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Pug portait sa tunique rouge vif, celle que Kulgan lui avait offerte, mais même cet habit-là paraissait bien pauvre par rapport a la tenue de la princesse. Elle était vêtue d’une robe de cavalière jaune brodée de noir, simple mais exquise, avec un chapeau assorti. Même en amazone, Carline était une cavalière-née, alors que Pug avait l’impression qu’il aurait mieux fait de marcher derrière sa jument avec une charrue. La bête avait la fâcheuse tendance de vouloir s’arrêter tous les quatre mètres pour brouter de l’herbe ou grignoter les buissons, sans s’occuper des coups frénétiques que Pug lui donnait dans les flancs, tandis que le cheval parfaitement dressé de la princesse répondait instantanément à la moindre caresse de sa cravache. Elle avançait en silence, sans faire attention aux bruyants efforts du garçon qui tentait de toute la force de sa volonté et de toutes ses compétences de cavalier d’obliger sa monture récalcitrante à avancer.

Pug commençait à sentir la faim le tenailler, ses rêves romantiques cédant le pas à son appétit d’adolescent de quinze ans. Plus ils avançaient et plus ses pensées se tournaient vers le panier du repas qui ballottait au pommeau de sa selle. Au bout d’une éternité, la princesse se tourna vers lui.

— Serviteur, que fais-tu comme métier ?

Pris de court par une telle question au bout d’un si long silence, Pug bégaya :

— Je... je suis l’apprenti de maître Kulgan.

Elle le fixa comme s’il était un insecte qui rampait dans son assiette.

— Oh ! C’est donc toi.

La vague étincelle d’intérêt qui s’était allumée dans ses yeux s’éteignit. La jeune fille se détourna de lui.

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Le héraut poursuivit sa litanie :

— Leurs Altesses royales les princes Lyam conDoin et Arutha conDoin, héritiers de la maison de Crydee ; capitaines des armées royales de l’Ouest ; princes de la maison royale de Rillanon.

Les deux jeunes hommes s’avancèrent et se placèrent derrière leur père. Ce dernier s’étant marié sur le tard, ses fils n’avaient que six et quatre ans de plus que les apprentis, mais il n’y avait pas que l’âge qui distinguait les jeunes nobles des candidats à l’apprentissage. Autant les deux princes semblaient calmes et sûrs d’eux-mêmes, autant les garçons semblaient terriblement mal à l’aise.

Lyam, l’aîné, blond et bien bâti, se tenait à la droite de son père. Il avait le rire facile et son large sourire rappelait celui de sa mère. Il portait une tunique bleue éclatante et des jambières jaunes. Sa barbe soigneusement taillée était aussi blonde que les cheveux qui lui tombaient en cascade sur les épaules.

Arutha était une ombre nocturne comparé à son frère lumineux comme le soleil. Il était presque aussi grand que Lyam et son père, mais contrairement à eux qui étaient larges et puissamment bâtis, il était mince, à la limite de la maigreur. Il portait une tunique brune et des jambières rousses.

Il avait les cheveux sombres et le visage rasé de près. Tout en lui semblait taillé pour la vitesse. Sa force était dans sa rapidité : vélocité à la rapière et vivacité d’esprit. Il avait un tempérament sec et souvent cassant. Si Lyam était ouvertement aimé des sujets de son père, Arutha était respecté et admiré pour ses capacités, mais le peuple se montrait moins chaleureux envers lui.

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Pug contempla sa nouvelle chambre, n’arrivant toujours pas à se faire aux splendeurs de ce palais. Même cette petite pièce était richement meublée, avec un lit à baldaquin à la place d’une simple couche. C’était la première fois que Pug dormait dans un tel lit et il avait eu du mal à trouver le repos sur son épais matelas de plume tout doux. Dans un coin de la pièce se trouvait un placard qui contenait plus d’habits qu’il aurait cru pouvoir en porter de toute sa vie, faits de tissus inestimables, d’une coupe impeccable et visiblement tous a sa taille. Kulgan lui avait du qu’il s’agissait d’un cadeau du prince.

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Pug contempla Bordon avec émerveillement. Comparée aux cités du royaume, ce n’était qu’une petite ville, à peine plus grande qu’un port de pêche, mais elle était bien plus vaste que Crydee. Les gens se pressaient de tous côtés, occupés à des tâches incompréhensibles, l’air soucieux. On ne portait pas beaucoup d’intérêt aux voyageurs, sauf de temps en temps un marchand ou une femme au marché qui leur jetaient un coup d’œil. Jamais le garçon n’avait vu tant de personnes, de chevaux, de mules et de chariots à la fois. Il se sentait submergé par tous ces sons et ces couleurs. Des chiens aboyèrent derrière les sabots des chevaux des rangers, restant prudemment à l’écart pour éviter une ruade des montures irritées. Quelques garçons des rues les insultèrent, les prenant pour des étrangers que l’on venait sans doute de capturer. Pug se sentit gêné par cette violence verbale, mais son attention fut rapidement distraite par cette ville si nouvelle pour lui.

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Il n’avait pas beaucoup de chances de retrouver les traces du garçon là où ils avaient combattu l’âme en peine. Il fit une brève pause devant chacune des entrées de la caverne dans l’espoir d’y trouver des traces. En l’espace d’une heure, il ne réussit à trouver qu’une seule empreinte de pas sortant de la caverne par un tunnel juste à droite de celui par lequel il était arrivé la première fois. Il le remonta et trouva plusieurs autres traces, largement écartées les unes des autres, comme si le garçon avait couru. Dolgan allongea le pas et releva de plus en plus de traces à mesure que le passage se faisait plus poussiéreux.

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Pug et les autres gens de Crydee se tenaient autour du feu de camp et dévoraient avec appétit le repas que leur avaient préparé les hommes de Dolgan. Un chaudron de ragoût mijotait sur le feu. Ils avaient rapidement englouti des petits pains dorés et croustillants, dont l’intérieur moelleux dégoulinait de miel. Le poisson fumé que les nains avaient sorti du paquetage de leurs mules changea agréablement la compagnie qui, ces derniers jours, avaient dû se contenter d’un régime à base de viande de cheval.

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L’hiver précoce avait soudainement drapé de blanc les paysages d’automne. De nombreux habitants de la forêt avaient été pris au dépourvu par ce froid soudain, comme les lapins dont la robe comportait encore davantage de fourrure brune que blanche, ou les canards et les oies qui se dandinaient sur des mares à moitié gelées, prenant un peu de repos dans leur migration vers le sud. De gros flocons d’une neige lourde et humide tourbillonnaient dans l’air et fondaient lentement sur le sol en journée, gelant la nuit pour former une couche de glace fine et craquante. Quand les sabots des chevaux et des mules traversaient cette pellicule cristalline, on entendait encore le bruit des feuilles mortes en dessous, dans l’air calme de l’hiver.

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Roland pâlit et chargea, emportant Pug avec lui. Ils tombèrent tous les deux par terre en se battant. L’écuyer frappait l’orphelin sur les épaules et sur les bras sans le blesser vraiment. En roulant et en s’attrapant, les deux garçons ne pouvaient pas se faire grand mal. Pug réussit à passer un bras autour du cou de Roland et serra jusqu’à ce que son aîné frappe le sol furieusement. Soudain, ce dernier plaça son genou contre le torse de Pug et poussa. L’orphelin roula et se releva. Roland fit de même un instant plus tard et ils se remirent en garde. Le visage de l’écuyer passa de la rage à une colère froide et calculatrice. Il mesura la distance qui les séparait et s’avança prudemment, le bras gauche en protection devant lui, le poing droit juste devant son visage. Pug n’avait aucune expérience de ce genre de combat, que l’on appelait la boxe, bien qu’il ait déjà vu des gens la pratiquer pour de l’argent dans des spectacles itinérants. Roland avait montré plusieurs fois qu’il avait fait plus que s’intéresser à ce sport.

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Pug se pencha à la fenêtre. Malgré la pluie torrentielle qui tombait depuis le début de la matinée, la cour fourmillait de gens. Il fallait préparer cette visite d’importance, mais à cela s’ajoutait le caractère exceptionnel des visiteurs. Même les rares messagers de la reine Aglaranna inspiraient une grande curiosité quand ils arrivaient au château, car les elfes s’aventuraient rarement au sud du fleuve Crydee. Ils vivaient à l’écart des hommes qui trouvaient leurs manières étranges et mystérieuses. Ils résidaient déjà sur ces terres bien avant que les hommes ne conquièrent l’Ouest, c’est pourquoi l’on considérait, selon un accord tacite, que quelles que soient les prétentions du royaume, les elfes étaient un peuple libre.

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Pug avait passé la matinée à contempler le dos de la princesse qui chevauchait son beau palefroi blanc. On l’avait fait attendre deux heures aux écuries avant que la jeune fille apparaisse avec son père. Le duc avait longuement expliqué à l’orphelin ses responsabilités envers la demoiselle du château. Pug n’avait pas dit un mot, attendant que messire Borric finisse de répéter les instructions que lui avait données le maréchal Algon la nuit précédente. Le maître des écuries lui avait enseigné l’équitation pendant une semaine, puis il avait considéré que le garçon était prêt à chevaucher avec la princesse... à peu près, en tout cas.

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