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Commentaire ajouté par Aryia 2018-02-12T17:22:48+01:00
Diamant

Il est de ces livres qu’on aime tellement qu’il nous est tout simplement impossible d’en continuer la lecture. Je sais, dit comme cela, c’est étrange, mais laissez-moi vous expliquer. Ce livre, il m’a fallu presque deux semaines pour le terminer, pour la simple et bonne raison que j’en savourais le moindre paragraphe, que je devais me retenir pour ne pas en recopier toutes les phrases sur mon carnet de citations, que je voyais avec angoisse la fin se rapprocher inexorablement à chaque phrase. Ce livre, il m’a secouée, clairement, indéniablement, au point que cela fait presque une semaine que je retarde l’écriture de cette chronique, car je sais que je vais avoir toutes les peines du monde à vous en parler, à trouver les mots pour exprimer les émotions et les sensations qu’ont fait naitre en moi ces mots mis bout à bout, ces lettres ordonnées en une histoire aussi féérique que terrible. Une histoire dont on ne sort pas indemne, quoi qu’on fasse pour se prémunir de ce bouleversement radical entrainé par ce conte qui fait réfléchir sur notre monde, sur notre vie.

La Petite a toujours vécu là, au Puit des Anges, avec Belle, le Père, Franco le lion et les autres. A vrai dire, la Petite ne sait pas vraiment ce que cela veut dire, toujours. La Petite voit les jours qui passent sans chercher à les compter, voit le temps qui défile sans chercher à l’arrêter. La Petite vit entourée d’histoires, sans savoir que les histoires sont des histoires, car pour la Petite, la vie est une histoire, et les histoires sont la vie. La Petite sait les choses telles qu’elles sont, sans avoir jamais eu besoin d’apprendre. Elle sait les liens qui unissent les hommes entre eux et avec la nature, elle sait que l’homme n’est qu’une bête privée du langage fondamental. Mais un jour, elle ne sait plus, tout son monde s’évapore dans les rugissements d’une machine terrible venue détruire la forêt et les arbres et les animaux. Et pour sauver le Puit des Anges, la Petite ne voit qu’une solution : réveiller la Bête, celle qui a volé la langue des bêtes aux hommes, celle qui a sauvé l’Enfant de la colère du Patron. Quand les histoires se mêlent à la réalité, quand la réalité devient une histoire comme les autres, tout bascule et tout s’écroule.

Ce roman est très probablement l’un des récits les plus étranges qu’il m’ait été donné de lire. C’est à la fois beau et horrible, léger et dramatique. On sort des sentiers battus pour atterrir au cœur de l’inconnu. On se laisse surprendre par cette narration si particulière, cette narration qui va à l’essentiel sans jamais le dire vraiment, cette narration qui raconte sans jamais raconter. Les scènes se déroulent devant nous, en nous. Car finalement, l’histoire que nous raconte cette histoire n’est rien d’autre que notre histoire : quand vint le temps de quitter définitivement l’enfance insouciante (mais emplie d’une sagesse bien plus profonde qu’on ne le pense), notre monde s’écroule douloureusement pour se voir remplacer par un univers aux règles incompréhensibles, nos yeux s’ouvrent à ce qu’on préférait jusqu’à présent éviter de voir, nos oreilles comprennent ce qu’elles s’obstinaient à reformuler différemment pour préserver notre joie. Cette histoire, c’est ça : la Petite découvre qu’elle n’est plus la Petite d’hier, sans pour autant savoir ce que sera la Petite de demain. Cette histoire, c’est la douleur de cette enfant que tout oblige à grandir, brutalement, cruellement, sans y avoir été préparée, sans l’avoir demandé. Cette histoire raconte la mort de l’enfance.

Ce roman se fait le messager d’un regard sur le monde, d’un regard qui remet en question bon nombre de nos attitudes, de nos comportements. Ici, l’humanité est présentée comme « enfermée dans des cages de bêton avec pour seule fenêtre l’écran des télévisions », esclave volontaire de ces « paradis colorés, bruyants et artificiels ». Prisonniers de l’inutile, dirait Manset. La Petite vit loin de tout cela, loin de ce Village et de cette Ville qui se font ici le reflet de tous les Villages et de toutes les Villes du monde, et à ses yeux ces individus sont des sauvages, qui ne respectent ni la nature ni les animaux ni les hommes, qui se sont enfermés dans leur vision du monde sans songer une seule seconde que c’est la diversité qui fait la richesse de l’humanité. Tout le monde devrait lire ce livre une fois dans sa vie. Car ce livre fait réfléchir. Ce livre nous invite à nous poser cette essentielle question : « qu’est-ce que l’essentiel ? ». L’essentiel, est-ce l’argent, est-ce la normalité, est-ce l’essentiel présenté par les médias ? Mais ce livre, c’est aussi une invitation à laisser tomber notre vision purement rationnelle du monde pour se laisser emporter par les histoires et les rêves, par les intuitions et les émotions, par tout ce qui se passe du matériel pour exister. Ce livre nous invite à ouvrir les yeux et le cœur.

Et quand bien même on déciderait de lire ce roman comme n’importe quel autre roman, sans chercher à se laisser entrainer par ces réflexions sous-jacentes à l’histoire, croyez-moi, il vaut le détour. C’est beau. Chaque mot de ce livre a trouvé sa juste place pour faire de chaque phrase une poésie. On pourrait passer des vies entières à savourer ces phrases, à les murmurer, à les crier, à les chanter. Les mots et les phrases et les paragraphes sont emplis d’une fluidité rare, d’un rythme délicat, d’une harmonie parfaite. Tout dans ce roman invite à la lecture à voix haute, au coin du feu ou au cœur de la forêt, pour soi-même ou pour un public. Le langage occupe dans ce récit une place primordiale, centrale, cruciale, et cela se ressent dans la narration. Les mots ont été choisis avec soin, autant pour leur signification que pour leur sonorité, pour leur connotation que pour leur beauté. Je ne peux que vous encourager à lire ce roman, ne serait-ce que pour découvrir cette plume si singulière, cette plume qui vous fait retenir votre souffle à chaque instant, cette plume qui fait vibrer tout votre corps et votre cœur d’émotions brutes.

Dire que ce livre est un coup de cœur serait à la fois un euphémisme et un mensonge. Ce livre, c’est une expérience que vous ne voulez pas manquer. Jusqu’à présent, je n’ai jamais rencontré un livre tel que celui-là, et je doute fortement en rencontrer un autre un jour. Car ce livre ne ressemble à aucun autre livre, autant par son fond que par sa forme. Je peine à exprimer avec précision ce que je pense à propos de ce livre, pour la simple et bonne raison que les mots ne suffisent pas toujours à décrire les émotions et les sensations. Ce livre bouleverse, mais il réconforte aussi, ce livre ébranle, mais il amuse également. Ce livre n’est ni une comédie ni une tragédie, ni un roman ni une poésie, ce livre est tout et rien à la fois. N’hésitez plus et laissez-vous appeler par ce livre unique en son genre, qui ne vous décevra pas.

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2016/12/la-langue-des-betes-stephane-servant.html

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Commentaire ajouté par Risou 2017-02-27T18:28:43+01:00
Or

La langue des bêtes est la confrontation de deux mondes opposés : celui de la civilisation que l’on connaît, puis celui de Petite qui est peuplé d’histoires. Ces dernières, tout comme les mots ont une place centrale dans le livre : ils sont dotés d’une force qui leur est propre et qui en fait des personnages à part entière.

« Parce que parfois les mots s’imposent à notre esprit comme des augures et que dès lors nous sommes soumis à leur seule volonté. Et c’est peut-être là qu’ils acquièrent leur vraie magie : quand nos propres mots nous submergent et font de nous des marionnettes de papier. » p.245

J’ai mis presque deux semaines pour achever ma lecture, non pas parce que je n’arrivais pas à accrocher à l’histoire, mais parce que c’est le genre de livre que l’on prend le temps de savourer pour s’imprégner des personnages si atypiques et de l’univers qui mêle réel et merveilleux. La première chose qui frappe dès les premières pages, c’est le style d’écriture -riche, très imagé et poétique- qui est un des principaux points forts du livre. Personnellement, j’ai immédiatement été happée par l’histoire grâce à la plume de l’auteur, grâce à laquelle il est très facile de s’imaginer mentalement les personnages et l’environnement qui nous accompagnent durant un peu plus de 400 pages.

Le second point fort est sans aucun doute les personnages : ils sont imparfaits, un peu décalés et différents. Ce sont ces caractéristiques qui les rendent si attachants et leur différence est centrale dans le récit : c’est à cause d’elle qu’ils risquent d’être chassés du terrain où ils vivent, à cause d’elle s’ils sont mal perçut et rejetés par les habitants du Village, et c’est à cause –ou plutôt grâce- à elle que j’ai tant aimé les personnages. Un certain mystère plane au-dessus d’eux : pourquoi ont-ils arrêté de faire des spectacles ? Pourquoi ont-ils décidés de vivre en marge de la société ? Toutes ces interrogations trouvent progressivement des réponses et nous permettent dans un même temps de découvrir le passé des protagonistes et les secrets qu’ils cachent. Toutefois, il faut savoir qu’il ne s’agit pas d’un récit rempli d’action : certes il y a des interrogations et des situations qui nous tiennent en haleine, mais c’est avant tout un « livre-conte » infiniment doux et dont l’histoire se déroule et s’étoffe lentement, mais sûrement. Il serait d’ailleurs difficile de vous parler des personnages sans spoiler, alors je ne parlerais que de Petite, et brièvement : au début de l’histoire, elle est avant tout une enfant insouciante et qui croit dur comme fer aux contes qu’on lui à toujours raconté, progressivement, elle grandit, mûrit sans pour autant changer radicalement. Ce livre c’est aussi ça, la confrontation du monde rationnel des adultes, à celui fantaisiste et merveilleux des enfants, et autant vous dire que du haut de mes 20 ans de jeune adulte, durant ma lecture, j’avais vraiment envie de me prendre au jeu et de croire à nouveau à ces belles histoires qui ont bercées mon enfance.

C’est dur de parler d’un livre aussi dense et aussi riche, mais s’il fallait le résumer en une simple phrase, ce serait qu’il s’agit d’un récit doux, poétique et réconfortant, qui mêle à merveille monde réel et fantastique, et qui aborde avec douceur et justesse la différence.

→ https://leserrancesdelyly.wordpress.com/2017/01/25/la-langue-des-betes-stephane-servant/#more-75

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Commentaire ajouté par Rowena77 2016-09-21T11:48:20+02:00
Bronze

Un livre très étrange. Beau mais étrange.

Stéphane Servant sait écrire, son style est très particulier, poétique, ce qui est surprenant pour un roman catalogué ado.

La narratrice, Petite, raconte son quotidien avec sa famille, une ancienne troupe de cirque, installée illégalement au Puits des anges. Tout le monde, promoteurs et villageois, semble vouloir les en chasser.

La jeune fille qui a toujours vécu dans la nature a un caractère assez fantasque et une imagination débordante, il est donc difficile pour le lecteur de démêler le vrai du faux dans son récit mais c'est également ce qui fait tout le charme de ce roman à mon sens !

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Commentaire ajouté par Calla72 2016-07-19T10:56:00+02:00
Argent

C'est un livre que j'ai lu assez rapidement et que j'ai apprécié. On retrouve des personnages plutôt intéressants avec l'histoire d'une famille ou communauté qui ne peut plus exercer leur art et l'on découvre après pourquoi. Enfin c'est une histoire qui finit plutôt mal mai malgré cela elle est vraiment appréciable.

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