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Le devin avait vu juste. Il n’y avait que deux choix et l’un d’eux causerait ma perte. J’ai imaginé bêtement qu’Hannah était le danger, mais c’est la perdre qui m’a fait crever.

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Je lui coupe la parole en plaquant brutalement mes paumes contre son bureau.

— Je m’en bats les couilles si ça heurte les sensibilités de pauvres arriérés et culs serrés ! (Me rappelant qu’il s’agit tout de même de mon père, je me redresse et cesse de me montrer menaçant.) Je n’ai jamais pigé le délire d’avoir des esclaves dans ses pattes et de leur faire faire toutes les basses besognes… Ils sont Blancs, et alors ? Leurs ancêtres lointains étaient des trous de balle racistes, et alors ? Je ne suis pas un humaniste, pourtant, ça m’a toujours paru complètement con de continuer à punir des gens qui n’ont rien fait d’autre que de naître de la mauvaise couleur.

Grand silence dans l’assemblée. Je soupire.

— Vous trouverez bien un mec capable d’écrire un beau discours pour expliquer ça au peuple mieux que moi. Tiens, même le gosse de Khalid, Rayan, avait compris ça avant nous. Demandez-lui !

Mon père, désabusé, secoue la tête.

— Tout ça pour une femme…

— Pas une femme. LA femme.

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— Est-ce que tu savais qu’autrefois, les dirigeants des plus gros pays préféraient dépenser des milliards pour envoyer des gens sur la Lune ou de ridicules robots sur Mars, plutôt que nettoyer les océans ou apporter l’eau potable dans les États les plus démunis ?

— Les humains ont toujours été des connards. 

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Ok, c’est parti. Je suis forte. Je suis digne. Rien à foutre de ce que pense ma conscience. C’est pas elle qui s’est retrouvée dans les inondations du mois dernier, bloquée pendant sept jours dans un arbre à voler des vers aux corbeaux pour bouffer. C’est pas elle non plus qui ne peut jamais dormir complètement au risque de se faire attaquer par des pilleurs. J’ai que des putains de mauvais souvenirs ici, je vois même pas pourquoi je me pose la question. Alors j’entre.

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J’arrache la valise des mains du malheureux, trop maigre pour soulever un tel poids, et la balance dans la calèche. Reem me toise, d’un air mauvais.

— Tu t'es déplacé pour me dire au revoir, comme c’est mignon.

— Non, je suis venu m’assurer que tu dégageais une bonne fois pour toutes.

Si elle n’avait pas été si haut perchée, elle m’aurait sans doute giflé.

— Crois-moi, tu ne me reverras jamais, espèce de connard impuissant !

— Pas si impuissant, puisque j’ai un gosse.

— Tu es horrible… 

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— Les secrets de famille finissent toujours par être déterrés… Crois-en mon expérience ! Ma vieille cousine Ursula avait couché avec le mari de sa sœur, ils ont eu un gosse, et un beau jour, bam, le mec a tout avoué dans une lettre, avant de se suicider en mangeant des agrafes !

Je me retiens pour ne pas éclater de rire. Les histoires de famille de Madison sont toujours farfelues.

— Ouais, c’est… tragique.

— Tu peux le dire !

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« L’amour n’est ni raisonnable ni raisonné, c’est une évidence, une intuition. »

Anne Bernard

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— Will ! Viens raconter une blague à Hannah ! (Elle me chuchote en aparté.) Sois indulgente surtout, il débute dans l’humour.

Écrevisse pose son sac à mes côtés, puis il se met à rougir en me regardant.

— Euh… c’est… c’est deux grains de sable qui arrivent sur la plage. Le premier dit… Ah non pardon, c’est n’importe lequel qui le dit en fait, c’est pas grave… Bref, l’un d’eux s’écrie : « ah zut, c’est blindé de monde aujourd’hui ». Voilà.

Silence. Lourd silence. Écrevisse se lamente :

— Je l’ai mal racontée…

— Noooon, s’exclame Madi, pas du tout ! La blague était à chier à la base ! Mais l’effort est beau, William, et ça, c’est fantastique !

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Je ferais n’importe quoi pour qu’il m’accorde un peu d’attention, je serais prête à me rabaisser au rang des filles de joie, à lui laisser prendre ce qu’il veut, à faire de moi son expérience interdite ! Je suis dingue de lui. Je me l’imagine dès que je ferme les yeux, je me sens fébrile chaque fois que je l’aperçois, j’ai l’impression d’être constamment sur pause et de ressusciter les seuls moments où il est dans les parages. Je n’ai jamais ressenti ça, ça me fait peur, ça me fait mal, ça me transforme en quelqu’un que je ne connais pas du tout.

Je n’ai jamais éprouvé tous ces sentiments pour Lukas. Même pas une bribe. Je croyais que c’était de l’amour, mais je suppose qu’il s’agissait juste d’affection, d’amitié, de respect, ce n’était pas aussi puissant ni aussi dévastateur.

Cet amour-là est insensé, irréfléchi, il n’a pas été choisi. Je le subis plus que je ne le tolère. Il ne me rend pas heureuse non plus. Il est juste là, comme un poison qui me dévore jour après jour, il me bouffe de l’intérieur, me vole ce que j’ai si chèrement gardé et ce que je n’ai pas non plus ; il brise le peu de confiance en moi que je possédais, il me rend stupide, il m’oblige à m’inventer des histoires, à me ridiculiser ; il me fait oublier d’où je viens et me le rappelle aussi sec quand le prince m’ignore.

Il m’a tout pris, tout.

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Quand on parle de cœur brisé, on pense forcément qu’il s’agit d’une image, que rien ne se casse vraiment. C’est faux. A cet instant, j’ai senti quelque chose se fendre en moi. Ça s’est mis à craqueler douloureusement, lentement, puis ça s’est déchiré dans une effroyable agonie. J’ai eu mal, plus mal encore que quand on brise un os. La plainte lancinante qui s’est échappée de ma bouche m’est inconnue, et la voix ne paraît même pas être la mienne.

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