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La Pitié dangereuse



Description ajoutée par Hillja 2017-09-29T15:50:38+02:00

Résumé

En 1913, dans une petite ville de garnison autrichienne, Anton Hofmiller, jeune officier de cavalerie, est invité dans le château du riche Kekesfalva. Au cours de la soirée, il invite la fille de son hôte à danser, ignorant qu'elle est paralysée.

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Classement en biblio - 164 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par juju7402 2012-02-20T13:38:50+01:00

"Il y a deux sortes de pitié: L'une, molle et sentimentale, qui n'est en réalité que l'impatience du coeur de se débarrasser au plus vite de la pénible émotion qui vous étreint devant la souffrance d'autrui, cette pitié qui n'est pas du tout la compassion, mais un mouvement instinctif de défense de l'âme contre la souffrance étrangère. Et l'autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice qui sait ce qu'elle veut et est décidée à persévérer avec patience et tolérance jusqu'à l'extrême limite de ses forces et même au-delà."

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par autodidacte 2019-11-17T16:33:55+01:00
Diamant

Autant l'amour peut être spontané et inconditionnel, autant la pitié est un élan du coeur qui doit être maîtrisé, au risque de devenir dévastateur. Cette mise en garde est celle que le docteur Condor adresse à Anton Hofmiller. Ils sont l'un et l'autre deux personnages parmi ceux de ce qui restera à jamais comme le seul roman achevé de Stefan Zweig: La pitié dangereuse.

Le hasard a voulu qu'à peine parvenu au point final de ce livre, je m'engage dans une autre lecture que, dès les premières dizaines de pages, je pressens déjà comme un autre grand moment de prospérité intellectuelle. Je veux parler de "L'insoutenable légèreté de l'être" de Milan Kundera. Je sais, vous allez me dire qu'il était temps. Mais même si j'ai pris de l'âge, je me plais à clamer que je ne suis encore qu'un nouveau-né en matière de littérature. Je m'en convaincs tous les jours en observant les quantités d'ouvrages qui me toisent du haut des rayons de mes librairies préférées.

J'invoque le hasard en pareille circonstance, car dans l'ouvrage de Kundera, de pitié il est aussi question. Elle n'en constitue certes pas le thème principal, mais elle y est évoquée en ce contexte et ces termes : "le mot compassion signifie que l'on peut regarder d'un coeur froid la souffrance d'autrui; autrement dit: on a de la sympathie pour celui qui souffre. Un autre mot qui a à peu près le même sens, pitié, suggère même une sorte d'indulgence envers l'être souffrant. Avoir de la pitié pour une femme, c'est être mieux loti qu'elle, c'est s'incliner, s'abaisser jusqu'à elle." Je n'augure pas de collusion entre cet ouvrage et celui de Stefan Zweig, mais le hasard m'aura fait ce clin d'oeil. De hasard d'ailleurs il est beaucoup question dans l'ouvrage de Milan Kundera.

"S'abaisser jusqu'à elle". C'est sans doute l'expression qui traduit le mieux la douleur d'Edith de Kekesfalva, la jeune héroïne malheureuse du roman de Stefan Zweig. Ce dernier dépeint la tyrannie avec laquelle son infirmité a irrémédiablement déclassé la jeune fille par rapport à son entourage, alors que sa beauté et sa position sociale lui laissaient briguer une autre position, vis-à-vis d'éventuels soupirants en particulier. Cruauté du sort.

La pitié dangereuse est un ouvrage qui se lit en une respiration. Il piège son lecteur dans une apnée de l'esprit qui le déconnecte de son environnement. L'aventure sentimentale que vit son héros, Anton Hofmiller, est une forme de dilemme cornélien. Celui que s'est infligé, sans y prendre garde, un jeune officier de la société très codifiée de l'Autriche-Hongrie à la veille de la première guerre mondiale. Il est devenu prisonnier de sa pitié, comme l'est de son fauteuil celle qui a suscité sa compassion, alors que les codes moraux de la condition de celui-ci lui commandaient de ne pas sacrifier son honneur, en prêtant à penser par exemple qu'il aurait pu marchander ses sentiments pour acheter une position sociale. Sa propre liberté est elle aussi en question dans cet élan spontané.

Voilà un ouvrage qui vous pousse dans les retranchements de vos émotions. Certains passages vous font les jambes de plomb. Ils parviennent à vous installer dans l'esprit d'un corps privé de sa mobilité. On y apprend la dépendance, l'impossibilité pour une personne de se porter à la rencontre de celle que son coeur a choisie, d'être réduite à attendre son bon vouloir, "enchaînée à la terre" qu'elle est par son handicap. On y apprend l'univers rétréci aux murs d'une pièce. On y apprend le désespoir, la révolte et le sentiment d'injustice qui endeuillent le coeur d'une adolescente lorsqu'elle perd l'usage de ses jambes.

C'est bien évidemment et sans surprise, comme son titre le présage, l'exploration du sentiment de la pitié, qui constitue le thème central de ce roman. Stefan Zweig dresse une véritable autopsie de cette "maudite vague de compassion" lorsque de "force dévouée" elle devient "faiblesse meurtrière". On y découvre comment le piège s'est refermé sur le jeune officier, lorsque sa volonté de bien faire est payée en retour par le harcèlement d'une passion dévorante. Elle le surprend et le laisse désarmé : "Jamais, dans mon innocence, je n'aurais pu imaginer que les disgraciées de la nature, elles aussi, osassent aimer."

Le médecin traitant de la jeune paralytique, le docteur Condor, en thérapeute averti, sait qu'à défaut de déboucher sur le sacrifice entier de son auteur par un dévouement total et inconditionnel, la pitié reste "molle et sentimentale". Le remède devient poison. Le malade s'accoutume à la pitié comme la douleur à la morphine. Les doses augmentées n'y suffiront jamais. C'est un cercle de perdition.

Il est des auteurs qui ont une capacité supérieure à analyser et comprendre les sentiments, la psychologie de leurs semblables. Stefan Zweig est de ceux-là. Sa force inspiratrice lui confère une puissance évocatrice stupéfiante. La fluidité de son texte autorise une appropriation immédiate de celui-ci par le lecteur, pour son plus grand confort intellectuel. Le résultat est une forme de rêve littéraire éveillé. C'est prodigieux.

Ce genre de littérature grandit son lecteur. La contrepartie est toutefois qu'elle grandit plus vite les sommets de la culture qui le surplombent.

Plus je grandis, plus je rapetisse. J'en ai marre. Demain j'arrête de lire. Enfin, peut-être pas. On verra. Pour le moment j'ai rendez-vous avec Kundera.

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Commentaire ajouté par zarg 2018-09-19T11:24:54+02:00
Lu aussi

Comme toujours, Zweig porte avec justesse et finesse une analyse assez fidèle de nos sentiments. Ce n'est pas mon préféré car le thème me touche moins que d'autres de ses livres mais cela reste de très grande qualité.

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Commentaire ajouté par Vincepenny 2017-12-31T10:41:10+01:00
Diamant

Un livre qui m'a profondément marquée ! Il fait beaucoup réfléchir sur nos rapports avec les malades et les personnes qui souffrent. Le livre porte très bien son titre, car c'est bien la pitié maladroite et émotionnelle du héros qui détruit plus qu'elle n'aide les autres personnages...

Une mention spéciale pour le personnage du docteur, plein de courage et d'humanité, qui rappelle ce qu'est la vraie pitié : agir sans abandonner.

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Commentaire ajouté par Colophane 2017-02-26T00:58:26+01:00
Or

Le héros et narrateur s'englue lui-même dans la toile des sentiments que, par faiblesse, il a encouragés. Le titre original "Ungeduld des Herzens", l'impatience du cœur, fait référence à cette "pitié molle" qui se révèle dévastatrice.

Le grand art de Zweig consiste à mettre en regard l'exemple du docteur, qui, lui, représente « l’autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce qu’elle veut et est décidée à tenir avec persévérance jusqu’à l’extrême limite des forces humaines. »

On est progressivement happé par le récit, qui nous serre la gorge devant le prix à payer, et pour l'un et pour l'autre.

Un livre qui résonne longtemps.

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Commentaire ajouté par onnew 2017-01-08T18:06:01+01:00
Diamant

Je ne sais pas si il s'agit d'une impression mais j'ai lu ce livre sans m'en rendre compte tellement je me suis concentrée sur le style d'écriture de son auteur. J'avoue que je me suis attardée dans sa lecture mais ce livre m'a paru le mériter car il est à la fois poétique, empreint de tristesse et surtout connu pour demeurer le seul roman écrit de la main de Stefan Zweig.

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Commentaire ajouté par Loulouiise 2016-11-19T12:32:36+01:00
Argent

Quel bonheur de retrouver la magnifique écriture de Zweig! On ne sort pas indemne de cette lecture qui nous porte à réflexion. Les sentiments y sont si bien décrit! Malgré quelques passages qui mériteraient d'être raccourcis, on ne se lasse pas de cette splendide histoire. Les personnages sont fabuleux, on arrive à se les représenter sans difficulté et le lieutenant Hofmiller m'a vraiment plu, il est assez attachant, et on se sent tout de suite proche de lui, même si par moments j'avais vraiment envie de le secouer .

Stefan Zweig est sans aucuns doute l'un de mes auteurs favoris, il arrive tellement bien à donner cette beauté aux mots qui nous fait tant rêver.

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Commentaire ajouté par Helena2a 2016-06-27T19:55:09+02:00
Diamant

Le seul roman "fini" de Zweig : j'ai adoré ! on retrouve les éléments de la nouvelle mais en version longue, un vrai plaisir de lecture !

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Commentaire ajouté par Mia45 2016-03-02T19:15:45+01:00
Bronze

Un roman très bien écrit. Zweig dépeint admirablement les sentiments qui habitent les personnages. Cependant j'ai trouvé le livre un peu long et certains passages m'ont vraiment ennuyés...

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Commentaire ajouté par mr-moustache 2015-04-20T19:35:05+02:00
Bronze

Zweig est un génie des mots, après je trouve que les personnages n'ont qu"un" trait de caractère.

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Commentaire ajouté par zoulia 2013-06-25T11:39:19+02:00
Lu aussi

Zweig écrit vraiment très bien! Son écriture glisse.

L'histoire était très belle même si vers la fin, je commençait à m'ennuyer. Toutefois, ce livre est merveilleux, les sentiments sont très bien décrit. Surtout la pitié qui peut avoir plusieurs facettes. Un livre bouleversant.

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Date de sortie

La Pitié dangereuse

  • France : 2012-05-16 - Poche (Français)

Activité récente

Ardawal l'ajoute dans sa biblio or
2019-06-03T23:34:45+02:00
Trini l'ajoute dans sa biblio or
2019-03-06T21:00:54+01:00

Évaluations

Les chiffres

Lecteurs 164
Commentaires 16
Extraits 25
Evaluations 35
Note globale 8.06 / 10

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