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Extrait ajouté par SherCam 2018-08-18T14:14:33+02:00

Il y avait de l’orage dans l’air, la nuit où je me rendis à la maison abandonnée du Mont des Tempêtes pour y découvrir « la peur qui rôde ». Je n’étais pas seul, car la témérité ne se mêlait pas encore, chez moi, à cet amour du grotesque et de l’horrible qui a fait de moi un éternel errant, en quête de ce qu’il y a de plus étrange et de plus terrible dans la littérature et dans la vie. Deux hommes robustes et fidèles m’accompagnaient. Ils avaient une longue habitude de ce genre d’expéditions, auxquelles ils convenaient parfaitement et je les avais fait venir le moment venu.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:23:15+02:00

Nous étions à peine partis que des torrents de pluie se mirent à tomber avec une telle violence qu’il fallut bientôt chercher un abri. Le ciel était si sombre qu’on se serait cru en pleine nuit, mais, guidés par les éclairs et par notre connaissance intime du terrain, nous ne tardâmes pas à atteindre, en trébuchant, la cabane la moins perméable du hameau : c’était un assemblage hybride de planches et de rondins, dont la porte et l’unique fenêtre minuscule donnaient sur Maple Hill. Nous réussîmes à barricader la porte pour nous protéger du vent et de la pluie, et à assujettir le grossier volet de bois que nos fréquentes fouilles nous avaient appris à trouver. C’était lugubre de rester dans cette obscurité, assis sur des caisses ; heureusement nous avions nos pipes et, de temps à autre, nous éclairions la cabane avec nos lampes de poche. Par moments, nous voyions les éclairs par des fissures du mur. Le temps était si extraordinairement sombre que chaque éclair était bien visible

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:23:08+02:00

En inspectant pour la vingtième fois chaque centimètre du village maudit, Arthur Munrœ et moi étions à la fois découragés et saisis d’une vague et nouvelle appréhension. Il était singulier, même pour des gens habitués à l’effroi et au mystère, de se trouver devant un endroit aussi dépourvu d’indices après des événements aussi accablants. Nous marchions, sous un ciel qui devenait couleur de plomb, animés de ce zèle tragique et sans but que provoque l’impression mêlée de la futilité et de la nécessité de l’action. Nous revîmes tout avec un soin minutieux, entrant de nouveau dans toutes les chaumières, fouillant chaque trou de la montagne à la recherche de cadavres, inspectant chaque centimètre du sol épineux pour voir s’il ne recelait pas quelque faille ou quelque caverne, mais tout cela sans résultat. Pourtant, comme je l’ai déjà dit, nous éprouvions une crainte vague, comme si de gigantesques griffons aux ailes de chauve- souris nous contemplaient par-delà les abîmes transcosmiques

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:23:01+02:00

Le village maudit n’avait jamais eu de nom lui-même. Il s’étendait depuis longtemps dans une faille sans arbres située entre deux sommets appelés respectivement Cone Mountain et Maple Hill. Il était plus proche de celui-ci que de l’autre, quelques-unes des frustes demeures étant, en réalité, creusées dans le flanc de Maple Hill. Il se trouvait à près de trois kilomètres au nord-ouest de la base du Mont des Tempêtes, et à cinq environ de la maison au milieu des chênes. Entre le hameau et la maison, il y avait bien trois kilomètres entièrement déserts, du côté du hameau ; la plaine était à peu près nue ; seuls s’y dressaient quelques monticules, semblables à des serpents, et la maigre végétation se composait d’herbe et de plantes desséchées. En examinant la topographie, nous avions fini par conclure que le démon avait dû venir par Cone Mountain, qui se prolongeait au sud par un bois jusqu’à une courte distance de l’éperon ouest du Mont des Tempêtes. Nous fîmes remonter la trace du soulèvement de terrain jusqu’à un éboulement venant de Maple Hill : la foudre, tombant sur un grand arbre isolé, avait fait sortir le monstre

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:22:54+02:00

Lorsque nous connûmes mieux les montagnards, nous les trouvâmes, par beaucoup de côtés, étrangement sympathiques. Ils étaient simples comme des bêtes, retournant d’ailleurs doucement à l’état animal, en raison de leur malheureuse hérédité et de leur isolement abêtissant. Malgré leur crainte des étrangers, ils s’habituèrent à nous peu à peu et finalement nous apportèrent une aide non négligeable lorsque, au cours de nos recherches, nous entreprîmes de battre les fourrés et de démolir tous les murs intérieurs de la maison. Quand nous leur demandâmes de nous aider à retrouver Bennett et Tobey, ils montrèrent un chagrin sincère : ils voulaient bien collaborer avec nous, mais ils savaient que mes malheureux compagnons avaient, comme les leurs, quitté définitivement ce monde ; nous étions convaincus de la mort et de la disparition des hommes du village, ainsi que de l’extermination des bêtes sauvages. Nous nous préparions avec appréhension à d’autres tragédies

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:22:47+02:00

Les résultats de ces examens ne furent guère concluants au début; l’ensemble pourtant paraissait indiquer une tendance significative : à savoir que toutes ces horreurs avaient eu lieu en général dans des endroits relativement proches de la maison abandonnée, ou reliés à elle par des parties de forêt où la végétation trop riche avait quelque chose de morbide. Il y avait, il est vrai, des exceptions. En fait, le massacre qui avait attiré l’attention du monde sur la région s’était produit dans un espace sans arbres, aussi éloigné de la maison que de la forêt.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:22:40+02:00

Il s’agissait évidemment de quelque chose d’organique… Jan Martense, dont nous avions envahi la chambre, était enterré près de la maison… Il me fallait retrouver Bennett et Tobey, s’ils étaient encore en vie… Pourquoi l’ombre les avait-elle emportés, m’épargnant seul?… Dormir est si accablant et rêver si horrible… Au bout de quelques jours, je me rendis compte que, si je ne voulais pas m’effondrer complètement, il me fallait raconter mon histoire à quelqu’un. J’avais déjà décidé de poursuivre mes recherches, car il me semblait, dans mon innocence, que l’incertitude était pire que tout, même si la vérité était terrible. Aussi je me résolus à ce qui me semblait la meilleure solution : choisir un confident et retrouver les traces de « la chose » qui avait fait disparaître mes deux compagnons et dont j’avais vu se profiler l’ombre de cauchemar

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:22:32+02:00

A force de réfléchir, en tremblant, à l’ombre que j’avais vue sur la cheminée et dont l’aspect défiait la raison, je compris que j’avais mis au jour une au moins des horreurs suprêmes de l’univers, une de ces flétrissures sans nom des ténèbres extérieures dont nous entendons parfois les faibles grouillements au bord extrême de l’espace et contre lesquelles notre vision limitée nous a miséricordieusement immunisés. L’ombre que j’avais vue, j’osais à peine l’analyser ou l’identifier…

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:22:25+02:00

Puis vint cet éclair destructeur qui ébranla la montagne tout entière, illumina les recoins les plus profonds de la forêt séculaire, et fendit le plus vieux des arbres tordus. L’éclair démoniaque d’une monstrueuse boule de feu réveilla brusquement le dormeur et, à la lueur qui venait de la fenêtre, j’aperçus brusquement son ombre sur l’immense cheminée d’où je n’avais pu détacher mon regard. Que je sois encore vivant et sain d’esprit est un miracle que je ne puis comprendre. Non, je ne le puis, car l’ombre que je voyais sur cette cheminée n’était ni celle de George Bennett ni celle d’aucune créature humaine, mais une anomalie prodigieuse, un blasphème vivant, sorti du fond de l’enfer, une abomination sans forme et sans nom que l’esprit se refuse à concevoir et que la plume est impuissante à décrire

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Extrait ajouté par wizbiz06 2012-06-07T19:22:18+02:00

Je veillai de minuit à une heure. A ce moment, malgré l’atmosphère sinistre de cette maison, le tonnerre et les éclairs, je fus pris d’une étrange somnolence. J’étais allongé entre mes deux compagnons, George Bennett du côté de la fenêtre et William Tobey du côté de la cheminée. Celle-ci me fascinait étrangement, je n’arrivais pas à en détacher mes regards. Bennett dormait, saisi apparemment de la même curieuse somnolence que moi, et je désignai Tobey pour monter la garde ; pourtant lui aussi commençait déjà à dodeliner de la tête

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