-il, que la douceur de sa chair ne pourrait arrêter les balles – pas à cette distance, pas des rafales d’armes automatiques –, mais elle a dû agir d’instinct. Une mère s’interpose de tout son être entre son enfant et le danger. Elle s’est retournée, se vrillant sur elle-même à l’impact des projectiles, avant de s’écrouler sur son fils.

Croyait-elle vraiment pouvoir le sauver ? Peut-être pas, se dit Art. Peut-être avait-elle simplement cherché à épargner au bébé les éclairs de mort jaillissant du canon de l’arme. Peut-être voulait-elle lui offrir le réconfort de son sein comme dernière sensation en ce bas monde. En le nichant dans les tendres plis de l’amour.

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