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Extrait ajouté par Aerkor 2015-07-15T18:42:03+02:00

Le dernier mort de l'année, dans chaque paroisse, devient l'Ankou de cette paroisse pour l'année suivante. Quand il y a eu, dans l'année, plus de décès que d'habitude, on dit en parlant de l'Ankou en fonction:

-War ma fé, heman zo eun Anko drouk (sur ma foi, celui-ci est un Ankou méchant.)

On dépeint l'Ankou tantôt comme n homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d'un large feutre; tantôt sous la forme d'un squelette drapé d'un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu'une girouette autour de sa tige de fer, afin qu'il puisse embrasser d'un sel coup d’œil toute la région qu'il a mission de parcourir.

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Extrait ajouté par marine811 2015-03-25T12:01:11+01:00

A l'île de Sein, comme la propriété est infiniment morcelée, les conflits d'intérêts sont fréquents et engendrent parfois des rancunes inexpiables. Les femmes surtout sont acharnées à la vengeance. Trop faibles pour s'attaquer ouvertement à un ennemi, lorsque celui-ci est un homme, elles s'arrangent pour le vouer à la mer, c'est à dire à la mort.

Voici comment elles procèdent.

Il y a dans l'île un certain nombre de veuves réputées pour avoir reçu en naissant le don de vouer.

On ne les nomme pas tout haut, mais on les connait.

Elles ont, dit-on, commerce avec les mauvais Esprits des Eaux qui les admettent, la nuit, aux "Sabbats de la Mer". Elles se servent, pour se rendre à ces Sabbats, d'une embarcation de forme toute spéciale.

Vous avez vu nos îliennes ramasser du goémon dans le galet. Elles l'empilent dans des mannes d'osier, à fond rentrant comme un cul de bouteille, et, pour fixer la charge, y plantent une courte baguette appelée " bâ bédina" (bâton à goémonner).

Eh bien ! C'est dans une manne d'osier de ce genre que les Vieilles de Sabbat (Groac'hed ar Sabbad) vont faire leurs tournées de nuit...

(extrait de "Le bateau-sorcier" du chapitre "Appeler la mort sur quelqu'un")

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Extrait ajouté par marine811 2015-03-25T12:00:54+01:00

Au réveil, ce fut encore à elle qu'il pensa tout d'abord.

En faisant tourner la clef dans l'armoire, il disait, reprenant son refrain de la veille :

- Petite coiffe de toile fine, qu'il était donc gracieux, le visage que tu encadrais!...

Mais le battant ne fut pas plus tôt ouvert, qu'il poussa un cri... un cri de stupeur, d'angoisse, d'épouvante, à vous faire dresser les cheveux sur la tête!

Tout ceux qui étaient dans le logis accoururent.

A la place de la blanche coiffe en toile fine, il y avait une tête de mort.

Et sur la tête, il restait des cheveux, de longs et souples cheveux, qui prouvaient que c'était la tête d'une fille.

Le fils aîné était si pâle qu'il en paraissait vert. Tout à coup, il dit avec colère, tout en faisant mine de rire :

- Ça, c'est un vilain tour que quelqu'un a voulu me jouer. Au diable, cette hure !

Déjà il avançait la main pour saisir la tête et la lancer au dehors. Mais, à ce moment, les mâchoires s’entrouvrirent hideusement, et l'on entendit une voix qui ricanait :

- J'ai fait selon ton désir, jeune homme : je suis venue au Guern, te réclamer ma coiffe. Ce n'est pas ma faute si tu as changé d'avis, depuis hier.

Je vous promets que le fils aîné du Guern ne riait plus, et que la colère lui avait passé, comme s'abat un coup de vent, quand la pluie crève.

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