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Par Fauva le 18-09-2014 Editer
La Maîtresse de Guerre
- Je n'ai pas besoin de toi pour me défendre, fit-elle d'un ton glacial. Maintenant laisse-moi, j'ai du travail.
- Kaelyn...
- Laisse-moi, je te dis ! Tu n'es pas mon père, je te rappelle.
Hadrian eut un petit rire.
- Tu as compris la leçon, maintenant on peut passer à autre chose.
Sans répondre, la jeune femme lui tourna le dos pour remplir une à une les vingts outres vides, qui empestaient la chèvre. Elle savait qu'Hadrian était toujours là, elle sentait son regard. Lorsqu'il se risqua à lui caresser doucement les cheveux, elle se cabra et - toujours sans le regarder - le repoussa sauvagement. Et, cette fois, il s'éloigna à grands pas.
[...] - je peux ?
Elle n'eut pas besoin de lever les yeux, elle savait qu'il allait revenir.
- je ne suis pas seul, murmura-t-il, et Kaelyn se retourna brusquement avec des éclairs dans le regard.
Il n'était pas accompagné d'Alrina mais de deux plats de viande qu'il agita sous son nez. Se maudissant d'être tombée dans le piège elle voulut dire " Je n'ai pas faim ", mais le mouton grillé sentait divinement bon.
- Donne, fi-elle. Et va manger ailleurs.
Bien sûr il s'assit près d'elle.
- Je t'ai dit d'aller manger ailleurs ! s'écria-t-elle. Qu'est ce que tu crois ? Que tu vas pouvoir t'envoyer toute la caravane et revenir me voir quand ça t'amuse ?
- Kaelyn...
- Quoi ? Tu regrettes, tu ne sais pas ce qui t'as pris, c'était un moment d’égarement, tu avais bu un coup de trop ? C'est ça ?
- Cesse de parler à ma place.
Kaelyn réprima un rugissement de frustration. L’œil implacable, les phrases courtes et assassines, la voix basse, légèrement rauque... Et cet insupportable sourire, indéchiffrable... Hadrian restait son maître, elle restait son élève. c'était plus fort qu'elle. Impossible de se résoudre à lui cracher au visage, comme elle s'était juré de le faire.
- Ca fait partie de ton entraînement... Apprendre à ne pas faire confiance. jamais. Ni à moi ni à un autre.
- Ben tiens, ricana-t-elle.
Il voulut enrouler son bras autour des épaules de la jeune fille, mais elle le repoussa rageusement.
- Non Hadrien. C'est trop facile.
- Regarde-toi, Kaelyn. Il a suffi que je couche avec une autre fille pour te fragiliser... Tu prends des risques en restant seule à l'arrière, tu t'isoles, tu te bats avec le second de Haïram... Tu perds le contrôle.
- Je ne perds pas le contrôle ! Je n'ai juste pas envie de me retrouver dans la peau de la fille qui...
- tu mises trop sur moi, coupa le maître de guerre. Si je disparais demain - et c'est très possible -, tu seras comme une gamine sans défense. C'est ce que tu veux ? J'en doute.
Insidieusement, Kaelyn commençait à le croire, et pour cela elle se maudissait.
- Si j'avais voulu une autre femme, reprit-il après un moment de silence, je l'aurais choisie jolie.
Le regard perdu au loin, Kaelyn affecta de l'ignorer quelques instants encore, peut-être pour se donner l'impression qu'elle aussi contrôlait le cours des choses. Hadrian soupira, posa sa gamelle - à laquelle il n'avait pas touchée - et ramassa ses deux épées. Lorsqu'elle entendit ses pas crisser sur les graviers, elle eut un sourire imperceptible et le rappela.
- Ça va, reviens. je n'aime pas manger seule.
Elle ne le regardait toujours pas, mais son cœur s'allégeait, libéré d'une cape de plomb. Le seul fait de le sentir s'asseoir près d'elle, si près que leurs épaules s’effleurèrent, lui procura un délicieux frisson de soulagement. Il lui avait manqué, terriblement. Et il avait raison : Elle dépendait trop de lui.
- Si tu veux la vérité, murmura Hadrian, je n'aurais pas dû te regarder ni t'adresser la parole pendant des jours. Tu aurais perdu tes repères. Tu m'aurais détesté, au point de garder ce souvenir toute ta vie, tu te serais méfiée de moi.
- c'est ça ce que tu veux, que je me méfie de toi ?
- Oui.
Elle l'empoigna par le col, l'attira à elle et lui mordit le lobe de l'oreille.
- Eh bien tu as gagné, Hadrian Khan je me méfie de toi : tu es imprévisible, têtu comme une mule, et incapable de comprendre une femme.
- Sans doute, répondit-il en délaçant lentement le haut de sa robe.
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