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La légende de la ville d'Ys



Description ajoutée par Wolfenshun 2015-07-10T22:10:04+02:00

Résumé

Ce récit, basé sur d'anciens textes et sur la tradition orale, redonne toute sa dimension poétique et fantastique à l'une des légendes les plus célèbres de Bretagne.

Du deuil du roi Gradlon, obsédé par la disparition de Malgwen, son épouse guerrière, au châtiment d'Ys la ville maudite, "engloutie par les flots de la colère divine", ce sont deux civilisations qui s'affrontent.

Le souverain de Cornouaille devra choisir entre son amour pour sa fille unique, la belle Dahut, la "diabolique", symbole de l'ancienne civilisation celtique, et les enseignements de l'évêque Corentin. La fin tragique de la cité d'Ys annonce la disparition des anciens cultes et le triomphe de l'ère chrétienne.

La beauté du texte, l'intensité de ces pages où apparaissent korrigans et chevaliers, démons et saints, ne peuvent faire oublier la portée de cette légende née de ce fantastique conflit entre paganisme et chrétienté.

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Extrait

Extrait ajouté par bamby114 2016-04-10T13:27:25+02:00

1.

Le deuil de Gradlon.

Au château de Quimper, en grand deuil, en grande tristesse, vivait Gradlon, roi de Cornouaille. Tout le long du jour, au fond de sa chambre, loin de la lumière, il demeurait sur son lit, ne parlant que pour quérir à boire des serviteurs ; et, s'il ne buvait point, à l'ordinaire il dormait.

Ses meilleurs hommes en étaient marris ; ils souffraient et murmuraient, et parfois doucement le prenaient à partie :

Seigneur, douleur et honte vous nous donnez. Nul ne vous voit plus partant, en belle cavalcade, pour la guerre ou la chasse. Or qui, mieux que vous, sait tirer de l'arc ou manoeuvrer l'épée ? Qui sait mieux servir le sanglier ou lever la trace du cerf ? Las ! Les gens de Léon qui nous sont sujets disent tout bas que le glaive de Cornouaille est en main débile ; et ceux de Vennes qui nous sont rivaux le disent hautement . Et vous saurez aussi, seigneur, qu'au pays des Gallois on prétend ceci : le moment serait bon pour prendre la belle ville de Quimper. A ces propos le cœur nous bat de colère, le sang nous monte au visage. Seigneur, n'êtes-vous pas d'avis que soient châtiés les mauvais parleurs ?

Mais Gradlon, sans répondre un mot, hélait l'échanson, lui tendait son gobelet d'or.

Seigneur, poursuivaient les comtes s'échauffant, s'il ne vous convient de batailler et de conduire votre chasse, mandez à l'un de nous, par faveur, d'être en votre place ; qu'il soi votre homme et notre chef et, comme à vous, chacun lui sera fidèle. Mais rien ne vau de laisser au fourreau l'épée, et le coursier au pâturage. Epée rouille, cheval engraisse : plus le sont bons à la guerre.

Mes fils, disait alors Gradlon, de me laisser en paix je vous prie ; combats nichasse ne m'agréent à cette heure. Et si l'un de vous se veut mettre en ma place, qu'il le tente ; alors il connaîtra si la Cornouaille est en main débile.

Et s'ils insistaient, il les menaçaient de mort,, car il était, dans l'ivresse, colère et d'humeur noire.

Défaits en cela, les comtes firent venir d'Aquitaine des jongleurs habiles à réciter lais et chansons, des bateleurs, danseurs de corde, mimes, grimaciers et montreurs d'animaux.

Sire, dirent-ils, nous vous tirerons de votre chagrin ; voyez ces jeux et divertissements, écoutez ces beaux poèmes, ils dispersent l'ennui comme le soleil les nuages.

Et jongleurs, bateleurs, mimes et grimaciers s'efforçaient de leur mieux, et nul ne les pouvait écouter sans être ému de leurs douces chansons, ni les regarder dans rire à plein gosier de leurs bons tours.

Gradlon seul se détournait d'eux et, au lieu d'argent, de chevaux de main, de beaux orfrois qu'ils recevaient ailleurs, il les renvoyait durement, honnis, bâtonnés, heureux d'éviter la hart qu'il leur promettait pour présent de bon accueil.

Si le roi de Cornouaille ainsi repoussait amis et plaisirs, c'était pour la douleur dont son âme et son corps souffraient sans repos. Certains jours, les murs du palais tremblaient aux hurlements de sa voix, pareils à ceux que les bêtes sauvages en amour font entendre dans les forêts ; il frappait de la tête et du poing les cloisons, brisait les meubles autour de lui, jetait dans le silence de la nuit d'horribles clameurs. Tous alors fuyaient sa folie et se cachaient par grande crainte.

Et les choses allaient de la sorte depuis qu'était morte la reine Malgven.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Emilie52 2017-08-20T09:29:09+02:00
Or

C'est une très bonne lecture ! Je ne connaissais pas cette version de la légende de la ville d'Ys, ce qui a rendu ce conte très intéressant. Il est en outre très très bien écrit, avec un style vraiment recherché et agréable. L'histoire est digne du folklore celtique, avec créatures fantastiques, magie, rituels païens... sans oublier une morale finale. Je ne suis pas du tout déçue !

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Commentaire ajouté par Julie52 2017-08-09T10:08:07+02:00
Argent

Un conte très intéressant ! L'histoire diffère de celles que je connaissais déjà, avec surtout une réelle portée : le châtiment divin, par exemple. L'ambiance m'a beaucoup plu, avec ces Korrigans, toute la magie en général. Vraiment intéressant. En outre, c'est très très bien écrit. J'aime beaucoup quand les verbes sont à la fin, cela rajoute quelque chose de "fantastique".

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Commentaire ajouté par AmandaWoods 2016-06-12T21:07:33+02:00
Or

Ouvrage prenant, tout comme les autres livres de l'auteur :D à lire absolument! Je vous le conseille

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Commentaire ajouté par bamby114 2016-04-10T13:30:13+02:00
Lu aussi

Un livre surprenant... j'ai beaucoup aimé le style d'écriture ainsi que l'histoire. C'est un livre original, pleine de surprise... on retrouve des passages de la bible, comme la multiplication des pains, ou l'apparition du feu celeste... bien sur revisité a la sauce Bretonne... mais l'histoire est bien raconté on se prend au jeu et on finit même par y croire....

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Les chiffres

Lecteurs 12
Commentaires 4
Extraits 1
Evaluations 4
Note globale 8.25 / 10

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