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Le devin avait vu juste. Il n’y avait que deux choix et l’un d’eux causerait ma perte. J’ai imaginé bêtement qu’Hannah était le danger, mais c’est la perdre qui m’a fait crever.

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J’arrache la valise des mains du malheureux, trop maigre pour soulever un tel poids, et la balance dans la calèche. Reem me toise, d’un air mauvais.

— Tu t'es déplacé pour me dire au revoir, comme c’est mignon.

— Non, je suis venu m’assurer que tu dégageais une bonne fois pour toutes.

Si elle n’avait pas été si haut perchée, elle m’aurait sans doute giflé.

— Crois-moi, tu ne me reverras jamais, espèce de connard impuissant !

— Pas si impuissant, puisque j’ai un gosse.

— Tu es horrible… 

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Je lui coupe la parole en plaquant brutalement mes paumes contre son bureau.

— Je m’en bats les couilles si ça heurte les sensibilités de pauvres arriérés et culs serrés ! (Me rappelant qu’il s’agit tout de même de mon père, je me redresse et cesse de me montrer menaçant.) Je n’ai jamais pigé le délire d’avoir des esclaves dans ses pattes et de leur faire faire toutes les basses besognes… Ils sont Blancs, et alors ? Leurs ancêtres lointains étaient des trous de balle racistes, et alors ? Je ne suis pas un humaniste, pourtant, ça m’a toujours paru complètement con de continuer à punir des gens qui n’ont rien fait d’autre que de naître de la mauvaise couleur.

Grand silence dans l’assemblée. Je soupire.

— Vous trouverez bien un mec capable d’écrire un beau discours pour expliquer ça au peuple mieux que moi. Tiens, même le gosse de Khalid, Rayan, avait compris ça avant nous. Demandez-lui !

Mon père, désabusé, secoue la tête.

— Tout ça pour une femme…

— Pas une femme. LA femme.

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« L’amour n’est ni raisonnable ni raisonné, c’est une évidence, une intuition. »

Anne Bernard

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Il fut un temps où la nature a laissé sa chance à l’Homme et a tenté de cohabiter avec lui. Les océans étaient remplis d’espèces animales splendides, les terres offraient les plus beaux paysages et les plus grandes richesses. Nos ancêtres vivaient dans ce qu’on appelait à l’époque : l’Europe. (Elle nous désigne une carte de l’Ancien Monde qu’elle a dessinée à la main.) Ils possédaient tout, ne manquaient de rien, ils pouvaient même voyager et visiter le Monde. C’est difficile à croire, mais on ne parlait pas qu’une seule langue comme maintenant, mais des milliers. Toutes les couleurs de peau se mélangeaient.

Ma sœur pousse un cri d’étonnement qui me fait sursauter.

— Oui, lui sourit Mamita, les humains ont tenté d’accepter leurs différences pendant plusieurs siècles. Des hommes noirs se mariaient avec des femmes blanches et inversement. On appelait cela le métissage. Toutes les couleurs se mêlaient sur des peaux magnifiques.

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— Les secrets de famille finissent toujours par être déterrés… Crois-en mon expérience ! Ma vieille cousine Ursula avait couché avec le mari de sa sœur, ils ont eu un gosse, et un beau jour, bam, le mec a tout avoué dans une lettre, avant de se suicider en mangeant des agrafes !

Je me retiens pour ne pas éclater de rire. Les histoires de famille de Madison sont toujours farfelues.

— Ouais, c’est… tragique.

— Tu peux le dire !

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— Est-ce que tu savais qu’autrefois, les dirigeants des plus gros pays préféraient dépenser des milliards pour envoyer des gens sur la Lune ou de ridicules robots sur Mars, plutôt que nettoyer les océans ou apporter l’eau potable dans les États les plus démunis ?

— Les humains ont toujours été des connards. 

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Un seul de ses esclaves étant autorisé à entrer dans l’appartement, je me retrouve souvent en tête à tête avec un gringalet effrayé et effrayant, qui semble sur le point de décéder à n’importe quel moment. Il ne m’adresse pas la parole. Il m’ignore. J’ai bien tenté de me présenter une fois, mais il a eu l’air tellement choqué que je n’ai pas osé réitérer, de peur qu’il se fasse punir par ma faute.

Donc, je suis debout, près du piano, à tourner les pages pour madame La Baronne, comme je l’appelle dans ma tête (et avec Yash), pendant que l’esclave à moitié mort me fait face, les yeux vitreux, l’air hagard. Ça me perturbe tellement que je zappe le mouvement de tête que m’adresse la princesse. Elle s’interrompt brusquement.

— Espèce d’incapable ! Je t’ai ordonné de tourner la partition !

Oui, parce que son charabia de dessins chelous s’appelle une « partition ». Je la lui tourne, sa maudite page, mais elle décide de quitter le piano, en adoptant son air le plus pincé.

L’esclave aux yeux de poisson crevé s’écarte habilement sur son passage, comme s’il était programmé pour ne jamais l’effleurer. C’est quasi du talent.

La princesse récupère son thé dans la cuisine et la porte à sa bouche, le petit doigt levé, digne jusqu’au bout de la tasse. Je savoure intérieurement ma victoire : j’ai craché dedans, après sa dernière crise d’autorité, quand elle m’a reproché (hurlé dessus serait le terme plus juste) de ne pas avoir suffisamment sucré.

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— Will ! Viens raconter une blague à Hannah ! (Elle me chuchote en aparté.) Sois indulgente surtout, il débute dans l’humour.

Écrevisse pose son sac à mes côtés, puis il se met à rougir en me regardant.

— Euh… c’est… c’est deux grains de sable qui arrivent sur la plage. Le premier dit… Ah non pardon, c’est n’importe lequel qui le dit en fait, c’est pas grave… Bref, l’un d’eux s’écrie : « ah zut, c’est blindé de monde aujourd’hui ». Voilà.

Silence. Lourd silence. Écrevisse se lamente :

— Je l’ai mal racontée…

— Noooon, s’exclame Madi, pas du tout ! La blague était à chier à la base ! Mais l’effort est beau, William, et ça, c’est fantastique !

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«Jamais eu d’endroit où me sentir chez moi, mon royaume d’enfant, mon cimetière d’éléphants. Où voudrais-je mourir, si je n’sais pas où revenir, déposer mon âme là où on la réclame.»

Ina Ich, sans visage

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