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Extrait ajouté par Millina 2019-06-25T19:53:43+02:00

Le temps ne connaît qu’une direction. Le temps ne s’arrête jamais. Il coule, fleuve inlassable, et ne laisse à personne le temps de réfléchir. La seule manière de le remonter est de se souvenir.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-25T12:35:39+02:00

Freddy, en revanche, offrait un spectacle familier et rassurant. Son solide petit torse était nu ; sa chemise avait atterri au pied du lit. Il était étendu jambes écartées, comme s’il avait lutté avec les draps avant de s’endormir. Inutile de les remettre en place : le combat était perdu d’avance. Si Bea à la naissance était déjà gracieuse comme une danseuse, Fred, lui, ressemblait à une petite boule toute rouge. « Doux Jésus ! tu as accouché d’un mini-père Noël, avait déclaré Alan en considérant, perplexe, le paquet qui gigotait dans les bras de sa femme. Un mini-père Noël qui n’a pas l’air content. » Ainsi Fred avait-il acquis son surnom de Red et ses insatiables passions. Il lui suffisait d’éprouver un sentiment pour le partager avec le reste du monde. Fred était théâtral, charmant, drôle, singulier. Des mètres de fil à retordre, un rayon de soleil fait garçon, un coup de tonnerre permanent.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-24T23:15:45+02:00

— Je crois en la science, monsieur Gilbert. Mais je suis, depuis l’enfance, une passionnée d’histoire naturelle. La terre est vaste, elle a vécu déjà des millions d’années. Nombreux sont les phénomènes que nous ne comprenons pas encore. La magie et la science ne sont pas contradictoires à mes yeux. Toutes deux sont des tentatives respectables et valables pour comprendre le fonctionnement du monde.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-24T18:02:07+02:00

Leonard s’installa dans une chambre meublée au sommet d’un immeuble, près de Holloway Road. Un cochon logeait dans le jardinet intérieur ; un train passait à intervalles réguliers dans les entrailles de la terre, sous le bâtiment. Leonard avait remarqué le cochon dès sa première visite. En revanche, il n’apprit l’existence du train qu’après avoir payé intégralement son premier mois de loyer. Il était assis à son petit bureau près du lit, un verre de bière brune à la main, une cigarette aux lèvres. Le crépuscule pointait : heure toujours inquiète pour lui, car elle semblait tout remettre en cause, y compris la lumière. Il eut l’impression soudain qu’un obus venait de s’abattre sur l’immeuble. Les journaux s’étaient trompés : la guerre n’était pas finie du tout !… Mais ce n’était que le train. Dans sa panique, il fit tomber son verre de bière, ce qui lui valut une fière sérénade au balai de la part de la femme qui habitait la chambre du dessous.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-20T23:14:04+02:00

Mme Mack disait toujours ceci : qui sème les ragots récolte d’horribles rumeurs. Mme Mack parlait certainement trop, mais sur ce point précis elle n’avait pas tort. On se souvient de moi comme d’une voleuse. D’un imposteur. D’une parvenue qui ne s’est pas contentée de son rang.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-18T22:28:52+02:00

La bonne heure, m’expliquait-il, n’existait pas. Le temps était une idée, sans début ni fin, invisible, inaudible. On pouvait certes le mesurer, mais personne n’avait jamais su trouver les mots pour en expliquer la nature. Quant à la bonne heure, il fallait simplement, à un moment donné, s’accorder sur le sujet.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-18T22:22:26+02:00

C’est cette conversation qui m’a fait penser à mon propre père. Car avant Mme Mack, avant le Capitaine, j’ai eu un père, en quête éternelle d’une seconde chance. Mon père était horloger, un artisan exceptionnel au talent sans égal, dont on sollicitait fréquemment l’avis pour des réparations délicates. « Chaque horloge est une pièce unique, me disait-il souvent. Et elle a ceci de commun avec un être humain que son cadran, son visage si l’on veut, qu’il soit beau ou quelconque, n’est qu’un masque dissimulant des mécanismes complexes. »

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-18T21:47:47+02:00

Le temps ne passe pas de la même façon lorsque je suis seule dans la maison. Je ne sais pas comment mesurer l’écoulement des années. Je suis consciente du fait que le soleil continue à se lever, à se coucher, que la lune décrit ses arcs : mais je ne sens plus leur passage. Le passé, le présent, le futur : rien de cela n’a plus de sens. Je ne suis plus intégrée au temps. Ici, là, ailleurs encore, en même temps.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-18T10:58:45+02:00

Certes, Alastair n’avait pas tort quand il disait que l’appartement d’Elodie était trop petit et que la cage d’escalier empestait l’huile de friture. Chez lui, il y avait deux salles de bains, dans lesquelles on ne manquait jamais d’eau chaude, et les murs étaient assez épais pour qu’on n’entende pas la télévision des voisins. Et pourtant Elodie adorait son petit logement. Indéniablement, il fallait une manœuvre spéciale pour que l’évier de la cuisine consente à se vider ; et lorsque la machine à laver était en marche, la douche avait du mal à produire un jet digne de ce nom. Mais c’était aussi un lieu où les gens avaient toujours pu mener de vraies vies humaines, avec leurs joies et leurs peines. Et où ils continueraient de le faire. Il y avait un parfum d’histoire dans ses placards antiques et pimpants, ses parquets qui gémissaient sous les pas, son cabinet de toilette auquel conduisaient trois marches recouvertes de moquette.

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Extrait ajouté par Millina 2019-06-18T09:48:10+02:00

— La texture même de la lumière a quelque chose d’émouvant, tu ne trouves pas ?

— Le photographe serait ravi de te l’entendre dire ! La lumière était une des obsessions de la fraternité. Elle tirait son nom des théories de Goethe sur la couleur – le cercle des couleurs, les interactions entre la lumière et l’obscurité, l’idée qu’il y a une nuance entre le rouge et le violet qui permet d’avoir un cercle complet, le fameux magenta. Il faut se souvenir du fait qu’on assistait à cette époque-là à un quasi big bang des arts et des sciences !

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