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La cité était naturellement cancanière. Et les ennemis des Medici veillaient. Lucrezia était prudente. Même s'il lui était arrivé de se laisser aller à satisfaire quelque inclination passagère, elle avait toujours pris garde à ne pas humilier sa famille d'accueil et ce mari auquel on l'avait donnée. Le plus souvent, en dehors des soins des enfants et des devoirs de la maison qu'elle partageait avec la mère de son époux, Contessina, elle se réfugiait dans l'étude et l'écriture. Elle avait lu Pétrarque, Dante et Boccace, Aristote mais aussi Platon. Elle savait le grec et le latin, troussait d'aimables poèmes et rendait à la religion ce que le bon sens lui commandait.

Pieuse sans ostentation, on lui savait gré de ne point être laide. Admiratrice des beautés antiques, elle n'en jugeait pas moins que l'adoration qu'on leur vouait dépassait le raisonnable. Donc, malgré l'ennui qui l'accablait parfois, elle se félicitait chaque jour de vivre dans une maison aussi tolérante.

Soudain, une nuée hurlante viola le silence de sa chambre. Les enfants. Ils s'agglutinèrent autour d'elle, piaillant et riant. Son regard s'attarda sur Lorenzo. Ce haut front, ce regard de braise, ces lèvres enfantines mais déjà voluptueuses.....Malgré son nez tordu, son fils aîné promettait d'être un garçon séduisant.

Combien de filles succomberaient-elles à la magie de son pouvoir ? Lucrezia soupira et se tourna vers les autres enfants. Elle devait toujours veiller à ne pas laisser paraître qu'il était son préféré.

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Les noces....Autour du carrosse qui l'emportait vers Santa Maria del Fiore, la foule criait sa joie. Lucrezia, assise entre sa mère et Contessina, sa future belle-mère, avait le cœur serré. Tous ces braillards qui se pressaient autour du véhicule en brandissant des étendards aux armes des Médici lui faisaient peur. Le dôme de la cathédrale resplendissait sous un pâle soleil d'hiver. Lucrezia se tourna un instant vers sa mère, Selvaggia. Pourquoi avait-elle accepté que sa fille fût vendue ? La bonne fortune du clan Tornabuoni exigeait-elle ce sacrifice ? Le carrosse s'arrêta sur le parvis. Déjà, on la pressait de descendre. Des hérauts vêtus aux couleurs des Medici, tuniques blanches frappées du lys rouge, embouchèrent leurs trompettes. Des hommes d'armes se précipitèrent pour écarter la foule. Piero, planté devant les portes grandes ouvertes, fit un pas vers elle. Ni beau ni laid, simplement ordinaire malgré la richesse de son costume, il semblait emprunté, intimidé même.

Comme s'il ne comprenait toujours pas que cette jeune beauté brune, couronnée de guirlandes d'or, serrée dans une luxueuse robe blanche au col d'hermine telle un bijou dans son écrin, serait bientôt sienne.

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