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- Tu crois que... (les mots ont du mal à sortir.) Tu crois qu'on a déjà épuisé nos sujets de conversation ?

- Impossible.

La façon dont il lui répond - le petit sourire à la commissure de ses lèvres, la chaleur de sa voix - lui dénoue l'estomac.

- On n'a même pas encore abordé l’essentiel, renchérit-il.

- Genre, lui demanda-t-elle, en tachant de ne rien montrer de soulagement qu'elle ressent. Ce qu'il y a de si génial chez Dickens ?

- Pas du tout. Genre la détresse des koalas, plutôt. Ou le fait que Venise est en train de couler.

Il marque un temps, qu'elle prenne bien conscience de cette horreur. Et comme elle ne réagit pas, il se frappe le genou pour enfoncer le clou.

- Venise ! Qui coule ! La ville entière ! Non mais, tu te rends compte ?

Elle fronce les sourcils, feignant l'inquiétude.

- C'est vrai que ça a l'air grave.

- Ça l'est, insiste Oliver. Et ne me branche surtout pas sur la quantité de l'empreinte carbone qu'on vient de laisser avec ce voyage. Ni sur la différence entre crocodile et alligator. Et encore moins sur le temps de vol record du poulet.

- Non, ne me dis pas que tu sais ça.

- Treize secondes, affirme-t-il, en se penchant en avant pour regarder par le hublot. C'est une catastrophe nationale. On est presque à Heathrow et on n'a même pas discuté sérieusement du vol du poulet. (Il pointe un index doctoral vers la vitre.) Et tu vois ces nuages ?

- Difficile de les rater.

L'avion poursuit sa descente et la grisaille colle aux hublots, les plongeant pratiquement dans le brouillard.

- Ce sont des cumulus. Tu savais ça ?

- Je le devrais, je n'en doute pas.

- Ce sont les meilleurs.

- Comment ça ?

- Parce qu'ils ressemblent exactement à ce à quoi des nuages doivent ressembler, des nuages comme ceux qu'on dessine quand on est petit. C'est quand même sympa, non ? Je veux dire, le soleil ne ressemble jamais à l'idée qu'on s'en fait.

- Une espèce de roue avec des rayons ?

- Tout juste. Et ma famille n'a assurément jamais ressemblé à celle que je dessinais quand j'étais petit.

- Des bonshommes allumettes ?

- Oh ! Je t'en prie ! Un peu de respect. Ils avaient des pieds et des mains, les miens.

- Qui ressemblaient à des moufles ?

- N'empêche, c'est quand même sympa, non ? Quand tu as un truc qui colle pile comme ça ? (Il hoche la tête avec un sourire satisfait.) Les cumulus : les meilleurs nuages qui soient.

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-Monsieur, dit le douanier, s'interrompant à mi-mantra pour poser la main dans le dos d'Oliver, je vais être obligé de vous demander d'avancer. Vous bloquez la queue.

-Juste une min...

-Maintenant, monsieur, l'interrompt le fonctionnaire, en le poussant un peu plus fort.

En essayant de la doubler, une femme portant un bébé entraîne Hadley dans le mouvement et il lui semble qu'elle ne peut rien faire que se laisser emporter par le courant. Mais, à peine a-t-elle avancé qu'elle sent son coude se bloquer et, comme par magie, Oliver se matérialise à ses côtés. Il la regarde, la tête inclinée vers elle, la main toujours fermement cramponnée à son bras et, avant qu'elle ait le temps de stresser, avant qu'elle se rende bien compte de ce qui va se passer, elle l'entend murmurer : "Et puis merde", et voilà qu'il se penche pour l'embrasser.

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- Tu connais le dicton, avait renchéri papa. Si tu aimes quelque chose, laisse le partir. S'il revient c'est qu'il t'appartient. Sinon c'est que jamais il ne fut tien.

- Et si elle ne revient pas?

- Certains reviennent, d'autres pas, lui avait-il répondu en lui pinçant le nez. Moi, je serai toujours là pour toi, en tout cas.

- Oui mais tu brilles pas, toi, lui avait fait remarquer la petit fille.

Papa avait souri.

- Si, je rayonne quand je suis avec toi.

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[...]

- Mais est-ce que ça marche?

- Quoi? Le fait que ça me donne de plus en plus envie de ta passer la muselière?

- Non, chuchote-il. Est ce que je réussis à t'en distraire?

- De quoi?

- De ta claustrophobie.

Elle le remercie d'un sourire.

-Un peu. Mais le pire, c'est surtout quand on prend de l'altitude.

- Comment ça se fait? Ce n'est pas l'espace qu'il manque là-haut.

- Oui, pas d'échappatoire possible.

- Ah! Parce que tu cherches une échappatoire.

Elle hoche la tête avec conviction.

- Toujours.

- Pas étonnant, soupire-t-il avec emphase. Je fais souvent cet effet-là aux filles.

[...]

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"Les gens prétendent que les livres sont un moyen d'évasion, mais, en l'occurrence, c'est plutôt une bouée de sauvetage."

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Spoiler(cliquez pour révéler)

_ Non, sans blague, c'est quoi ton vrai sujet de recherche ?

Il se recule légèrement pour la regarder dans les yeux.

_ La probabilité statistique de l'amour au premier regard.

_ Très drôle. Non, en vrai ?

_ Mais je suis très sérieux.

_ Je ne te croit pas.

Il éclate de rire et puis il se penche pour lui dire à l'oreille :

_ Les rencontres qui ont lieu dans un aéroport ont soixante-douze pour cent plus de chance de conduire à une relation amoureuse que dans n'importe quel autre endroit.

_ C'est n'importe quoi commente-t-elle, en reposant la tête sur son épaule. Est-ce que personne ne t'a encore jamais dit ça ?

_ Si, se marre-t-il. Toi. Un bon millier de fois rien qu'aujourd'hui.

_ Et bien aujourd'hui est bientôt fini, lui fait-elle remarquer, en jetant un coup d’œil à la pendule dans son cadre doré de l'autre côté de la pièce. Encore quatre minutes. Il est 11h56.

_ Ça fait donc vingt-quatre heures qu'on s'est rencontrés.

_ On dirait que ça fait beaucoup plus longtemps.

Il sourit.

_ Savais-tu que les individus qui se rencontrent au moins trois fois sur une période de vingt-quatre heures ont quatre-vingt-dix-huit fois plus de chance de se revoir ?

Cette fois elle ne se donne mais pas la peine de le corriger. Parce que, pour une fois, elle aimerait croire que c'est vrai.

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-[...] J'ai décroché une bourse de recherche pour l'été. Je suis donc, comme qui dirait, tenu de ne pas trop m'éloigner.

-Quel genre de recherche ?

-J'étudie le processus de fermentation de la mayonnaise.

Elle éclate de rire.

-Naaan.

Il fronce les sourcils.

-Mais si. C'est un travail d'une importance capitale. Savais-tu que vingt-quatre pour cent de toute mayonnaise qui se respecte sont, en réalité, relevés de glace à la vanille ?

-C'est vrai que ça a l'air absolument capital. Non, sérieusement, qu'est-ce que tu étudies ?

Un type heurte violemment sa chaise en passant et continue sans même s'excuser. Oliver fait une moue sarcastique.

-La modélisation du phénomène d'engorgement dans les aéroports américains.

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- Et toi ?

- Hadley.

- Hadley ? C’est joli.

Elle sait bien qu’il ne fait que parler de son prénom, mais n’empêche. Elle est hyper flattée. Peut-être que c’est son accent, ou ce flagrant intérêt avec lequel il la regarde, mais il y a un truc, chez lui, qui fait battre son cœur à cent à l’heure, comme quand elle était petite et qu’on lui faisait peur. Oui, ça doit être ça : l’effet de surprise. Elle a passé tellement de temps à se monter la tête avec ce voyage qu’elle n’est pas préparée à ce qu’il puisse aussi en résulter quelque chose de positif, quelque chose d’inattendu

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Il se recale sur sa chaise.

-Tu as déjà visité Londres ?

-Jamais !

Elle a dût y aller un peu fort dans le ton parce qu'il rit.

-Ce n'est pas si horrible que ça.

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"-Qu'est-ce que tu veux être quand tu seras grande?

Elle avait fait la moue.

-C'est une question pour un gamin de quatre ans.

-Pas forcément. On est tous obligés d'être quelque chose un jour ou l'autre.

-Et toi, qu'est-ce que tu veux être?

Il avait secoué la tête.

-Je t'ai demandé en premier.

-Astronaute... Ballerine.

-Non, sérieusement.

-Tu ne crois pas que je pourrais être astronaute?

-Tu pourrais être la première ballerine sur la lune.

-Je crois que j'ai encore un peu de temps avant de me décider.

-Exact."

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